Mais qu'est-ce donc qu'un semainier ? Excellente question, l'internaute, à laquelle te répondra la petite icône en haut à droite, ou bien la barre latérale du blog, si tu navigues sur un PC de riche avec un écran grand comme la Baltique.

vendredi 29 mai 2015

Si tu reviens, j'annule tout


Où l'on a dangereusement pris goût aux week-end de trois jours et où le sevrage est un peu compliqué. 



Cher Week-end de trois jours,


Si j'oublie ma fierté ce soir et si je prends ma plus belle plume pour t'écrire ce message, avec toute la sincérité dont la nature a jugé bon de pourvoir l'individu de sexe masculin (à savoir : 50 % de déni et 50 % de mauvaise foi), c'est pour te dire que tu me manques. Ni plus. Ni moins. Tu me manques même comme aucun autre week-end ne m'a manqué jusqu'à présent. Je sais que j'ai beaucoup papillonné, que je suis passé de l'un à l'autre sans état d'âme. J'ai même, je le confesse, été butiner à plusieurs reprises du côté des vacances scolaires, une, deux, trois, quatre, cinq semaines d'affilées, ça m'est arrivée, je le reconnais. Je ne vais pas te mentir. Avec elles, j'ai vécu de moment de folle insouciance et (surtout) de grasse mâtinée jusqu'à 14 heures. Mais c'est fini, tout ça. Je te le jure. Je suis un secrétaire administratif nouveau.

Je l'ai compris ce mardi 26 mai, quand le réveil m'a tiré du sommeil avec la cuistrerie qu'on lui connaît, et que j'ai découvert ton post-it sur ma table de nuit. "Je pars, as-tu écrit, acheter des cigarettes". Dans un premier temps, j'y ai cru, bien sûr, je n'ai pas honte de l'avouer. Pendant des jours, je t'ai gardé ta part de purée-saucisses au frigo en attendant ton retour. Je m'étais appliqué : j'avais même réussi à faire en sorte qu'on ne sente plus le goût des flocons de patate lyophilisés, caractéristiques des purées Mousseline (ma spécialité). Seulement voilà. Ce soir, je suis obligé de me rendre à l'évidence : soit tu t'es moqué de moi (soit tu m'as "enfumé", pourrais-je dire si j'avais le cœur à rire !), soit tu es parti les acheter en Espagne par cartouches de dix mille et tu t'es fait coincer à la frontière.

Sache, en tout cas, que tout au long de cette semaine, je n'ai pas cessé de penser à toi. Chaque seconde, de chaque minute, de chaque heure écoulée. J'ai même rêvé de toi à plusieurs reprises, au cours de ces longs moments où je dors les yeux ouvert assis à mon poste de travail (c'est un de mes petits secrets, ne l'ébruite surtout pas, je ne voudrais pas perdre mon poste !). Aussi envisagé-je, dans un proche avenir, de me faire tatouer ton prénom quelque part où ça ne ferait pas trop mal, avec un coeur percé d'une flèche et peut-être des petits oiseaux comme dans les films de Walt Disney.

Car j'en suis là. Je suis accro. Je ne peux pas me passer de ma petite journée de repos supplémentaire.

Aussi, je t'implore à genoux : reviens. Je te promets que (presque) plus jamais je n'irai voir ailleurs.

Je t'aime, week-end de trois jours.

Je pense à toi.

Et à toute l'équipe du Collège aussi, à laquelle je souhaite un excellent week-end... mais de deux jours seulement.
Les âmes les plus affectée par la nouvelle pourront venir chercher des kleenex gratuits au secrétariat.


P.S. : pour conclure sur une note plus positive, M le CPE signale qu'en passant par la Vie Scolaire, vous pourrez dès lundi vous porter acquéreur d'une SPLENDIDE photo de classe TOUTE EN COULEUR, collector et numérotée, pour la MODIQUE somme de 5 euros, dont l'intégralité sera reversé à l'association caritative "une Ferrari Testa Rossa pour M le CPE". Venez nombreux, c'est pour la bonne cause !


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Le secrétariat de direction

vendredi 22 mai 2015

Pirates of the Lonweekean (2)

Où il suffit d'un week-end de trois jours pour s'imaginer faire le tour du monde en goélette. Ou plutôt en galère, le cas échéant.



Pom.

Pom.

Pom.

Pom.

Le son du tambour, ce martellement sourd, régulier, qui a rythmé votre quotidien pendant cinq longues journées, ce martellement régulier qui est devenu pour vous, au fil des heures, comme un compagnon de voyage - peut-être même comme un frère !-, cette douloureuse ponctuation de vos heures travaillées disparaît peu à peu dans le lointain, à mesure que s'éloigne la galère pénitentiaire de la semaine écoulée (qu'elle coule, s'il faut, maintenant que vous êtes descendu... elle ne manquera à personne !).

Vous avez purgé votre peine hebdomadaire, vous avez remboursé votre dette aux yeux de la société, vous ne lui devez plus ni heures contractuelles, ni HSA, ni HSE. Et pour cause : vous êtes HS. Aussi vous a-t-on débarqué, épuisé, hagard, sur la plage sablonneuse d'un week-end de trois jours, là où courent les crabes du soulagement et les bernard l'ermite de l'insouciance.

