Mais qu'est-ce donc qu'un semainier ? Excellente question, l'internaute, à laquelle te répondra la petite icône en haut à droite, ou bien la barre latérale du blog, si tu navigues sur un PC de riche avec un écran grand comme la Baltique.

vendredi 31 janvier 2020

I Had a Dream


Cette semaine, le CPE m'avait imposé le mot "western", sans plus de précisions... et ça tombait plutôt bien puisque j'avais une toute autre idée en tête.



J'ai un aveu à vous faire. Ce n'était pas ce métier-là que je rêvais d'exercer, enfant.

Alors oui, je sais, ça peut surprendre, j'entends d'ores et déjà certains d'entre vous s'exclamer avec emphase "comment ? C'est pas possible ? !". Mais si, c'est possible, avec la carte Kiwi, l'enfant de moins de seize ans et tous les adultes qui l'accompagnent voyagent à moitié prix. Moitié prix ? C'est pas possible ! Mais si, c'est possible, avec la carte Kiwi, l'enfant de moins de seize ans et tous les adultes qui l'accompagnent voyagent à moitié prix. Moitié prix ? C'est pas possible ! Mais si, c'est possible, avec la carte Kiwi, l'enfant de moins de seize ans et tous les adultes qui l'accompagnent voyagent à moitié prix. Moitié prix ? C'est pas possible ! Mais si, c'est possible, avec la carte Kiwi... oups, pardon, j'étais bloqué dans une boucle régressive qui m'avait renvoyé directement dans les années 90 (ça m'arrive souvent, et je dois repasser le bac à chaque fois) (ceux qui n'étaient pas nés à l'époque : CHUT. UN PEU DE DÉCENCE S'IL VOUS PLAIT).


Alors bien sûr, je comprends qu'on puisse se dire qu'avant d'être un métier, le secrétariat administratif, c'est d'abord un hobby, une passion - et même une philosophie de la vie, une sorte de cocktail festif entre Heidegger et Nietzsche, avec une touche de Descartes en guise d'olive verte plantée au bout d'une pique en bois : "je tape des courriers administratifs donc je suis (content)".


Quoi de plus enthousiasmant, en effet, que de remplir des formulaires et d'appeler des gens pour leur demander de remplir des formulaires et de répondre à des gens parce qu'ils n'arrivent pas à remplir les formulaires et de faire semblant d'être ailleurs une fois toutes les deux heures parce que c'est ça ou manger tous les formulaires en criant "Je suis Pac-Man ! Je suis Pac-Man ! Je n'ai pas peur des fantômes gloutons !".

Ce qui, avouons-le, pourrait faire tâche sur des états de service.


A ma demande, l'institut Ipsos Sofres a établi la liste exhaustive des métiers plus passionnants que secrétaire administratif, et je vous la reproduis ici en intégralité :

- Vigile à Eurodisney.


Tout est dit.


Pourtant, enfant, je rêvais d'autre chose. Je m'imaginais marcher SUR la lune, et pas DANS la lune (même si j'ai pour cela des prédispositions évidentes). J'aspirais à un job où je pourrais travailler du chapeau, mais pas comme dans les westerns parce que j'ai l'air aussi menaçant qu'une marmotte empaillée et que ça ferait un peu tâche entre Clint Eastwood et Lee Van Cleef, sans compter qu'adroit comme je suis, je peux atteindre une personne cachée derrière moi alors que je visais pile en face (mon prof d'EPS n'a plus jamais reprogrammé de cours de javelot après ça). En plus je ne tiens pas l'alcool (d'aucuns diraient que c'est l'alcool qui me tient) et je ne sais pas chiquer. Et puis je n'ai pas mon permis cheval. ça s'est joué à peu, j'ai loupé un créneau.


Au terme de nombreuses incertitudes quant à mon avenir professionnel, j'ai choisi l'Education Nationale, parce que c'est ce que j'ai trouvé de plus approchant, mais en moins belliqueux quand même (encore que parfois, dans les couloirs, quand je croise certains d'entre vous, j'entends comme un air d'harmonica). En tout cas, j'y croise plein d'extra-terrestres, c'est toujours ça de pris.


Bon, tout ça, c'est bien joli mais ça ne suffit pas à combler mes aspirations. Depuis le temps qu'on se connaît, je peux vous l'avouer, maintenant :


Moi, en vrai, ce que je voulais faire plus tard, c'est Tanguy Pastureau.


