Mais qu'est-ce donc qu'un semainier ? Excellente question, l'internaute, à laquelle te répondra la petite icône en haut à droite, ou bien la barre latérale du blog, si tu navigues sur un PC de riche avec un écran grand comme la Baltique.

vendredi 16 juin 2023

It's the End of the Semainier as we know it (and I feel fine)

Où les conséquences (inattendues) du message de la semaine dernière nous contraignent à faire notre mea culpa et à mettre un terme à cette belle aventure.



Bonsoir à tous,

Comme attendu, vous trouverez ci-joint le planning (dense – mais sans les loups) de la semaine prochaine.

Attention si vous prévoyez de l'imprimer : veillez à prévoir une ramette pleine et quatre cartouches de rechange (au moins).

Et réservez un arpent de forêt Amazonienne pour parer à toute éventualité, tant qu'il en reste encore.

*

Concernant le message d'accompagnement, j'avais initialement prévu un briefing pour l'oral de DNB façon l'Ecole des Fans, avec une très belle imitation de Jacques Martin (y compris au niveau de l'abdomen), mais on a porté à mon attention cette semaine (à juste titre et avec beaucoup de bienveillance, c'était de circonstance) que les messages d'accompagnement en question posaient plusieurs problèmes de déontologie.

Non seulement l'humour lui-même s'accorde mal à l'idée traditionnelle que l'on se fait du professionnalisme (on ne peut le nier), mais c'est surtout la dimension personnelle et politique de ces messages qui a heurté certains d'entre vous, ce que je peux entendre et me dois de considérer. Parce qu'en effet, j'écris en mon nom propre, mais en utilisant la boîte mail de l'établissement, ce qui brouille les frontières entre ce qui relève de ma personne et de l'institution, un procédé qui pourrait légitimement être assimilé à de la propagande. Car au fond, et c'est très vrai, rien ne m'empêche d'utiliser cet outil de travail à des fins servant d'autres maîtres, par petites touches, entre les lignes. Rien ne vous garantit non plus que mes boutades en apparence potaches ne servent pas de plus noirs desseins.

Et cette personne a très bien fait de m'alerter sur ces dérives possibles (voire d'ores et déjà constatées), car je suis si loin de telles considérations que je n'aurais jamais envisagé les choses sous cet angle par moi-même. Il me semble en avoir déjà fait la démonstration, il n'est pas dans mes habitudes d'avancer masqué : les messages anonymes, les listes de diffusions secrètes, les alliances d'intérêt, instrumentaliser les uns et les autres, vous le savez, ce n'est pas ma façon de faire, quand j'ai quelque chose à dire, je le dis, de manière directe et sans quérir ni attendre le soutien de quiconque, et personne ne me souffle ce que je dois penser (à part peut-être le spectre de Korzybski, dont je suis - je l'admets - le Hamlet version Wish, comme disent les jeunes entre deux Quoicoubeh) ("les enfants sont formidables"). J'ai chassé le dahu, souvent, combattu des moulins à vent à m'en péter la lance, poursuivi le monstre du Loch Ness avec un filet à papillons, prié mes propres divinités inventées sur mesure et coloriées au feutre, frappé dans mes mains pour les fées et les gens que j'admire, et patienté des heures à la fenêtre en attendant que les extraterrestres reviennent me prendre en stop. Je ne suis pas athée, je crois en plein de choses - en l'art, en l'être humain, en la possibilité d'un monde meilleur -, mais la politique n'en fait pas partie, même si je respecte ceux qui s'en réclament autant que je respecte les catholiques, les musulmans, les amateurs de foot, les fans de Céline Dion, et ceux qui vénèrent les bouts de papier froissés qu'on trouve au fond des portefeuilles, tant qu'ils n'en font pas un prétexte pour s'en prendre à autrui. Et l'on arguera à raison qu'heureusement qu'il y a eu des gens qui y croyaient, un jour, à ce Dieu Politique, pour que les gens qui comme moi n'y croient pas puissent profiter de telle ou telle avancée sociétale. J'en suis conscient, je sais ce que je dois à celles et ceux qui m'ont précédé. Et en même temps, si tous les gens d'hier ou d'aujourd'hui avaient partagé ma foi à moi, personne n'aurait eu à se battre, en quelque nom que ce soit.

