C'est un petit bonhomme tout gris, qui vit recroquevillé dans le coin tout gris d'un univers tout gris, peuplé de bonhommes tout gris recroquevillés dans le coin tout gris d'un univers tout gris et tout ça jusqu'à l'infini, un infini de gris et de petits bonhommes recroquevillés sur eux-mêmes dans leur coin. Du matin au soir et du soir au matin, comme tous les autres, il bougonne, ronchonne, rabâche, de la voix la plus grise qu'on puisse s'imaginer. "Et pourquoi il a ci ?". "Et pourquoi j'ai pas ça ?". "Et pourquoi ils y ont droit ?". "Et pourquoi on ne me donne pas ?". Personne ne l'aime. Dit-il. Personne ne le respecte. Dit-il. Personne n'est là pour lui. Dit-il. Ah, s'il avait plus d'argent. Plus de considération. Plus de ceci ou de cela. Une maison plus grande, avec une piscine qui fait Plouf. Une voiture plus puissante, avec un moteur qui fait Vroum. Un chien plus gros, avec une gueule qui fait Ouaf-Ouaf. Une femme plus jeune, avec des robes qui font Waow. S'il avait tout cela, c'est sûr, il ne serait pas un petit bonhomme tout gris, recroquevillé dans le coin tout gris d'un univers tout gris. Dit-il. Croit-il. Ment-il. Il est seul, renfermé. Il est gris, aigri, amer. Il pense que le monde entier lui en veut. Il pense que l'univers s'est ligué contre lui. C'est plus commode, faut reconnaître. ça fait moins mal. Parce qu'il souffre, notre bonhomme tout gris. Parce que son cœur est chaud. Parce que son sang est rouge. Parce que personne n'est heureux d'être gris. Personne n'est heureux de vivre recroquevillé sur lui-même. Pas plus lui qu'un autre. Et ça le met en colère, une colère noire, toute noire, parce que ce n'est pas juste, parce qu'il n'est pas né pour être gris, parce qu'il se rêvait de toutes les couleurs, quand il était encore un petit enfant rose, tout rose. Il a cette amertume, cette aigreur, cette colère qui bouillonnent en lui, qui le déchirent de l'intérieur, qui lui font mal, oh, si mal, mais il ne sait pas quoi en faire alors il les déverse sur les autres bonhommes gris, qui déversent les leurs en retour et tout ça jusqu'à l'infini, un infini d'amertume et d'aigreur et de colère toute noire. Un infini de bonhommes tout gris, qui se font du mal pour ne plus avoir mal d'être des bonhommes tout gris. Une éternité passe, gris-clair. Bougonne, bougonne. Une deuxième éternité passe, gris-neutre. Ronchonne, ronchonne. Une troisième éternité passe, gris-sombre. Rabâche, rabâche. Tout pourrait durer ainsi pour toujours, pour jamais, en une boucle insensée de jours vides et froids, en tous points identiques, sans hier ni demain ni maintenant, rien que du gris, du gris, du gris sur chaque page du calendrier. Oui mais voilà. Un jour comme tous autres - et pourtant différent, au point d'être comme le tout premier de tous les premiers jours -, un jour avec ses nuages, ses averses et sa cendre, un petit bonhomme tout blanc passe à côté de lui. S'arrête. Le fixe. Et lui sourit. ça ne le surprend pas. Il en a déjà vu, des petits bonhommes tout blanc. Il a toujours eu pitié d'eux, d'ailleurs. Parce que regardez-les, enfin, avec leurs vêtements tout propres et leur air ahuri : ils ne savent rien du monde qui les entoure, ils ne réalisent pas combien il est mauvais parce qu'ils n'y voient pas clair, allons, vous savez, parce qu'ils sont, c'est quoi le mot, déjà... "différents" ? Sinon ils ne souriraient pas. Personne de sensé ne sourirait dans un univers tout gris, peuplé de bonhommes gris, recroquevillés dans des coins gris. C'est pour ça