Que ça ne vous empêche pas de consulter le semainier joint quand même.


Vous souhaitant un week-end à la hauteur de vos rêves d'enfant (surtout s'il y était question d'envahisseurs de l'espace, depuis le temps que j'attends...),


Bien cordialement,

--

Le secrétaire de direction

Tant va la Cruche à l'Eau...




Bonjour à tous,


Nous sommes actuellement à la recherche d'une gourde, mais n'allez pas y voir une allusion sexiste ou dépréciative : c'est bel et bien du récipient (tout ce qu'il y a de plus masculin et de plus inanimé) dont il est question ici.

Investi de grands idéaux révolutionnaires, il est rouge, en métal (du Rammstein, pour les connaisseurs) et il contient (ou a contenu) du monoxyde de dihydrogène, dont on connaît la dangerosité.

Si vous l'avez trouvé, donc, NE L'UTILISEZ SURTOUT PAS A DES FINS PERSONNELLES ! 


Il a été vu pour la dernière fois dans les toilettes au deuxième étage du bâtiment B, mais pas par moi, (je suis trop occupé à dormir dans celles du rez-de-chaussée).


Si d'aventure vous l'avez aperçue, merci de prévenir l'agent de la loge ou le secrétariat.

Si vous l'avez utilisée, contactez l'infirmière scolaire de toute urgence.



Vous en remerciant par avance,



Bien cordialement,


--


Le secrétaire de direction



lundi 27 janvier 2020

King of the Monsters par Intérim


En réponse à la laborantine, qui est arrêtée une semaine et me demande (ainsi qu'à mon collègue) de prendre soin de ses larves (et elle ne parlait pas ici de ses élèves, même si la confusion est presque inévitable).


- HAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA LUC ! LUC P*TAIN RÉAGIS, MEC ! LES LAISSE PAS TE BOUFFER LA JAMBE ! LES LAISSE PAS ! SI ELLES TE CHOPPENT C'EST FINI POUR TOI !

Oui, euh, pardon Mireille mais je ne peux pas trop te parler, là. On est un peu occupé avec tes foutues larves, elle ont éclos plus tôt que prévu et elles font facilement trois mètres de h...

- LUC ! TU TIENS LE LANCE-FLAMMES A L'ENVERS ! NON MAIS QU'EST-CE QUE TU ATTENDS POUR CRAMER CES S*LOPERIES ? !

Oui donc, je disais quoi ? Ha si, ça me revient. J'ai donc bien reçu ton message et j'en ai bien pris no...

- HEEEE MAIS ELLE M'A MORDU LE MOLLET CETTE FICHUE BESTIOLE ! HA NON MAIS REGARDE JE SAIGNE, J'EN METS PARTOUT, C'EST D*GUEULASSE ! PASSE-MOI LE LANCE-FLAMMES ! JE VAIS LUI APPRENDRE LA VIE, MOI !

Bon, tout ça pour dire que j'ai bien pris note de ton absence et que j'ai prévenu tout le monde. De ce côté-là, pas de problème. Non, le seul vrai souci, c'est tes larves, là. Je ne sais pas ce que tu leur as filé à bouffer mais elles viennent de raser le bâtiment B et elles s'envolent en direction de chez toi. 
Si ! 
Puisque je te le dis ! 
Je les ai vu consulter les pages blanches sur internet juste avant de tout cramer !

Bref, j'espère que tu tiens le coup, que tu n'as pas trop mal et que tu va vite te remettre parce que j'aime autant te dire qu'à ton retour, tu auras un peu de ménage et de maçonnerie à faire !

Prends soin de toi.

Moi, j'y retourne.


- LUC, IMITE LE DINDON, ON VA ESSAYER DE LES ATTIRER DANS LA FRITEUSE DE LA CANTINE !!!

--

Tu ne me crois pas ? Tiens, j'ai tout filmé avec mon nouveau smartphone, regarde : 

vendredi 24 janvier 2020

Chaussure à son pied


La haine du CPE à mon égard ne cessant visiblement de croître, le thème du message de ce soir est, je cite : "tu sais, des fois, on marche au bord de la route et on trouve une chaussure, toute seule, dont on ne sait pas d'où elle vient... Eh ben ce sera ton thème de cette semaine". J'ai appelé les Prud'hommes, mon dossier passera à la prochaine commission.



J'ai un aveu à vous faire.

