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Affichage des articles du mai, 2015

Si tu reviens, j'annule tout

Où l'on a dangereusement pris goût aux week-end de trois jours et où le sevrage est un peu compliqué. 



Cher Week-end de trois jours,


Si j'oublie ma fierté ce soir et si je prends ma plus belle plume pour t'écrire ce message, avec toute la sincérité dont la nature a jugé bon de pourvoir l'individu de sexe masculin (à savoir : 50 % de déni et 50 % de mauvaise foi), c'est pour te dire que tu me manques. Ni plus. Ni moins. Tu me manques même comme aucun autre week-end ne m'a manqué jusqu'à présent. Je sais que j'ai beaucoup papillonné, que je suis passé de l'un à l'autre sans état d'âme. J'ai même, je le confesse, été butiner à plusieurs reprises du côté des vacances scolaires, une, deux, trois, quatre, cinq semaines d'affilées, ça m'est arrivée, je le reconnais. Je ne vais pas te mentir. Avec elles, j'ai vécu de moment de folle insouciance et (surtout) de grasse mâtinée jusqu'à 14…

Pirates of the Lonweekean (2)

Où il suffit d'un week-end de trois jours pour s'imaginer faire le tour du monde en goélette. Ou plutôt en galère, le cas échéant.



Pom.

Pom.

Pom.

Pom.

Le son du tambour, ce martellement sourd, régulier, qui a rythmé votre quotidien pendant cinq longues journées, ce martellement régulier qui est devenu pour vous, au fil des heures, comme un compagnon de voyage - peut-être même comme un frère !-, cette douloureuse ponctuation de vos heures travaillées disparaît peu à peu dans le lointain, à mesure que s'éloigne la galère pénitentiaire de la semaine écoulée (qu'elle coule, s'il faut, maintenant que vous êtes descendu... elle ne manquera à personne !).

Vous avez purgé votre peine hebdomadaire, vous avez remboursé votre dette aux yeux de la société, vous ne lui devez plus ni heures contractuelles, ni HSA, ni HSE. Et pour cause : vous êtes HS. Aussi vous a-t-on débarqué, épuisé, hagard, sur la plage sablonneuse d'un week-e…

Pirates of the Lonweekean (1)

Où les week-ends de trois jours deviennent les meilleurs amis du fonctionnaire, et où ils ont un parfum de grande aventure...


Je ne sais pas pour vous mais moi, j'entends le bruit des vagues.

Woush-woush glissent-elles à mes oreilles de leurs voix de sirènes, alors que j'ai au bout du fil quelqu'un du rectorat dont je ne retiens qu'un mot sur quarante ("je" "vous" "augmente" "monsieur" "Liehd"... oui, j'ai forcément mal compris, sans doute est-ce un avant-goût de l'ivresse des profondeurs).

Tandis qu'on me parle "dossiers incomplets" et de "retenue sur salaire" (ou du moins, cela ne devrait plus tarder), rien à faire : je n'entends qu'elles.

Woush. Woush.
Et re-woush.

Hypnotique, le mouvement du ressac m'annonce un week-end de trois jours aux températures estivales - qui, gageons-le, feront du bien là où elles passeront (dès que je quitte le Collège, c'est décidé…