Mais qu'est-ce donc qu'un semainier ? Excellente question, l'internaute, à laquelle te répondra la petite icône en haut à droite, ou bien la barre latérale du blog, si tu navigues sur un PC de riche avec un écran grand comme la Baltique.

lundi 23 octobre 2017

On ne sème pas un semainier

Où, vacances oblige, le vendredi tombe un lundi, et où ça fait du bien quand même.



Ha ha !


Vous pensiez y échapper, cette fois, avouez-le !

Constatant qu'il n'arrivait pas, vous vous êtes dit : cette fois, ça y est, libéééérrrééééé, délivréééééé, on a réussi à le semeeeeeer.

Mais où que vous alliez, si vite que vous puissiez courir, le semainier vous retrouvera toujours.

TOUJOURS.

En gras et en capitales d'imprimerie, avec le coup de cymbale à la fin et le petit "popopopopoooooom" qui va de paire !

Le semainier court vite. Il s'est entraîné avec nos profs de sport.


Vous pourrez vous cacher au sommet de la plus haute montagne qu'il vous y attendra, pépère, assis devant un petit feu de camp, en train de faire griller les knackis de vos illusions (c'est une métaphore), en compagnie de son vieux pote Yéti (c'est une métaphore aussi. Sans doute. Enfin, je crois. Mais pas nécessairement. Le semainier est tout à fait capable de faire ami ami avec le vrai Yéti. Ils sont de la même trempe).


Plongeriez-vous au plus profond de l'océan que vous l'y trouveriez affublé d'une queue de sirène, prêt à vous chanter le programme de la semaine du 6 au 10 novembre sur l'air de Papaouté, jusqu'à ce que vous suppliiez votre équipage de vous détacher du mat de votre navire (encore une métaphore - ou bien les sirènes chantent du Jul, auquel cas on comprend qu'Ulysse ait essayé de se noyer pour faire cesser son supplice).

Il vous poursuivra jusque dans vos rêves les plus psychédéliques, peuplera de cliparts hideux vos hallucinations les plus has-been (mais quelle idée de vous envoyer cette boîte de conserve périmée, aussi ? Qui plus est à 23h30 !). Grâce à ses couleurs criardes et ses teintes mal assorties,  sans fin, il vous fera revivre un Mai 68 de cauchemar, dans lequel vous êtes libres comme l'air oui, heureux et sans contraintes, mais jusqu'au 6 novembre seulement.

Il est là.

Dans ce mail.


Il vous regarde.

Il a transcendé sa nature première pour devenir une entité numérique.


Il est internet, désormais.

Où que soit celui-ci, il est.


La seule façon pour vous d'être plus fort que lui, c'est de le regarder le premier.


Vous souhaitant de très bonnes vacances - ainsi qu'au semainier qui me lit par dessus votre épaule,



Bien cordialement,

--

Le secrétaire de direction

vendredi 13 octobre 2017

Le Semainier tombé du Ciel

 Où l'administration a ses raisons que la Raison ignore...



Bonsoir à tous,




Vous vous étonnerez sans doute que le mot d'accompagnement soit d'une brièveté (toute relative) ce soir, mais à cela, il y a une raison fort simple, dont je m'en vais vous entretenir instamment.

Que les âmes sensibles et impressionnables soient toutefois prévenues : en plus du planning de la semaine prochaine ci-joint, ce message d'accompagnement lèvera le voile sur certaines vérités indicibles qui gagneraient à rester ignorées des honnêtes gens.


Ainsi donc, les plus calés en d'entre vous en littérature anglophone connaissent peut-être l'oeuvre d'Howard Philips Lovecraft, écrivain américain du siècle dernier qui a révolutionné le genre Fantastique avec ses histoires de créatures abominables, indescriptibles, toutes en tentacules, en yeux innombrables  et en pattes arachnides (un peu comme celles qu'on voit du côté des champs Monsanto. Sauf que ça, ce sont des vaches...) ; des êtres mauvais, des dieux anciens, terrés dans les ténèbres au plus profond des ténèbres, qui tentent d'envahir notre monde en se glissant subrepticement dans les failles qui séparent les dimensions, ou qui attendent leur heure (comme tout fonctionnaire qui se respecte, leur heure étant 17h15) au sommet de palais incompréhensibles,  étendus dans tellement de directions que l'esprit humain ne peut supporter leur vue sans sombrer dans la folie (ça marche aussi avec les émissions de Cyril Hanouna, mais ça a moins d'allure).