qu'il les a toujours pris de haut, qu'il les a toujours ignorés. Qu'il s'est moqué d'eux, même, parfois, pour leur faire mal parce qu'il faut qu'ils aient mal, eux aussi, parce que ce n'est pas juste sinon. Et puis ça vaut quoi, un sourire ? ça ne vous nourrit pas. ça ne vous rend pas heureux. Ce n'est ni une maison, ni une voiture, ni un chien, ni une femme, enfin, voyons. C'est bon pour les petits enfants tout rose qui ne savent rien du monde et qui ne voient pas clair. Mais ce jour-là, au lieu de pouffer, de cracher, de grogner, il ne sait trop pourquoi, notre bonhomme tout gris rend son sourire au bonhomme tout blanc. Et tout à coup, au fond de lui, il se passe quelque chose. Bobom, bobom. Quelque chose se met en marche. Quelque chose se réveille. Tout à coup, il se sent plus léger. Oh, pas beaucoup, n'exagérons rien, c'est à peine perceptible, tout juste un peu de fièvre, mais le monde lui paraît moins sombre. La pluie lui semble tomber moins dru. Machinalement, il se redresse. Déplie ses jambes. Étire ses bras. Et pendant qu'il étire ses bras, le petit bonhomme tout blanc reste debout devant lui, à le regarder fixement de son regard tout blanc, sans cesser d'afficher ce sourire insoutenable qui ne l'est plus autant, soudain. Puis il lui tend la main. Jusqu'ici, notre petit bonhomme avait toujours refusé d'en saisir, des mains tendues. Pensez-vous. Il connaît le monde gris. On ne la lui fait pas. Il sait que personne ne tend la main sans raison, puisque le monde tout entier lui en veut et que l'univers s'est ligué contre sa personne. Si on vous tend la main, c'est qu'on veut quelque chose. Si on vous tend la main, c'est qu'on a une idée derrière la tête. Si on vous tend la main, c'est qu'on veut vous utiliser. Parce que ça n'existe pas, les gens désintéressés. ça n'existe pas, les gens qui vous aiment, les gens qui vous respectent, les gens qui se soucient de vous. Il n'y a rien de tout ça, dans son petit, si petit monde. Sans trop savoir pourquoi, il s'en saisit pourtant, comme si rien n'était plus naturel, ou plus sage, ou plus important. D'abord, ça lui fait mal, d'abord ça le blesse tellement fort qu'il a envie de hurler, puis il comprend qu'il n'a pas mal, en fait, qu'au contraire, c'est l'absence subite de ce mal qui le fait tant souffrir. Puis il découvre que ce n'est pas de la souffrance. Qu'au contraire, c'est un apaisement. Ses pupilles papillotent. Ses prunelles grises se teintent de bleu. Une goutte, à peine. Qui, comme toutes les gouttes, contient tout l'océan. Il réalise alors, si tard, mais pas trop tard, qu'il voyait le monde à l'envers. En négatif, comme sur une pellicule photo. Que le gris qui teintait chaque ciel, chaque nuage, chaque instant était dans son regard. Que le monde est multicolore. Que même s'il peut être gris, ou noir, ou même au-delà, il ne l'est jamais complètement. Qu'il y a toujours, ou presque, de la couleur pour qui sait regarder. Il se tient debout, à présent. Bien campé sur ses jambes, il relève la tête. Le soleil l'éblouit. Le réchauffe. Il se détourne un peu, le temps de reprendre sa respiration. Autour de lui, le monde des petits bonhommes gris, ce monde qui n'est déjà plus le sien, semble rapetisser à vue d’œil, de plus en plus absurde, de plus en plus futile, de plus en plus sinistre à mesure qu'il prend de la hauteur. Un peu comme s'il s'en détachait, comme s'il s'élevait dans les airs, plus loin, toujours plus loin, toujours plus près de la lumière. Dans la lumière. Il y a de la lumière