Mais qu'est-ce donc qu'un semainier ? Excellente question, l'internaute, à laquelle te répondra la petite icône en haut à droite, ou bien la barre latérale du blog, si tu navigues sur un PC de riche avec un écran grand comme la Baltique.

vendredi 16 décembre 2016

Séance tenante


 Où l'on chante. Faux.
 
 
 
Bon.
Pour la dernière de l'année, j'espère que votre for intérieur sait imiter Eddy Mitchell - et qu'il me pardonnera de broder un peu, au mépris de toute considération rythmique ou harmonique :


La sonnerie retentit, sévère
Et l'année est terminée
En partant, vous réveillez
Votre bien-aimé secrétaire
Qui dort la tête sur son clavier
C'était la dernière journée
C'était la dernière journée
Et le portail derrière votre voiture-de-luxe-que-même-qu'on-se-demande-comment-vous-avez-pu-vous-la-payer-avec-votre-seul-salaire-de-prof-mais-ça-ne-nous-regarde-pas-mais-quand-même-on-se-demande s'est refermé

Voir le collège déserté
Peut vous faire sourire ou pleurer (bon, admettez-le, surtout sourire. Et crier : "YES ! YES ! ENFIN ! C'EST PAS TROP TÔT ! HA HAAAA, CIAO LA COMPAGNIE !")
Mais je connais le destin
D'un professeur assermenté
Il finira au beau matin
Par devoir y remettre les pieds.
Il ne connaît que trop sa chance
De pouvoir gouter au silence
Pendant quinze jours trop vite passés.

Bye bye, les papiers à signer
L'ordi à dépanner,
Les cours à préparer,
Bye bye, rendez-vous en janvier
Les élèves à coller,
La colle et les cahiers,
Et la voix - trop souvent levée - est tombée.

Vous ne passerez plus des heures
Planqué en salle des professeurs
Des fois qu'on pourrait oublier (à titre exceptionnel)
Qu'vous avez un cours à donner (on sait jamais, sur une méprise...)
Vous allez pouvoir profiter (le premier jour)
Et, soyons francs, vous ennuyer (les quatorze autres)
C'était vraiment bien d'bosser
Mais c'est la dernière journée
Et le store électrique du secrétariat est tombé.

Bye bye, les filles qui jacassaient
Pour plaire aux jeunes premiers (souvent bons derniers, l'un n'empêche pas l'autre en milieu scolaire)
Bye bye, rendez-vous en janvier
Les copies, les dictées !

La lumière s'éteint déjà
Le grand hall est vide à pleurer
Le secrétaire étend ses bras ("hein ? Mais où sont passé tous les gens ? ! Pourquoi personne ne me dit jamais quand il se passe des trucs ici ?")
Il s'en va boire un café (pour changer)
Un professeur pleure dans un coin
Son lieu de travail est fermé
Janvier est encore tellement loin
Et ça commence à lui manquer

C'était la dernière journée
C'était la fin de l'année
Et le logo Windows sur l'écran s'est figé.


--

Le secrétariat de direction

jeudi 15 décembre 2016

Objets inanimés, vous avez donc une âme !

A l'attention de l'ensemble des professeurs





Bonjour à tous,




C'était un dévidoir à scotch comme tant d'autres : ni meilleur, ni pire. Juste un peu plus massif, un peu plus jaune que la moyenne. Dévider du scotch n'était peut-être pas une vocation chez lui (ou bien s'était-elle déclarée tardivement), mais il avait pour ça des dispositions physiques évidentes et il s'était fait une raison. Après tout, à ce qu'on dit, il n'y a pas de sot métier, et il y a plus pénible que de dévider du scotch à longueur de journée. Aussi n'était-il ni particulièrement heureux, ni particulièrement malheureux  dans sa vie professionnelle. Peut-être manquait-elle de sens, ou de piment, mais pas d'occasion de dévider du scotch - et c'était le plus important. En dépit de sa différence, il avait été unanimement adopté par le bureau des surveillants, dont il avait fini par devenir un membre à part entière (une chance qu'il ait été assorti à leurs gilets).


Hélas ! Il ne s'en sera fallu que de quelques minutes pour que tout bascule, et qu'un inconnu ne l'arrache à sa famille de coeur, sans savoir qu'il ne s'agissait pas d'un simple morceau de plastique un peu kitsch, mais d'un membre de l'équipe à part entière.


Depuis lors, les surveillants éplorés ne cessent d'espérer son retour. Chaque jour, ils se rêvent en train de pousser la porte et de le retrouver là, à sa place, fidèle au poste, prêt à ligoter ou à bâillonner son lot d'élèves récalcitrants. C'est vous dire si chaque jour, la déception est grande.


