Où l'été se prolonge dans des proportions indécentes, où l'automne se fait attendre en proportion, et où il est question entre les lignes d'un professeur absent de longue date, pour cause de vendetta personnelle contre l'administration.
Si vous faites partie de ceux qui, à force, s'inquiétaient de ne
pas le voir revenir (alors qu'il est pourtant inscrit aux
effectifs pour les trois prochains mois - au moins), vous serez
sans doute soulagé d'apprendre que je viens de recevoir de ses
nouvelles et qu'il va bien.
Lui qui est porté absent depuis un peu plus d'une semaine, et
dont nous étions sans nouvelles jusque-là, vient de nous faire
parvenir une jolie carte postale des îles où il goûte "au plaisir
un peu aigre du repos forcé" (ce sont ses mots). Il a joint à
l'envoi quelques photos de lui pour prouver sa bonne foi,
notamment un cliché édifiant où on le voit danser la chenille avec
un car de vahinés, et où on lit clairement sur son visage qu'il
leur emboîte le pas à contrecœur. C'est déchirant. Aucun homme ne
devrait avoir à subir ça.
Toujours bloqué aux Bahamas, où il passait ses vacances
estivales, Monsieur l'Automne vous fait savoir qu'il sera bientôt
de retour parmi nous, mais que son vol a encore été reporté "pour
des raisons de sécurité". Conscient des responsabilités
professionnelles qui lui incombent, il a laissé quelques consignes
par téléphone à son cousin l'Eté, comme de penser à baisser les
températures, faire souffler le vent dans les volets la nuit ou
réduire progressivement les périodes d'ensoleillement, mais il
précise à toutes fins utiles que le cousin en question n'est pas
une flèche non plus, que "quand il s'agit de se dorer la pilule
pépère, ça, on peut compter sur lui", mais que "le reste du temps,
on ne peut pas dire que la rigueur soit au nombre de ses
préoccupations". Aussi ces directives ne seront-elles pas
forcément appliquées à la lettre, et s'en excuse-t-il avec
obséquiosité.
Il s'excuse également avec beaucoup de sincérité de "nous laisser
en plan comme ça" mais il tient à nous assurer que dès les
premières secondes des premières minutes des premières heures de
son retour, il se fera un point d'honneur à reprendre les choses
en mains, nous coller des température en dessous de cinq, nous
forcer à ressortir les doudounes ridicules, les kleenex qui font
mal au nez et le vin chaud qui pique la gorge, ou encore nous
givrer gaiment le pare-brise pour nous forcer à nous lever encore
vingt minutes plus tôt. Ce sur quoi il conclue avec cette formule
sibylline : "quand on peut faire plaisir...".
Dans l'attente, vous pourrez toujours profiter des quelques
loupés de son cousin pas très futé pour consulter le semainier à
l'ombre sous un parasol "Force 4" (ça désoiffe, spéciale dédicace
aux années 80 - qui nous manquent aussi), en pensant à lui et en
sirotant un Punch Coco (presque) de saison en son honneur.
Bien cordialement,
Le secrétariat de Direction
Petites Grandeurs et Grandes Misères d'un Secrétaire de Direction
Mais qu'est-ce donc qu'un semainier ? Excellente question, l'internaute, à laquelle te répondra la petite icône en haut à droite, ou bien la barre latérale du blog, si tu navigues sur un PC de riche avec un écran grand comme la Baltique.
vendredi 30 septembre 2016
jeudi 29 septembre 2016
Pousse-toi d'là que j'm'y mette
A l'attention de l'ensemble des personnels du Collège
Bonjour à tous,
Par le présent message, nous vous rappelons de bien veiller à ne pas stationner sur l'emplacement "réservé" du parking situé à l'arrière de l'établissement (sauf, bien entendu, si vous êtes un riche magnat du pétrole et si vous venez travailler en jet privé) (mais inutile de chercher à tromper ma vigilance : ayant accès à vos dossiers personnels, si c'était le cas, croyez bien que j'en aurais déjà profité pour essayer de vous faire chanter et d'arrondir ainsi mes fins de mois au million supérieur).
En effet, cette place est celle du véhicule de service, et l'occuper est susceptible de gêner grandement le travail des agents.
Vous en remerciant par avance,
Bien cordialement,
Le secrétariat de Direction
Bonjour à tous,
Par le présent message, nous vous rappelons de bien veiller à ne pas stationner sur l'emplacement "réservé" du parking situé à l'arrière de l'établissement (sauf, bien entendu, si vous êtes un riche magnat du pétrole et si vous venez travailler en jet privé) (mais inutile de chercher à tromper ma vigilance : ayant accès à vos dossiers personnels, si c'était le cas, croyez bien que j'en aurais déjà profité pour essayer de vous faire chanter et d'arrondir ainsi mes fins de mois au million supérieur).