partout, dorénavant, pour le nouveau petit bonhomme tout blanc. De la lumière autour de lui, au-dessus, au-dessous, dans ses cheveux, entre ses doigts, qui enfle, s'étend, rayonne. Le voilà au sommet du monde, ce sommet dont il a tant rêvé quand il était en bas, et il n'y trouve ni gloire, ni fortune, ni rien de ce après quoi il pensait courir et qui aurait dû le combler. Seulement de la lumière. Une lumière qui s'immisce en lui, s’infiltre par les pores de sa peau, s'inhale et s'exhale à chaque souffle. Un temps, il reste là. Heureux, croit-il, bien que le mot n'ait plus véritablement de sens à ses yeux. Les maisons plus grandes, les voitures plus puissantes, les chiens plus gros, les femmes plus jeunes, tout ça lui paraît tellement... gris. Tellement petit. Infime. Et triste, aussi. Il ne possède rien de tout ça, et pourtant rien ne lui manque car il a l'essentiel. Il l'a toujours eu, sans le savoir. Il ne regardait pas dans la bonne direction, ni de la bonne manière. Respecter pour être respecté. Aimer pour être aimé. Tendre la main quand on nous la tend. Comprendre, plutôt que juger. Donner, plutôt que prendre. Ne pas être soi parmi les autres, mais être ensemble. Seulement cela : ensemble. A cette pensée, la lumière s'empare de lui et lui, à son tour, s'empare d'elle, oh, pas grand chose, un fragment, à peine, pour ne pas se brûler les pouces, puis il la frotte sur son visage jusqu'à l'en imprégner. Il pourrait rester là, infiniment, content et contenté. Mais il choisit de redescendre vers le petit monde tout gris des petits bonhommes tout gris qui parlent d'une voix toute grise. Ce monde qui n'est désormais plus le sien, mais où il a sa place. Sur son visage, l'éclat grandit, grandit, grandit. Jusqu'à dessiner... Oh, trois fois rien. Un sourire. C'était mon dernier petit mot d'accompagnement. Une page se tourne. C'est tout pour moi. Merci à tous de m'avoir lu jusqu'au bout. -- Le petit bonhomme du secrétariat de Direction |
Petites Grandeurs et Grandes Misères d'un Secrétaire de Direction
Mais qu'est-ce donc qu'un semainier ? Excellente question, l'internaute, à laquelle te répondra la petite icône en haut à droite, ou bien la barre latérale du blog, si tu navigues sur un PC de riche avec un écran grand comme la Baltique.
vendredi 30 juin 2017
Petit bonhomme de chemin.
vendredi 23 juin 2017
Les fonctionnaires, c'est des planqués
Où l'on ne peut pas être au four et au moulin, et à plus forte raison, en train de rédiger un courrier à l'ensemble des professeurs pour retrouver des hauts-parleurs (c.f. post précédent), et un mot d'accompagnement pour le semainier.
A l'abri sous un porche de briques fendillées, le secrétaire de direction étouffe un juron, alors que l'averse s'abat à toute force sur le bitume fumant et lui éclabousse les chaussures. Loin de rafraichir l’atmosphère, elle l'enfle, l’empèse, l'appesantit jusqu'à lui donner une touffeur de jungle amazonienne. Huit heures maintenant qu'il planque devant la porte d'un suspect potentiel, et toujours aucune trace des haut-parleurs disparus... ha non, vraiment, ça ne sentait pas bon, et pas seulement à cause des ordures renversées au coin de la rue.
Jetant un oeil à sa montre fatiguée (mais pas autant que lui), il constate avec dépit qu'il va devoir facturer au client des dépassements horaires. Sans doute devrait-il rentrer chez lui, afin d'épargner à la dame une facture trop salée ? Ce ne serait pas une défection, alors, mais de la courtoisie ? Très bien, ça. Va pour la courtoisie.