On m'a demandé ici-même, je ne sais plus qui, il y a quelques années, dans le feu de l'émotion, « pour qui je travaillais vraiment ». Comme si quelqu'un d'aussi orgueilleux que moi pouvait vraiment être « la voix de son maître ». Mes maîtres, ils sont nombreux, pourtant, et tant pis si ça sonne candide : ce sont le ciel, le vent, la pluie, la lune et les étoiles au-dessus de nos têtes. A elles seules, j'accepte de rendre des comptes. Je sers l'institution (et j'insiste sur le verbe) sans honte et sans fierté, et ainsi en sera-t-il aussi longtemps que nos intérêts convergeront. Mais je ne suis pas un être politique, et je fais passer mes valeurs avant les convenances, si bien qu'il se pourrait qu'un jour nous prenions des voies séparées. Si je me reconnais si peu dans le monde qui m'entoure, c'est parce que je ne suis ni un dieu, ni un géant, rien qu'un mammifère qui marche sur deux pattes au lieu de grimper dans les arbres, et qui bombe le torse en tenue de ville pour oublier qu'il n'est rien à l'échelle de l'univers. A la cour, je n'aurais été ni monarque, ni page, ni conseiller. Rien que bouffon.

Mais il n'empêche que la remarque est légitime. Second degré ou non, dès lors qu'il est possible de deviner mes convictions entre mes lignes, mes textes ont une dimension politique. Très relative et caricaturale, car la politique vaut bien mieux que ça (j'espère), mais réelle malgré tout. Aussi me paraît-il plus sage de mettre un terme à cette tradition, dans la mesure où dès lors que j'écris autre chose que « bien cordialement », je ne peux pas cesser d'être moi ni de nourrir des convictions intimes. Par extension : je ne peux garantir qu'elles ne transparaîtront pas ça et là. Et du reste, je ne suis pas certain d'avoir envie d'écrire des textes qui ne me ressembleraient pas.

Cette même personne m'a aussi signifié (et c'est ce qui m'a le plus peiné, sans doute, vraiment), que vous êtes plusieurs à avoir souffert de ne pas avoir d'espace de réponse, de devoir subir mes mots sans pouvoir leur en opposer d'autres. De devoir laisser faire, en somme, sans pouvoir rectifier ce qui semblait indigne ou inapproprié. Vraiment, du fond du cœur, qu'ils reçoivent mes excuses pour la frustration suscitée. Je n'avais vocation, pensais-je, qu'à faire sourire un peu ou à indifférer. Nul n'était forcé de me lire et ça me rassurait, au fond. Seulement je me voilais la face.Dès l'instant où je m'exprimais, lu ou non, je faussais la donne.

Bien qu'on puisse évidemment deviner certains de mes idéaux à la marge, je n'avais pas conçu ces textes pour être pris au premier degré : au risque d'en décevoir certains, non, je suis pas pour qu'on rétablisse les châtiments corporels à l'école (je suis davantage partisan de la torture psychologique, nettement plus efficace sur le long terme), je ne considère pas vraiment les ardéchois comme des arriérés (certes, ils roulent au milieu de la route, mais est-ce bien de leur faute s'ils n'ont jamais vu une ligne droite de leur vie ?), et bon, ok, j'avoue, je ne suis pas convaincu par l'apport de Jul et d'Aya Nakamura au patrimoine culturel de l'humanité, mais personne n'est parfait.

Au-delà, je n'ai jamais eu l'intention de vous refuser le droit de réponse, au contraire : je ne suis ni assez réactionnaire, ni assez progressiste pour fermer la porte aux débats et à ceux qui y appellent. Une idée figée est une idée morte. Les gens qui nous approuvent nous font plus de mal que ceux qui nous remettent en cause. Ne fréquenter, voire n'estimer, que ceux dont nous partageons les vues, c'est se prendre soi-même dans l'ambre d'une fossilisation précoce. Aussi suis-je implicitement toujours parti du principe que si certains de mes propos vous semblaient critiquables ou suscitaient une réaction, vous pouviez venir me trouver ou m'écrire pour que nous en discutions.