Par conséquent, si vous êtes en possession du brave dévideur, ou si vous avez des informations à nous donner sur son kidnappeur, vous savez à qui vous adresser.


(Forte récompense en heures supplémentaires à la clé).


-- 
 
Le secrétariat de direction

mardi 13 décembre 2016

Vous ne passerez... pas !


A l'attention de l'ensemble des professeurs





Bonjour à tous,


Compte tenu du nombre de clés (ou autres) qui ont disparu depuis la rentrée de septembre, nous vous rappelons de bien veiller à vérifier que les portes de secours de vos salles soient fermées à clé quand vous les quittez, car certains élèves s'amusent à tourner le bouton intérieur et peuvent donc y entrer pendant les inter-cours.


De la même façon, veillez également à bien verrouiller les portes principales.


En effet, sachez que ces portes seront votre seule protection en cas d'invasion de zombies, de gremlins ou de marcheurs blancs (particulièrement virulents en hiver, est-il besoin de le rappeler ?).


Si vous vous faites manger un bras, vous ne pourrez pas dire que vous n'avez pas été prévenus.



Bien cordialement,

 
 
Le secrétariat de direction

lundi 12 décembre 2016

Le lundi au soleil




[INFORMATION IMPORTANTE DU MINISTÈRE DE LA FONCTION PUBLIQUE]



Madame, Monsieur,

Après mûres délibérations, le Comité Médical du Ministère juge bon de vous communiquer les informations suivantes, dont la teneur devrait contribuer à établir ou à consolider un environnement de travail stable et productif.

Au cours de votre carrière, il arrivera en effet que vous soyez confrontés à ce que les spécialistes appellent une "semaine de trop", phénomène encore méconnu car souvent confondu avec le RBP (ou "ras-le-bol professionnel").

Cependant si le RBP relève essentiellement de problèmes d'ordre psychologique tels que la dépression, la procrastination ou le pas-envie-fait-chier, la semaine de trop constitue une extension contextuelle de la loi de Murphy et n'est pas imputable au salarié, que ce soit au niveau des causes comme des conséquences.

De par la frustration qu'elle engendre, susceptible de mener à la colère, susceptible de mener au Côté Obscur, la semaine de trop peut toutefois rapidement dégénérer en RBP, voire en GFY ("Go Fuck Yourself", néologisme anglais intraduisible exprimant un profond mal-être doublé d'un sentiment d'injustice), aussi vous recommandons-nous d'être vigilants.

A titre préventif, il conviendra d'être particulièrement attentifs aux signes avant-coureurs suivants :

- La semaine commence par un lundi matin.

- Votre voiture, que vous avez exceptionnellement - et sans aucun problème - remisée dans le garage la veille à une heure du matin (parce que vous aviez oublié de le faire plus tôt) de manière ne pas avoir à gratter le givre le lendemain matin (ce qui s'est avéré totalement inutile parce que POUR UNE FOIS, les températures ne sont pas tombées en dessous de 6), et dont la batterie a été changée il y a moins de deux ans, refuse de démarrer - vous obligeant à ressortir une vieille 205 diesel que vous n'avez pas conduite depuis dix ans et qui est aussi maniable que l'Atlantis du Capitaine Albator.

- Le réseau informatique de l'établissement où vous travaillez ne fonctionne pas, non plus qu'internet.

- Le photocopieur de l'administration ne fonctionne plus en réseau et ne peut plus ni scanner, ni envoyer de fax.

- Vous êtes de surveillance de cantine.

- Votre compagne est de conseil de classe jusqu'à 20 h, et vous réalisez que vous avez oublié vos clés DANS la voiture qui n'a pas voulu démarrer, c'est-à-dire DANS le garage.

Au cas où vous cumuleriez trois de ces signes (ou plus), il y a de très fortes chances pour que vous soyez en train d'expérimenter une authentique "semaine de trop".

Dans ce cas de figure, la marche à suivre est simple : rentrez chez vous, verrouillez derrière vous, refermez les volets, réenfilez votre pyjama et collez-vous devant la Playstation 4 jusqu'en février-mars.

Poussez jusqu'à avril-mai si nécessaire.


On n'est jamais trop prudent.

vendredi 9 décembre 2016

Retour vers le Futur Proche

Où l'on s'offre un petit voyage dans le temps (référencé), à une semaine des vacances, parce que ça ne coûte pas grand chose - et que c'est aussi bien, d'un point de vue comptable. 