De toute façon, l'enquête piétine au moins autant que lui.
Tout ce qu'il a pu obtenir de ses indics se résume au mystérieux document joint, dont le sens lui échappe encore : de toute évidence, celui-ci se rapporte à la semaine à venir, et à plusieurs affaires en cours - dont un mystérieux dossier intitulé "Brevet des Collèges".
Mais qui a pu l'éditer, et dans quel but ?
Sans l'appui de ses contacts au sein de l'organisme occulte appelé "éducation nationale", il n'avancera pas, il le sait.
Aussi leur confie-t-il présentement le bébé, si l'on peut dire, et leur souhaite-t-il un excellent week-end, avant de regagner sa deux chevaux brinquebalante et de s'en retourner vers son appart' du centre-ville,
--
Le secrétaire de direction
Touchez pas au Hi-Fi
C'était une de ces journées étouffantes où l'air semble vous faire comme
une seconde peau (le genre poisseuse et trop courte de deux tailles),
et où l'univers semble se liquéfier devant vos yeux, pavé après pavé. Le
genre de sale journée qu'on entame du pied gauche, sous la contrainte,
et dont chaque minute écoulée vous invite à rentrer chez vous avant
qu'une tuile ne vous cabosse le paletot. Le genre où vous n'avez même
plus un vieux mégot à vous coller au coin des lèvres pour vous donner du
coeur au ventre, où les ventilos sont en rade et où il n'y a plus une
bibine au frais dans le frigo. Un "lundi", qu'on appelle ça, en langage
de privé. Et fallait pas se fier aux calendriers : des lundis, ça
pouvait tomber tous les jours.
Nerveux, je réajuste mon galurin et m'évente avec un vieux mouchoir trouvé au fond de ma poche.
Avais-je seulement le choix ? On m'avait engagé pour enquêter sur la disparition d'une paire de haut-parleurs au collège Jean Roucas, le type d'affaire "qu'on ne peut pas refuser", surtout quand on est au régime pâtes-croutons depuis un mois et qu'on doit de l'argent à Gros-Riton. De ces petits contrats qui n'ont l'air de rien mais qui vous colleront dans la mouise ad vitam nauseam - j'en aurais mis ma main à couper (et sans doute était-ce ce qui m'attendait si Gros-Riton perdait patience...). L'intuition, dans ma branche, c'est une question de survie - et j'en avais à revendre, faute de posséder quoi que ce soit d'autre. Faut dire, dès qu'elle a passé la porte de l'agence, mon sixième sens a tiré la sonnette d'alarme : ses larges lunettes noires à la Audrey Hepburn, ses cheveux relevés en chignon, son foulard en soie véritable et cet accent léger, chantant, si distingué... j'en avais déjà croisé pas mal, des comme elle, et ça n'avait jamais bien tourné pour mon matricule. J'en avais même été quitte pour une pension alimentaire, il y a quinze ans de ça... Mais encore n'était-ce rien, comparé au danger que j'allais courir et aux découvertes sordides qui m'attendaient.
Tout avait commencé comme une affaire de routine : les deux disparus avaient été aperçus pour la dernière fois l'après-midi du mardi 20 juin, en salle A16, sans que rien d'inhabituel dans leur comportement n'attire l'attention ni ne suscite de soupçons. Sauf que depuis, plus de nouvelles. Ils se sont comme volatilisés.
Il me revient subitement en mémoire plusieurs autres cas de disparitions similaires au cours des deux dernières années. Des cas non-élucidés à ce jour. Nombreux. Trop nombreux. ça cachait forcément quelque chose.
Malgré le mercure au zénith, un frisson me parcourt l'échine.