En effet, cette place est celle du véhicule de service, et l'occuper est susceptible de gêner grandement le travail des agents.
Vous en remerciant par avance,
Bien cordialement,
Le secrétariat de Direction
vendredi 23 septembre 2016
Lolcats
Où faute de mieux, je raconte mes mésaventures nocturnes.
Histoire vraie.
Vendredi 23/09/2016.
5h12.
Un miaulement déchirant dans les ténèbres.
"- Humain ! Humain !
- Il est cinq heures du mat', J'onn J'onzz. Qu'est-ce que tu veux ?
- Je voulais juste t'informer que j'étais réveillé. Et que j'avais un peu faim, aussi.
- Ta gamelle est pleine.
- Je sais. Mais je me disais que ça t'intéresserait peut-être de me regarder manger.
- C'est très généreux de ta part, mais que dirais-tu d'aller plutôt manger ça dehors, que je puisse retourner me coucher ?
- Ha non ! Le manger, c'est sacré ! C'est au chaud, bien tranquille, en prenant son temps ! C'est seulement après, qu'on va dehors !
- Et tu en as pour longtemps ?
- Oh non, rassure-toi. Pas plus d'un quart d'heure. Vingt minutes, grand maximum. C'est pour ça que je te proposais de me regarder manger. Faudrait pas que tu te rendormes sur le canapé et que je sois obligé de te réveiller à nouveau. Ce serait dommage, PAS VRAI ?
- Tu veux apprendre à voler comme un oiseau ?
- Détends-toi, humain (scrounch, scrounch). La nuit est encore jeune (scrounch, scrounch, scrounch).
- Je dois me lever dans une heure et demi.
- Tant que ça (scrounch, scrounch) ? Pourquoi tu fais la tête, alors (scrounch) ? D'ici à ce que tu arrives à te rendormir, tu as encore quarante cinq bonnes minutes de sommeil devant toi (scrounch, scrounch).
- A titre informatif, je te rappelle qu'il y a un mixer branché et en état de marche sur la table d'à côté.
- Ha (scrounch) ? Oui, c'est vrai, maintenant que tu le dis (scrounch). Bon ben j'ai terminé (scrounch) . Tu peux m'ouvrir, maintenant (scrounch, scrounch) .
- ....
- J'AI DIT TU PEUX M'OUVRIR MAINTENANT !
- Pardon, je fermais les yeux deux secondes.
- MAINTENANT ! MAINTENANT ! MAINTENANT !
- ça va, ça va, deux secondes...
- Non, attends finalement, encore une dernière bouchée (scrounch). C'est que c'est pas mauvais ces p'tits machins...
- Oui bon ben voilà, c'est ouvert. Je peux retourner au lit, maintenant ?
(La bestiole s'est déjà fondue dans la nuit et fait mine de ne plus connaître ce "maître" qui n'en a que le nom)
- Hein ? Quoi ? Qui me parle ? Je suis loin, je suis un seigneur de guerre, une bête sauvage, je ne fricote pas avec les humains !
- OK. Ciao, alors.
- Oh ! Humain ! Avant de partir, laisse-moi discrètement quelques croquettes dans un coin, on ne sait jamais. ça creuse, de régner sur ces étendues sauvages !
- Et pourquoi je ferais ça ?
- Parce que je sais dans quelle pièce tu dors et sous quelle fenêtre miauler au besoin.
- Je te hais.
- Lalalala, je suis loin, je suis un seigneur de guerre, je n'ai rien entenduuuu... oh, un mulot ! Beware, mulot ! Beware the true king of this land ! Kum baaaa yaaaaa ! (...)"
Bonsoir à tous,
Albert Einstein l'a un jour déclaré en sortant de chez le coiffeur (qu'il payait définitivement beaucoup, beaucoup trop cher) : "toutes choses étant égales par nature, indépendamment du contexte dans lequel elles s'inscrivent, ça passera toujours mieux avec des chats". Une formule thermodynamique qui se vérifie tous les jours sur internet.
Ce semainier étant par conséquent l'égal du précédent, et dans la mesure où je suis moi-même l'égal de ce que j'étais la semaine dernière (mais en plus pressé), j'ai voulu vérifier la la validité de ce principe en partageant avec vous un peu de mon intimité nocturne (ce qui n'est pas rien, vous en conviendrez).