Et parce que mieux vaut tard que jamais, comme on aime à dire dans la fonction publique, je vous invite très chaleureusement à le faire aujourd'hui, demain, après-demain, n'importe, de la façon qui vous siéra le mieux : en individuel ou en collectif, en privé ou en public, par courriel sur ma boîte académique (je vous transmettrai alors mon adresse perso) ou de vive voix, selon les modalités de votre choix. Objectez, contestez, fustigez s'il le faut, c'est votre droit le plus strict. La balle est dans votre camp, comme on dit en licence STAPS. On pourrait tout à fait envisager, par exemple, de se définir un créneau d'une heure ou deux, en fin d'année, réserver une salle, la polyvalente, même, pourquoi pas ne pas faire ça collégialement, puisque je me suis moi-même exprimé à la cantonade ?! Je suis ouvert à toutes les propositions, même les plus désavantageuses, sauf celles impliquant de devoir se battre en duel à l'aube parce que je ne suis pas du matin, ou d'utiliser des muscles quelconques parce que je n'en ai pas. Ça pourrait être une expérience intéressante, d'ailleurs, dont personnellement j'apprendrais beaucoup. Plus que de se refaire un Booba-Kaaris dans l'octogone, on pourrait renouer ainsi avec la tradition des penseurs grecs, jouer à être Aristote, ou Sophocle, ou Diogène, je pourrais venir en toge ou nu dans un tonneau, selon la météo, en hommage à un temps où les débats publics ne se réduisaient pas à Cyril Hanouna, et où l'information n'était pas qu'une valeur marchande conçue comme un spot de publicité pour viser les plus jeunes. Outre l'occasion de crever sainement ces abcès, ce serait celle de finir l'année sur une touche originale, et pourquoi pas festive ? Depuis le temps que je rêve de mon moment à la Gladiator, moi, face à la foule, criant "êtes-vous bien divertis ?", ce serait l'opportunité. Simplement, si l'on pouvait remplacer les lions par des marmottes, j'aimerais autant. Et alors si en plus, elles pouvaient mettre le chocolat dans le papier alu, moi je vous dis banco.

Tout est politique, m'a-t-on dit ce jour-là, et si je comprends l'idée, et si je la respecte, je ne suis pas d'accord avec elle, ne serait-ce que parce que cela impliquerait que vos cours le sont également et ce serait moralement discutable, à tout le moins, de par la nature malléable du public auxquels ils s'adressent. 

A cela, donc, j'oppose : tout est poétique, au sens que lui donne l'étymologie grecque. Ce qui nous englobe vous et moi.

Et sur cette ultime pirouette pleine de mystère, je prends congé pour de bon, dans un bruit de grelots.



C'était le dernier.



A bientôt pour davantage de « bien cordialement »,



-- 
 
Le secrétariat

samedi 10 juin 2023

Coming Out

Où la triste actualité de ces dernières semaines a été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase trop plein depuis longtemps, et où on troque l'humour contre le cri du coeur, quitte à se dévoiler plus qu'on ne le devrait. 

 

 

Je me souviens d'Annecy, un autre, il y a longtemps. De la lumière, partout, surtout, du vert, du bleu, intenses, éblouissants, dans le ciel et la terre entre les montagnes et dans l'onde et sur le dos de l'herbe qui frissonne et les ronds qui clapotent en chœur parmi les vagues et le sillage des pédalos. Je m'y suis brûlé la rétine à force, brûlé les poumons d'inspirer trop fort, gavé de couchers de soleil jusqu'à vomir des arc-en-ciels. Je me souviens le vent. Je me souviens les voix, les rires sur les bateaux, ivres d'un éternel parfum de printemps couleur d'apéro en terrasse. Annecy, mes premières bouffées d'air. Mes premiers pleurs. Mes premiers cris. Quelques-uns de mes premiers pas aussi. Où j'ai nourri des cygnes et leur sale caractère et admiré mon père plonger de tout en haut. Ma ville, sans vraiment l'être, mon paradis perdu d'avant la chute, le temps de quelques jours, où je n'ai jamais habité et ne suis retourné que trop rarement, ni de là, ni d'ailleurs, jamais, toujours dans l'entre-deux d'un grand déracinement originel, et beaucoup de mes souvenirs vibrent au diapason de cet Eden aujourd'hui endeuillé, et je m'en sens meurtri d'autant.