En mon for intérieur, j'espère que je me trompe. Que l'irréparable n'a pas été commis. Que le ravisseur ne les a pas encore revendus sur LeBonCoin. Qu'il aura des remords, et qu'il les rapportera sans délais où il les a trouvés. Ou au moins, qu'il m'informera de son forfait, afin que nous puissions trouver ensemble une issue heureuse pour tous les partis. Le temps est compté. Si la police le trouvait avant moi, qui sait comment les choses pourraient tourner ?
(en version courte : si vous avez emprunté les haut-parleurs de la salle A16, pourriez-vous les y rapporter au plus vite ? Le professeur qui les utilise en a grand besoin. A toutes fins utiles, quand vous empruntez du matériel dans une autre salle, pensez juste à laisser un petit mot à votre collègue pour le prévenir, ça évitera qu'il engage des gens comme moi pour vous retrouver, à un tarif horaire frisant l'indécence.
Vous en remerciant par avance,
Bien cordialement,).
--
Dick Tracy
Nerveux, je réajuste mon galurin et m'évente avec un vieux mouchoir trouvé au fond de ma poche.
Avais-je seulement le choix ? On m'avait engagé pour enquêter sur la disparition d'une paire de haut-parleurs au collège Jean Roucas, le type d'affaire "qu'on ne peut pas refuser", surtout quand on est au régime pâtes-croutons depuis un mois et qu'on doit de l'argent à Gros-Riton. De ces petits contrats qui n'ont l'air de rien mais qui vous colleront dans la mouise ad vitam nauseam - j'en aurais mis ma main à couper (et sans doute était-ce ce qui m'attendait si Gros-Riton perdait patience...). L'intuition, dans ma branche, c'est une question de survie - et j'en avais à revendre, faute de posséder quoi que ce soit d'autre. Faut dire, dès qu'elle a passé la porte de l'agence, mon sixième sens a tiré la sonnette d'alarme : ses larges lunettes noires à la Audrey Hepburn, ses cheveux relevés en chignon, son foulard en soie véritable et cet accent léger, chantant, si distingué... j'en avais déjà croisé pas mal, des comme elle, et ça n'avait jamais bien tourné pour mon matricule. J'en avais même été quitte pour une pension alimentaire, il y a quinze ans de ça... Mais encore n'était-ce rien, comparé au danger que j'allais courir et aux découvertes sordides qui m'attendaient.
Tout avait commencé comme une affaire de routine : les deux disparus avaient été aperçus pour la dernière fois l'après-midi du mardi 20 juin, en salle A16, sans que rien d'inhabituel dans leur comportement n'attire l'attention ni ne suscite de soupçons. Sauf que depuis, plus de nouvelles. Ils se sont comme volatilisés.
Il me revient subitement en mémoire plusieurs autres cas de disparitions similaires au cours des deux dernières années. Des cas non-élucidés à ce jour. Nombreux. Trop nombreux. ça cachait forcément quelque chose.
Malgré le mercure au zénith, un frisson me parcourt l'échine.
En mon for intérieur, j'espère que je me trompe. Que l'irréparable n'a pas été commis. Que le ravisseur ne les a pas encore revendus sur LeBonCoin. Qu'il aura des remords, et qu'il les rapportera sans délais où il les a trouvés. Ou au moins, qu'il m'informera de son forfait, afin que nous puissions trouver ensemble une issue heureuse pour tous les partis. Le temps est compté. Si la police le trouvait avant moi, qui sait comment les choses pourraient tourner ?
(en version courte : si vous avez emprunté les haut-parleurs de la salle A16, pourriez-vous les y rapporter au plus vite ? Le professeur qui les utilise en a grand besoin. A toutes fins utiles, quand vous empruntez du matériel dans une autre salle, pensez juste à laisser un petit mot à votre collègue pour le prévenir, ça évitera qu'il engage des gens comme moi pour vous retrouver, à un tarif horaire frisant l'indécence.
Vous en remerciant par avance,
Bien cordialement,).