Cher Marty,



J'espère qu'en dépit de la pollution atmosphérique et des fluctuations du continuum spatio-temporel qu'elle engendre, ce message te trouvera à l'heure dite du jour dit, c'est-à-dire, si mes calculs sont bons : chez toi, vendredi 9 décembre au soir, alors que tu es confortablement installé devant ton ordinateur, les pieds bien au chaud dans les chaussons-lapins que tu aimes à porter lorsque personne ne te regarde (je te rassure, ça arrive même aux meilleurs. Et puis c'est assorti à ton pyjama Winnie l'Ourson). La marge d'erreur de mes estimations n'est cependant pas négligeable, du fait du comportement capricieux des électrons en fin d'année (ils ne sont déjà pas très positifs en été, alors tu penses bien que les températures basses n'arrangent rien. Ils boivent beaucoup pour oublier le froid et par conséquent, ils sont particulièrement chargés du matin au soir). En conséquence, peut-être trouveras-tu ce message au collège lundi matin.


Si je t'écris aujourd'hui, c'est-à-dire demain, c'est-à-dire dans une semaine de ton calendrier à toi, c'est parce que j'ai mis à profit mes nombreuses heures perdues de fonctionnaire (pléonasme) pour recycler l'ancienne cafetière du bureau et la transformer en machine à voyager dans le temps (c'était ça où une porte des étoiles, mais je n'avais pas assez de trombones pour renforcer l'alliage de protection). Dans la mesure où le temps, c'est de l'argent, je pensais m'en servir pour arrondir mes fins de mois mais de toute évidence, ça ne marche pas comme ça (quelle déception).


Pour mon premier essai, je me suis fixé un objectif plus modeste que je ne le suis moi-même : j'ai programmé un bond d'une semaine et trois jours dans le futur (ici, cale mentalement un roulement de tambour pour l'effet dramatique). Or figure-toi que ce que j'y ai découvert est TERRIBLE ! (ici, cale un autre roulement de tambour, suivi d'un coup de cymbale bien senti). Raison pour laquelle je vais aller à l'encontre de tout ce qu'on peut nous enseigner au sujet du principe de causalité (genre : ne pas retourner dans le passé pour tuer notre ancêtre et voir ce qui se passe, par exemple), et t'envoyer ce message d'avertissement à rebours. Je serais volontiers revenu moi-même mais ma machine n'en est encore qu'au stade du prototype : elle ne supportera pas un autre voyage si je ne remplace pas d'abord son filtre, et si je ne lui trouve pas du pur arabica.

Alors non, je préfère te couper tout de suite, tu ne te fais pas voler ta moitié par un gros malabar, non, tes enfants ne vont pas avoir des ennuis avec la justice et/ou le pôle emploi à cause d'une course de voiture qui aura mal tourné, et non, il ne faut pas sauver l'horloge de l'hôtel de ville, j'ignore où tu es aller chercher tout ça.


Et en un sens, c'est pire encore : car figure-toi que depuis mon arrivée ici, j'ai beau arpenter le collège en long, en large et en travers, je n'y ai pas trouvé âme qui vive, pas même du côté du distributeur de barres chocolatées, ou en train d'essayer de voler des agrafes au service d'intendance pour les revendre au marché noir. Contre toutes attentes, les couloir sont déserts, obscurs, silencieux. Alors que l'endroit devrait déborder de vie, de cris, de rires et d'expression bigarrées comme les affectionnent nos chers collégiens (expressions que la bienséance me commande de ne pas citer dans ces lignes, mais dont les implications anatomiques sont souvent problématiques, scientifiquement parlant), il semble comme plongé dans un état léthargique, comme vos élèves du lundi matin après un soir de match. J'ai beau essayer de joindre l'administration, personne ne me répond (mais bon, ça, à la rigueur, pas d'inquiétude, c'est normal, c'est l'administration). Plus troublant encore : personne ne m'a signalé de problème informatique depuis plus de douze heures, maintenant. J'en déduis que quelque chose ne tourne pas rond. En plus, il n'y a plus de chauffage, et j'ai déclenché un signal sonore qui résonne en boucle (un peu comme de la musique, mais moins harmonieuse que du Christophe Maé, ce qui n'est pas peu dire), et qui semble avoir pour effet d'attirer de jolies lumières clignotantes à l'extérieur de l'établissement (ainsi que plein de pinponpins).

J'ignore, donc, ce qui va se produire entre ce soir (pour toi) et ce soir (pour moi), mais cela devrait complètement transformer nos vies pour au moins deux semaines, et notre routine quotidienne devrait s'en trouver bouleversée... Méfiance, donc. Si un individu patibulaire coiffé d'un casque en métal recyclé te donne un almanach de résultats sportifs, surtout, refuse-le et dénonce-le aux autorités compétentes.