Avec cet autre Annecy, je me souviens d'un autre monde, d'un autre siècle, d'une autre humanité peut-être, plus dure sans doute, sans doute moins juste aussi, maladroite jusqu'à l'inconvenance, mais meilleure à bien des égards, et bien qu'à chaque tour de calendrier, je regarde mes chiffres au compteur gonfler avec horreur, je n'ai pas de regret. Tout a filé si vite, c'est un cliché, c'est vrai. Mais. J'ai joué dans les arbres. J'ai rêvé sans limite. J'ai vécu un monde dépourvu de bienveillance et qui, pourtant, l'était davantage qu'aujourd'hui. Un monde sans PAI, sans PAP, sans dys, sans aménagements, sans psychologues, sans orthophonistes, sans phobie scolaire ou si peu. Un monde plus ignorant, plus brut, mais moins hypocrite, où la sollicitude n'était pas une valeur marchande. Toute mon enfance, on m'a répété que je n'étais pas différent des autres, et que par conséquent j'étais capable tout autant qu'eux. Malgré mon tremblement essentiel dès l'école primaire, malgré l'autisme, malgré les TOC, jamais je n'ai bénéficié d'un traitement de faveur. Et je me souviens encore les humiliations du quotidien scolaire : les peintures à refaire parce que beaucoup trop laides, les circuits à souder, les notes catastrophiques en travaux manuels, les passages au tableau, les yeux rivés sur moi, les rires sous cape ou de bon coeur, et jamais d'indulgence, ni d'aide, ni de considération. Et vous savez quoi ? Oui, c'était dur. Oui, c'était injuste. Et bien sûr, c'est gravé en moi. Mais je le répète, je ne regrette rien. Parce que c'est précisément grâce à cela que je suis parmi vous, chaque jour, que je peux travailler à vos côtés, et interagir avec vous, et sourire, et plaisanter, et écrire des messages de semainier trop long, au lieu de vivre reclus, d'allocations financées par l'argent que VOUS gagnez. Sans ces obstacles, sans ces aspérités à surmonter, je ne saurais pas vivre, pas prendre la parole en public, pas faire valoir mes opinions, je ne saurais pas prendre ma place dans cette société qui ne me ressemble pas assez, je devrais me contenter de celle, infantilisante, qu'on m'aurait dévolu. Dans sa bienveillance d'aujourd'hui, jamais elle ne m'aurait décrétée capable, jamais elle ne m'aurait poussée au-delà de mes limitations. Jamais, même, je n'aurais su guérir de Tocs prétendument inguérissables, sans soutien ni médicaments. Je ne serais que l'ombre d'une ombre de celui que vous côtoyez

Le meilleur souvenir de professeur que je garde ? Pas celle qui me flattait, pas celle qui me louait, pas même celui qui me foutait la paix. Celui de ma prof de Philo de terminale, fraîchement revenue d'Afrique du Sud, qui nous a regardé droit dans les yeux au premier cours, et nous a dit que nous n'avions pas la maturité intellectuelle pour faire de la philosophie. Qu'au mieux, nous tournerions à 8 de moyenne à l'année, mais qu'un déclic se produirait peut-être à la fin du troisième trimestre, qui nous permettrait d’atteindre 12 grand maximum. Et elle avait raison, j'ai fini par le décrocher, ce 12, à l'arrachée, non sans fierté, et un 14 au Bac, en coeff 5, malgré une première demi-heure d'épreuve passée sans pouvoir écrire par la faute du stress, et en répondant que la question de l'épreuve était sans intérêt (oups). Je crois n'avoir jamais autant respecté un membre du corps enseignant, précisément parce qu'elle n'avait pas confondu bienveillance et condescendance, et parce qu'au lieu de nous parler comme à des enfants, elle nous a dit la vérité.

Je vous laisse imaginer le sort qu'aurait été le sien en 2023.

La bienveillance, telle qu'elle se pratique aujourd'hui dans tous les cercles, m'aurait détruit d'emblée, privé de toutes mes chances, jeté plus bas que terre, réduit à une parenthèse de l'humanité, un accident - un aléas, même, au sens étymologique du terme. Elle m'aurait fait en mal tout ce qu'elle prétend faire en bien, et davantage encore que toutes les humiliations et heurts de jadis. Et je suis en colère contre elle, profondément, pour ce que j'aurais subi par sa faute si j'étais né au mauvais moment, au mauvais endroit. Ce que je serais devenu à cause d'elle.