Et bien qu'on se le tienne pour dit !

Travailler dans l'administration, c'est à peu près pareil (et à plus forte raison quand on essaie de trouver une info sur le site de l'académie, qui s'étend lui aussi dans toutes les directions - mais vraisemblablement jamais la bonne)
.
Parce que s'il y a bien une profession qu'on peut qualifier de "non-euclidienne", c'est celle de secrétaire administratif ; et les horreurs tapies sous le tapis ne sont que peu de choses face à la menace très concrète d'une nouvelle circulaire ou d'un imprimé abscons rédigé dans une langue pédagogique inconnue.


Il paraît que si on lit trois fois de suite la lettre d'information référencée BZX 1987775-24 à voix haute devant un miroir sous les coups de minuit, on invoque une nouvelle réforme.


Flippant.


C'est certain : le père Lovecraft aurait adoré ce job. Et il aurait sans doute réévalué son échelle de la peur en conséquence.

Les tentacules, c'est bien. Les trombones, c'est mieux. Ou pire. Tout dépend de quel point de vue de la réalité on se place.


C'est donc pour préserver le peu de santé mentale qu'il me reste que je m'en retourne prématurément dans mes pénates, où j'essaierai de me convaincre que tout ça n'est qu'un rêve et que je suis un papillon.



Vous souhaitant un week-end sain dans un corps sain,



Bien cordialement,


--


Le secrétaire de direction

lundi 9 octobre 2017

Un seul cahier de réservation de salle vous manque...

Bonjour à tous,




C'est avec beaucoup d'inquiétude que nous lançons cet appel à témoin car à ce jour (c'est-à-dire lundi. Suivez, un peu), nous sommes toujours sans nouvelles du petit Cahier-de-Réservation-de-la-salle-Informatique-du-Bâtiment-A (qu'entre nous, nous appelions affectueusement "Bob" pour plus de commodité).


Il venait de fêter ses quatre ans d'existence et il aspirait à devenir Super Conquérant, ou Clairefontaine plus tard.


Apprécié de tous, il savait faire oublier un caractère un peu rugueux en surface (ne jugez pas un cahier à sa couverture, dit-on), pour dévoiler une vraie douceur au niveau de la texture de son papier à l'intérieur.


Disparu depuis vendredi, il manque énormément à ses deux grands frères en salle des professeurs.

Par conséquent, si l'un ou l'une (ou le non-cis-genre) d'entre vous l'a vu ou emporté par mégarde, nous lui serions gré de nous en informer sans délai. Il n'est pas trop tard pour pouvoir plaider l'oubli involontaire, et bénéficier des circonstances atténuantes.


Alors que demain...





Bien cordialement,


--


Le secrétaire de direction

vendredi 6 octobre 2017

Et la marmotte, elle met le chocolat dans le papier alu. Encore et encore et encore.


Où l'on n'est pas drôle, faute d'avoir encore un peu d'énergie pour ça.





Le secrétaire de direction lance un regard fatigué à l'horloge murale suspendue à sa gauche.


16h45.
Allons bon. 


Il aurait juré qu'il était plus tard. Qu'il avait déjà levé la tête, trois heures plus tôt, dans cette même direction, et que l'horloge indiquait déjà 16h45.

Soudain, un doute l'étreint. Une angoisse existentielle se saisit de lui. N'avait-il pas déjà vécu ce moment ? Ne le vivait-il pas sans cesse, en boucle, jour après jour après jour ? A-t-il jamais vraiment quitté ce bureau où il passe les trois quarts de son temps à taper des lettres au hasard sur son clavier, ou a essayer de faire des figures acrobatiques sur sa chaise à roulettes dès que ses chefs regardent ailleurs ?


Il a le sentiment d'avoir un chez-lui, quelque part, ailleurs, mais les souvenirs qu'il en a sont si vagues... N'a-t-il pas tout imaginé, à force de rester là, immobile, vissé devant son poste, à rêver à toutes les vies imaginaires qu'il aurait pu avoir s'il était né Roi de France ou si il avait postulé, jadis, au casting de Loft Story.


Dépité, il jette un œil par la fenêtre mais la nuit est déjà tombée. Est-ce bien la nuit, d'ailleurs ? Cette obscurité d'un noir d'encre, uniforme et pourtant, un rien granuleuse, n'est-elle pas qu'une couche de peinture sur un mur  en trompe l’œil ?

