Mais qu'est-ce donc qu'un semainier ? Excellente question, l'internaute, à laquelle te répondra la petite icône en haut à droite, ou bien la barre latérale du blog, si tu navigues sur un PC de riche avec un écran grand comme la Baltique.

lundi 20 décembre 2021

Santa Klaus (Kinski)

Où  pour la der des ders de l'année, on n'est pas super inspiré. Il a fallu sortir les rames...

 

 

Bonjour à tous, en espérant que vos vacances se passent bien, même si vous préfèreriez sans doute être en permanences administratives (et je ne peux pas vous en blâmer. Moi-même, pour rien au monde je n'aurais voulu être ailleurs en ce lundi 20 décembre - selon mon médecin, je souffre d'une version atypique du syndrome de Stockholm, mais je lui ai répondu que je n'avais pas envie d'aller à Stockholm non plus, il y fait trop froid et je ne parle pas le luxembourgeois).

Je ne devrais pas vous le dire, sans doute, j'avais promis de garder le secret mais il faut que vous le sachiez : ce week-end, on s'est vus, avec le Père Noël. C'est un truc qu'on se fait souvent, lui et moi, pour parler boutique,  s'échanger des astuces sur comment répondre à tout le monde partout en même temps, vu qu'on fait à peu près le même boulot, dans les mêmes conditions (lui a son traineau, moi ma chaise à roulettes) et à la même fréquence (une fois par an, mais c'est une fois intense !). D'ailleurs c'est aussi lui qui m'a appris à m'habiller, à me raser et à me couper les cheveux, ce qui explique peut-être pourquoi je ressemble à un ours polaire, dans mes bons jours. Bref. On a papoté un peu, bu un grog (je n'ai pas demandé avec quoi c'était fait, le nom seul suffit à me foutre la trouille), regardé un téléfilm de lui-même, après quoi il a pris son air conspirateur (celui de quand il a un verre dans le nez et qu'il me raconte que "JFK, c'était lui, parce qu'il avait pas été sage") et il m'en a appris, des belles, sur vous. Comme quoi il aurait reçu plusieurs dizaines de plaintes cette année concernant des personnels de l'établissement, la plupart émanant de parents d'élèves (toujours le même, en fait, mais inscrit sur Google sous quarante pseudos différents), d'élèves (ce qui implique que certains d'entre eux savent écrire, je laisserai ici les professeurs de Lettres verser leur petite larme), voire de certains de vos collègues que nous ne nommerons pas (disons : pas gratuitement. Mais si vraiment, ça vous intéresse, faites offre. En ces périodes de paix sur terre aux hommes de bonne volonté, je fais 50% sur les délations, et 35% sur les calomnies. Pour deux achetées, j'offre le montage Paint de la personne de votre choix aux sports d'hiver sur ses congés maladies). 

Au nombre des doléances exprimées :

- La cantine, qui ne fait même pas l'effort de servir des frites tous les jours, et après les enfants ils sont tout tristes, ils ne mangent pas et ils pleurent (et ne venez pas lui parler des quotas de bio-local-viande française. Il suffit de faire des frites bio et des steaks de patate ! Les salsifis, c'est so 1998).

- Les professeurs, qui mettent des mauvaises notes quand les leçons ne sont pas sues, ce qui n'est pas très "école de la bienveillance" quand même ! On commence comme ça, et on se retrouve rapidement dans un état fasciste où ils seraient obligés de se taire et d'écouter le professeur (et personne ne veut ça !).

- Les secrétaires administratifs, à qui on n'a rien à reprocher non pas parce que leur travail est irréprochable, mais parce qu'ils ne font rien du tout. Et encore. ça, c'est dans les bons jours.

Bref, il n'y a pas de bonne façon de vous dire ça, mais il faut regarder les choses en face : vous n'avez pas été sage cette année, et le bonhomme n'est pas content (bonhomme qui n'est, dans le civil, ni vieux ni gros, je le précise - sans son déguisement, le Père Noël à 26 ans, il s'appelle Khévine, il est taillé comme une statue Grecque d'avant Nikos Aliagas et il est ceinture noire de Viet Vo Daho - sport de combat très spécialisé qui consiste uniquement à taper sur les gens qui écoutent du Etienne Daho).

Aussi m'a-t-il fallu intercéder en votre faveur pendant près d'un après-midi entier, à tenter de l'amadouer avec du vin chaud sans alcool - recette de famille (du Coca Cherry au micro-ondes, mais chut ! Je ne vous ai rien dit !) et de la vraie terrine d'Ardèche (là-dessus, j'avoue, je n'ai pas été bon, on a frôlé l'incident diplomatique, bêtement, j'avais pris de la terrine de rennes, mais j'ai rattrapé le coup en lui disant que c'était du renne végan à base de tofu. On l'a échappé belle, surtout qu'après, j'avais encore à lui refourguer des cookies fourrés au lutin) (c'est goûtu, le lutin, mais il faut mâcher fort).

Je lui ai notamment rappelé qu'en 1984, 1985 et 1995, il ne m'avait pas amené ce que je lui avais demandé (tickets de caisse à l'appui. Moi je voulais le château des Maîtres de l'Univers, lui il m'a apporté Barbie Camping Car, résultat des courses je suis secrétaire administratif alors que j'aurais pu devenir un grand guerrier torse nu, et bénéficier d'une meilleure mutuelle pour les frais médicaux et les coups d'épée dans le dos). Ce qui fait de lui mon débiteur, d'autant qu'il n'a jamais répondu à une seule de mes lettres, même celle dans laquelle je lui ai renvoyé la tête de Barbie Camping Car avec un petit mot gentil comme dans Seven (par contre, ça, pour boire son verre de porto et manger son pâté en croute, il y avait du monde, il n'en laissait pas une seule miette, et parfois il vidait le frigo de mes parents avec. Mais pour lire correctement une référence dans le catalogue Jouetclub, c'était a priori plus compliqué. D'autant que pas une fois, il n'a profité de son passage pour ramoner derrière lui, ce sagouin) (en même temps, on avait le chauffage au sol, mais est-ce bien une excuse ?).

Pour toute ces raisons et parce que je suis quelqu'un de très sympathique (vous pouvez vérifier, c'est dans mon profil de poste, j'ai eu l'option au rattrapage - et seulement grâce aux points de jury, parce que j'avais inopinément séquestré la famille des jurés dans mon garage, une histoires cocasse que je vous raconterai une autre fois), j'ai réussi à le convaincre de vous faire un cadeau quand même, à titre exceptionnel et parce qu'il voulait revoir son Rudolphe vivant (dommage, la boucherie m'en donnait un bon prix. Pour faire de la terrine).

Alors oui, compte tenu des faits qui vous sont reprochés, il a fallu transiger, faire des concessions, mais j'ai le plaisir de vous annoncer que j'ai tout de même obtenu pour vous...

...le planning de la semaine de la rentrée, joint à cet envoi !

HOHOHOHO. JOYEUX NOËL !

(je sais, j'étais fait pour le job, mais Khévine l'a eu à ma place, sous prétexte que je n'étais pas fichu de faire un créneau en traineau, j'ai embouti une cloche de Pâques sur le parking, c'est bon, oh, ça peut arriver à tout le monde).

Vous me connaissez, j'ai voulu négocier, vous en obtenir au moins deux, mais il a dit qu'un seul, c'était déjà très bien et que si ça n'avait tenu qu'à lui, vous n'auriez eu que celui du lundi et du mardi, et vous vous seriez brossé pour les autre jours de la semaine.

C'est qu'il a son caractère, le petit père (Noël).

Sur ces entrefaites, j'ai mis la radio, pas de bol, ils passaient Week-end à Rome, Khévine m'a collé un pain ("mauvais réflexe"), et ce n'était pas un pain d'épice, le médecin de l’hôpital me l'a confirmé, après que je sois tombé dans les pommes (et ce n'était pas de la tarte non plus, il me l'a confirmé aussi).

