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Affichage des articles du novembre, 2016

J'ai fait un rêve...

Où la nuit porte conseil, de toute évidence, à en juger par ce rêve authentique (d'une grande richesse interprétative, tous les psychologues en conviendront - moyennant finance).


Je suis assis à mon bureau, maussade, les heures défilent avec une lenteur accablante et je classe des dossiers sans la moindre once de début d'enthousiasme quand un élève de 5ème entre en trombe dans mon bureau et m'interpelle en ces termes :

- Monsieur, monsieur, vous auriez pas du scotch ?

Sans précipitation, de me redresse.

- Si, que je lui réponds avec bienveillance, en ouvrant mon tiroir et en y farfouillant un peu.

Avant d'ajouter sur le ton de la confidence : c'est même grâce à ça que je tiens.

Et là je sors une flasque de sous un paquet d'enveloppes craft. 

Et je m'en colle une bonne rasade dans le gosier.

Seminception

 Où l'on laisse la plume filer malgré soi (3 minutes, montre en main), la faute à un timing plus que serré et à une journée plus que riche en contrariétés ; et où on en profite pour se la jouer Inception (même si le résultat final flirte davantage avec la Deception).


Bonsoir à tous,




Veuillez recevoir ci-joint (et sur le fil ! Regardez-moi l'heure ! 17h56 ! Si avec ça, je n'obtiens pas les palmes académiques...) (j'espère juste qu'ils penseront à me donner le tuba académique qui va avec, des fois que j'aille nager où je n'ai pas pied)... veuillez recevoir ci-joint, donc, écrivais-je, le planning de la semaine prochaine.


Faute de temps, je me suis trouvé face à un choix Cornélien (non, pas le chanteur. L'autre) : vous bichonner votre tableau Excel (sans garantie aucune d'une absence totale d'erreurs cette semaine - soyez vigilants), ou rédiger un message d'accompagnement hi-la-rant sur la laïcité paradoxale au sein…

Brève de comptoir

Je plante le décor : il est 17h20, un professeur passe au bureau signer son rapport d'inspection. 

Hélas, le stylo que je lui tends n'est pas très coopératif.

S'ensuit très logiquement l'échange de paroles suivant :


- Il est fatigué, votre stylo bleu, non ?

- C'est un stylo de fonctionnaire.

- Il n'y a que les secrétaires qui peuvent l'utiliser ?

- Non. Il cesse de fonctionner après 17h.


ça, c'est fait.

Montée en grade

Aujourd'hui, j'apprends qu'on me confie la télécommande de la clim' du bureau nouvellement installée.

Grisé par ce nouveau pouvoir, aussitôt, dans ma tête, j'entends Wagner, assorti d'une voix grave qui proclame (en substance) : "quand les saisons cesseront de changer et que l'hiver régnera en maître pendant trois ans, le monde sera plongé dans une guerre effroyable ; la bataille des dieux n'épargnera personne, la soif du pouvoir absolu dressera les hommes contre les hommes, les frères contre les frères ; toute la planète sera en proie à la folie et sombrera dans le gouffre béant de l'horreur."

Normal.

Je vais donc baisser discrètement la température jusqu'à ce qu'un hiver polaire gèle toute vie sur la terre et à ce moment là, je règnerai en maître au nom de sa majesté Odin.

Sa Majesté des Mioches

Où les élèves s'apprêtent  à élire leurs représentants au Conseil de Vie Collégienne, et à découvrir que les promesses politiques ne sont pas nécessairement destinées à être tenues...



Pauvres de nous !

C'était hier encore : nous étions jeunes, nous étions beaux, nous étions insouciants, nous pensions naïvement que jamais rien ne changerait au Collège Jean Roucas, nous tenions pour acquis notre petite routine rassurante - contre laquelle nous pestions parfois, mais sans véritable conviction, conscients de la chance que nous avions de travailler tous ensemble dans ce cadre idyllique (ou pas loin). Bien sûr, nous râlions par moment, parce que nous restons français avant tout, mais nous n'oubliions pas combien les choses pouvaient être pire ailleurs et nous étions reconnaissants envers le grand Dieu Mutation.

Du moins, jusqu'à présent.


Car la semaine prochaine, les élèves vont élire leurs représentants au Conseil…

Perdu de recherche

Où l'on s'apprête à affronter la première semaine de cinq jours depuis fort, fort longtemps (mais paradoxalement, pas assez).




Bonsoir à tous,




Suite au message qui accompagnait la dernière édition du semainier, nous avons reçu de nombreux courriels inquiets nous demandant de vous communiquer toutes les informations que nous pourrions avoir, bonnes ou mauvaises, au sujet du triste fait divers que nous vous relations alors.

Vous serez, j'en suis sûr, émus et soulagés d'apprendre que tout va bien, tout est rentré dans l'ordre : nous avons retrouvé le vendredi (comme en atteste le document ci-joint).


Constatée le 21 octobre, sa disparition avait alimenté les spéculations les plus folles quant à la nature de cette défection inattendue (et remarquée !).

Enlèvement ? Complot ? Conspiration ? Intervention extraterrestre ?

Plusieurs semaines durant, les rumeurs sont allées bon train (certains allant jusqu'à prét…

On recherche les clés du bâtiment A

Bonjour à tous,




Comme l'intitulé de ce mail l'indique avec une clarté exemplaire ("ce qui se conçoit bien s'énonce clairement et les mots pour le dire arrivent aisément"), les clés de la salle multimédia du bâtiment A n'ont pas été rendues à la loge.

Serait-il possible au(x) professeur(s) concerné(s) de les rapporter au plus vite ?

A midi, je lâche les chiens.

Bon, ce sont des chiens fonctionnaires, donc ils ne courent pas bien vite et sont souvent en RTT.


Oh et oui, évidemment, ils ne vous mordront pas, parce que la mutuelle ne couvre pas les éventuels frais dentaires qui en découleraient.


Sans compter qu'ils arrêteront de vous poursuivre à 16h pile (fin du service).


Mais quand même. 




Vous en remerciant par avance,


Bien cordialement,


Le secrétariat de Direction

Et trois jours par semaine c'est ma peau contre ta peau...

Où l'on est en week-end le jeudi soir et où l'on devrait faire ça plus souvent.



Bonsoir à tous,




ça n'y coupera pas.


Votre subconscient aura beau lutter, chercher à vous préserver, tirer la sonnette d'alarme, rien n'y fera.

En consultant le planning de la semaine prochaine, vous ne pourrez pas empêcher une question de germer dans votre esprit.

Une question toute simple.


A peine métaphysique.

Existentielle juste ce qu'il faut.

Une question anodine qui, en temps normal, n'aurait fait que passer :


Où est le vendredi ?

Oui.

Où est le vendredi ?

Sauf que là, paf, DJ secrétaire de Direction lance la musique disco et vous gâche le week-end :

Avec ses geeeesteeeesss pleinnnn de charmeeeees

(allez, tous avec moi !)


Où est le vendredi ?
Où est le vendredi ?
Où est le vendrediiiiiii ? (hop, pointe d'aigü, trois verres brisés, vous m'enverrez la note).


Arrivé à ce point de votre lecture, en théorie, il est trop tard, vous avez déjà…