Mais qu'est-ce donc qu'un semainier ? Excellente question, l'internaute, à laquelle te répondra la petite icône en haut à droite, ou bien la barre latérale du blog, si tu navigues sur un PC de riche avec un écran grand comme la Baltique.

vendredi 29 mars 2024

Mais où est donc car en bar ?

 Où après quelques messages tristement institutionnels, on s'autorise quelques facéties réchauffées en l'honneur du Dieu Poisson...


Bonsoir à tous,

Comme attendu, nous vous transférons ci-joint le planning de la semaine à venir.

Vous en souhaitant bonne réception, ainsi qu'un bon long week-end,

Poissoooooooon d'avriiiil !

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Vous aviez vraiment cru que j'allais vous laisser partir en week-end Pascal sans un petit calembour de mon cru ?

Vous pensiez sincèrement que cette semaine encore, c'était cuit ?

(Cru, cuit, attention, ces figures stylistiques sont réalisées par un professionnel, ne faites pas ça chez vous les enfants, vous pourriez vous faire un claquage de la dignité !).

Vous vous imaginiez que j'allais poser un lapin au grand rendez-vous annuel de l'humour belge, au risque de me faire sonner les cloches mardi par les plus zélotes d'entre vous ? 

Que j'allais manquer l'occasion de vous présenter mes "meilleurs v'oeufs", comme sur les pires cartes postales fantaisie de chez le buraliste, ou les plus créatives enseignes de salons de coiffures indépendants ? 

C'est bien mal me connaître !

Pour l'occasion, j'ai ressorti exprès pour vous une de mes oeuvres de jeunesses sous Paint qui fait aujourd'hui encore la fierté de toute ma famille :


Hé oui, que voulez-vous. Je suis un artiste.

Allez, sur ma lancée, une autre de mon cru, imaginée en rêve (si !) :

"Non mais en fait, expliquais-je doctement à un personnage dudit rêve, dans les aéroports, ils devraient installer deux types de portiques. Un qui fait "bip, bip, bip", l'autre qui fait "et le coyote, et le coyote, et le coyote".

Avouez qu'il y a du niveau.


Dans un registre plus sérieux, sachez que mon collègue a eu sa mut' et qu'il nous quitte dès mardi pour le collège de Ploutarboeuf, que nos élèves ont été sélectionnés pour la France a un Incroyable Talent, que le collège Jean roucas a obtenu six étoiles sur Trip Advisor, que le gestionnaire a racheté des enveloppes kraft, qu'on gagne une heure de sommeil ce week-end, qu'Aya Nakamura va chanter du Piaf en ouverture des Jeux Olympiques, qu'on ne peut pas faire d’omelette sans en casser deux (ce qui en fait le plus mauvais rapport qualité prix de la cuisine des célibataires), que tout ça n'était qu'un affreux cauchemar et que nous voilà revenu en cette bonne vieille année 2004.

Je voudrais bien terminer sur une blague pour détendre l'atmosphère mais je ne saurais pas trouver plus drôle que nos fiches de salaire, alors je m'abstiendrai très humblement et vous souhaiterai un bon long week-end, aussi drôle que possible compte tenu du contexte socio-économico-écologico-international (c'est dire si on va rigoler).


Bien cordialement, 

-- 
 
Le secrétaire de direction

vendredi 15 mars 2024

L'argent ne fait pas le bonheur, mais il y a un mais.

 A l'attention de l'ensemble des personnels du collège Jean Roucas, SAUF Aurélie (nous comptons sur votre discrétion)


Bonjour à tous,

Notre Aurélie nationale, que le monde entier nous envie ("mais seulement à petite doses" selon le Président Américain John Deubeulyou Mac Fleury, unanimement apprécié pour ses éclats de noisettes), s'apprête à faire ses premiers pas dans le joyeux monde pittoresque de la parentalité, où les nuits sont plus courtes, où les cernes sont plus nettes, et où l'on remet abondamment en question ses choix de vie passés.

Aussi une cagnotte secrète a-t-elle été mise en place au bureau des AED pour palier ces désagréments grâce au seul et unique remède universel capable de guérir tous les mots du cœur et de l'esprit : L'ARGENT (ceux qui ont pensé au Crossfit viendront chercher leur lettre de licenciement lundi). A terme (sans mauvais jeu de mot), la somme récoltée sera créditée sur une carte cadeau, valable sur toute une gamme de somnifères et d'anti-dépresseurs.