Cette semaine, l'espace d'une seconde, j'ai été tenté de ne pas vous envoyer le semainier. Comme ça, sur un coup de tête. Je finissais d'assortir les couleurs des lignes, de manière à leur donner l'apparence d'un coucher de soleil impressionniste quand soudain, une pensée me frappa, aussi sûrement que la cravache du contremaître quand je rechigne à taper mes quatre mails journaliers.


"A quoi bon ?", me suis-je demandé tout à coup.


Et soudain tout s'est effondré en moi, comme si ma détermination avait été construite sur des sables mouvants au-dessus d'une nappe phréatique en zone inondable par un architecte des Maisons Phénix peu porté sur les normes de sécurités en vigueur au sein de la communauté européenne (en jargon de la profession, on appelle ça un artiste. En jargon de client, on appelle son avocat. En jargon de geek, on appelle ça "l'illusion du Phénix", mais il n'y a que Luc qui la comprendra, celle-là).


Hamlet avait peut-être beaucoup de qualités (on se souviendra tous de sa proposition originale à l'issue du projet pédagogique ciblé "tous en scène au collège") mais il avait tort sur un point fondamental :


"A quoi bon ?", là est la (vraie) question.


Oui, à quoi bon se projeter dans la semaine prochaine, quand cette dernière se projettera elle-même sur nous bien assez tôt ?


A quoi bon hésiter entre un fond céladon et un fond magenta pour annoncer une sortie à la MJC dont tout ce qui subsistera, d'ici quelques semaines, se résumera à un rapport d'incident et une facture de bus trop chère de vingt euros ?


A quoi bon annoncer, énoncer, dénoncer, alors qu'il suffit juste de renoncer ?


ça a duré le temps d'un battement de paupières (soit près de trois heures trente, chez moi - rappelons-le, je suis fonctionnaire). Et puis c'est passé, comme un projet de loi à trois heures du matin.

Au cinquième "à quoi bon ?" résonnant sous mon crâne comme un tocsin funeste, la réponse s'est imposée à moi. Tout à coup, j'ai vu votre visage, en gros plan, et après vous avoir mentalement hurlé de reculer un peu, tout a fait sens à nouveau.

Car que seriez-vous, sans votre semainier du vendredi soir ?


Un Dupond sans le pont de l'ascension ?


Un Laurel sans Françoise Hardy ?


Un Roméo sans son alpha ?

Une margarine sans ses oméga 3 ?

Une Alexandrie sans son alexandra ?

Un Barracuda sans son appétit ?

(Hahaaaaaaaaa !)

Un chapi sans son chapeau ?

Un Batman sans son psy ?

Une main sans son poil ?


Une de ces chaussures solitaires qu'on trouve parfois en bordure de route, à la faveur d'une randonnée en rangs d'oignons, et dont on se demande longtemps ce qu'elle pouvait faire là et où est sa jumelle (quêtant Cendrillon du regard, en vain) ? 


Alors voilà. Fort de ces considérations et de cette conviction nouvelle, je vous transmets ci-joint le planning de la semaine à venir sans lequel, je le crois, vous seriez incomplet. Oh, pas beaucoup, c'est sûr. Mais quand même un tout petit peu.



Vous souhaitant un week-end sans trop de crises existentielles,





--


Le secrétaire de direction

vendredi 17 janvier 2020

Arrête ton cinéma !


En ce qui concerne le thème de cette semaine, je me suis fait avoir comme un bleu, le CPE m'a pris en traître en pleine conversation, il m'a demandé qui était le plus grand réalisateur de notre temps, j'ai répondu que ça dépendait dans quel registre, que ce n'était pas si simple, il m'a dit "le premier qui te passe par la tête", j'ai obtempéré, il a souri, il a ajouté "ce sera ça le thème de la semaine",  je lui ai lancé mon agrafeuse dans l’œil. 



*



- Bon, les dinosaures sont en place ?

A l'arrière-plan, on entend une voix chevrotante maugréer : "Moi, d'mon temps, le point d'indice il était pas gelé".

- Oui, a priori, ils sont en place. On a bien le mammouth ? Comment ça, on n'a pas le mammouth ? Comment ça, ils sont encore en train de le dégraisser ? Bon ben c'est pas grave,  on va tourner la scène du semainier, alors. Silence dans le fond. On tourne. Ne m'obligez pas à appeler vos parents comme la dernière fois.



