Petites Grandeurs et Grandes Misères d'un Secrétaire de Direction
Mais qu'est-ce donc qu'un semainier ? Excellente question, l'internaute, à laquelle te répondra la petite icône en haut à droite, ou bien la barre latérale du blog, si tu navigues sur un PC de riche avec un écran grand comme la Baltique.
vendredi 20 décembre 2019
Un Conte de Noël
Quel que soit votre QI (nous ne jugeons pas), je pense que vous aurez aisément deviné le thème imposé de cette semaine.
C'était la belle nuit de Noël. Les flocons de neige dansaient dans le ciel comme des petits lutins, des rosaces miniatures trempées dans du sirop de sucre glace tandis que l'asphalte, peu à peu, prenait l'aspect appétissant d'un grand gâteau au chocolat.
Ce soir-là, toutes les maisons du quartier brillaient, ressemblant vues du ciel à une longue guirlande électrique, oubliée là par quelque géant étourdi, tortillée sur elle-même en nœuds de fenêtres et de porches multicolores.
Et au coeur de ce maelstrom d'attentes, de joie, d'espoir et de barbapapa, le nez collé à la fenêtre, le petit Timmy somnole en contemplant le ciel nocturne.
Il a été sage, cette année.
Même si ses camarades n'ont pas cessé de se moquer de lui parce qu'il n'a qu'un seul Y dans son prénom, et pas de H ou d’apostrophe ("ah non mais quel ringard !"), ou parce qu'il ne s'appelle pas non plus comme un personnage de Beverly Hills, cette série pour les Grands qui a, paraît-il, façonné en son temps les plus brillants esprits du XXIème siècle.
Même si son téléphone portable ne lui permet que d'appeler ou de répondre, et si ça fait de lui la risée de toute l'école ("un téléphone qui sert à téléphoner, ah non mais quel ringard !").
Même s'il a eu plus d'une fois envie d'écraser son petit poing rose sur le nez boudiné de Kev'hyyn, la terreur de la cour de récré.
Chaque fois, il lui suffisait d'imaginer la déception du Père Noël, ses sourcils désapprobateurs et sa mine renfrognée, pour que ses idées noires s'envolent avec le vent.
Et voilà que patient, les narines fixées au carreau en ronds de buée éphémères, il attend la venue du vieux bonhomme en rêvant au vaisseau Star Wars et au pistolet de l'espace qu'il lui a commandés.
Pour le remercier, il a prévu quelques biscuits au chocolat de sa réserve personnelle et un verre de lait frais. Il a même appris à chanter "Jingle Bells" tout en anglais (parce que l'esquimau, c'était un peu trop compliqué quand on a que sept ans, à cause des triphtongues et tout ça).
Et voilà que soudain, alors qu'il n'y tient plus et que ses paupières tombent, le miracle se produit !
Des lumières éclaboussent le ciel, des bleues, des jaunes, des vertes, qui clignotent et tournoient comme un manège de fête foraine !
C'est Rudolphe, c'est sûr !
Le petit rennes volant au nez rouge, le copain de tous les enfants, et son attelage multicolore plein de jouets et de sucres d'orge !
Émerveillé, Timmy sent une grande lumière le baigner et ses pieds décoller du sol.
"Papa Noël ! Papa Noël", crie-t-il avec excitation ! "Emmène-moi en tournée, Papa Noël !".
Comme pour exaucer son souhait, l'air vrombit autour de lui.
Il ne le sait pas encore mais cette année, Timmy fêtera Noël sur Ganymède, attaché à une table d'opération en vibranium, pendant que des extraterrestre aux crânes proéminents lui colleront un émetteur dans le nez.
En cela, il ne connaîtra pas sa chance : celle d'avoir échappé à la journée administrative de lundi, aux grèves SNCF, au grand bêtisier de TF1 et au semainier de la rentrée ci-joint.
Quelle chance Timmy !