Celles et ceux qui souhaiterons participer auront jusqu'au vendredi 29 mars, heure de Portes-lès-Valence, dernier délai, cachet de la poste faisant foi, pour confier leur contribution à Amandine (qui contrairement à ce que raconte les bruits de couloir n'a absolument aucune connexion avec la mafia), en veillant bien évidemment à ne pas se faire repérer par la principale intéressée, ce qui risque d'être délicat dans un premier temps vu que comme chacun sait, ces deux-là sont siamoises.

Compte tenu du caractère facétieux de l'Aurélie en question, les billets de Monopoly sont bien évidemment acceptés.

Comptant sur votre générosité et votre discrétion,

Bien cordialement,

-- 
 
Le secrétaire de direction

Ménage à trois

 Où il convient de poser les questions qui fâchent, et de redéfinir ses priorités...

Bonsoir à tous,

Le planning de la semaine à venir vous est offert ce soir avec un questionnement de première importance :

Est-ce qu'aimer son travail, c'est tromper son conjoint ?

Vous avez deux heures.

En ce qui me concerne, j'ai préféré ne pas prendre de risque. Un malentendu est si vite arrivé. Il faut être clair d'emblée avec les messages qu'on envoie sinon un jour, on se retrouve comme moi accusé de "n'en avoir eu qu'après son argent". Et qu'est-ce que vous voulez répondre à ça, à part : "Oui, absolument, pourquoi ?!". On ne va pas lui mentir, en plus. Avec tous les euros qu'il nous a refilé chaque mois, on lui doit quand même deux sous d’honnêteté. "Et garde la monnaie !".

Pour ne plus jamais revivre un tel embarras, depuis mon arrivée à Jean roucas, je mets un point d'honneur à ne jamais témoigner le moindre signe d'intérêt à mon travail, des fois qu'il l'interpréterait comme la marque d'une tendre inclination. J’agrafe avec morosité, j'archive avec maussaderie, je photocopie avec taciturnité. Le langage corporel aussi est très important : je veille à bien m'avachir au fond de ma chaise jusqu'à me confondre presque aux mailles de son tissu, les yeux à demi ouverts, invariablement fixés sur l'horloge. Et je ne bouge pas, de crainte qu'il interprète mes moindres faits et gestes en sa faveur. Pour être bien sûr qu'il ne nous imagine jamais tous les deux sur une plage à Acapulco, en train d'enduire son poste téléphonique de crème solaire, dès que je le vois, je soupire, et quand on m'en donne, je lui lance un de ces regards qu'on réserve à ces gens qui nous réveillent le dimanche à six heures pour nous vendre des aspirateurs connectés, et qui signifient : "ce n'est pas d'un aspirateur, dont je vais avoir besoin, mais d'une serpillère". Ou alors je l'ignore, purement et simplement, je le laisse traîner sur un coin de mon bureau pour bien lui montrer qui commande ici, non mais oh, on ne va pas se laisser dicter ce qu'on a à faire par un profil de poste non plus, c'est quoi cette mentalité de boomer, y'a pas marqué la Poste, et en plus même à la Poste y'a plus marqué la Poste depuis longtemps. 

Non, vraiment, l'indifférence, c'est encore ce qui marche le mieux. Il m'est arrivé une fois d'ignorer le travail pendant trois mois et demi, eh ben je n'ai jamais eu de rapports aussi sains avec ma fonction. Il n'y avait pas dans le bureau toute cette tension sentimentale qui pèse au quotidien, ces non dits, ces hésitations, ces "le fera-t-il ?", "ne le fera-t-il pas ?" qui à long terme vous empoisonnent une relation. Au moins, les choses étaient claires : "il ne le fera pas". En même temps, comme c'était mon rôle d'envoyer les plaintes à mon encontre au DRH, je ne risquais pas grand chose non plus. C'est ce qu'il y a de beau avec mon métier. Si je fais grève, il me suffit le lendemain de choisir l'un d'entre vous au hasard et de passer cette journée en moins sur son compte.  Alors que mon collègue, tout ce qu'il peut faire à son niveau, c'est accéder aux comptes Pronotes des élèves pour voir quels devoirs ils ont à faire. Il est clairement moins bien loti.

Malgré tout, même en suivant tous ces conseils d'expert, il faut toujours être sur le qui-vive, ça peut vite basculer. On en connait tous, des gens mariés à leur boulot. On sait comment ça commence : un jour, sans crier gare, on est heureux de recevoir une circulaire académique, on s'exclame à haute et intelligible voix "ha tiens ! Justement ! Je l'attendais, celle-là ! C'est super, on a trois jours de plus pour renvoyer les dérog' cette année !". On s'ébaubit d'un nouveau logiciel de traitement parce qu'il traite et qu'on n'est pas habitué. On choisit la couleur de ses stabilos parce que c'est plus sympathique, au lieu de se laisser refiler tous les bleus dont personne ne veut avec un haussement d'épaules résigné. Voilà comment en moins de temps qu'il n'en faut pour dire burn out, on se retrouve en lune de miel avec une pile de pochettes perforées et un stock de trombones, à faire des plans à deux pour s'installer ensemble à côté d'un Bureau Vallée. 