J'espère donc que votre gratitude envers moi sera à la hauteur des efforts que j'ai fait pour vous, et vous souhaite de belles fêtes de fin d'année,


Bien cordialement,

-- 
 
Le secrétaire de direction

vendredi 17 décembre 2021

Monstre et Compagnie

Où un nouvel objet perdu donne lieu à de nouvelles digressions improbables.

 

Il est gros, il est rose, il est chauve, et ce n'est pas le secrétaire de direction.

Mais qui cela peut-il bien être ?

Les plus vénérables d'entre nous ("vénérable", en jargon, ça veut dire "d'avant les smartphones", c'est-à-dire "bientôt sous vitrine dans le hall d'accueil du Jurassic Park de Fleury Mérogis") tremblent encore au souvenir des exactions de ce monstre métamorphe aux yeux exorbités, malléable, protéiforme, capable de prendre n'importe quelle apparence, connu des forces de police et des cryptozoologues sous le triste nom de Barbapapa. (tintintintintiiiiiiiiinnnn !!!)

De par votre profession, vous avez sans doute déjà vu un ado se liquéfier sur son canapé au point de donner l'impression de fusionner avec ? Et bien Barbapapa, lui, c'est la gamme au-dessus : il peut carrément DEVENIR le canapé ! De sorte que si le canapé couine quand vous vous installez dessus, c'est que vous êtes assis soit sur un ado, soit sur Barbapapa. Soit les deux.

Bon et sinon, pour les plus jeunes, Barbapapa, c'est ça :



(photo ci-dessus : Barbapapa s'apprête à dévorer un oisillon innocent - nutriscore B -, et la tortue suivra juste après, le panier est là pour ça, circa, 1973).


Une abomination, je sais.

En plus il n'a même pas de barbe, ça induit tout le monde en erreur, c'est même pour ça que les gendarmes ne l'ont jamais chopé. Une fois, ils étaient à deux doigts de procéder à son arrestation, il a sauté dans un sachet de marshmallow, c'était fini, il a fallu réquisitionner le lot et les goûter tous un par un, mais le temps que le juge produise un mandat et que les officiers obtiennent leurs accréditations, la date limite de péremption était passée, et la prescription avec elle.

Si bien qu'aux dernières nouvelles, Barbapapa est toujours en liberté, il erre dans les couloirs du collège Jean Roucas, vraisemblablement à la recherche d'autres oisillons à bouloter (ou à défaut, des élèves bien dodus - car comme dit le proverbe : "faute de grive, on mange Killyan"). Et pour mieux piéger ses victime, il aurait pris la forme d'une trousse à sa propre effigie, la créature étant également aussi narcissique qu'un candidat des Anges de la Téléréalité (ou Killyan, avant digestion).

De sorte que nous comptons sur VOUS pour nous aider à appréhender ladite créature avant qu'elle ne s'inscrive aux Chtis à Mykonos, ou ne prenne ma place au secrétariat sans que personne ne voit la différence ("tiens ? Tu as quelque chose de changé ? Tu as fait quelque chose à tes cheveux ? ça te va bien...").

Concrètement : si vous apercevez cette trousse, approchez-la sans gestes brusques et emparez-vous d'elle délicatement (chuchotez-lui "hé, c'est moi, c'est Barbidule" pour gagner sa confiance. Sur un malentendu, ça peut marcher - tout dépend de votre propre configuration physique, moi je ferais illusion sans problème, sans doute qu'il me dirait juste "oh la vache mon pauvre Barbidule dis-donc, tu t'es laissé aller, on dirait un modèle d'expo de chez poltronesofa"), puis rapportez-le nous au secrétariat de direction où nous le coulerons dans un bloc de béton, que nous balancerons ensuite au Rhône, comme ils ont coutume de le faire en Drôme avec les Ardéchois.

Notez qu'il est impératif de procéder à sa capture avant qu'il ne retourne nicher dans sa tanière au-dessus des salles ULIS, où il hibernera pendant vingt ans avant de sévir à nouveau déguisé en clown (ou bien c'est moi qui confond tout, c'est possible aussi).

Comptant sur votre vigilance, et vous remerciant par avance de la part du professeur qui l'a égarée (parce que oui, au cas où mon courriel ne serait pas clair : une trousse professeur Barbapapa a été égarée dans l'établissement, et si vous savez où se trouve celle-ci, nous vous saurions gré de la rapporter au secrétariat ou de nous indiquer sa localisation, car elle renferme des objets de valeur),


Vous en remerciant par avance,


Bien cordialement,


-- 
 
Le secrétaire de direction

jeudi 16 décembre 2021

Sur le parking des anges (plus rien ne les dérange)

Où Monsieur le CPE n'avait, de son propre aveu, "pas envie d'aider à pousser ce soir".

 

 

Bonjour à tous,


Le propriétaire du véhicule gris de type Clio Break stationné sur le parking de l'établissement, côté logements de fonction, serait bien inspiré de courir couper ses phares, s'il souhaite pouvoir partir en vacances ce soir.

Après, passer les fêtes au collège Jean Roucas, ça peut être très intéressant aussi, quand on est fan des ambiances carcérales (nous ne jugeons pas).

Mais à tout prendre, dans le même genre, Disneyland est plus sympa. 

 En plus il y a Mickey, qui est au moins deux fois plus sexy que le secrétaire de direction, et sept cent fois plus souriant.


Bien cordialement,

-- 
 
Le secrétaire de direction

vendredi 10 décembre 2021

The Lost Room

Où malgré les années, l'établissement n'a pas livré tous ses mystères...

 

 

Bonsoir à tous,


Triste constat, en cette période de fêtes de fin d'années - que la tradition place sous le signe des beaux-avocats-célibataires-avec-une-implantation-de-cheveux-parfaite-et-des-dents-en-émail-de-salle-de-bain tombant inopinément (mais très opportunément) amoureux de belles-femmes-au-foyer-aux-enfants-tellement-bien-élevés-qu'on-trouve-les-DVDs-au-rayon-Science-Fiction tous les jours à la télévision sur le créneau 13h-15h (les téléfilms de Noël : l'un de nos plus beaux héritages culturels, avec le lance-roquettes) (et je ne parle pas ici des catapultes à salade, même si c'est une belle invention aussi) -, cependant je me devais de l'écrire : je ne me sens plus en sécurité au Collège Jean Roucas.

Non pas que je craigne particulièrement les professeurs, je sais que tant qu'ils ne sentent pas notre peur et qu'on leur verse leurs HSE en fin de mois, il ne mordent pas (de toute façon, même s'ils essayaient, ils seraient malades pendant quinze jours vu que je me nourris exclusivement à base de produits Burger King, pas parce que je trouve ça bon - j'ai ma fierté - mais juste pour pouvoir porter une couronne sans avoir à passer les concours de catégorie A).

Les élèves ? Oui, là, d'accord, j'avoue, j'ai peur des élèves, mais c'est normal, ça, c'est depuis le film Gremlins, je n'ai jamais su faire la différence. Dans les deux cas, ils courent dans tous les sens, ils ne supportent pas l'eau et il ne faut pas les nourrir après minuit, mais ils le font quand même et après ils cassent tout dans la maison, sous prétexte qu'il est quatre heures du matin et qu'ils ne peuvent pas jouer à Fortnite. "Mignons, malins, méchants", était-il écrit sur l'affiche du film, ce qui résume plutôt bien la préadolescence. Mais je digresse.

Si je ne me sens pas tranquille au collège Jean Roucas, écrivais-je, c'est parce que j'ai appris cette semaine (comme beaucoup d'entre nous) l'existence d'un mystérieux espace clos de 100 mètres carrés situé au-dessus des salles d'Ulis, dans lequel personne n'a mis les pieds depuis le passage à l'an 2000 - et peut-être bien avant ! Une sorte de patte droite du Sphinx (sous laquelle sont enfouis tous les secrets de l'univers, d'après Paco Rabane - qui était très enfoui lui-même, dans sa tête), mais en version terroir et sur les crédits pédagogiques de l'établissement, ce qui réduit quand même pas mal l'aura de mystère qui entoure cette pièce cachée (informé des faits, Indiana Jones a déclaré : "bof", avant de retourner cueillir des cèpes).