Une anecdote toute fraîche et 100% authentique qui, bien sûr, n'a pas le moindre rapport avec le planning de la semaine à venir - hormis le fait que ce dernier est joint à l'envoi (si, si, là-haut, à droite !) -, mais qui vous délivre deux informations d'importance :
- J'ai un chat nommé J'onn J'onzz (au grand désespoir du vétérinaire) (enfin, quand j'écris "j'ai", c'est une façon de parler. Dans les fait, c'est lui qui m'a, et il aime le faire valoir).
- S'il y a des erreurs dans ce semainier, vous saurez qui blâmer, même si c'est dangereux de s'en prendre à un seigneur de guerre.
Vous souhaitant un week-end de pa-chat,
Bien cordialement,
Le secrétariat de Direction
Histoire vraie.
Vendredi 23/09/2016.
5h12.
Un miaulement déchirant dans les ténèbres.
"- Humain ! Humain !
- Il est cinq heures du mat', J'onn J'onzz. Qu'est-ce que tu veux ?
- Je voulais juste t'informer que j'étais réveillé. Et que j'avais un peu faim, aussi.
- Ta gamelle est pleine.
- Je sais. Mais je me disais que ça t'intéresserait peut-être de me regarder manger.
- C'est très généreux de ta part, mais que dirais-tu d'aller plutôt manger ça dehors, que je puisse retourner me coucher ?
- Ha non ! Le manger, c'est sacré ! C'est au chaud, bien tranquille, en prenant son temps ! C'est seulement après, qu'on va dehors !
- Et tu en as pour longtemps ?
- Oh non, rassure-toi. Pas plus d'un quart d'heure. Vingt minutes, grand maximum. C'est pour ça que je te proposais de me regarder manger. Faudrait pas que tu te rendormes sur le canapé et que je sois obligé de te réveiller à nouveau. Ce serait dommage, PAS VRAI ?
- Tu veux apprendre à voler comme un oiseau ?
- Détends-toi, humain (scrounch, scrounch). La nuit est encore jeune (scrounch, scrounch, scrounch).
- Je dois me lever dans une heure et demi.
- Tant que ça (scrounch, scrounch) ? Pourquoi tu fais la tête, alors (scrounch) ? D'ici à ce que tu arrives à te rendormir, tu as encore quarante cinq bonnes minutes de sommeil devant toi (scrounch, scrounch).
- A titre informatif, je te rappelle qu'il y a un mixer branché et en état de marche sur la table d'à côté.
- Ha (scrounch) ? Oui, c'est vrai, maintenant que tu le dis (scrounch). Bon ben j'ai terminé (scrounch) . Tu peux m'ouvrir, maintenant (scrounch, scrounch) .
- ....
- J'AI DIT TU PEUX M'OUVRIR MAINTENANT !
- Pardon, je fermais les yeux deux secondes.
- MAINTENANT ! MAINTENANT ! MAINTENANT !
- ça va, ça va, deux secondes...
- Non, attends finalement, encore une dernière bouchée (scrounch). C'est que c'est pas mauvais ces p'tits machins...
- Oui bon ben voilà, c'est ouvert. Je peux retourner au lit, maintenant ?
(La bestiole s'est déjà fondue dans la nuit et fait mine de ne plus connaître ce "maître" qui n'en a que le nom)
- Hein ? Quoi ? Qui me parle ? Je suis loin, je suis un seigneur de guerre, une bête sauvage, je ne fricote pas avec les humains !
- OK. Ciao, alors.
- Oh ! Humain ! Avant de partir, laisse-moi discrètement quelques croquettes dans un coin, on ne sait jamais. ça creuse, de régner sur ces étendues sauvages !
- Et pourquoi je ferais ça ?
- Parce que je sais dans quelle pièce tu dors et sous quelle fenêtre miauler au besoin.
- Je te hais.
- Lalalala, je suis loin, je suis un seigneur de guerre, je n'ai rien entenduuuu... oh, un mulot ! Beware, mulot ! Beware the true king of this land ! Kum baaaa yaaaaa ! (...)"
Bonsoir à tous,
Albert Einstein l'a un jour déclaré en sortant de chez le coiffeur (qu'il payait définitivement beaucoup, beaucoup trop cher) : "toutes choses étant égales par nature, indépendamment du contexte dans lequel elles s'inscrivent, ça passera toujours mieux avec des chats". Une formule thermodynamique qui se vérifie tous les jours sur internet.
Ce semainier étant par conséquent l'égal du précédent, et dans la mesure où je suis moi-même l'égal de ce que j'étais la semaine dernière (mais en plus pressé), j'ai voulu vérifier la la validité de ce principe en partageant avec vous un peu de mon intimité nocturne (ce qui n'est pas rien, vous en conviendrez).