Sois fort !
On aimerait tous être à ta place !
*
Pendant ce temps, sur Terre, deux silhouettes familières se disputent sur le perron de chez Timmy :
- Mais enfin, Mulder ! Tu ne vas quand même pas me faire croire que ce petit garçon a été enlevé par le Père Noël ?
- Et qu'est-ce que tu en sais, Scully ? Peut-être que le Père Noël était là, sur cette terre, depuis bien avant nous ? ! Peut-être que c'est nous, les intrus, sur cette planète ? ! Réfléchis un peu ! Un traineau volant qui peut faire le tour de la terre en une nuit ! Un être mystérieux qui vit au Pôle Nord et qui parle toutes les langues humaines ! ça ne te rappelle rien ? Dans toutes les légendes, on trouve des références à des créatures de ce genre ! Alors peut-être qu'il s'agit d'un extraterrestre qui vient d'une galaxie lointaine et que pour une raison physiologique dont nous ignorons tout, il se nourrit des phéromones produites par les enfants pas sages ?
- Mulder, reprends tes esprits. Tu ne crois quand même pas qu'il existe vraiment un gros bonhomme rouge qui descend par la cheminée la nuit de Noël ?
- Et Eugène Victor Tooms, alors ? Je te rappelle que lui, il passait par la fente des boites aux lettres pour entrer chez les gens ! Et c'était même pas un extraterrestre !
- Mulder, je ne sais pas comment ils ont pu te laisser entrer au FBI mais il faut que tu arrêtes la bibine.
*
Plus tard, encore, alors que les esprits se sont calmés :
- Au fait, Scully. Tu n'as pas vu Carole, ma nouvelle secrétaire ?
- Si, elle a posé sa journée, j'ai oublié de t'avertir. Je crois qu'elle a fait un saut au salon de massage. Chris est revenu de ses congés.
- Tu veux dire que Chris masse Carole ?
- Mulder, si tu tiens à ton poste, arrête aussi les calembours.
*
Vous souhaitant à tous de très bonnes vacances, et de belles fêtes de fin d'année (avec les rencontres du type de votre choix !),
Bien cordialement,
--
Le secrétaire de direction
Perdu de Recherche
Bonjour à tous,
On me signale qu'un trucmuche zarbi a été perdu hier soir en salle des professeurs lors de vos libations païennes dont l'administration désapprouve vertement la pochardise.
Selon Madame Royer, notre experte assermentée, il s'agirait (je cite, deux points ouvrez les guillemets) : "d'un bracelet fin, en or, serti d'une petite perle, encore que non, ça paraît grand pour un bracelet, c'est peut-être plutôt un bracelet de cheville, en tout cas ça vaut de l'argent, vends-le discrètement sur LeBonCoin et on partage les bénéfices, 80% pour moi, 30% pour toi et on ne dira pas à aux professeurs de Mathématiques qu'on fait n'importe quoi avec les pourcentages !".
Mais comme je suis un homme honnête, à défaut d'être un honnête homme, je l'ai remis à Isabelle qui en sera la gardienne pour la journée.
J'ai également dénoncé Madame Royer aux autorités rectorales et je profite donc de ce message pour vous annoncer qu'à compter de janvier, vous aurez une nouvelle collègue en Anglais, Madame Brayanizinezekitcheune, à laquelle j'espère que vous réserverez un bon accueil.
Si vous êtes l'heureuse propriétaire de ce bijou (et oui, j'accorde au féminin, oui, c'est d'un sexisme insoutenable, je sais, mais j'ai assez regardé Cristina Cordula pour savoir que ce serait un "fachione-faux-pas" sur un autre individu de type masculin que Barracuda dans l'Agence Tout Risque. Après chacun fait ce qu'il veut mais enfin personne n'a envie d'entendre Cristina s'écrier en 200 décibels "Houyayaye ma chérie mais ça va pas dou tout ça, c'est oune catastrophe !")... si vous êtes l'heureuse propriétaire de ce bijou, disais-je donc, celui-ci a été planté dans la roche et ne pourra en être retirée que par le souverain véritable (du sexe de son choix).