Pièce cachée à laquelle on accéderait, paraît-il, par une trappe spéciale de l'ascenseur, mais dont l'accès serait condamné, de sorte que personne n'a la moindre idée de ce qui y est enfermé. Peut-être vos points d'indices, qui sait ? Peut-être est-ce la raison pour laquelle personne ne les a revus depuis les années 90 ?

Quoi qu'il en soit, en ce qui me concerne, j'ai visionné assez de films de genre pour savoir que quand on tombe sur une porte inconnue dans son grenier ou dans sa cave, murée au parpaing et bardée de chaînes, surmontée d'un écriteau : "ne pas ouvrir pour cause de monstre", la dernière des bonnes idées, c'est de l'ouvrir quand même en se disant que si ça se trouve, on va pouvoir en faire une buanderie.

Sans compter que le collège présente tous les signes d'un bâtiment hanté : bris de vitres, pleurs d'enfants, grognements suspects dans les couloirs, snickers qui apparaissent mystérieusement dans les locaux...

Alors je vous le dis tout net, si les professeurs d'EPS ne renoncent pas à leur projet d'y entreposer leur commande de vélos, moi, j'en attrape un au vol et je me casse avant qu'ils ne libèrent un loup-garou, un zombie-garou, une momie-garou, un gremlins-garou. Ou pire encore : Garou, le chanteur.

Parce que eux, clairement, on ne peut pas les soudoyer avec des HSE.

Vous souhaitant un week-end bien au chaud, donc - par conséquent : sans sueurs froides,

Bien cordialement,

-- 
 
Le secrétaire de direction

jeudi 9 décembre 2021

Effet d'Annonce

 Où la gestion des objets trouvés évolue avec son temps vous savez ce qu'on dit : cliquez pour agrandir...).

 

 


vendredi 3 décembre 2021

Le Secrétaire entre Deux Chaises

Où la vieillitude ne va pas sans certains privilèges, d'autant que c'est bientôt Noël.

 

Bonsoir à tous,


En lieu en place de message d'accompagnement, je me dois de vous informer d'un certains nombre de changements dans le fonctionnement du secrétariat de direction, qui seront effectifs à compter de lundi matin, du fait d'une réorganisation logistique de mon bureau induite par la réception d'une nouvelle fourniture administrative.

Fatigué de répondre par la négative à mes demandes de démission (il peut en trouver sur son bureau jusqu'à trois par jours), rapport au fait que selon une étude Ipsos-Sofress, je serais mieux chez moi et qu'en plus, un inconnu me harcèle en dissimulant des barres chocolatées sur mon lieu de travail  ("sur mon lieu tout court", diront ceux qui me connaissent bien - mon collègue le premier), Monsieur le Chef d'établissement a sommé Monsieur le Gestionnaire de me doter d'un authentique fauteuil de gamer, des fois que cela suffirait à me convaincre que Pronote et Playstation, c'est pareil, ou à peu de choses près (comme le fun et l'ergonomie, mais n'est-ce pas qu'un détail ?).

Or force est de constater que ça marche, et même au-delà de ses espérances, d'ailleurs, ce qui entraîne quelques effets secondaires inattendus :

- Si vous rentrez dans le bureau et que vous me voyez détendu, souriant, plein de bienveillance et d'amour pour mon prochain, réveillez-vous, vous êtes encore en train de rêver (et en plus, c'est un rêve super chelou, à votre place, je prendrai direct rendez-vous chez le psy) (ce que je fais chaque fois que je rêve de moi-même). Mais il se peut aussi que je sois en train de jouer à un jeu poétique genre Gris (c'est un peu comme Super Mario, mais sur le thème de la dépression :

 


 ), Bound (c'est un peu comme Fortnite, mais avec de la danse classique à la place des flingues : 

 


), Abzu (c'est un peu comme traîner en centre ville, mais dans l'eau :

 

 

), ou Firewatch (c'est un peu comme marcher dans la forêt, mais sans bouger les pieds : 

 


)  (je vous mets les bandes annonces en lien parce que si vous n'êtes pas gamers vous-mêmes, vous serez agréablement surpris, et plus encore si vous êtes professeur d'arts plastiques).

- Si vous rentrez dans le bureau et que j'ai l'air très concentré, comme le lait mais sans l'opercule, ce n'est pas que je suis en train de travailler, allons, ne soyons pas naïfs, j'ai arrêté ça il y a des années, quand je me suis rendu compte que ça me rendait malheureux ; mais vraisemblablement que je suis en train d'essayer de résoudre un puzzle de Gorogoa

, de When the Past was Around 


 ou de n'importe quel autre jeu d'énigmes pour les gens plus intelligents que moi (6-8 ans, est-il écrit sur la jaquette).

- Si vous rentrez dans le bureau et que je vous jette mon clavier au visage, par contre, c'est que je suis sur un boss de Dark Souls et qu'il m'a encore passé son épée à travers la mâchoire (ce qui ne se fait définitivement pas entre gens de bonne compagnie, mais allez le leur faire comprendre, ils font trois fois ma taille). Ceci étant, rassurez-vous. Je vise comme un fonctionnaire, c'est-à-dire de façon très approximative, trois jours après la date butoir et seulement après deux cafés (j'exprime ici la quantité en litres).

- Si je vous tourne le dos tout en caressant celui d'un chat invisible, c'est que je me prends pour un méchant de James Bond, ou plus vraisemblablement pour le Docteur Gang, et que je viens d'appeler le rectorat pour qu'on "m'amène Gadget mort ou mort". Ce qu'ils devraient faire d'ici août 2032.

- Et enfin, si je fais piou piou avec la bouche en tournoyant sur place, c'est que je me prends pour Actarus et que je me crois aux commandes de Goldorak, ce qui peut arriver plus vite qu'on ne le croit, et même à des gens bien. Auquel cas écartez-vous du passage parce que je négocie mal les virages quand je pilote un robot géant. Rapport au fait qu'ils n'ont pas la direction assistée et tout ça.

Dans tous les cas de figures, n'hésitez pas à passer jeter un oeil ébahi à ce fleuron du mobilier de bureau, qui sera à coup sûr l'attraction principale de la semaine prochaine (pour les autres temps forts, nettement moins excitants : se référer au planning ci-joint)

Vous souhaitant d'ici là un week-end full screen en 60 fps, je vous laisse, je dois essayer d'embarquer la chaise de gamer dans ma voiture sans que Monsieur le Chef d'établissement ne s'en rende compte (heureusement, il est en conseil de classe, à l'heure qu'il est, ça me laisse un peu de battement... chut ! ça reste entre nous !)


Vidéoludiquement vôtre,


-- 
 
Le secrétaire de direction

jeudi 2 décembre 2021

Une simple erreur d'appréciations

Où les conseils de classe, ça démarre, et où les appréciations, c'est sacré.

 

Bonjour à tous,


A titre informatif et afin de permettre le bon déroulement des conseils de classe, nous vous rappelons de bien veiller à respecter les dates butoir de saisie des appréciations dans Pronote qui figurent sur le calendrier ci-joint.

Les contrevenants seront exposés à différentes sanctions laissées à mon appréciation, allant de la suppression pure et simple de leurs comptes Pronote (c'est le bruit d'un bouchon de champagne qui saute, que j'entends, en arrière-plan ?) à un exemplaire dédicacé du nouvel album de Jul (inclus, son nouveau single : "Je suis chaud comme la syntaxe"), un stage de trois semaines en déontologie à BFMTV ou un dîner en tête à tête avec Cyril Hanouna au Napacaro (ex Buffalo Grill, parce que la communauté des buffles a fait une pétition sur Twitter) de Bourg-Saint-Andéol. Et c'est lui qui choisi les sujets de conversation (Hanouna, pas le buffle. Même si ce n'est pas toujours évident de faire la différence...).