Une anecdote toute fraîche et 100% authentique qui, bien sûr, n'a pas le moindre rapport avec le planning de la semaine à venir - hormis le fait que ce dernier est joint à l'envoi (si, si, là-haut, à droite !) -, mais qui vous délivre deux informations d'importance :
- J'ai un chat nommé J'onn J'onzz (au grand désespoir du vétérinaire) (enfin, quand j'écris "j'ai", c'est une façon de parler. Dans les fait, c'est lui qui m'a, et il aime le faire valoir).
- S'il y a des erreurs dans ce semainier, vous saurez qui blâmer, même si c'est dangereux de s'en prendre à un seigneur de guerre.
Vous souhaitant un week-end de pa-chat,
Bien cordialement,
Le secrétariat de Direction
lundi 19 septembre 2016
Etes-vous le Maître des Clés ?
Bonjour à tous,
On m'a rapporté ce matin un trousseau perdu et particulièrement bien achalandé.
Malheureusement, j'ai essayé chacune de ses clés sur l'armoire magique de Narnia, sans succès : je suis toujours assis à mon poste et nous sommes toujours lundi matin (soupir).
Que quelqu'un vienne donc me débarrasser de cette camelote !
(Mais pas de 11h30 à 14h15 car je suis de cantine aujourd'hui, ce qui ressemble un peu à Narnia, j'en conviens, mais en période de guerre - et avec le lion qui rugit directement dans mes oreilles pendant une heure et demi).
Bien cordialement,
Le secrétariat de Direction
Notice explicative : une fois par semaine, nous autres heureux représentants de l'administration avons en effet l'immense plaisir de changer de casquette et de nous retrouver debout dans un couloir en plein courant d'air, à regarder défiler des pré-ados affamés pendant 90 minutes (ce qui implique 90 minutes de décibels façon Metallica et de blagues affligeantes à bases de zizis).
On m'a rapporté ce matin un trousseau perdu et particulièrement bien achalandé.
Malheureusement, j'ai essayé chacune de ses clés sur l'armoire magique de Narnia, sans succès : je suis toujours assis à mon poste et nous sommes toujours lundi matin (soupir).
Que quelqu'un vienne donc me débarrasser de cette camelote !
(Mais pas de 11h30 à 14h15 car je suis de cantine aujourd'hui, ce qui ressemble un peu à Narnia, j'en conviens, mais en période de guerre - et avec le lion qui rugit directement dans mes oreilles pendant une heure et demi).
Bien cordialement,
Le secrétariat de Direction
Notice explicative : une fois par semaine, nous autres heureux représentants de l'administration avons en effet l'immense plaisir de changer de casquette et de nous retrouver debout dans un couloir en plein courant d'air, à regarder défiler des pré-ados affamés pendant 90 minutes (ce qui implique 90 minutes de décibels façon Metallica et de blagues affligeantes à bases de zizis).
vendredi 16 septembre 2016
Après le beau temps vient la pluie (enfin !)
Où il pleut pour la première fois depuis fin juillet et où mine de rien, ça commence à faire.
Vendredi 16 septembre, 18h09.
La France a peur.
Je sais qu'en qualité de fonctionnaire (si tant est que les deux termes ne soient pas incompatibles), je suis soumis à un devoir de réserve, mais j'ai également des devoirs de citoyens à honorer ; et j'estime présentement que les seconds priment sur les premiers (même si l'étymologie me donne tort).
En effet, oui, la France a peur.
Or vous êtes la France.
Donc vous avez peur.
C'est imparable, pour citer Jean Claude Van Damme dans son ouvrage "De Sidekickus Veritas".
Aussi dois-je raccrocher ma casquette de secrétaire administratif à la patère de mes grands idéaux pour redevenir, l'espace d'un instant, l'un de vos semblables et vos frères.
Car n'ayez crainte, amis.
Les plus observateurs d'entre vous auront sans doute remarqué que depuis peu, un drôle de truc mouillé tombe du ciel en faisant plitch plotch - un peu comme de l'eau, en fait, mais sans la bouteille en plastique autour (ou, pour les spécialistes de la question : sans le pastis par en-dessous). Sachez que ce n'est pas une hallucination, ni un cas isolé. Or tandis que les moins laïques y voient déjà un signe annonciateur d'Apocalypse ("chats et chiens s'inscrivant sur Meetic ensemble", ce genre de choses), j'ai lutté courageusement contre l'effroi qui me poussait à fuir, je suis resté stoïque, face à l'écran, et je me suis renseigné sur la question auprès de la plus grande autorité en la matière, un individu très courtois et très cultivé que j'ai rencontré par hasard sur internet et avec qui j'échange régulièrement (vous ne le connaissez pas, il s'appelle Monsieur Google, il ne s'adresse qu'à des gens cultivés comme moi).