Et s'il n'y avait pas de monde, à l'extérieur ?
Et s'il n'y avait pas d'extérieur ?
Et s'il n'y avait que ce clavier, et ce bureau, et cette chaise à roulette, et le semainier joint à ce message pour attester de son existence ?
Et si c'était justement ça, le monde, et rien de plus ?

Et s'il revivait cent fois la même journée (de la marmotte ?), encore, et encore, et encore, entrant dans le bureau à chaque fois qu'il croit en sortir, la tête peuplée de gens, de lieux, de vies qu'il s'est imaginé pour supporter le vide de ce quotidien insensé ?

Non, non, il refuse d'y croire.  Fébrile, se lève précipitamment. Trop. Ses genoux lui font mal au moment où il se redresse, comme s'il était resté assis pendant plusieurs milliers d'année, ou s'il avait trop forcé sur les bonbons Haribo (or les deux hypothèses se valent).


Un seul moyen de savoir. Un seul moyen d'être sûr.


Titubant comme s'il était ivre, il hésite quelques pas, grimace, s'avance vers la porte du bureau - laquelle semble reculer à mesure qu'il essaie de se rapprocher d'elle.

Un pas.

Un autre.
Et encore un.
Allez, courage, plus qu'un dernier.
Il y est presque.

S'écroulant à demi sur la poignée, il pèse dessus de tout son poids, puis tire la porte vers lui avec ses dernières forces.

Peu compréhensive, celle-ci résiste un peu, lâche un grincement désapprobateur, mais finit par s'ouvrir, bon gré mal gré.

Au-delà de l'encadrement : l'obscurité, encore. Cette même obscurité qui semble déborder presque, à la fenêtre. Cette obscurité sans étoiles, sans lune, sans filet de lumière pour éclairer sa route.


Un couloir, ou un cul-de-sac ?

Il est allé trop loin pour faire demi-tour, maintenant. Il faut qu'il sache. Absolument.


Prenant une grande inspiration, il ferme les yeux, s'avance encore, pose un pied à l'extérieur, puis le second. Laisse passer une minute, plus si sûr de vouloir savoir où il se trouve ni ce qui l'y attend.
Puis ose, enfin.

Lentement, ses paupières se soulèvent, ses yeux peinent à accommoder.


Tout d'abord, il ne comprend pas ce qu'il a devant lui. Il reste là, interdit, incrédule. Puis petit à petit, les formes trouvent un sens, et ce sens trouvent une raison d'être.


Déglutissant bruyamment, il s'avance encore, et découvre...





--




Le secrétaire de direction

Deux pour le prix d'un

Parce que même si on n'aime pas ça, des fois, la communication, ça oblige à communiquer.



05/10/2017 : ventilations de service à signer au secrétariat


A l'attention de l'ensemble des professeurs,




Bonjour à tous,




Vous les attendiez avec impatience !


Elles sont toutes belles, toutes chaudes, tout juste sortis du four de l'administration, elles sentent bon le papier et l'encre pour imprimante : vos ventilations de service sont enfin disponibles au secrétariat de direction, et elles sont fondantes à cœur.


Je vous invite donc à venir les signer avant qu'elles refroidissent.





Vous en remerciant par avance, et avec toutes mes excuses si je vous ai donné faim (mais en même temps, y'a pas beaucoup de risque, à l'heure où j'envoie ce message, vous sortez tous de table),



Bien cordialement,



--

Le secrétaire de direction.




06/10/2017 :  Je vais aller droit au but : reste dans ta cage.


Cher "gros", dit "cousin", dit "ça va la bes ?",



Je t'écris aujourd'hui en mode full caillera pour t'informer que zarma, sa mère, on a reçu tes cages de foot et elles déchirent tout grave, mais avec modération.

C'est dans un esprit de franche camaraderie que je t'invite à ramener ta carcasse au Crétariase de Rectiondi pour les choper à l'ancienne façon deux flics à miami.

ça aurait été trop de la balle si y'avait eu des ballons avec mais comme il n'y en a pas, c'est juste trop de la cage.



Bien weshialement,

--

Le secrétaire de direction



Les voyages forment la jeunesse

 Où ça ne s'arrange pas niveau fatigue mais où ce qui a été promis la semaine précédente a été promis...   Bonsoir à tous, Je n...