Ou bien il suffira de demander à Isabelle, je ne sais plus trop bien, j'ai mélangé mes fiches.
Vous souhaitant une bonne dernière journée (plus ou moins, selon les corps de métier) avant la quille, et une bonne incarcération à Madame Royer,
Bien cordialement,
--
Le secrétaire de direction
vendredi 13 décembre 2019
Foutu Vendredi Soir, une aventure exclusive de Michel Marteau
Le
mot-défi du soir n'en est toujours pas un. Il y a décidément
quelque chose qui ne tourne pas rond au Royaume de Roucas. Cette
fois, au menu, ce sera donc "ambiance polar". Après tout,
pourquoi pas ? Il me semble en avoir déjà écrit un dans le genre
il y a quelques années, mais j'ai clairement la flemme de
refarfouiller dans les archives de ce blog, donc je ne garantis pas
qu'il n'y ait pas quelques redites ça et là - comme si ça avait la
moindre importance, d'ailleurs...
C'était
un de ces vendredis soirs sans lune où un privé se saoule sans
raison (et entre vous et moi, y a des vendredis soirs sans lune tous
les vendredis soirs - et même les autres soirs de semaine aussi !).
A
défaut de trouver du travail, j'attendais patiemment que le travail
me trouve mais il a dû planter son GPS ou un truc dans le genre
parce maintenant qu’on bosse dans l’Ecole de la Confiance, les
clients ne se bousculent plus à ma porte.
Faut
dire que la convention Molière m'a forcé à franciser mon nom,
aussi, alors ça aide pas. Et j’les comprends, hein, les
clients."Michel Marteau", ça respire pas
spécialement la fiabilité - sauf si vous bossez dans la
plomberie, ce qui n’est pas mon cas (bon, ok, la plupart de mes
clients finissent par se faire plomber, mais ça n'a rien à voir).
Je
me préparais donc à une de ces soirées que les secrétaires
administratifs connaissent bien (mais de jour) : les pieds sur le
bureau, l'alcool dans le godet, l'ordinateur en mode économiseur
d'écran et le désœuvrement pour unique contremaître.
L’œil
vague et passablement alcoolisé, je regardais les glaçons danser la
lambada dans mon verre de scotch transparent double face quand elle
est entrée dans le bureau, vénéneuse des pieds à la tête dans sa
gabardine Pimkie à 70% code promo N0E7 et ses faux cils en sky de
chez Liddle. Le genre belle plante (carnivore, ça va sans dire) qui
se serait gouré de pot, ou qu'on aurait un peu trop arrosé au Banga
Orange. Tout à fait le style à mener la danse, mais à confondre la
valse et la bourrée, et qui n'aura aucun scrupule à vous marcher
sur les pieds – d’ailleurs (et ça reste entre nous) peut-être
bien que c'est une gonze comme ça qui a poussé mon indic Fred à se
taire.
.
« Je
n'arrive pas à me connecter sur Sconet pour consulter les notes de
mon garçon, qu'elle me lance, au mépris de la concordance des
temps narratifs, de derrière ses lunettes fumées à la Audrey
Hepburn (mais francisée, elle aussi, en Ginette Tartempois - avec un
reste de mortadelle dans ses cheveux en solde, histoire de compléter
la panoplie). Je pense que mon ex-mari conspire avec l'académie
pour m'en retirer la garde et que cela fait partie de leurs
manigances pour me pousser à la faute ».
Mon
sang ne fait qu’un tour, et le scotch avec lui.
« Vous
avez essayé le bon identifiant ? », je lui réponds, en
professionnel rodé à l’exercice.