Délaissant mes tâches à l'ordre du jour (car qu'est-ce que la mise en paiement de vos salaires, franchement, comparé à un problème de cette importance ?), j'ai interrogé mon ami pendant des heures jusqu'à trouver la trace, enfin, sur un obscur site d'information daté de ce qui semble être la préhistoire numérique (entièrement mis en forme en Comic Sans MS, ça ne trompe pas), quelques références absconses à de tels prodiges (vous serez payés en novembre, au fait). A en croire ces lignes anonymes, il s'agirait d'un phénomène naturel appelé la "pluie", qui serait certes "visuellement impressionnante", mais sans danger pour la personne humaine (même si j'ai également trouvé le témoignage édifiant d'un certain Noé qui, à ce sujet, ce serait exclamé "Sans danger ? J't'en ficherai, du sans danger, nondijiou !") (puis, plus tardivement : "bloubloubloubloub...").
Vous pouvez par conséquent sortir de chez vous sans crainte : contrairement à la pluie de grenouilles ou à la pluie d'hommes (autre témoignage édifiant : "it's raining men ! Alléluïa ! It's raining men !". Notez comme le registre religieux reprend le dessus quand l'être humain est confronté à ses peurs les plus ataviques), la pluie d'eau ne fera que tremper vos vêtements voire, dans les cas les plus graves, humidifier votre épiderme, ce qui nécessitera l'utilisation d'un ustensile textile spécialisé appelé "serviette" sitôt revenus dans vos foyers. Sans cela, vous serez susceptibles d'attraper ce que les anciens appelaient un "coup de froid" (le froid, selon ces mêmes anciens, désignerait des températures descendant en dessous de 30 degrés, mais nos scientifiques modernes doutent qu'une telle chose soit jamais arrivée, et mettent ces déclarations sur le compte de la superstition). Attention cependant aux titulaires d'affections bénignes du cheveu tel que la permanente, le brushing ou la coupe de Desireless. La pluie est en effet susceptible d'en altérer la bonne tenue et de relooker les malheureux en caniches.
Mais enfin, pas de quoi s'alarmer.
C'est mignon, un caniche.
Fort de ces considérations, la direction considère que la "pluie" ne sera pas considéré comme un motif valable pour ne pas vous rendre au Collège lundi, raison pour laquelle je vous joins le semainier afin de vous préparer à la semaine à venir.
Bien cordialement,
Le secrétariat de Direction
Vendredi 16 septembre, 18h09.
La France a peur.
Je sais qu'en qualité de fonctionnaire (si tant est que les deux termes ne soient pas incompatibles), je suis soumis à un devoir de réserve, mais j'ai également des devoirs de citoyens à honorer ; et j'estime présentement que les seconds priment sur les premiers (même si l'étymologie me donne tort).
En effet, oui, la France a peur.
Or vous êtes la France.
Donc vous avez peur.
C'est imparable, pour citer Jean Claude Van Damme dans son ouvrage "De Sidekickus Veritas".
Aussi dois-je raccrocher ma casquette de secrétaire administratif à la patère de mes grands idéaux pour redevenir, l'espace d'un instant, l'un de vos semblables et vos frères.
Car n'ayez crainte, amis.
Les plus observateurs d'entre vous auront sans doute remarqué que depuis peu, un drôle de truc mouillé tombe du ciel en faisant plitch plotch - un peu comme de l'eau, en fait, mais sans la bouteille en plastique autour (ou, pour les spécialistes de la question : sans le pastis par en-dessous). Sachez que ce n'est pas une hallucination, ni un cas isolé. Or tandis que les moins laïques y voient déjà un signe annonciateur d'Apocalypse ("chats et chiens s'inscrivant sur Meetic ensemble", ce genre de choses), j'ai lutté courageusement contre l'effroi qui me poussait à fuir, je suis resté stoïque, face à l'écran, et je me suis renseigné sur la question auprès de la plus grande autorité en la matière, un individu très courtois et très cultivé que j'ai rencontré par hasard sur internet et avec qui j'échange régulièrement (vous ne le connaissez pas, il s'appelle Monsieur Google, il ne s'adresse qu'à des gens cultivés comme moi).