Je compte sur toi, nom de Zeus !

Parce que j'aime autant te dire qu'ils sont en train de me passer les menottes et que c'est pas le pied !




Excellent Retour vers le Week-End à vous !

 --

Le secrétariat de direction



Bon à savoir : en réalité, si vraiment j'avais voyagé une semaine et trois jours dans le futur, je serais tombé sur moi-même en pleine activité (j'ai trois mois de paperasse à classer), puisque l'administration sera de permanence le lundi 19 décembre (pour notre plus grand bonheur à tous, vous pensez bien. Oh oui, oh oui).

dimanche 4 décembre 2016

La musique adoucit les fins d'années

Où l'on s'autorise un petit hors-sujet pour une bonne cause.


Oyez oyez braves gens, qui que vous puissiez être : pas d'histoires de boulot aujourd'hui, nous sommes dimanche, mon bureau est encore loin (mais pas suffisamment à mon goût), il est bientôt midi, je suis toujours en pyjama, il flotte dans l'air comme une impression de laisser-aller... mais pas pour tout le monde.

Car voilà le topo : en février 2017 sort le premier album autoproduit de monsieur-mon-petit-frère, un CD 8 titres ( + 1 bonus, mais chut, c'est un secret) chanté en anglais ET en français, 100% indé et à contre-courant, à mille lieues de gros phénomènes de mode du moment (parce que "f*ck it", tout simplement), mêlant harmonieusement différents styles et différentes ambiances au point qu'on n'y trouve pas deux pistes semblables - sans pourtant que la cohérence de l'album n'en souffre (et avec une belle intelligence également), étrange et entêtant, qui gagne en puissance évocatrice à chaque nouvelle écoute (et non, je ne suis pas du tout de parti-pris). 

Tantôt rageur, tantôt mélancolique, tantôt suicidaire, tantôt grand prince... Mon petit frère, quoi.


Or voilà qu'aujourd'hui, il a la générosité de partager avec le monde (dont, aux dernières nouvelles, vous faites partie, que ça vous plaise ou non) un premier titre extrait de cet album, celui qui lui donne son titre et peut-être le plus intimiste de tous : Friday Night Epitaph.


Raison de plus pour écouter, réécouter, re-réécouter, liker, lover et partager. 


Et à mettre de l'argent à gauche pour février.


vendredi 2 décembre 2016

Crise de foi

 Où le Père Noël revient pour la troisième année consécutive dans les mots d'accompagnement du semainier, et où il n'est (visiblement) pas content.



Cher [Professeur du Collège Jean Roucas],


J'ai bien reçu ta gentille lettre et sache qu'en d'autres circonstances, je te mentirais, comme chaque année. Je te dirais qu'elle m'a fait très plaisir, que j'ai trouvé ça très mignon, après quoi je te ferais sauter sur mes genoux, avant de demander à un de mes joyeux lutins (tm) de prendre une photo de nous deux, que je te vendrais ensuite au prix joyeux de 30 euros toutes taxes comprises (pour payer l'avoine bio sans gluten de mes rênes, qui me coûtent les deux bras depuis qu'ils se la jouent bobo).

Mais je te jure, je n'ai plus la patience.

Tous les ans, c'est la même rengaine : tu me prends pour un idiot, tu me dis que tu as été très sage et tu penses vraiment que je vais te croire, alors que Facebook a été inventé exprès pour que je puisse te surveiller jour et nuit, et ne louper aucune photo de toi sur le dancefloor du Macumba alors que tu es (soi-disant) "en arrêt-maladie". Et en plus, tu n'as même pas daigné accepter ma demande d'ami. ça m'a mis grave les nerfs, j'ai dû sortir chasser l'ours blanc à main nue pour me calmer un peu (au fait, la maman de Bouba te passe le bonjour. Ho ho ho).

Sans compter que ta lettre, là, je ne suis pas dupe, c'est la même chaque année ; tu te contentes juste de changer la date, la photocopier (avec ton compte prof, en plus !) et hop-là, dans l'enveloppe ! Tu penses ! "Le vieux, il a cent cinquante ans au compteur, il n'y verra que du feu". Ben tiens ! C'est ta fichue lettre, qui n'y a vu que du feu ! Celui de ma joyeuse cheminée ! Ho ho ho !

Non parce que tes demandes, à force, je les connais par cœur, tu te répètes encore plus qu'un single de Daft Punk : davantage d'heures supplémentaires, davantage de crédits pédagogiques, des ordinateurs qui fonctionnent, des élèves qui travaillent... Mais je suis le Père Noël, moi. Pour les miracles, il faut s'adresser au gars torse nu, là... le hippie, deuxième porte à droite.