Aujourd'hui, pour toutes les raisons que j'ai évoquées plus haut et d'autres que je conserve pour moi, ce monde me fait mal, comme du fil de fer barbelé. Je l'ai sous la peau et les ongles et je souris beaucoup afin de l'oublier. Il y a quelques années encore, malgré quelques soupirs réfractaires pour la forme, j'avais plaisir à vous retrouver dans l'enceinte de ce collège : ce n'était pas facile, je devais beaucoup m'adapter pour ne pas vous mettre mal à l'aise ni ne pas vous incommoder, ne pas répondre à côté, vous regarder dans les yeux, ne pas (trop) vous paraître bizarre, partager avec vous notre quotidien de petite famille de fortune (dysfonctionnelle, certes, mais tellement attachante !), cependant c'était supportable. Fatigant, mais supportable. Aujourd'hui, à mon grand regret, ça l'est de moins en moins, car la moindre sortie dans le monde me coûte infiniment, m'angoisse, m'effraie au-delà de toute mesure, à tel point que viendra un jour où je ne pourrais plus prendre le volant. Parce que ce que j'y vois, parce que ce que j'y vis me heurte au-delà de toute mesure : en voiture, beaucoup, aux actualités, dans les yeux des enfants dont nous avons la charge et que nous perdons peu à peu, dans l'attitude de leurs parents, dans certaines paroles prononcées, certaines décisions prises, dans ce que cette belle institution en laquelle je crois trop fort ne représente plus dans l'esprit des gens. Le monde d'aujourd'hui n'est pas bienveillant : pour les gens comme moi, c'est un enfer, et le mot n'est pas faible, ces quatre ou cinq dernières années l'ont vu se dégrader au-delà du supportable du fait de l'arrogance des gens, et de leur égoïsme, et leur manque d'empathie et cette tendance à croire qu'il n'y a qu'eux qui comptent entre tous et que les autres peuvent être méprisés sans remords, que le respect est un dû à sens unique, qu'ils n'ont rien à mériter, rien à gagner, rien à devenir, qu'ils sont des êtres humains par la naissance plutôt que par la société, tous ces mensonges que nous leur avons laissé croire avec les meilleures intentions du monde, sans doute, mais qui nous privent progressivement de ce que nous avons mis des milliards d'années à acquérir : une âme. 

Un jour prochain, je sais, je n'aurai plus la force. Je me lèverai, je m'habillerai, je m'installerai dans ma voiture, je mettrai la clé dans le contact,mais je ne la tournerai pas. Une heure, deux heures, le téléphone sonnera, vous m’appellerez, encore, encore, je ne répondrai pas. Juste, je resterai les yeux dans le vague et je me souviendrai d'Annecy, des rires, de la lumière, d'avant, de l'autre monde. Un monde plus dur et moins juste où un jour, j'ai eu ma place, dont la bienveillance factice d'aujourd'hui m'a refermé les portes au nez.

L'enfer, dit-on, est pavé de bonnes intentions.

Quelle génération avant nous en a eu de meilleures ?

-- 
 
Le secrétaire de direction

 

A l'aventure compagnons

 Où l'une des tablettes professeurs a disparu dans la salle du même nom, en adéquation avec l'actualité cinématographique du moment.

 

 

Bonjour à tous,


A quelques semaines à peine de la sortie du dernier Indiana Jones, je vous propose de vous aussi goûter au grand frisson de l'aventure en marchant dans les traces du grand archéologue à la recherche de la tablette IPad 022 perdue.

Il vous faudra sans doute jouer du fouet, du revolver et du Stetson (Stetsons are cool), mais je compte sur toutes celles et ceux qui l'auraient aperçue ou mise en sûreté pour me le signaler.

Je rappelle qu'il s'agit d'un artefact occulte extrêmement puissant qui, entre de mauvaises mains, est susceptible de provoquer l'apocalypse. 

Certains témoins oculaires rapportent l'avoir vue il y a deux ou trois jours dans le petit local qui fait la jonction entre la salle des professeurs et le CDI, mais peut-être ont-ils confondus avec le Yéti.

Vous remerciant par avance pour votre vigilance,


Bien cordialement,


-- 
 
Le secrétaire de direction

vendredi 9 juin 2023

ELLES sont REVENUES

 Où des problèmes techniques avec le portail électrique du parking de l'établissement ont contraint tout le personnel à rendre (temporairement) ses télécommandes d'ouverture pour reprogrammation...

 

Bonjour à tous,

Après quelques jours de repos bien mérités, durant lesquels nous les avons chouchoutées, dorlotées, massées, emmenées dans des hauts lieu de la culture drômoise tels que les magasins Micromania, les magasins Micromania ou encore les magasins Micromania, vos télécommandes de portail sont de retour, fraîches (ou à défaut : à température ambiante) et dispo, parfaitement reposées et prêtes à ouvrir le portail une fois, dix fois, cent fois par jour, même, s'il le faut, la seule limite sera votre tendinite du pouce où les klaxons des voitures derrière vous.