Délaissant mes tâches à l'ordre du jour (car qu'est-ce que la mise en paiement de vos salaires, franchement, comparé à un problème de cette importance ?), j'ai interrogé mon ami pendant des heures jusqu'à trouver la trace, enfin, sur un obscur site d'information daté de ce qui semble être la préhistoire numérique (entièrement mis en forme en Comic Sans MS, ça ne trompe pas), quelques références absconses à de tels prodiges (vous serez payés en novembre, au fait). A en croire ces lignes anonymes, il s'agirait d'un phénomène naturel appelé la "pluie", qui serait certes "visuellement impressionnante", mais sans danger pour la personne humaine (même si j'ai également trouvé le témoignage édifiant d'un certain Noé qui, à ce sujet, ce serait exclamé "Sans danger ? J't'en ficherai, du sans danger, nondijiou !") (puis, plus tardivement : "bloubloubloubloub...").
Vous pouvez par conséquent sortir de chez vous sans crainte : contrairement à la pluie de grenouilles ou à la pluie d'hommes (autre témoignage édifiant : "it's raining men ! Alléluïa ! It's raining men !". Notez comme le registre religieux reprend le dessus quand l'être humain est confronté à ses peurs les plus ataviques), la pluie d'eau ne fera que tremper vos vêtements voire, dans les cas les plus graves, humidifier votre épiderme, ce qui nécessitera l'utilisation d'un ustensile textile spécialisé appelé "serviette" sitôt revenus dans vos foyers. Sans cela, vous serez susceptibles d'attraper ce que les anciens appelaient un "coup de froid" (le froid, selon ces mêmes anciens, désignerait des températures descendant en dessous de 30 degrés, mais nos scientifiques modernes doutent qu'une telle chose soit jamais arrivée, et mettent ces déclarations sur le compte de la superstition). Attention cependant aux titulaires d'affections bénignes du cheveu tel que la permanente, le brushing ou la coupe de Desireless. La pluie est en effet susceptible d'en altérer la bonne tenue et de relooker les malheureux en caniches.
Mais enfin, pas de quoi s'alarmer.
C'est mignon, un caniche.
Fort de ces considérations, la direction considère que la "pluie" ne sera pas considéré comme un motif valable pour ne pas vous rendre au Collège lundi, raison pour laquelle je vous joins le semainier afin de vous préparer à la semaine à venir.
Bien cordialement,
Le secrétariat de Direction
mardi 13 septembre 2016
Les photocopieurs sont nos amis, il faut les aimer aussi
A l'attention de l'ensemble des professeurs du Collège
Bonsoir à tous,
Ces derniers jours, il ne vous aura pas échappé qu'en bons fonctionnaires qu'ils sont, les photocopieurs de la salle des professeurs ont beaucoup rechigné à travailler - l'un d'eux allant jusqu'à feindre le bourrage papier pour décrocher l'arrêt-maladie tant convoité. Sont-ils astucieux, les petits canaillous !
Qu'à cela ne tienne, le dépanneur est passé cet après-midi et lui a remis les idées (ainsi que deux ou trois petites pièces mécaniques) en place. Mon alter ego de plastique et de boulons est donc à nouveau opérationnel.
Le dépanneur en a profité pour réinstaller le logiciel d'alerte à distance, qui indiquera au fournisseur nos besoins en encre avant même que les toners soient arrivés au bout du rouleau (car le logiciel a été formé à l'Ecole Médiumnique du Grand Semainier, il peut donc lire l'avenir dans les voyants digitaux). Par conséquent, nous ne devrions plus souffrir des pénuries intempestives qui nous ont ralenti ces derniers mois ("ralenti" étant le terme académique pour dire "fait hurler de colère en brandissant les poings en direction des cieux indifférents").
Cependant si cela devait se reproduire, le dépanneur (toujours lui) insiste sur la nécessité de ne pas essayer de tricher avec le toner (car le toner sait tout, car le toner voit tout, car le toner lit dans ton coeur). En effet, le secouer vigoureusement et le réinsérer ensuite ni vu ni connu constitue un sacrilège de première importance, passible de torture par le guili-guili. Accessoirement (et plus prosaïquement), le processus abime la machine, dont il met les capteurs sans dessus-dessous : comme un alcoolique le samedi soir après la sixième tournée générale, elle ne sait plus si elle est pleine, si elle est vide ou si elle est un éléphant rose.