Et puis avec la crise, j'ai été obligé de licencier Rudolphe : son nez rouge clignotant avait tendance à rendre les gens nerveux, avec toutes ces histoires de plan vigipirate... Sauf que comme on n'a pas eu les crédits pour réembaucher derrière, ben voilà, il faut que j'assure son service en plus du mien et que je tire le traîneau avec les autres rênes. Sauf que comment vous voulez qu'ils me respectent encore, d'un point de vue hiérarchique, après tout ça ?

Du coup, ces derniers mois, j'ai beaucoup réfléchi (beaucoup bu, surtout), et j'en suis arrivé à la conclusion que j'avais consacré les plus belles années de ma vie à ce fichu boulot (avant que je ne commence à compenser par la nourriture et à prendre de la bedaine), sans jamais réussir à pleinement satisfaire personne, et qu'il était grand temps que je lève le pied et que je prenne ma retraite.

Cette année, donc, cher [professeur du Collège Jean Roucas], sache que je n'ai pas été au-delà des deux premières lignes de ta gentille lettre, et que c'était déjà deux lignes de trop.  Aussi ai-je décidé que cette année, à titre exceptionnel, tu aurais ce que MOI, j'aurais décidé de te donner.

A savoir : le semainier ci-joint.  Ho ho ho, c'est la fête, ai-je envie d'ajouter avant de me resservir un verre de bourbon (c'est bon pour mon palais. Palais. Bourbon. Humour) (estime-toi heureux que dans ma grande mansuétude, je ne te facture pas ce trait d'esprit supplémentaire).

J'ai donc missionné le joyeux lutin du secrétariat de Direction (tm) pour qu'il t'envoie, ainsi qu'à tous tes gentils camarades (j'écris "gentils", c'est une façon de parler, je consulte leurs Facebook aussi), le document ci-joint.

Et je lui ai dit de le blinder de réunions et de conseils de classe. Comme ça tu ne te déplaceras pas pour rien, lol (comme disent les jeunes).

"Vas-y", que j'ai même ajouté (j'étais de bonne humeur, ce jour-là. Au fait, la maman de Bibifoc te passe le bonjour. Ho ho ho), "colle-leur soi-disant un repas de Noël le jeudi midi, qu'on rigole. On verra bien leur tête quand ils se retrouveront devant leur plat de salsifis".

Suis-je taquin !

En conclusion, je serais censé te souhaiter un excellent week-end, mais comme tu ne t’enquiers toi-même de ma santé qu'une fois par an, quand tu as une liste longue comme le bras de truc à me demander, permets-moi de passer mon tour.

Je laisse le Joyeux Lutin du Secrétariat de Direction le faire à ma place tant qu'il y est encore disposé.

C'est qu'il sera moins joyeux, lui aussi, quand il découvrira que le prochain poste à sauter, c'est le sien (mais chut ! Je ne vous ai rien dit, laissons-lui la surprise ! Un peu d'esprit de Noël, bon sang. Ho ho ho !).

Bien jovialement,

--

Le secrétariat du Père Noël, qui vous souhaite donc un excellent week-end et vous demande d'excuser l'aigreur du patron (faut le comprendre, il a eu une rude année, avec la réforme de l'usine à jouets et tout ça).

Qui paie ses dettes s'enrichit (surtout en fin d'exercice comptable)

A l'attention de l'ensemble du personnel du collège Jean Roucas


Bonjour à tous,


Il n'aura échappé à personne que l'année civile touche à sa fin, ce qui implique à brève échéance la fin des mouvements comptables.

Par conséquent, celles et ceux d'entre vous qui ne souhaitent pas voir le service Intendance débarquer chez eux à l'improviste pour se saisir de leurs écrans plasma ou de leurs lecteurs Bluray 3D seront bien inspirés de consulter le document joint et de noter les dates d'échéances au gros marqueur rouge dans leurs agendas Clairefontaine ou Super-Conquérant.

Attention, donc, aux menues dépenses et aux comptes cantine !

Si toutefois vous décidez d'ignorer ce bienveillant message d'avertissement, je ne saurais trop vous conseiller de profiter des vacances à venir pour vous faire tatouer le plan de la prison de Morillon-sur-Bieuvre , on ne sait jamais, ça pourra toujours servir.


Bien cordialement,


Le secrétariat

Les voyages forment la jeunesse

 Où ça ne s'arrange pas niveau fatigue mais où ce qui a été promis la semaine précédente a été promis...   Bonsoir à tous, Je n...