Elle
me fixe longuement. Très longuement. Avec les mêmes yeux
(irrésistibles) que la maman de Bambi sur l'étal de la boucherie
les Trois Cèdres.
Et là je sens mon cœur qui chavire (je ne tiens pas le scotch. ça aide) (en même temps, allez trouver encore du bon jus de Patafix, par les temps qui courent…).
Sur
le moment, c’est la totale : les étincelles, les
papillonnements dans le ventre (foutu tacos de la veille, je
savais bien que ces moumousses vertes n’étaient pas catholiques),
comme une connexion silencieuse entre elle et moi… mon instinct me
souffle à l’oreille que quelque chose pourrait se passer entre
nous. Dans mon esprit, déjà, je vois un week-end à Walibi avec sa
marmaille, un diner en tête-à-tête au Buffalo Grill de Melun, avec
salade de chou rouge à volonté. L'espace d'un instant, une part de
moi est tentée, celle qui n'a aucun amour-propre - ou au contraire,
celle qui se dit que ça ferait toujours un soir de moins devant
Hanouna.
Mais
Michel Marteau est un privé de la vieille école, et le Collège
Jean Roucas est un des plus récent de la région (il a été taillé
en 1922 dans des blocs d'amiante véritable). ça ne pourra donc pas
le faire. Aussi, je reste coi, et digne, et suant à grosses gouttes,
et je la laisse s'éloigner sans un merci ni un au revoir (c’est
pas l’genre de métier qu’on fait pour ça, de toutes façons),
sans la rappeler, pour ne pas gâcher la magie de l'instant.
Elle
n'a pas autant d’états d’âme.
« Dites,
fait-elle du bout de ses lèvres en plastique playmobile, piétinant
allègrement ladite magie de l’instant, vous pourriez aussi me
sortir des certificats de scolarité ? Je ne sais plus où j'ai rangé
les miens. Je pense qu’on me les a volé et que c’est une
conspiration de mon mari avec l’académie pour mettre le bazar dans
mes affaires et cacher mes clés de voiture ».
Je
me suis resservi un verre de scotch.
Et j'y ai ajouté un nuage de blanco.
La nuit, je le pressentais, allait être à l'image de la semaine prochaine, dont le planning aux couleurs délavées traîne sur un coin de mon bureau comme une pièce jointe à un mail administratif : longue.
TRES longue.
Vous souhaitant un week-end au diapason,
Bien cordialement,
--
Le
secrétaire de direction
vendredi 6 décembre 2019
En Attendant le Semainier
Le Mot-Défi de la semaine n'est pas un mot, c'est dire si ça partait mal, cette histoire. Il fallait que je rédige ce billet d'accompagnement "comme un dialogue". N'ayant ni temps, ni énergie, j'ai triché en reprenant Beckett, que j'ai un peu adapté à ma sauce par pure conscience professionnelle (hum !). Mais franchement, de vous à moi, j'aurais gardé l'extrait tel quel, il aurait convenu tout autant.
Ha oui, et dans mon monde idéal, je m'appelle Jérôme et mon collègue du secrétariat élève s'appelle Luc. Va comprendre, Charles (parce que oui, dans mon monde idéal, tu t'appelles Charles).
...
Luc : Qu'est-ce que tu fais ?
Jérôme : Moi ? Je ne fais rien.
Luc : Comme d’habitude alors.
Jérôme : Pareil. Mais moins.
Luc : J’aurais pas cru que c’était possible, tiens.
Jérôme : Où il y a une volonté, il y a un chemin.
Luc : ça tombe bien. Je m'en vais.
Jérôme : Moi aussi.
Silence.
Jérôme : Il y avait longtemps que je dormais ?
Luc : Je ne sais pas. Tu ronfles depuis février 1984. On s’habitue, à force.
Silence.
Jérôme : Où irons-nous ?
Luc : Pas loin.
Jérôme : Si si, allons-nous-en loin d'ici !
Luc : On ne peut pas.