D'avance, merci pour elle, et bonne soirée à tous (ayez soif de modération),
Le secrétariat de Direction
Bonsoir à tous,
Ces derniers jours, il ne vous aura pas échappé qu'en bons fonctionnaires qu'ils sont, les photocopieurs de la salle des professeurs ont beaucoup rechigné à travailler - l'un d'eux allant jusqu'à feindre le bourrage papier pour décrocher l'arrêt-maladie tant convoité. Sont-ils astucieux, les petits canaillous !
Qu'à cela ne tienne, le dépanneur est passé cet après-midi et lui a remis les idées (ainsi que deux ou trois petites pièces mécaniques) en place. Mon alter ego de plastique et de boulons est donc à nouveau opérationnel.
Le dépanneur en a profité pour réinstaller le logiciel d'alerte à distance, qui indiquera au fournisseur nos besoins en encre avant même que les toners soient arrivés au bout du rouleau (car le logiciel a été formé à l'Ecole Médiumnique du Grand Semainier, il peut donc lire l'avenir dans les voyants digitaux). Par conséquent, nous ne devrions plus souffrir des pénuries intempestives qui nous ont ralenti ces derniers mois ("ralenti" étant le terme académique pour dire "fait hurler de colère en brandissant les poings en direction des cieux indifférents").
Cependant si cela devait se reproduire, le dépanneur (toujours lui) insiste sur la nécessité de ne pas essayer de tricher avec le toner (car le toner sait tout, car le toner voit tout, car le toner lit dans ton coeur). En effet, le secouer vigoureusement et le réinsérer ensuite ni vu ni connu constitue un sacrilège de première importance, passible de torture par le guili-guili. Accessoirement (et plus prosaïquement), le processus abime la machine, dont il met les capteurs sans dessus-dessous : comme un alcoolique le samedi soir après la sixième tournée générale, elle ne sait plus si elle est pleine, si elle est vide ou si elle est un éléphant rose.
D'avance, merci pour elle, et bonne soirée à tous (ayez soif de modération),
Le secrétariat de Direction
vendredi 9 septembre 2016
Un dîner presque parfait
Où l'on est tellement fatigué qu'on regarde n'importe quoi à la télé le soir pour décompresser et où on le vit plutôt mal parce qu'on vaut mieux que ça (mais qu'a priori, le reste de l'univers n'est pas au courant).
Bonsoir à tous,
Je suis confus. Vraiment.
Je sais bien qu'à ce stade de la compétition, une erreur pareille ne pardonnera pas, et je suis bien conscient que je risque l'élimination, mais voilà, je l'avoue, j'ai mal géré mon temps d'épreuve et par conséquent, je n'ai pas eu celui de cuire le semainier (vous aviez deviné que c'était lui qui, sur le menu, était désigné sous l'épithète "délices du lundi prochain", n'est-ce pas ?). Aussi suis-je obligé de vous le servir tartare relevé d'une pointe de jus de citron (pour l'amertume).
Initialement, j'avais prévu de vous le faire en quiche, fourrée aux marrons et au sanglier ardéchois, histoire que ça vous donne assez de calories pour tenir bon jusqu'aux prochaines vacances, mais j'ai perdu trop de temps à soigner la déco de la table (sur le thème : "j'ai Microsoft Excel et je suis daltonien") et à réfléchir aux activités que je vous proposerai entre le plat et le dessert. On m'a dit que la balle aux prisonniers, ce ne serait pas possible, non plus que la soirée karaoké spéciale "tubes québecois".
J'espère que malgré tout, vous apprécierez cette fameuse recette du terroir Morillonais et que vos notes me permettront de participer à la finale.
Vous en souhaitant bonne dégustation,
Bien cordialement,
Le secrétariat de Direction
Bonsoir à tous,
Je suis confus. Vraiment.
Je sais bien qu'à ce stade de la compétition, une erreur pareille ne pardonnera pas, et je suis bien conscient que je risque l'élimination, mais voilà, je l'avoue, j'ai mal géré mon temps d'épreuve et par conséquent, je n'ai pas eu celui de cuire le semainier (vous aviez deviné que c'était lui qui, sur le menu, était désigné sous l'épithète "délices du lundi prochain", n'est-ce pas ?). Aussi suis-je obligé de vous le servir tartare relevé d'une pointe de jus de citron (pour l'amertume).
Initialement, j'avais prévu de vous le faire en quiche, fourrée aux marrons et au sanglier ardéchois, histoire que ça vous donne assez de calories pour tenir bon jusqu'aux prochaines vacances, mais j'ai perdu trop de temps à soigner la déco de la table (sur le thème : "j'ai Microsoft Excel et je suis daltonien") et à réfléchir aux activités que je vous proposerai entre le plat et le dessert. On m'a dit que la balle aux prisonniers, ce ne serait pas possible, non plus que la soirée karaoké spéciale "tubes québecois".