A toutes fins utiles et dans le même ordre d'idée, je vous rappelle que c'est moi qui saisi vos heures supplémentaires dans le logiciel de paie et qu'un accident de clic est vite arrivé.

A bon entendeur...

 

Bien cordialement,

-- 
 
Le secrétaire de direction

vendredi 26 novembre 2021

Noir c'est Noir, il y a de l'Espoir, mais Moyen

 Où les jours raccourcissent, et pourtant les journées rallongent (en voilà, un bien mystérieux mystère)...

 

 

Bonsoir à tous,

En cette fin de semaine plus grise que la carte homonyme, j'ai une bonne et une mauvaise nouvelle à vous communiquer.

La mauvaise (et vous pourrez le constater vous-même en consultant le planning ci-joint), c'est que la semaine prochaine, ce sont les conseils de classe. 

La bonne, c'est qu'il fait nuit dès 17H.

Or comme chacun sait : la nuit porte conseil.

ça devrait vous faciliter la tâche d'autant.

*

Voilà. C'était la sagesse du vendredi soir.

*

Je reste à votre disposition pour animer mariages, fêtes d'anniversaire, repas de Noël, départs en retraite, abattements fiscaux et plus généralement : tout évènement personnel célébrant un succès relatif (genre une troisième place en triathlon, ou une réduction de 15 euros des cotisations MGEN, ...) et appelant une liesse modérée. Départ des convives garanti avant 22h30. Niveau qualification, j'ai eu mon brevet de Dalaï Lama avec mention Philippe Bouvard (j'étais très très mauvais en Dalaï, mais j'ai compensé avec le Lama : il suffisait de cracher sur les gens, et comme c'était coeff' 18, j'ai car-ton-né...). Ceux qui me connaissent disent aussi de moi que j'ai mangé un clown, mais soit c'est au sens littéral pour me dénoncer à la police, soit ils précisent que c'est le clown de "Ça" avant de s'enfuir en hurlant. Comme tout personnel administratif qui se respecte, je n'ai aucune compétence en quoi que ce soit, mais ma hiérarchie dit que c'est encore dans ce domaine que je suis le meilleur. Je peux mixer, aussi, moyennant un surcoût minime. Mais seulement les carottes (quand elles sont cuites). Il m'arrive également de lire l'avenir dans les bulletins de paie. Mais surtout dans le mien, et il implique souvent des pâtes à l'eau. J'officie exclusivement aux heures de bureau, c'est-à-dire de trop-tôt-le-matin à trop-tard-le-soir. Retrouvez l'intégralité de mes prestations sur mon compte instagram. Quand j'aurais un compte instagram. Dans l'attente, adressez-vous directement à mon manager, Monsieur le Secrétaire élèves. Il attestera de tout ça et de bien d'autres choses encore.

*

Quoi, "la dépression hivernale" ? C'est un mythe, la dépression hivernale !

Puisque je vous le dis !


Vous souhaitant un week-end meilleur que n'a été mon vendredi,


Bien cordialement,

 

--

 

Le secrétaire de direction

vendredi 19 novembre 2021

La Fête à la Grenouille

 Où le semainier prend ses aises et s'étale sur DEUX pages bien remplies...


Les grenouilles, c'est vraiment des louzeuses.

Dès qu'elles veulent se donner un peu de contenance, elles enflent, elles enflent, et puis paf, elles éclatent, comme les chevilles d'un élève qui aurait un 18/20 en Maths ou une gommette verte (mention pomme) en orthographe-de-son-prénom (future discipline phare de la prochaine réforme du baccalauréat, avec "combien-j'ai-de-doigts-?").

Alors que le semainier, lui, il enfle, il enfle (il gonfle, même, au sens qu'il vous plaira) mais jamais il n'éclate, non. Ce sont les gens qui éclatent à sa place, parfois, tant il leur mène un train d'enfer (les trains d'enfer, pour vous situer, c'est un peu comme les trains normaux, mais qui roulent. Je sais, oui. La première fois, ça surprend. Heureusement, ce n'est pas si souvent...).

Bande après bande, le semainier ne se fait pas plus gros que le boeuf, non, il vise plus haut que ça : il veut être plus gros que DEUX boeufs, plus gros que TROIS Boeufs, plus gros que toute l'étable, la crèche et l'étoile en haut du sapin (c'est de saison, et le semainier est très traditionaliste, surtout quand il y a des cadeaux gratuits en jeu).

Pour tout vous dire, il y a même des boeufs qui ont éclaté à vouloir se faire plus gros que le semainier (vous pouvez aller vérifier, ils sont tous au menu de l'Hippopotamus) (lequel, imaginez ma déception, ne sert PAS d'hippopotame. De la même façon qu'ils ne vendent pas de castors à Castorama. Décidément. Ce monde prend un malin plaisir à piétiner mes rêves...).

"Et encore !", pérore le semainier, tellement bouffi cette semaine qu'on dirait le secrétaire de direction en slip de bain Desigual, "ce n'est même pas la semaine des conseils de classe !"

Autant dire qu'il est parti pour enfler encore. Et jusqu'à ce que PAF s'ensuive ! Ce sera vous ou lui.


Vous souhaitant un week-end "totale éclate", mais dans le plus profond respect de votre intégrité physique,


-- 
 
Le secrétaire de direction

vendredi 22 octobre 2021

L'insoutenable légèreté des permanences administratives

 Où comme d'habitude, les professeurs sont en vacances, mais pas nous.


Bonsoir à tous, et bonnes vacances !


Or qui dit vacances dit aussi permanences administratives, l'occasion pour moi d’éclaircir l'un des plus grands mystères de l'Education Nationale.

Car vous êtes nombreux à vous demander (à juste titre) ce qui peut motiver un individu sain d'esprit (bon, ok, pas forcément moi, là, je parle en général) à revenir au collège un lundi de congé, alors qu'il pourrait faire des trucs plus constructifs comme dormir jusqu'à deux heures de l'après-midi ou jouer à la crapette.

Passant les trois quarts de mon temps en salle des professeurs, cachés dans le pot du ficus, pour écouter vos discussions et les rapporter à monsieur le Principal, je sais que de nombreux bruits de couloir circulent, et pas seulement ceux que les élèves produisent artisanalement à la bouche avec le talent qu'on leur connaît (on ne peut pas être mauvais partout), mais aussi des rumeurs comme quoi "les permanences administratives, ce ne serait pas très sérieux", voire "un peu la fête", voire carrément "la croisière NRJ Music Awards, avec champagne, DJ et jeunes femmes en maillots à volonté" (mais sans le mal de mer et l'absence d'amour-propre).

Permettez-moi de vous détromper tout de suite, ce ne sont que des légendes urbaines.

Alors effectivement, nous avons sollicité le rectorat pour savoir si nous étions habilités à accueillir des jeunes femmes en maillot sur notre temps de travail, c'est vrai, par pure curiosité professionnelle et sans arrières-pensées. A quoi sa réponse a été formelle : "oui, mais il faut que ce soit dans le cadre des vacances apprenantes". Et comme c'était trop de boulot, d'apprendre des trucs aux gens (vous en savez quelque chose), nous n'avons pas donné suite.

Niveau DJ, nous avons bien de temps en temps Jean-Michel Tuning qui vient garer sa golf GTI devant le collège, avec dans son lecteur CD la compile des plus beaux Boom-Boom de 1900 à nos jours (inclus : les travaux dans Paris et la 1ère Guerre Mondiale), mais le reste du temps, comme le secrétaire élèves n'aime pas Franky Vincent (qu'il trouve trop cérébral), je le laisse nous mixer une sélection des plus belles musiques tristes des chevaliers du zodiaque, ça lui fait plaisir et moi, ça me permet de mieux comprendre pourquoi je suis en dépression depuis l'adolescence.

(Ce thème s'intitule très sobrement : "laissez-moi rentrer chez moi et m'enfermer à double tour jusqu'au lundi 8 inclus" : 

 


).

