Accéder au contenu principal

Après le beau temps vient la pluie (enfin !)

Où il pleut pour la première fois depuis fin juillet et où mine de rien, ça commence à faire.



Vendredi 16 septembre, 18h09.




La France a peur.


Je sais qu'en qualité de fonctionnaire (si tant est que les deux termes ne soient pas incompatibles), je suis soumis à un devoir de réserve, mais j'ai également des devoirs de citoyens à honorer ; et j'estime présentement que les seconds priment sur les premiers (même si l'étymologie me donne tort).


En effet, oui, la France a peur.


Or vous êtes la France.

Donc vous avez peur.

C'est imparable, pour citer Jean Claude Van Damme dans son ouvrage "De Sidekickus Veritas".

Aussi dois-je raccrocher ma casquette de secrétaire administratif à la patère de mes grands idéaux pour redevenir, l'espace d'un instant, l'un de vos semblables et vos frères.


Car n'ayez crainte, amis.


Les plus observateurs d'entre vous auront sans doute remarqué que depuis peu, un drôle de truc mouillé tombe du ciel en faisant plitch plotch - un peu comme de l'eau, en fait, mais sans la bouteille en plastique autour (ou, pour les spécialistes de la question : sans le pastis par en-dessous). Sachez que ce n'est pas une hallucination, ni un cas isolé. Or tandis que les moins laïques y voient déjà un signe annonciateur d'Apocalypse ("chats et chiens s'inscrivant sur Meetic ensemble", ce genre de choses), j'ai lutté courageusement contre l'effroi qui me poussait à fuir, je suis resté stoïque, face à l'écran, et je me suis renseigné sur la question auprès de la plus grande autorité en la matière,  un individu très courtois et très cultivé que j'ai rencontré par hasard sur internet et avec qui j'échange régulièrement (vous ne le connaissez pas, il s'appelle Monsieur Google, il ne s'adresse qu'à des gens cultivés comme moi).

Délaissant mes tâches à l'ordre du jour (car qu'est-ce que la mise en paiement de vos salaires, franchement, comparé à un problème de cette importance ?), j'ai interrogé mon ami pendant des heures jusqu'à trouver la trace, enfin, sur un obscur site d'information daté de ce qui semble être la préhistoire numérique (entièrement mis en forme en Comic Sans MS, ça ne trompe pas), quelques références absconses à de tels prodiges (vous serez payés en novembre, au fait). A en croire ces lignes anonymes, il s'agirait d'un phénomène naturel appelé la "pluie", qui serait certes "visuellement impressionnante", mais sans danger pour la personne humaine (même si j'ai également trouvé le témoignage édifiant d'un certain Noé qui, à ce sujet, ce serait exclamé "Sans danger ? J't'en ficherai, du sans danger, nondijiou !") (puis, plus tardivement : "bloubloubloubloub...").

Vous pouvez par conséquent sortir de chez vous sans crainte : contrairement à la pluie de grenouilles ou à la pluie d'hommes (autre témoignage édifiant : "it's raining men ! Alléluïa ! It's raining men !". Notez comme le registre religieux reprend le dessus quand l'être humain est confronté à ses peurs les plus ataviques), la pluie d'eau ne fera que tremper vos vêtements voire, dans les cas les plus graves, humidifier votre épiderme, ce qui nécessitera l'utilisation d'un ustensile textile spécialisé appelé "serviette" sitôt revenus dans vos foyers. Sans cela, vous serez susceptibles d'attraper ce que les anciens appelaient un "coup de froid" (le froid, selon ces mêmes anciens, désignerait des températures descendant en dessous de 30 degrés, mais nos scientifiques modernes doutent qu'une telle chose soit jamais arrivée, et mettent ces déclarations sur le compte de la superstition). Attention cependant aux titulaires d'affections bénignes du cheveu tel que la permanente, le brushing ou la coupe de Desireless. La pluie est en effet susceptible d'en altérer la bonne tenue et de relooker les malheureux en caniches.

Mais enfin, pas de quoi s'alarmer.

C'est mignon, un caniche.

Fort de ces considérations, la direction considère que la "pluie" ne sera pas considéré comme un motif valable pour ne pas vous rendre au Collège lundi, raison pour laquelle je vous joins le semainier afin de vous préparer à la semaine à venir.

Bien cordialement,


Le secrétariat de Direction

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Le peti seménié 2 l'édukassion nassionalle

Où l'on ne (sous-)traite pas avec l'ennemi, mais avec ce qu'on a sous la main...


Deux mots de semainier dans la même semaine ?

Comme vous y allez !

Dois-je vous rappeler que j'ai obtenu le statut de fonctionnaire à la sueur de mes additions à deux chiffres (lointain souvenir d'un concours pas encore digéré) ?

Or ce statut me donne droit à... euuuh... des droits ! Oui, parfaitement, madame ! Et les 35 heures annualisées en font partie !


Par conséquent, plutôt que de vous écrire un texte rigolo sans protester, puis de porter plainte contre vous et de vous faire appeler à comparaitre devant le tribunal des Prud'hommes (ou de l'Inquisition Espagnole, selon disponibilités) pour "esclavagisme moderne et conséquences", j'ai profité de la fête des élèves pour réquisitionner au hasard une de nos "chères têtes blondes" (on les appelle ainsi parce que quand on ne les verra plus, ce sera …

Sur les dents - 2

Où les conséquences suivent la cause avec la diligence qu'on leur connaît, après un mardi férié bienvenu, et au terme d'un vendredi après midi rattrapé un mercredi (c'est complexe, je sais)...




SUUUURRRR-PRIIIIIIISE !



Vous ne l'attendiez pas si tôt, ni si nombreux, mais c'est bien une double ration de semainier que je vous propose aujourd'hui, conscient du trouble existentiel dans lequel je m'apprête à vous plonger séant.


Déjà qu'après cette coupure de début de semaine, on ne sait plus si on est lundi, mardi, mercredi ou jeudi (on sait déjà qu'on n'est pas vendredi, hélas - ou alors seulement cet après-midi, mais avec une semaine d'avance et sans week-end derrière. Vous suivez ?)... alors si le semainier débaroule dans votre boîte mail dès mercredredi soir (on va l'appeler comme ça, du coup), et qu'en plus il couvre deux semaines (dont la première n'en est une qu'a…

Et jamais deux sans trois

 Où l'on s'apprête à profiter du dernier long week-end avant le très long sprint final.


Trois jours. Non mais allo quoi. Trois jours de week-end. J'hallucine.


Mais qu'est-ce que vous voulez qu'on fasse, de ces trois petits jours ? C'est qu'on n'a plus trop l'habitude, nous.


Même en partant ce soir et en se cachant dans la soute, on ne pourrait pas profiter des grandes étendues sauvages de l'ouest américain avant demain après-midi (au moins). Autant dire qu'il serait déjà presque temps de rentrer (sans compter le temps qu'on passerait au poste frontière pour expliquer ce qu'on faisait en soute caché dans un étui à guitare king size ou dans un sarcophage égyptien en placoplâtre acheté à la Foir'Fouille) (c'est donc ça, le fameux Touthenkarton ?).

Pour le Japon, ce ne sera pas possible non plus, on n'aurait pas récupéré du décalage horaire de l'aller qu'on s…