Vous avez tellement ramé, cette semaine encore, que vous ne sentez plus vos bras. A un mois du Brevet, c'est à peine si vos jambes soutiennent encore le poids de vos responsabilités pédagogiques. Tout à coup, vos lèvres crevassées frémissent, alors que votre regard se porte sur la mer immobile : l'eau est plate. Trop plate. Une chose est sûre, les cocktails qui vous attendent dans les prochains jours ne le seront pas, eux. 

Libre, enfin.
Libre comme le goéland.
Libre comme l'albatros.
Libre, même, comme le pigeon parisien - car même le modèle qui n'a qu'une seule patte et une fâcheuse tendance à se jeter sous les roues des bus était jusqu'à présent plus à envier que vous !

Alors que vous hésitez sincèrement entre bondir de joie, bondir de satisfaction, bondir de gratitude ou ne pas bondir du tout parce que c'est quand même très très fatiguant, surtout quand il fait chaud, vous portez machinalement votre main à la poche de votre short élimé.
Dans laquelle - ô surprise ! - vous découvrez une feuille de papier, pliée en quatre.
Que vous dépliez fébrilement.
Sur celle-ci, un message, signé du contremaître :

"Amuse-toi bien. On repasse te prendre ce mardi".

La chose est accompagné du semainier ci-joint, au bas duquel votre bourreau a ajouté, griffonné à la hâte et d'une main maladroite : "mais que ça ne t'empêche pas de passer un excellent week-end quand même".

Est-il sincère ? Ironique ? Plus cruel que jamais ?

Dans l'immédiat, qu'importe.
Les "Pom" sont loin.

Dans les trois prochains jours, il ne devrait pas y avoir de pépins.



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 Le secrétariat de direction
 
 
Notice explicative : pour celles et ceux qui n'auraient pas leur carte de membre au Club de l'Education Nationale, les HSA et les HSE sont deux types d'heures supplémentaires réservées à la rémunération de projets éducatifs spécifiques. Je suis bien placé pour le savoir : en ma qualité de "petite main", je n'y ai pas droit. Mais c'est moi qui les mets en paiement

lundi 11 mai 2015

Mouvement perpétuel et conséquences

 Où suite à trois jours de "répondre à tous", il était plus que temps de donner une petite leçon d'informatique à l'académie toute entière...

 
Chers collègues,
 
En ce lundi matin ensoleillé, que diriez-vous de commencer votre semaine de travail par une petite formation accélérée GRATUITE assurée BENEVOLEMENT par les soins de votre serviteur d'un jour ? Je serais, en effet, honoré de partager avec vous mes VERTIGINEUSES connaissances en informatique puisque, de toute évidence, certains d'entre vous en ont grand besoin. C'est tout moi, ça : les lundis ensoleillés, je ne suis qu'amour et gratuité, au mépris de mon profil de poste.
 
Sachez donc, chers collègues, que lors de tels envois en chaîne, il est INUTILE (permettez-moi d'insister ) de demander à être retiré des listes de diffusion, pour deux raisons frappées au coin du bon sens :
 
- D'une part, ces listes de diffusion émanent du rectorat, pas des établissements auxquels vous répondez. Elles englobent respectivement la totalité des écoles, collèges et lycées de l'académie, et ne sont pas dissociables. Ce qui implique que vos interlocuteurs, même s'ils le voulaient, ne pourraient pas accéder à votre requête. Ils pourraient éventuellement retirer la liste de diffusion dans laquelle est englobée votre adresse, mais s'ils n'ont pas été capables de cliquer sur "répondre" au lieu de cliquer sur "répondre à tous", il y a peu de chances qu'ils y soient disposés.
 
- D'autre part, même en optant pour cette solution, le problème ne serait pas réglé puisque vous seriez uniquement retirés des listes des personnes qui auront DÉJÀ répondu à cette chaîne. Ce qui ne vous profiterait que dans l'hypothèse saugrenue où lesdites personnes décideraient de répondre UNE SECONDE FOIS. Tous ceux qui, agacés par votre message, répondront par la suite vous auront TOUJOURS dans leurs propres listes de diffusions, si bien que vous continuerez de recevoir des mails indésirables.
 
Une seule chose sensée à faire, dans ce cas de figure : ne pas répondre.
 
Sauf, évidemment, si vous vous ennuyez et si vous avez terminé votre tour Eiffel en trombones.
 
Bien sûr, on peut aussi essayer de continuer comme ça jusqu'à la semaine prochaine et voir si on peut entrer dans le Guiness Book des Records, mais même s'il y a une récompense financière à la clé, je doute qu'une fois partagé entre nous tous, celle-ci nous paie pour notre peine.
 
Vous souhaitant une bonne (courte) semaine,
 
Bien cordialement,
 
Le secrétaire de direction
 
 
PS : LE PROCHAIN QUI CLIQUE SUR "RÉPONDRE A TOUS" A UN GAGE

samedi 9 mai 2015

La chaîne de l'amitié

 Où les "stop !" des "répondre à tous" se suivent et se ressemblent beaucoup. 