Histoire de bien profiter de l'ambiance (glaciale, et par conséquent à température ambiante), l'année dernière, j'ai essayé de bricoler une paire d'enceintes avec les moyens du bord mais comme tout ce que j'ai fait en techno en quatre ans de collège, c'est utiliser le fer à souder de l'établissement pour fondre la boîte de ma calculatrice (mes parents furent si fiers !), ça a failli se terminer en exercice incendie surnuméraire. Depuis, nous sommes donc encadrés par un personnel de direction, dont la mission est de veiller à ce que nous foutions pas le feu au collège, ni ne volions pas des fournitures de bureau (mettant un terme prématuré à mon trafic de chaises à roulettes. Dommage). 

Mais trêve de généralités !

Un journée administrative, dans les faits, ça commence traditionnellement à 8 heures.

Enfin, ça, c'est pour le secrétaire élève.

Moi je débarque traditionnellement deux heures plus tard, parce que j'ai passé vingt minutes à tenter de sortir la voiture du garage sans rouler sur les escargots, et les cent minutes suivantes à pleurer au volant parce que je les ai tous aplatis, même ceux sur les murs, et que j'ai plié ma portière dans la manœuvre.

A cette heure-ci, notez pour votre info que j'arrive déjà pété comme un coing (non, ce n'est pas vulgaire, la cour de cassation a statué : c'est une "expression du terroir", fleuron de notre culture française avec "z'y va" et "wesh alors", mais incluant un participe passé, ce qui est trop la classe) ; pas parce que je bois dès le matin mais parce que je me mets du gel hydroalcoolique dès que quelqu'un me regarde ou pense à moi (on n'est jamais trop prudent. Chez moi, la distance de sécurité, elle s'évalue en kilomètres).

De 10 heures à midi, à contrecœur, je saisis vos heures supp' dans le logiciel, tout en m'évertuant à en détourner une ou deux pour mon compte personnel, en vain. Invariablement, le logiciel me répond "statut incompatible", ce qui est une façon polie de me rappeler que je n'ai pas le niveau scolaire pour aider un élève de collège en 2021 (si je pouvais, je lui répondrais très finement : "cé rien ke dé praijugeais, jé tout a fé le nivo !". Après quoi il se confondrait en excuses et me collerait une IMP compensatoire, un doctorat et les palmes académiques).

L'après-midi, je le consacre à ranger toute la paperasse des deux mois précédents, ce qui est un nom de code entre le secrétaire élève et moi pour dire que je fais une sieste digestive et qu'il ne faut pas faire d'appels micro ni clipser des trombones. De toute façon, il suffira que j'aie rangé tel ou tel document pour que vous en ayez besoin le lendemain, je le sais, ça me fait le coup à chaque fois. Par conséquent, je ne range plus rien, comme ça j'ai tout sous la main. Pas folle la guêpe. 

Sur ces entrefaites, il est 14h30, ce n'est plus trop le moment de s'atteler à quelque chose d'important, la journée est bientôt finie, alors je lance des élastiques sur le secrétaire élèves et je remplis des déclarations d'accident à chaque fois que je me fais mal au pouce.

Autant dire que je compte sur vous très fort pour venir nous ambiancer lundi (et si vous venez en maillot, au moins, choisissez celui de l'OM sinon le secrétaire élèves il va faire la tête et il est bien assez grincheux comme ça). Dans l'hypothèse très improbable où vous préféreriez rester chez vous, prenez au moins quelques minutes pour consulter le planning de la semaine de la rentrée ci-joint, en guise de soutien moral. Non parce que des musiques des chevaliers du zodiaque, il y en a quand même dix CDs, et on m'a confisqué mon fer à souder.

Les escargot, eux, courent toujours (presque aussi vite que moi)...


Vous souhaitant de très bonnes vacances, festives et reposantes,


Bien cordialement,

-- 
 
Le secrétaire de direction 

mardi 19 octobre 2021

L'étourderie des uns fait le bonheur des autres...

Où qui dit fin d'année dit forcément... bouclage du budget.

 

 

Bonjour à tous,


L'année civile touchant à sa fin (si l'on en croit les programmes télé de milieu d'après-midi et les décorations dans les grands magasins), il est temps pour vous d'adresser vos dernières commandes pédagogiques au service Intendance, qui est à l'établissement ce que le Père Noël est à l'enfant en bas âge : une constante source d'espoirs et de déceptions.

Vous avez donc jusqu'à la semaine de la rentrée pour lui faire remonter vos vœux en la matière, via vos coordonnateurs de discipline, si possible accompagnés d'une attestation sur l'honneur comme quoi vous avez été très sages toute l'année (vous avez le droit de mentir, personne n'ira vérifier, c'est un peu le principe de l'attestation sur l'honneur), après quoi tout ce qui restera de vos crédits pédagogiques sera reversé sur mon compte en banque, et intégralement investi dans des Snickers.

Comptant sur votre (manque de) vigilance,

Bien cordialement,

-- 
 
Le secrétaire de direction

vendredi 15 octobre 2021

Les voyages forment, la jeunesse déforme

 Où n'ayant pas trouvé de thème à 17h15, heure à laquelle je suis censé avoir quitté l'établissement, je me rabats sur mes valeurs sûres (et les sorties d'intégration 6ème).

 

Bonsoir à tous,

A l'heure des bilans de fin de semaine, je crois qu'on sera tous d'accord : deux classes de 6ème dans le Vaucluse, c'est bien, une belle initiative, une vraie leçon de vivre-ensemble, qui leur forgera des souvenirs pour toute une vie. Mais ce n'est pas suffisant.

En ces temps de conflits identitaires et de schismes sociétaux,  alors que les écarts se creusent, il faut davantage s'investir, davantage se mobiliser, créer du lien.

Ce qui passe par : envoyer davantage de classes en sorties scolaires, si possible des classes de 4ème et de 3ème, si possible plus loin et sur de plus longues périodes (mais à défaut, les lundis suffiront : c'est mon jour de cantine).

Alors oui, bien sûr, permettre à nos élèves de découvrir les vaches et les moutons, c'est un bon début, surtout que la plupart n'en ont vu qu'en version plate et tiède dans leurs Happy Meal, ou en pâte à modeler sur Gulli, debout sur leurs pattes arrières et parlant un français impeccable. On imagine la déception de nos chères têtes blondes quand elles ont essayé de discuter avec une chèvre, et que celle-ci s'est mise à leur chanter du Jul. Mais c'est comme ça qu'on apprend.

Raison pour laquelle il nous faut faire mieux. Car nous leur devons mieux. Nous venons bien d'envoyer William Shatner dans l'espace, sous prétexte qu'il a piloté l'Enterprise dans la série Star Trek ! Pourquoi ne pouvons-nous pas envisager la même chose pour nos élèves un peu trop dans la lune ? J'ai un cousin qui fait des tarifs très avantageux sur les catapultes en bois, certifiées fabriquées dans le Larzac.

"Où il y a une volonté, il y a un chemin", dit le dicton (qui n'a vraisemblablement jamais eu affaire à un GPS premier prix avant la mise à jour). Ce chemin, c'est à nous de le tracer !

Tiens, par exemple, pourquoi ne pas envisager un parcours aventure sur l'île de Lost ? Aux dernières nouvelles, son monstre de fumée noire ne mangeait presque plus les gens, rapport à son régime sans gluten et à ses allergies alimentaires. Dans le même ordre d'idée, le Triangle des Bermudes me paraît être tout indiqué pour une croisière pédagogique sur les traces de Christophe Colomb (pour la première partie du trajet, sur l'eau), puis de Fox Mulder (pour la deuxième partie du trajet, dans la dimension P3X122). En plus, ça tombe bien, on en a un en Ardèche (véridique), donc mettons à profit la richesse de notre belle région ! Sait-on jamais !  Un enlèvement par des extra-terrestres est si vite arrivé ! L'établissement ne pourrait pas être tenu responsable... et il paraît que c'est très beau, Saturne, en cette période de l'année.