LES AVENTURIERS DU TEMPS PERDU QUI NE SE RATTRAPE JAMAIS (MAIS ENFIN IL FAUT BIEN GAGNER SON SALAIRE QUAND MÊME ET PUIS ON S'ENNUIERAIT CHEZ NOUS AU BOUT D'UN MOMENT) 


Scène XXCLV


[Intérieur jour]


Son Stetson sur la tête (relique d'un pot de départ qui a mal tourné), monsieur le CPE pénètre prudemment dans une obscure grotte du Vercors (à moins qu'il ne s'agisse d'un centre commercial ardéchois - bien malin celui qui saurait faire la différence !), espérant y trouver autre chose que du picodon fossilisé (parce qu'il en a déjà un entrepôt plein chez lui et que sédimentation ou pas sédimentation, ça commence à sentir).


Armé de Bienveillance, le fameux fouet de crin qui lui a permis de mater tant d'élèves récalcitrants dans le secret des colles du mercredi après-midi ("toujours traiter les élèves avec bienveillance", il ne fait qu'appliquer mot-à-mot  la circulaire rectorale), il progresse à tâtons dans d'étroits boyaux minéraux dont les parois sont taillées d'anciens pétroglyphes énigmatiques.


"Lékol C tro NUL", "Lé Profaisseur IL SON méchans", "Kimberli GE te kiff", déchiffre-t-il péniblement à la lueur de sa lampe frontale réversible (il faut vraiment qu'il arrête les pots de départ), sans savoir quel sens donner à ces messages d'un autre temps - dont l'intelligence est, au mieux, artificielle.


Mais il n'a guère le temps de s'en préoccuper, l'heure tourne. Il espère pouvoir ressortir de la caverne avant que le soleil n'ait renoncé à son empire (ce qui est une belle périphrase pour dire qu'il flippe sa race à l'idée de ne pas avoir quitté les lieux avant la tombée de la nuit - surtout si c'est un centre commercial ardéchois !)...


Une chance pour lui, sur un autel premier prix de type Campanile (l'archéologue en lui est formel !), l'objet de sa quête l'attend patiemment.


Non pas l'Arche d'Alliance (il en a déjà trois, ça prend une place folle et dès que quelqu'un en ouvre une par inadvertance, il faut retapisser tout le salon), non pas le Saint Graal (il en a tout un service assorti) mais le légendaire semainier du 20 au 24 janvier, mystérieux artefact antédiluvien dont on dit qu'il permet à son possesseur de prédire l'avenir des cinq prochains jours !


Un tel trésor doit être gardé - et bien gardé ! Qui sait quels pièges mortels attendent notre héros dans l'ombre ?

Mais ce dernier est joueur - c'est même le numéro 1 des joueurs, et il est toujours prêt ! Aussi s'empare-t-il de la relique d'un geste ample, calculé - mais hélas pas assez : il a dû louper une ou deux décimales car à peine ses doigts se sont-ils refermés sur le papyrus qu'un mécanisme caché se déclenche ! Et voilà que la paroi opposée s'escamote ! Et voilà qu'elle livre passage à un gigantesque rocher aux formes aussi arrondies que celles de votre serviteur au lendemain des fêtes, fonçant vers notre héros pour l'écraser.


Heureusement, celui-ci est déjà loin. Car c'est un héros, alors il peut tout faire, et aussi parce que je ne vais pas passer mon week-end à vous écrire le script du film entier en respectant tous les codes de la dramaturgie classique (plus aucun scénariste à Hollywood ne s'embarrasse de ce genre de choses depuis facilement dix ans, alors je ne vois pas pourquoi je m'embêterais la vie).

A l'extérieur, les ennuis de notre homme ne sont pas finis pour autant.


Aussi le retrouvons-nous nez-à-nez avec son fidèle assistant l'Agent Bob De La Loge (accompagné d'un homme de main mais on s'en fiche un peu, c'est juste pour les besoins d'une référence prochaine), lequel le tient en joue en le sommant de lui remettre le précieux semainier.

- Ach Monzieur le Zébéeuh, rebedez-moi le sebaidier je vous brie ! (pour les besoin de cette fiction, l'Agent Bob De La Loge s'exprimera avec l'accent allemand de Papa Schultz).


- Du brie ? rétorque notre homme, toujours partant pour un mot d'esprit en situation critique. Pas du tout. C'est du picodon. 