Heureusement, moi, j'ai la parade : dès que je sens un soupçon d'exaltation s'emparer de moi, par exemple lorsque je saisis les retenues sur salaire, je cours me passer le visage sous l'eau froide et si ça ne suffit pas, j'essaie de trouver un document sur le PIA en tapant le nom exact dudit document dans l'onglet de recherche. Généralement, ça me calme direct et de manière autrement plus durable que le développement du même nom.

Autant de considérations qui m'ont récemment amené à reconsidérer mes pratiques professionnelles à l'aune de cette problématique, et à réaliser que j'étais engagé dans une relation de dépendance toxique avec le rectorat, toujours à l'appeler, toujours à lui envoyer des mails, qu'il me réponde ou pas, ou pas, ou pas, quel que soit le moment du jour ou de la nuit (mais pas avant 9h, ni après 16h ; même en passion il faut savoir poser des limites). J'en suis arrivé à la conclusion que c'était devenu trop fusionnel entre lui et moi, alors j'ai décidé de prendre de la distance et de le friendzoner (zonamier, en français), comme ça plus de problèmes. "J'ai besoin de réfléchir à nous deux", lui ai-je soufflé avec une désarmante sincérité. "Restons amis". Après quoi j'ai effacé ses coordonnées de mon carnet d'adresse, j'ai supprimé son numéro de mon portable (où je l'avais enregistré sous le nom de "Roger" pour ne pas que ma compagne soupçonne quelque chose) et j'ai brûlé toutes ses photos après avoir dessiné des croix sur ses yeux comme tout le monde. Depuis, croyez-le ou non, je vais beaucoup mieux. Je traîne un peu partout avec un masque et une longue capuche noire en appelant les gens au téléphone pour savoir s'ils aiment les films d'horreur, genre les Tuches 2 ou l'élève Ducobu.

Mais parfois, à la radio, ils passent le thème de son répondeur automatique et je verse une larme en cachette. 

Ben oui. 

Quand même. 

C'était notre chanson.

Nous souhaitant un bon week-end, si possible pluvieux, histoire de justifier les dizaines d'heures que Yann et moi allons passer à chevaucher des poulets géants dans Final Fantasy VII Rebirth,

Bien cordialement,


-- 
 
Le secrétaire de direction

mardi 12 mars 2024

On n'est pas dans la m*rde

A l'attention de l'ensemble de personnels du Collège Jean roucas (oui, mon clavier refuse désormais de taper les r majuscules, il faudra vous y faire)


Bonjour à tous,

C'est peut-être le mail le plus douloureux qu'il m'aura été donné d'écrire depuis mon début de carrière au Collège Jean roucas, tant sa problématique relève de l'urgence sanitaire.

Alors que l'avenir s'annonce sombre pour l'Education Nationale, le présent est au diapason - et de façon autrement plus concrète puisqu'à compter d'aujourd'hui 16 heures et jusqu'à jeudi matin (minimum), les toilettes du bâtiment A, de la halle et du bâtiment administratif sont condamnées. Elles sont en effet soupçonnées d'obstruction à la bonne conduite de plomberie.

Par conséquent, seules les toilettes du bâtiment B et de la cour de récréation seront accessibles.

Pour palier ces désagréments, le secrétariat vendra des tickets premium coupe-file pour ceux qui seront plus pressés, avec également possibilité de prendre un abonnement mensuel à un tarif préférentiel (deux accès achetés = un accès gratuit, avec un pass' pour trois minutes d'eau chaude au lavabo).

Des bassines seront également mises à disposition dans les salles pour pouvoir ensuite jeter le contenu sur les passants dans la rue comme au Moyen-Âge ou à Paris Gare de Lyon, ce qui aura au moins le mérite de contextualiser les cours d'Histoire ou de civisme.

Avec toutes nos excuses pour les inévitables désagréments occasionnés (que nous prenons très au sérieux, contrairement à ce que le ton de ce mail peut laisser supposer).

Soyez assurés que nos agents feront au plus vite pour rendre ces lieux d'aisance à nouveau fonctionnels (et qu'ils ont bien du mérite, parce qu'on n'aimerait pas être à leur place).

Bien cordialement,

-- 
 
Le secrétaire de direction

Les voyages forment la jeunesse

 Où ça ne s'arrange pas niveau fatigue mais où ce qui a été promis la semaine précédente a été promis...   Bonsoir à tous, Je n...