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Dick Tracy
vendredi 16 juin 2017
Je peux pas j'ai piscine
Où un "petit dessin" vaut plus qu'un grand discours.
(vous trouverez votre plan de navigation ci joint. Les sextants et les casques sont à retirer auprès du service Intendance. Pensez bien à remplir vos gourdes et à faire des provisions de viande séchée. Les citrons sont conseillés en cas de scorbut ou de grosse fatigue).
(Les week-end aussi, remarquez, mais plus en cas de grosses fatigues que de scorbut. Que le vôtre soit plaisant, alors, puisse-t-il vous donner la force d'accomplir votre périple jusqu'à son terme victorieux !)
(S'il ne suffit pas, il reste les oursons guimauve).
--
Le secrétaire de direction
(vous trouverez votre plan de navigation ci joint. Les sextants et les casques sont à retirer auprès du service Intendance. Pensez bien à remplir vos gourdes et à faire des provisions de viande séchée. Les citrons sont conseillés en cas de scorbut ou de grosse fatigue).
(Les week-end aussi, remarquez, mais plus en cas de grosses fatigues que de scorbut. Que le vôtre soit plaisant, alors, puisse-t-il vous donner la force d'accomplir votre périple jusqu'à son terme victorieux !)
(S'il ne suffit pas, il reste les oursons guimauve).
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Le secrétaire de direction
mercredi 14 juin 2017
Grande foire aux clés au secrétariat de direction !
Vous cherchez un cadeau original à offrir ou à VOUS offrir ? Vous aimeriez un présent symbolique, qui dure plus que des chocolats ou des fleurs de saison ? Vous avez oublié votre clé sur la porte de votre salle ou, par exemple, un banc ? Ne cherchez plus ! Pour une modique somme en espèces remise de la main à la main en toute transparence sur le pont de Belleville à 5 heures du matin (merci d'actionner deux fois vos phares pour signaler votre présence), le secrétaire de Direction vous remettra l'objet de vos désirs, qui fera le bonheur des petits et des grands ! Attention ! Offre très limitée ! Dans la limite des stocks disponibles ! Premiers arrivés, premiers servis ! Photographie non contractuelle ! Peut contenir des traces de gluten et de fruits à coque ! Ne convient pas à un enfant de moins de 36 mois !
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Le secrétaire de direction |
vendredi 9 juin 2017
Intérim riche
| Où le nervous breakdown n'est pas loin, semble-t-il, mais où la honte ne nous étouffe pas. Quant aux scrupules... Bonjoure à tous, Le secretaire 2 direcsion il a dis ke cété le wiquainede et kil nallé pa passé 1 minute 2 + dan cet établissement de oufzor. Alors il ma dis dékrir 1 mot d'aconpagnement a sa plasse mé sa membaite paske il ma pa dis quelle mot je devé ékrir et jen conné pas beaucout. Est-ce ke antikonstitussionailemant sa iré ? Jen profites pour passé le bonjoure a tous mé profaisseurs et leur dir ke gé pa beaucoup travaillé cet ané mé ke ca va changé a la rentré si mé parant il machaite une pléstéchione 4. Du coup, si vous pouvé majouté discraitemant 2 point a chake moillenne, sa méderé beaucout é je vous ékriré 1 LONT mêle de remersiment. Vous souétant 1 trés bon wiquainede (je sé pas tro si sa sékri kom sa lol). Bi1 quordialemant,
--
Kévin, 3ème12 (P.S. : il y a peut-aitre des faute. Si oui, eskuzé moi, je promé ke je n'en feré plus l'anné prochaine !)
(mé seulemant si
jé ma pléstéchione 4 !).
|
vendredi 2 juin 2017
Je ne suis pas un Numen
Où l'on s'apprête à apprécier le dernier week-end de trois jours d'une longue série, avant d'entamer une lente et laborieuse traversée du désert jusqu'à juillet, en mode "nervous breakdown".