Il est amer de s'être fait doubler par l'un de ses plus proches collaborateurs, oui, mais il n'est pas du genre à rester sur les dents.

Et puis il a plus d'un tour dans son sac (encore une histoire de pot de départ, vous avez pigé le principe) : lui lançant au visage un Mug en pâte à sel offert par un représentant de l'Amicale particulièrement radin et pas très doué de ses mains, il en profite pour prendre la poudre d'escampette.


- Arrête-moi si tu peux, crie-t-il à son infortuné poursuivant, avant d'enfourcher son vélo, qu'il avait camouflé dans un tas de buissons non loin.


Après avoir pédalé sang et eau sur plusieurs kilomètres, se demandant pourquoi la tâche lui est si pénible tout à coup, il a la grande surprise de trouver le secrétaire de direction caché sous une serviette dans le porte-bagages avant de son véhicule.


- Jérôme... téléphone... maison..., marmonne celui-ci sur un ton laconique dans la bonne moyenne de ses (rares) prises de parole en public, pointant du doigt une direction qui n'est assurément pas celle du Collège Jean Roucas.

Notre héros fronce les sourcils. Il ne s'attendait pas à rencontrer ce troisième type, dans des circonstances dignes de la 4ème Dimension.


Le ciel, au-dessus d'eux, s'est empli d'une belle couleur pourpre, qu'on doit pouvoir apercevoir au moins jusqu'à Munich (à une ou deux centaines de kilomètres près, ce n'est pas une science exacte). Empruntant le pont des espions, Monsieur le CPE  trace la route comme un cheval de guerre, se risque à faire un crochet par l'avenue du capitaine, histoire de semer ses poursuivants éventuels, puis s'arrête près du parc pour reprendre son souffle... QUAND SOUDAIN UN DINOSAURE SURGIT DE NULLE PART ET COMMENCE A...


- C'est bon monsieur Spielberg, je crois qu'on en a assez fait pour aujourd'hui, il est temps de prendre vos pilules et de souhaiter à tout le monde un bon week-end, maintenant.

- On attend pas le mammouth ?

- Non, on n'attend pas le mammouth. Il est rentré chez lui, le mammouth. Il a bien de la chance.

- Pas grave. On remettra ça la semaine prochaine...

- Au secours.


-- 
Le secrétaire de direction

jeudi 16 janvier 2020

Bijou de famille



Bonjour à tous,


L'une d'entre vous (ou peut-être bien l'un d'entre vous - nous sommes en 2020, après tout) va se faire tirer les oreilles très fort !


Ou plutôt : "va se faire tirer L'oreille", au singulier, puisqu'il doit lui manquer un accessoire indispensable, trouvé hier à 12h30 sur le parking de l'établissement, alors que je regagnais mon véhicule le dos vouté en regardant mes pieds, comme ont coutume de le faire toutes les personnes saines et épanouies que je connaisse (c'est-à-dire, en substance : le Nosferatu de Murnau et le Bossu de Notre-Dame, mes seuls amis).


CE QUI M'A OBLIGÉ À FAIRE TOUT LE CHEMIN EN SENS INVERSE JUSQU’À MON BUREAU (c'est-à-dire PLUSIEURS DIZAINES DE MÈTRES) (alors que j'avais faim et tout).

Si quelqu'un veut me nominer pour les palmes académiques, histoire de récompenser à sa juste valeur cet acte de bravoure administrative sans précédent, je lui en saurais gré (oui, je sais, on ne dit pas nominer, c'est un barbarisme, mais toutes ces années passées à me documenter sur l'humanité en regardant la téléréalité m'a laissé certaines séquelles).

Bref.

Il s'agit peu ou prou d'une boucle d'oreille en argent massif 24 carats rehaussé de laiton blanc d'aspect oriental en forme de goutte incrustée de pierreries pouvant évoquer l'améthyste ou la météorite de Tunguska, le type de bijou qui a fait le bonheur de l'art baroque et des films de Bollywood.

N'ayant pas la paire, LeBonCoin refuse de valider mon annonce, je tiens donc l'objet à la destination de son estimé (sans doute) propriétaire du sexe de son choix.


Bien cordialement,


--


Le secrétaire de direction



vendredi 10 janvier 2020

Panique à bord



Pour cette semaine de rentrée, le thème imposé par le CPE était "bateau". Et l'ambiance au collège, électrique. 