Nous invitons donc celles et ceux qui ont déposé la leur à la loge à venir la récupérer avant mardi 13 juin, date à partir de laquelle le portail sera remis en fonction et fera obstacle à tout véhicule non muni du précieux passe, vous interdisant l'accès à votre lieu de travail aussi sûrement que Gandalf face au Balrog ("vooooous ne passereeeeez paaaaas !"), vous privant d'une précieuse journée passée en compagnie de nos chers petits anges (c'est un bouchon de champagne que j'ai entendu sauter, en arrière-plan ?) (ah oui, pardon, en effet, c'est le mien, toutes mes excuses).

Vous pourrez bien vous égosiller à crier "Sésame ouvre-toi !", tout ce que vous y gagnerez sera un rendez-vous en urgence avec le référent de la médecine du travail.

Précipitez-vous donc sans attendre à la loge pour réclamer votre dû, les dix premiers gagneront un Pass Education totalement GRATUIT (sous réserve d'éligibilité, offre soumise à condition).

Vous souhaitant une bonne journée,

Bien cordialement, 

 --

 Le secrétaire de direction

 

vendredi 2 juin 2023

Carpe (Diem) c'est fini

 Où on attaque une période plus dense en machins à faire en trois exemplaires, et moins en occasions de lever le pied, et où l'on rebondit sur une erreur de copier-coller pour amuser la galerie.

 

Bonsoir à tous,

Le bruit courait depuis quelques semaines en coulisses, on en parlait sans trop oser y croire, oseront-ils, n'oseront-ils pas, on spéculait entre deux cours mais on se pensait à l'abri de ce genre de dérives, enfin, pas chez nous, pas en France, allons, le pays des lumières, de la révolution, des trente cinq heures et de Johnny Hallyday, rendez-vous compte, mais l'information vient d'être entérinée par décret ministériel : à compter de demain et jusqu'à nouvel ordre, les week-ends ne compteront plus que deux jours, soit à peine plus de quarante huit heures, y compris ceux suivant une semaine de travail complète.

Dans le milieu syndical, c'est la consternation.

"Nous voilà revenu.e.s aux heures les plus sombres d'avant le mois de mai" nous confie l'une de ses têtes de file, qui a tenu à rester anonyme mais qui annonce un grand mouvement social pour le mardi 6 novembre (vous en avez peut-être déjà entendu parler, la demi pension ne sera pas assurée, les AEDs ont diffusé l'étiquette entre hier et aujourd'hui).

"Deux JOURS ? ! Mais de qui se moque-t-on ? A ce compte-là, autant rester au collège, ça ne sert à rien de rentrer chez nous !", tempête à notre micro le secrétaire de direction, d'habitude si jovial et mesuré dans ses propos, avant de se précipiter vers sa voiture quand même par acquis de conscience.

"Si encore on nous supprimait une journée de travail pour équilibrer...", ajoute-t-il, poussant ses capacités de conceptualisation mathématiques jusque dans leurs retranchements. "Mais même pas".

Aussi envisage-t-il de sortir de sa réserve de fonctionnaire, même s'il sait bien qu'il ne peut pas survivre hors de celle-ci plus de quelques heures, comme tous les animaux élevés en captivité.

"Ou alors on pourrait multiplier la durée du dimanche par deux", conclue-t-il, une fois calmé et disposé à faire des concessions, après deux heures de savants calculs sur ses doigts.

Une proposition qui n'a malheureusement pas eu l'heur de retenir l'attention des pouvoirs en place, trop attachés au calcul en base 10 pour se laisser séduire par de telles propositions d'avant-garde.

Ainsi ne dira-t-on pas nécessairement "c'était mieux avant", de crainte d'être taxé de réac', mais dira-t-on sans hésiter : "c'était mieux en mai".

Vous souhaitant bonne réception de ce semainier de cinq fois 24 heures (je pose deux je retiens un) (peut-être),

Bien cordialement,

-- 
 
Le secrétaire de direction

 

jeudi 1 juin 2023

Grève de la faim

 Où les mouvements sociaux se suivent et se ressemblent...

 

Bonsoir à tous,


En raison d'un mouvement de grève, le service de restauration ne sera pas assuré mardi 6 juin.

Si vous avez prévu d'entamer un jeûne laïc, le moment paraît adapté.

Dans le cas contraire, veillez à prendre vos dispositions.

Je ponctionne toute commande über eats de 10% à titre de taxe d'importation.


Avec nos excuses pour les désagréments occasionnés,


Bien cordialement,


-- 
 
Le secrétaire de direction

 

Les voyages forment la jeunesse

 Où ça ne s'arrange pas niveau fatigue mais où ce qui a été promis la semaine précédente a été promis...   Bonsoir à tous, Je n...