Bien sûr, ce ne sont là que quelques modestes idées en l'air, qui ne visent que l'épanouissement de nos élèves. Il faudra encore en discuter, définir les priorités, choisir l'emplacement où faire livrer les catapultes...

Dans l'immédiat, on se contentera du Vaucluse en début de semaine, donc, en attendant avec une impatience non feinte celle des stages de 3ème.

Mais avant tout : profitons d'un week-end sans "eux" !

Et du planning assorti (ci-joint).


Bien cordialement,

-- 
 
Le secrétaire de direction

 

Oika Oika a disparu !

 Où tout est dans le titre.

 

Oika Oika a disparu.

Il n'était pas bien grand, ni très farouche, c'est vrai.

21 centimètres sur 29,7, à tout casser. Même les élèves de 6ème sont plus grands que ça (et pourtant la plupart tiennent dans la poche, c'est dire).

Peut-être, oui, s'était-il aventuré avec trop d'insouciance sur votre territoire, je peux en convenir. Moi-même, je ne m'y risque qu'avec la peur au ventre, lorsque l'envie m'en prend d'aller observer les Snickers en milieu naturel (en attendant vainement que l'un d'eux tombe tout seul de son distributeur) (c'est comme ça. Les forts mangent les faibles. C'est la nature).

Oika Oika n'est pas si prudent. Il ignore que le monde est une jungle, et que la salle des professeurs en est une extension, comme une sorte de Villaverde retourné à l'état sauvage, avec des lions qui parlent et des gazelles BAC + .

Sans doute alors n'aurait-il pas dû s'étendre avec tant d'abandon sur les tables en plastiques, pour se dorer la tranche au soleil de midi, mais il est comme ça, Oika Oika. Il fait confiance, il croit en son prochain. Dans son petit coeur de papier blanc battent les rêves d'une humanité où hommes et femmes sont libres et de même valeur, du moment qu'ils remplissent le bon de commande à la fin et qu'ils le retournent à l'adresse au dos, avec un chèque du montant adapté et si possible plein de zéros (dans l'idéal : autant qu'il y en a dans le bulletin de Dylan en 5ème5, mais avec un 1 devant, ou plus si affinité).

Aussi n'a-t-il pas opposé de résistance quand on l'a soulevé, ouvert en deux et feuilleté en long en large et en travers : après tout, il est là pour ça.

Ce qu'il n'aurait pas su prévoir, par contre, candide qu'il est, c'est qu'on le collerait au fond d'une sacoche, ou dans une poubelle, ou dans un casier, alors qu'il n'était destiné qu'à la consultation ; et que cela priverait la communauté toute entière de ses bienfaits - et son propriétaire avec (sans parler de l'adresse au dos).

En d'autres termes : Oika Oika est un catalogue de jeux éducatifs, il a disparu cette semaine en salle des professeurs, et celui ou celle qui l'a emporté est prié de le rendre à sa famille de coeur, à savoir : Madame Plafrenier.

Avec mes remerciements par avance, au nom de Oika Oika lui-même (si, si, c'est le vrai nom du catalogue !),

Bien cordialement,

-- 
 
Le secrétaire de direction

jeudi 14 octobre 2021

Le secrétaire de direction qui se tire plus vite que son ombre (mais de peu)

Où veille de vacances oblige, l'Amicale remet le couvert - et  le Stetson avec ! 

 

 

Bonjour à tous,

Jeudi 21 octobre à 20h, le monde se divisera en deux catégories :

Ceux qui se retrouveront au Marcel Saloon pour une soirée festive de l'Amicale (ouverte à tous), et ceux qui creusent.

Le tout, dans une ambiance western, toujours, mais sans les spaghettis - ce sera plutôt bières-burgers entre collègues de bonne compagnie.

En même temps, ça s'appelle Marcel Saloon, alors forcément, le thème, ça n'allait pas être Versailles au XVIIIème siècle non plus, hein, faut être cohérent deux secondes (sans quoi je serais venu moi-même volontiers, déguisé en Stéphane Bern). 

L'occasion pour chacun de monter sur ses grands chevaux sans que ça ne finisse en règlement de comptes. Entre autres joyeusetées.

Pour toute info complémentaire, donc, n'hésitez pas à consulter Clint Slavi ou Christophe Eastwood, qui se feront un devoir de renseigner les éventuels pieds-tendres.

Quant à moi, comme d'habitude, on l'aura noté : je travaille trop du chapeau.

Vous souhaitant une bonne fin de journée (et un beau coucher de soleil),

Bien cordialement,

-- 
 
Le secrétaire de direction

mardi 12 octobre 2021

Rengagez-vous, qu'ils disaient

Où comme chaque année, il est temps pour les professeurs de signer leurs répartitions horaires  - ou ventilations de service, dans notre jargon  à nous (qui aimons brasser du vent).



Bonjour à tous,


Faute d'avoir pu vous installer la clim' cet été, vous aurez au moins... la ventilation. De service, en l’occurrence, qui n'attend que votre signature au secrétariat de direction.
 
Avec une date butoir en guise de couperet : ce vendredi 15 octobre dernier délai. Pas par pur sadisme, entendons-nous bien, même si nous sommes coutumiers du fait dans l'administration, mais parce que cela conditionne la mise en paiement de vos heures supplémentaires. 

Autant dire que je vous veux tous dans mon bureau dans les cinq minutes qui arrivent (et le respect des consignes sanitaires, ça va sans dire).

Vous en remerciant par avance, et vous souhaitant une bonne journée,

Bien cordialement,

-- 
 
Le secrétaire de direction

vendredi 8 octobre 2021

T'es pas Toi quand t'as faim - Edition Director's Cut

Où l'affaire du Snickers coincé (The Snickers in the Shell, l'appelle-t-on chez les initiés - cf. T'es pas toi quand t'as faim 1 et 2) n'en finit plus de rebondir, à mes risques et périls intestinaux, et où ça tombe plutôt bien parce que je n'ai ni l'inspiration, ni le temps de faire plus sophistiqué...

 

Bonsoir à tous,

Avant toute chose, pour rassurer les deux ou trois personnes qui s'intéressent encore à lui depuis que son jeune collègue est devenu le mâle alpha du bureau (au terme d'un combat initiatique mémorable, dont vous pouvez revoir les meilleurs moments dans vidéogag) : le secrétaire de direction va mieux. Il devrait être de retour parmi nous d'ici quelques jours, "frais et dispo" (ou, pour être plus juste, aux dires de son médecin : "tiède et vaguement disposé à vous imprimer des trucs". Ce qui représente néanmoins un gros progrès par rapport à son état habituel - ce dont vous pourrez tous attester avec entrain).

Rappelons qu'il avait dû être admis d'urgence en centre de désintoxication Willy Wonka de Ploutarboeuf, après que l'un de vous (dont l'identité n'a pas pu être déterminée) a jugé bon de cacher plusieurs Snickers dans son espace de travail (véridique. Mention spéciale à celui qui était caché DANS le bac à papier de son imprimante, au passage, c'était du grand art - le nappage cacaoté a même rendu certaines circulaires plus digestes, malgré l'arrière-goût d'encre Epson) (on s'y fait).

Notons que l'intéressé avait également développé des troubles obsessionnels compulsifs à force de chercher d'autres éventuels Snickers dans ses tiroirs, quand les premiers effets du manque ont commencé à se faire sentir (dix minutes après l'ingestion du dernier qu'il a su trouver).

"Je ne l'ai jamais vu s'activer autant de toute ma carrière", confie Monsieur le Principal, qui était jusqu'alors fermement convaincu "que les jambes et les bras de l'intéressé n'étaient pas articulés, un peu comme ceux des Big Jim d'antan, mais en version plus Big que Jim". Il ajoute qu'il a eu "une sacrée frayeur" en le voyant s'animer soudain devant ses yeux "comme la petite poupée du film Chucky, là. Vous savez. Celle qui ressemble à un élève de 5ème, mais en plus sympathique".