Non, n'insistez pas, n'en jetez plus (ou alors uniquement dans les poubelles de recyclage, parce que je ne sais pas si vous avez lu les dernières nouvelles, mais depuis hier soir, la planète est encore un peu plus mal barrée qu'elle ne l'était la veille, ce qui n'est pas peu dire. Bientôt, l'ours polaire sera une espèce endémique aux régions tropicales).
La coupe est pleine, les dés sont jetés. J'ai franchi le Rubicon de l'indignation, ma colère flotte mais ne coule pas, toi aussi, mon fils, ma bataille, fallait pas qu'elle s'en aille !
On ne le croirait peut-être pas, comme ça, à me voir tout pataud, avec mon air benêt et mes lunettes de premier de la classe, mais je suis un rebelle.
Carrément.
Antisocial je perds mon sang froid, surtout par ces températures !
Alors d'accord, aux yeux de celles d'entre vous qui ont connu la série du même nom (avec Lorenzo Lamas torse nu dans le rôle-titre), la comparaison n'est pas à mon avantage, j'en ai conscience. Mais bon, ça va, oh, c'est quoi ces clichés superficiels ? Moi aussi, j'ai une Harley. Enfin, quand je dis une Harley... c'est plutôt une sorte de moto, hein... mais sans roues... ni moteur, d'ailleurs. Un vélo d'appartement, oui, voilà, c'est ça le terme, merci. Une Harley d'appartement, donc.
C'est sûr que pour les cheveux au vent, ça le fait moyen, mais bon. Pour qu'il y ait cheveux au vent, encore faut-il qu'il y ait cheveux. Du coup, je ne suis pas lésé.
Tout ça pour crier haut et fort, tel le William Wallace de l'Administration Française (dans sa version lyophilisée sans sucre) : "ils m'ont peut-être eu au bureau toute cette semaine, oui, mais ils n'auront pas... MON LUNDI 5 JUIN !".
Et ouais. Je suis peut-être aux mauvais garçons ce que Gros Minet est aux tigres à dents de sabre, mais je suis comme ça, moi. Je me bats pour mes convictions !
Même pas peur. La société ne m'achètera pas et elle le sait (la preuve : elle n'essaie même pas ! Mes fiches de paie le prouvent objectivement !).
Alors voilà, pendant que vous, vous suivrez aveuglément les directives occultes des Agents du Grand Capital, tant pis si ça me fait sauter une journée de salaire (dix euros environs), moi, je serais EN GRÊVE.
Je crains rien. J'suis un fou.
Je suis Rocky 4, moi.
Rambo 3 !
Jean-Paul 2 !
Jean-Pierre Pape 1 !
Pendant que vous serez tous au travail, dans les chaînes, à soupirer, grogner, maudire votre sort ingrat, esclaves de vos allégeances professionnelles, moi, je testerai la thermodynamique des doigts de pieds en éventail (pour le bien des générations futures en général, et le mien en particulier).
Vous verrez sans doute en moi un héros. Un modèle, à coup sûr. Celui que vous n'osez pas être, mais que vous aspirez à devenir, ces soirs d'amertumes où vous vous imaginez, lancés à toute berzingue sur un vélo d'appartement d'occasion, avec au vent quelques touffes de ce qui fut jadis une abondante chevelure, tandis que vous pédalez à toute force devant "Recherche Appartement" pour essayer de perdre 20 kilocalories (que vous reprendrez tout de suite après en vous jetant sur les chips dans le placard).
Mais sachez-le, je ne suis pas exceptionnel.
Enfin si, un peu, je ne vais pas vous mentir non plus ni vous donner de faux espoirs...
Mais si vraiment, tout au fond de votre coeur, c'est ce que vous souhaitez, vous pouvez vous aussi devenir un authentique rebelle.
Dans l'attente : bon week-end de deux jours à tous (sauf moi) !
--
Le secrétaire de direction
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