J'espère que malgré tout, vous apprécierez cette fameuse recette du terroir Morillonais et que vos notes me permettront de participer à la finale.
Vous en souhaitant bonne dégustation,
Bien cordialement,
Le secrétariat de Direction
vendredi 2 septembre 2016
Retour aux sources
Où l'on reprend le chemin des écoliers et où on accueille les nouveaux personnels comme il se doit.
A l'attention de l'ensemble du personnel du collège
Bonsoir à tous,
Il est une tradition séculaire, proche de la superstition millénariste, qui rythme la vie administrative du Collège Jean Roucas chaque vendredi depuis l'aube des temps (à une ou deux semaines près, hein. "C'est pas une science exacte"), alors même que l'établissement s'appelait encore "Université Groumf Groumf Greu Greu" (Paléolitique), Magnus Collegus Universalis Enseignementus et Bonnas Manieras (période Romaine) (Mme Samer : PARDON), ou Ecole de Magie et de Sorcellerie de Poudlard (période contemporaine).
Une tradition qui, comme vous le constaterez vous-même en jetant un œil à l'heure à laquelle ce mail a été posté, oblige les secrétaires de direction à y passer la nuit de vendredi à samedi (sans aucun frais de nuitée. Aussi, de quoi me plaindrais-je ?).
Cette tradition, d'origine druidique, consiste à inviter la congrégation enseignante à "lire l'avenir dans le papier" (méthode beaucoup moins salissante et moins couteuse que les entrailles de mouton).
Ainsi donc, après s'être au préalablement plongé dans une transe mystique dite "du double clic sur la pièce jointe", l'officiant (aussi appelé "professeur" dans certains dialectes régionaux), accède à une forme de double-vue quasi-infaillible (et particulièrement colorée, du fait d'une connexion directe au plan astral), laquelle lui permet d'anticiper les principaux temps forts de la semaine à venir.
C'est dans l'optique de préserver cette richesse culturelle venue du fond des âges que je vous invite à profiter du week-end pour vous essayer à ce noble art et qui sait ? Peut-être vous découvrirez-vous quelques dons de prescience !
Gros avantage : le semainier est plus fiable et moins cher que Madame Irma.
Gros Inconvénient : il ne peut pas envoûter votre voisin qui met la musique à fond.
Vous souhaitant un week-end au plus près du flux cosmique, je vous laisse, je dois déplier mon sac de couchage.
Bien cordialement,
Le secrétariat de Direction
A l'attention de l'ensemble du personnel du collège
Bonsoir à tous,
Il est une tradition séculaire, proche de la superstition millénariste, qui rythme la vie administrative du Collège Jean Roucas chaque vendredi depuis l'aube des temps (à une ou deux semaines près, hein. "C'est pas une science exacte"), alors même que l'établissement s'appelait encore "Université Groumf Groumf Greu Greu" (Paléolitique), Magnus Collegus Universalis Enseignementus et Bonnas Manieras (période Romaine) (Mme Samer : PARDON), ou Ecole de Magie et de Sorcellerie de Poudlard (période contemporaine).
Une tradition qui, comme vous le constaterez vous-même en jetant un œil à l'heure à laquelle ce mail a été posté, oblige les secrétaires de direction à y passer la nuit de vendredi à samedi (sans aucun frais de nuitée. Aussi, de quoi me plaindrais-je ?).
Cette tradition, d'origine druidique, consiste à inviter la congrégation enseignante à "lire l'avenir dans le papier" (méthode beaucoup moins salissante et moins couteuse que les entrailles de mouton).
Ainsi donc, après s'être au préalablement plongé dans une transe mystique dite "du double clic sur la pièce jointe", l'officiant (aussi appelé "professeur" dans certains dialectes régionaux), accède à une forme de double-vue quasi-infaillible (et particulièrement colorée, du fait d'une connexion directe au plan astral), laquelle lui permet d'anticiper les principaux temps forts de la semaine à venir.
C'est dans l'optique de préserver cette richesse culturelle venue du fond des âges que je vous invite à profiter du week-end pour vous essayer à ce noble art et qui sait ? Peut-être vous découvrirez-vous quelques dons de prescience !
Gros avantage : le semainier est plus fiable et moins cher que Madame Irma.
Gros Inconvénient : il ne peut pas envoûter votre voisin qui met la musique à fond.
Vous souhaitant un week-end au plus près du flux cosmique, je vous laisse, je dois déplier mon sac de couchage.
Bien cordialement,
Le secrétariat de Direction
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