Heureusement pour notre secrétaire de direction préféré (vu qu'on n'en a pas d'autre) : c'est du passé, tout ça, il est guéri, il ne touche plus à ce genre de ******* [Censuré] (nous assure-t-il, en faisant discrètement disparaître dans sa poche l'emballage d'un Bounty).

Aussi son état de santé s'améliore-t-il de jour en jour : il a cessé de sécréter ses propres cacahuètes, et le sang dans ses veines n'est plus composé qu'à 25% de sucre, et à 8% d'huile de palme, ce qui le rend ENFIN moins dangereux pour Dracula que de s'envoyer un pot de Nutella à la paille.

Aussi vous prions-nous de ne plus nourrir l'animal, ou seulement en cachette quand les autorités rectorales ont le dos tourné.

En échange de votre collaboration, nous vous transférons ci-joint le planning de la semaine prochaine, 100% garanti sans trace de Snickers à l'intérieur (je crois).

Quant à celui ou celle d'entre vous qui a déposé ces barres chocolatées dans son bureau, qu'il ou elle se le tienne pour dit :

Bien cordialement, et avec un indice nutriscore D,

 

--

 

Le secrétaire de direction intérimaire 

jeudi 7 octobre 2021

Tu pousses le bouchon un peu loin Maurice

 Où la réception d'un mail matinal au contenu problématique m'amène à m'emparer de ma plus belle plume pour écrire au Rectorat.



Madame, Monsieur,

Par courrier postal en date du 28 septembre, nous vous avons transmis le dossier de candidature APEEP de Monsieur Flanfignon Jérôme,  professeur de Sciences Physiques rattaché administrativement à notre établissement (une joie ineffable pour ma personne et une constante source de satisfactions professionnelles).

Ledit Monsieur Flanfignon(qui ne manque pas d'humour, même s'il n'en est pas forcément toujours conscient) m'écrit ce matin pour me demander de vous relancer en vous disant qu'il lui faut ce document pour demain au plus tard (rires), car il doit le renvoyer vendredi à l'APEEP (re-rires). Sachant qu'il nous l'a fait initialement parvenir le 23 septembre, non signé de sa main, et qu'il lui a fallu au moins deux jours pour nous fournir cette simple signature, si vous pouvez me l'envoyer pour avant-hier, ce serait encore mieux. Quelques euros et une barre chocolatée en prime seraient un +.

Donc voilà, je vous transmets le message parce que c'est mon boulot, en n'en pensant pas moins parce que je reste un être humain et, parce que je suis un cas désespéré, je vous joins même une version numérique de ce document (rempli en dépit du bon sens : en p.2, vous pourrez constater que l'intéressé est en couple avec lui-même, ce qui ne sera pas forcément pratique le jour du divorce), au cas où vous pourriez accomplir un miracle administratif avec. Après, à titre personnel, je ne vous cache pas qu'effectivement, s'il pouvait obtenir sa précieuse signature et partir LOIN, et VITE, je ne serais pas contre.

Vous en souhaitant bonne réception, et avec mes excuses pour les désagréments occasionnés,

Bien cordialement,


-- 
 
Le secrétariat de Direction

vendredi 1 octobre 2021

Brel, c'est un nom qu'on croirait inventé pour elle...

Où Monsieur le CPE revient à la charge en me sommant d'écrire sur le plus célèbre hidalgo de la littérature espagnole.

 

On le saura, à force.

Dans l'Education Nationale, nous sommes tous un peu des Don Quichotte qui señor (bon, j'avoue, je la sentais moyen, celle-là, mais je la tente quand même par acquis de conscience. Elle serait mieux passée en italien).

On en a de toutes les statures et de tous les statuts.

Il y a ceux qui se battent contre les moulins à paroles, ceux qui bataillent avec les moulins à cafés, les agents de restauration qui font tourner non-stop les moulins à purée et les moulins à poivre, les professeurs d'Histoire qui vous parlent d'un temps que les moins de vingt ans ne peuvent instagrammer, où se côtoient meuniers, Tudors et autres Jean (Moulin), les professeurs de Lettres qui étudient les siennes (de lettres) (de mon Moulin) (suivez un peu) ;  et encore celui-là qui mit une heure de colle un vendredi au soir, parce qu'un trublion au sang chaud pensa approprié de faire l'âne dans sa classe.

Et parce qu'il n'y aurait pas de Don Quichotte sans un idéal à atteindre, une destinée, une Dulcinée, même, pour affoler ses sens, toute parée de rubans multicolores, mais parce que nous n'avons clairement pas le budget pour vous offrir l'amour (à la rigueur, en tapant un peu dans tous vos budgets matière, on peut vous louer vingt minutes de béguin, pas une de plus), il vous faudra vous contenter du semainier ci-joint comme promesse et comme guide. Restent, par chance, les rubans multicolores.

En ce qui me concerne, comme chaque fin de semaine, à l'heure de lever l'encre, je rêve cet impossible rêve : porter le chagrin (tout relatif) de mon départ. Et même, je brûle d'une possible fièvre : partir où personne ne part - à savoir : chez moi. Et je ne sais si je serais ce héros, bien sûr, car il faut me lever de ma chaise à roulette, mon Rossinante à moi, tout comme je ne sais si je partirai à l'heure (ça n'en prend pas le chemin. Ni moi non plus, du reste), mais mon coeur serait tranquille une fois dans le canapé, pour quelques poignées d'heures, à regarder quelques vieilles aventures d'un certain Commissaire.

Aussi, n'ayons pas peur d'être réactionnaire, quand le contexte le justifie - il en va ici comme de beaucoup de choses, en 2021 :

Les moulins, c'était mieux à vent.


Ou pour citer ce bon docteur (que je cherche à contacter en vain) : "Allons-y, Alonso".


Innacessiblement,

--

L'Homme de la Plancha - mais qui n'a rien contre le wok ou le barbecue non plus, du moment que ce n'est pas lui qui paie.

 

 

 

vendredi 24 septembre 2021

T'es pas toi quand t'as faim ! (2/2)

Où le message du semainier est la suite directe de ce qui vient avant, ce qui est étonnement logique pour un vendredi après-midi. Et où, par conséquent, n'aura une vague chance de comprendre que ceux qui auront lu la publication précédente. A bon entendeur...

 

 

Jour à tous (ou Soir, suivant l'heure à laquelle vous prendrez connaissance de ce message).

Je n'ose pas écrire "bon" devant, je m'en voudrais de vous mentir, encore que cette culpabilité me hanterait fort peu - et plus comme Casper que comme Zoul, pour les experts en sciences occultes.

Comme attendu avec une fébrilité modérée, je vous transfère ci-joint le planning de la semaine prochaine, que je devrais vous vendre à coups de périphrases grandiloquentes telles que "avec le semainier, les réceptions de l'ambassadeur sont toujours un succès" ou "il arrive toujours au bon moment, mais sans son pain ni ses croissants, parce que c'est pas l’armée du salut non plus, oh, tu l'as pris pour qui, l'ami semainier ? !".

Je devrais vous le peindre comme un tableau impressionniste accroché à l'envers par un galeriste indélicat, vous dire qu'il s'agit d'une tablette mystique trouvée au fond d'une pyramide Inca, qui vous permettra à l'heure près de prédire le déroulement des sept prochains jours ; toutes les âneries que j'ai pris l'habitude d'écrire chaque vendredi depuis plus de six ans et que vous supportez avec la bienveillance de qui sait reconnaître une cause désespérée et s'en tenir à distance respectable (c'est le métier qui parle).

Seulement voilà. Finie la fantaisie. Finis les faux-semblants. Le semainier n'est qu'un vulgaire fichier excel, réduit à sa plus simple expression, dont les couleurs criardes, associées sans goût ni talent,  rappellent le maquillage de toutes les petites filles lors de leur première boum, quand elles étalent le blush à la moissonneuse-batteuse et tartinent le rimmel au couteau Nutella. Aucune finesse, aucune nuance, aucune sobriété - et sûrement pas la mienne, qui boit pour oublier - que j'ai oublié de boire, la plupart du temps.