Bonsoir à tous,


Comme attendu, veuillez trouver ci-joint le planning de la semaine prochaine.
Vous en souhaitant bonne réception,


Bien cordialement,

--

Le secrétaire de direction




Ben quoi, Monsieur le CPE ? !
Je suis complètement dans le thème.
Difficile de faire plus "bateau" que ça.

Après, bien sûr, j'aurais pu partir sur une envolée homonymique à la Raymond Devos des mauvais jours (celui qui a 39 degrés de fièvre ou d'alcool dans le sang), à base de "puisque nous sommes tous sur le même bateau, vous trouverez ci-joint une semainier qui ne sera pas que beau (calembour honteusement volé à notre Renaud national - pas la voiture, l'autre. On les confond souvent parce qu'ils ont la même consommation journalière), histoire de passer les deux prochains jours à la coule, sans lever l'encre ni redouter l'instant où il faudra remonter sur le pont", mais vu qu'il n'y a pas de pont ce week-end (ce qui, bien sûr, me rend amer, à tel point que je m'en irais presque danser le long des golfes clairs - rien à voir avec les voitures non plus. Il va falloir que vous fassiez quelque chose pour soigner cette obsession pour les belles carrosseries, ce n'est pas sain), ça n'aurait pas été très approprié. 
Et puis il paraît que ce sont les rats qui, les premiers, quittent le navire, aussi je me dois de leur faire honneur et de mettre les voiles - encore que dans un établissement laïque et par les temps qui courent, cela pourrait me valoir quelques remontrances.

J'avais également envisagé de vous réécrire les plus belles scènes de Titanic, avec moi sur le pont, bras écartés, cheveu aux vents (le singulier est hélas ici utilisé à dessein) criant "Je suis le Roi de Jean Roucas" (comme si j'avais déjà trouvé la fève de la galette de l'Amicale), pendant que Luc derrière m'aurait discrètement soutenu (en tout bien tout honneur, en vertu de la solidarité virile qui unit par principe tous les secrétaires homme de notre Académie - c'est à dire lui et moi). Le tout, pendant qu'en arrière-plan, Monsieur Solier, resplendissant en robe fourreau Coco Channel, entonnerait à tue-tête le premier couplet de "My Heart Will Go On"... mais j'aurais trop peur qu'on puisse établir des analogies politiques entre cette histoire de naufrage et l'actualité.

Je laisse donc à votre imagination le soin de s'emparer de ces propositions et faire le reste. Si vous optez pour la version Titanic, je vous prierai juste de fermer intérieurement les yeux au moment de la scène où allongé sur le divan de ma cabine, je lance à l'agent de la loge un langoureux "dessine-moi comme une de tes françaises". Je dis ça, c'est pour votre bien. Et pour le mien aussi. Ha non mais c'est malin, ça y est, je vais en cauchemarder tout le week-end.

Vous souhaitant celui-ci en vitesse de croisière.

Bien cordialement,


L.

lundi 6 janvier 2020

Allez, vas-y, donne-moi ton numéro !


Bonjour à tous, et avant toutes choses : une bonne année à vous, pleine de satisfactions de toutes sortes (dans la mesure des stocks disponibles et les limites fixées par l'Education Nationale).

J'espère que vous avez passé de bonne vacances parce qu'il va falloir attendre un peu les prochaines, et croyez bien que j'en suis le premier désolé (je tape ce message non pas avec mes doigts, mais avec mes larmes).

Or qui dit nouvelle année dit forcément nouvelles demandes absurdes et contrariantes de la part de l'administration, parce qu'il faut bien que je fasse semblant de mériter mon salaire et que j'espère remporter un jour un Oscar pour ma prestation.

J'ai donc prévu de placer d'emblée la barre très haut en la matière, jugez plutôt : si vous recevez ce message, il faudrait me communiquer par retour de mail (ou en passant au bureau, si vous êtes masochistes au point de vouloir vous infliger ma lamentable compagnie) votre numéro de sécurité sociale.


Je sais, je sais, c'est très personnel, comme demande, on se connaît à peine et tout ça, mais le fonctionnariat a ses raisons que la raison ignore - et les bonnes manières également (c'est dans mon profil de poste).

Vous remerciant par avance pour votre réponse (et votre bienveillance),


Bien cordialement,

--

Le secrétaire de direction

Les voyages forment la jeunesse

 Où ça ne s'arrange pas niveau fatigue mais où ce qui a été promis la semaine précédente a été promis...   Bonsoir à tous, Je n...