Jérôme : Pourquoi ?
Luc : Il faut revenir tout à l’heure.
Jérôme : Pour quoi faire ?
Luc : Envoyer le Semainier.
Jérôme : C'est vrai. (Un temps.) Je ne l’ai pas transféré ?
Luc : Non.
Jérôme : Et maintenant il est trop tard.
Luc : Oui, il est dix heures du matin. C'est bientôt la nuit.
Jérôme : Et si on laissait tomber ? (Un temps.) Si on LE laissait tomber ?
Luc : Les chefs te puniraient. (Silence. Il regarde l'armoire à fournitures.) Seuls les trombones vivent. Et un peu aussi les agrafeuses quand on ne les regarde pas.
Jérôme : (regardant l'agrafeuse - qui ne vit pas, du coup): Qu'est-ce que c'est ?
Luc : C'est l'agrafeuse. Tu n’en as jamais vu avant ?
Jérôme : Non. Ça sert à quoi ?
Luc : Je ne sais pas. A ouvrir le courrier ?
Jérôme : Tu es sûr que ce n’est pas plutôt le coupe-papier ?
Luc : Non, non. C’est bien l’agrafeuse.
Jérôme : C’est tellement compliqué, tout ça. Je retourne faire la sieste. Réveille-moi quand on aura compris à quoi je sers.
Luc : Je baisse le thermostat, alors. On te dégèlera en 2122.
Jérôme : Viens voir. (Il entraîne Luc vers son ordinateur éteint. Ils s'immobilisent devant. Silence.) Et si on travaillait ?
Luc : Avec quoi ?
Jérôme : Tu n'as pas des élastiques ou des trombones ?
Luc : Non.
Jérôme : Alors on ne peut pas.
Luc : Allons-nous-en.
Jérôme : Attends, il n’est pas encore onze heures du matin.
Luc : C'est trop tôt.
Jérôme : On a qu’à dire qu’on travaille dans l’hémisphère sud. Il doit être dix neuf heures, là-bas. Du coup, ils nous doivent des heures sup’.
Luc : Et s’il n’était que sept heures trente ? Il faudrait travailler davantage.
Jérôme : Ha zut. C'est vrai.
Luc : Fais voir quand même. (Luc trafique l’horloge interne de son téléphone. Celui-ci explose dans sa main. Le courant se coupe dans tout l’établissement.) Bon. J’aurais essayé.
Jérôme : J’en suis témoin. Je vais proposer ta candidature pour les Palmes Académiques.
Luc : ça ne sert à rien, je n’aime pas la natation.
Silence.
Jérôme : Tu dis qu'il faut revenir tout à l’heure ?
Luc : Oui.
Jérôme : Alors on apportera des élastiques.
Luc : C'est ça. Et des trombones.
Silence.
Jérôme : Si on démissionnait, plutôt ? Ça irait peut-être mieux.
Luc : On démissionnera demain. (Un temps) Peut-être que quelqu’un d’autre aura envoyé le semainier d’ici là.
Jérôme : Et s'il est envoyé ?
Luc : Les profs connaîtront le programme de la semaine prochaine.
Jérôme : Et c’est bien, ça ?
Luc : Tout est une question de perspectives.
Jérôme : J’ai toujours été nul en dessin industriel.
Luc : ça tombe bien, tu es nul dans le reste aussi.
Jérôme : mes professeurs disaient que c’était ma grande force. En toutes choses, j’étais constant. Nul, mais constant.
Luc : Alors on y va ?
Jérôme : Allons-y. De toute façon, il est onze heure vingt deux. C’est l’heure de la pause.
Luc : A tout à l’heure.
Jérôme : Drôle de lapsus. Tu veux dire "à lundi" ?
Ils ne bougent pas.
Comme d’habitude.
Vous souhaitant un très bon week-end, avec ou sans Godot,
Bien cordialement,
--
Le secrétaire de direction.
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