 
Chers collègues,
 
Permettez-moi de vous adresser un conseil utile en cas de tels envois "en chaîne" : quand plusieurs heures se sont écoulées depuis la réception du dernier message en date, considérez le problème comme "réglé" et évitez de relancer la machine en vous fendant d'un "stop" ou d'un "arrêtez" qui n'a plus lieu d'être.
 
Sans quoi on risque d'y passer le week-end et je suis sûr qu'on a tous mieux à faire, que ce soit du ski nautique ou du macramé.
 
Pour deux (2 !) messages que certains d'entre vous ont jugé déplacés, ce sont des dizaines de STOP que nous recevons, tous, depuis hier, si bien que ceux qui dérangent le plus sont paradoxalement ceux qui se plaignent le plus d'être dérangés.
 
Voilà qui devra prêter à sourire autant qu'à méditer.
 
Bien cordialement,
 
Le secrétaire de direction

jeudi 7 mai 2015

Pirates of the Lonweekean (1)

Où les week-ends de trois jours deviennent les meilleurs amis du fonctionnaire, et où ils ont un parfum de grande aventure...


Je ne sais pas pour vous mais moi, j'entends le bruit des vagues.

Woush-woush glissent-elles à mes oreilles de leurs voix de sirènes, alors que j'ai au bout du fil quelqu'un du rectorat dont je ne retiens qu'un mot sur quarante ("je" "vous" "augmente" "monsieur" "Liehd"... oui, j'ai forcément mal compris, sans doute est-ce un avant-goût de l'ivresse des profondeurs).

Tandis qu'on me parle "dossiers incomplets" et de "retenue sur salaire" (ou du moins, cela ne devrait plus tarder), rien à faire : je n'entends qu'elles.

Woush. Woush.
Et re-woush.

Hypnotique, le mouvement du ressac m'annonce un week-end de trois jours aux températures estivales - qui, gageons-le, feront du bien là où elles passeront (dès que je quitte le Collège, c'est décidé : cap sur Leclerc pour acheter un stock de crème solaire et revendre tout ça dix fois le prix sur Leboncoin).

Pour me mettre dans l'ambiance de ces semi-vacances, j'ai renversé mes trombones par terre, comme autant de petits coquillages à l'émail argenté, et je m'essaie maintenant à marcher pied nu tout en évitant les punaises (que j'ai, pour l'occasion, rebaptisées "oursins").

Même le café de la salle de repos a désormais le goût prémonitoire d'un double-Martini-diabolo-menthe-sans-alcool.

Tout à l'heure, si les embruns se calment, j'irais à la pêche au merlu dans la salle des archives.
Pour tout vous dire, j'en suis arrivé au point où je sens presque le sable entre mes doigts de pieds (en éventail, comme les doigts de pieds de tout fonctionnaire que si respecte) : qu'on ne me demande rien, mon esprit a sorti son seau, sa pelle et son râteau, et a entrepris de bâtir une réplique de Chambord modèle réduit (comme d'habitude, le résultat ressemblera au Château de Crussol, mais si c'est bon pour les Ardéchois, c'est aussi bon pour moi).

Plus vrai que nature, le cri des mouettes résonne à quelques mètres de moi, sans doute parce que c'est l'heure de la sortie et qu'il y a des élèves plein les couloirs.

A moins d'une heure de la quille, plus que jamais, je le pressens, ce n'est pas le large qui prendra le fonctionnaire, mais le fonctionnaire qui prendra le large. Sans trop de décalage horaire.

Que serait, cependant, le farniente d'un après-midi à la plage sans un semainier qui ressemble, plus que jamais, à une grille de mots croisés (vide). Je vous laisse le soin d'en remplir les marges. Vous pourrez éventuellement vous en servir pour une bataille navale...

Bon long week-end à tous !

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Le secrétariat de direction


Notice explicative : le château de Crussol est une curiosité locale à ne pas manquer, quand vous passez en Ardèche (mais quelle idée, aussi !), cependant le  moins qu'on puisse dire, c'est qu'il n'est pas en très très bon état. 

Notice explicative 2 : l'Ardèche est sans conteste le département le plus rural et le moins civilisé que la France ait jamais connu : connue pour ses châtaignes, ses routes en zig-zag et ses sangliers, elle ne possède ni gares, ni trains de voyageurs, ni électricité, ni eau courante, ni rien qui puisse évoquer une forme de civilisation ne serait-ce que rudimentaire. Accessoirement, depuis des siècles, elle est en guerre avec la Drôme de l'autre côté du Rhône, dont elle jalouse les fastes et le raffinement. Ce qui en fait incontestablement le meilleur running gag de l'univers, à égalité avec Mogadiscio. 

Les voyages forment la jeunesse

 Où ça ne s'arrange pas niveau fatigue mais où ce qui a été promis la semaine précédente a été promis...   Bonsoir à tous, Je n...