Car aujourd'hui, je ne me voile plus la face. Je sais que le semainier est hideux, difforme et maladroit, comme s'il renvoyait mon reflet avec les intérêts, digne d'une activité périscolaire dans un centre aéré pour cul-de-jatte des deux bras.

En le finalisant, cette fois, je n'ai rien ressenti de la fougue qui m'habite habituellement, semblable à celle que Michel Ange a lui-même éprouvé quand il a finalisé le plafond de la chapelle sixtine et qu'il a décidé, au tout dernier moment, "que ça aurait quand même plus de gueule en remplaçant les pandas par des êtres humains" (personnellement, je ne suis pas convaincu, mais c'est lui que ça regarde).

Tout ce que ce document m'a inspiré, ce soir, tient de l'ennui et de l'indifférence, comme s'il était diffusé sur Arté mais sans les sous-titrages. 

Par conséquent, je ne vous souhaiterai pas non plus un bon week-end parce que qu'est-ce qu'un week-end, au fond, si ce n'est un misérable petit tas de jours (j'épouse celui ou celle qui aura la référence), une poignée d'heures plus vite passées que le temps des cerises (et dont ne reste trop vite que le noyau), en grande partie consacrées à passer l'aspirateur et à rembobinez le fil de la prise à la main parce que le bouton ne fonctionne plus qu'à moitié. Rien de bien exaltant.

Alors je soupire en fixant le mur devant moi, qui ne m'inspire lui aussi que de la mélancolie. Car qu'est-ce qu'un mur, donc, si ce n'est un misérable petit tas de briques ? (ou de bouts de carton assemblés au scotch double-face, dans le cas du collège, mais chut ! L'architecte nous en voudrait de dévoiler ses secrets de fabrications ! Et en même temps, évitez de vous appuyer trop fort aux parois de votre salle, un accident est si vite arrivé)

(après, c'est moi qui remplis les formulaires et les renvoie au rectorat...).

Sur mon bureau, dans un cadre fantaisie décoré de marguerites : la photo d'un Snickers, allongé sur une serviette de plage, ses formes généreuses mises en valeur par un bikini comestible emprunté à Lady Gaga.

Dessus, j'ai dessiné trois coeurs au stabilo rose.

Et j'ai ajouté la mention "si tu reviens, j'annule tout".

Je vous avais bien dit dans mon mail d'hier que "tout me paraîtrait fade, après le coup du Snickers".

Et si vous ne l'avez pas lu, j'ai envie de dire : c'est tant pis pour vous.


Vous souhaitant un week-end,

De façon très vaguement cordiale,

-- 
 
Le secrétaire de direction

jeudi 23 septembre 2021

T'es pas toi quand t'as faim ! (1/2)

Où enfin, ENFIN, après des années passées à me demander intérieurement "ce que je foutais là", je découvre le sens profond de mon métier, alors qu'on me confie la mission la plus importante de toute ma carrière : retrouver le propriétaire non pas d'un trousseau de clé, ni d'une vaporette, mais d'un... [SUSPENS !!!]

 

A l'attention des personnels qui n'ont rien contre la lecture, les autres pouvant se contenter de survoler la mention en caractères gras (parce que comme dit le dicton : "le gras, c'est la vie"),


Bonjour à tous, et avant toutes choses, laissez-moi savourer l'instant.

Parce qu'on ne va pas se mentir, un poste de catégorie C, ça reste assez avare en satisfactions professionnelles, toute proportions gardées. Aucun enfant ne va voir ses parents un beau matin pour leur dire qu'il a un rêve dans la vie, c'est de faire des photocopies recto-verso sur du matériel d'avant-guerre ou d'envoyer des mails qui s'achèvent par "bien cordialement". Ceux-là, généralement, sont vite orientés vers un psychothérapeute spécialisé dans les serial killer, ou intégrés à un programme militaire secret visant à créer des super-soldats. On ne nait pas une agrafeuse dans une main et une boîte de pansements dans l'autre. Non. On veut devenir cosmonaute, ou ninja, mais parce que cette maudite conseillère d'orientation n'a pas été fichue de nous pointer du doigt la direction de Cap Canaveral (ou du village caché de Konoha, ça marche aussi), on se retrouve un jour assis devant un écran sur une chaise à roulettes, à tenter de faire avancer les aiguilles de l’horloge murale par le pouvoir de la pensée. En vain. 

Le mail qui va suivre sera donc vraisemblablement l'acmé de ma carrière, mon mont Everest à moi, une opportunité telle qu'il ne s'en présentera qu'une fois dans mon parcours professionnel, de sorte que les journées suivantes paraîtront bien fades après coup (comprendre : encore plus fade que d'habitude, c'est-à-dire du niveau des salades à 15 balles de chez Mac Do) (si vous en prenez une un jour et que celle-ci n'a aucun goût, n'allez pas vous précipiter en pharmacie pour faire un test PCR non plus, hein, tout est normal, les feuilles de laitue sont en plastique).

Mais las ! Trêve de digressions. Laissez-moi vous planter le décor. Nous sommes le 10 juin 2021, en salle des professeurs. ça sent bon la lavande, la sueur des salles de classes exposées plein sud et le dernier trimestre. A l'extérieur, les oiseaux oiseautent, les élèves élèvent (la voix, forcément), les grillons grillonnent. Cri Cri Cri Cri. Ha non, pardon, ça c'est Dylan de 6ème2 qui couine dans les couloirs, on ne sait pas pourquoi mais c'est pas grave, au moins, c'est de saison, ça fait garrigue. Le soleil darde ses rayons langoureux sur des visages moroses, accablés par des mois de "Dylan, s'il te plaît, arrête de faire le grillon, sinon je te jure que je t'arrache tes élytres une par une et que je te les fait bouffer toutes crues, PAI alimentaire ou pas PAI alimentaire". Dans la touffeur de l'été naissant, une main innocente, mais fourbue, pense ménager une pause bien méritée à son propriétaire en glissant une pièce de 1 euros dans le distributeur de friandises. Soucieuse d'avoir son quota de glucides pour la journée, tremblante, elle tape le code d'une barre chocolatée Snickers, anticipant déjà avec délice le sel des cacahouètes en contraste avec l'onctuosité d'un caramel industriel, peut-être, mais toujours bon à prendre quand on a quinze ans de professorat au compteur, et plus guère de foi en l'avenir. HELAS ! La pièce dégringole, tinte dans la machine, le mets tant convoité oscille, hésite, mais ne tombe pas. Il reste bloqué dans le distributeur, comme en état d'indétermination quantique. Alors le coeur de notre infortunée victime se brise dans sa poitrine. Sa journée est gâchée. Sa fin d'année aussi. Depuis lors, il lui arrive encore de sourire, à ses amis, à ses collègues, ses proches, mais plus avec le même entrain, la même sincérité. Ce n'est qu'une mascarade. Sous sa bonhommie factice, on devine une fêlure qui n'en finit pas de cicatriser.

L'histoire aurait pu s'arrêter là. J'aurais pu vendre le pitch à Ken Loach, qui en aurait tiré un film primé aux Oscars, intégralement en noir et blanc, après quoi j'aurais pu me doucher au Champomy pendant au moins deux semaines sur la Croisette (ce qui aurait représenté pour moi un vrai progrès en matière d'hygiène corporelle).

Mais heureusement, au collège Jean Roucas, tout finit toujours par s'arranger : voilà que la société qui gère le distributeur me charge de retrouver le propriétaire du Snickers en question, et de lui rendre sa pièce de 1 euro (sans intérêt ni compensation pour préjudice moral, faut pas pousser non plus, nous ne sommes pas aux Etats-Unis).

Aussi invité-je l'intéressé à se manifester au secrétariat, muni d'une preuve d'achat (ticket de caisse machine ou résultat de test de diabète en date du 11 juin 2021), contre laquelle je lui remettrai cet euro symbolique.

Non, je plaisante, je serais bien forcé de vous croire sur parole, donc n'hésitez pas à tenter le coup, le premier venu sera le premier servi.

Sachant que si personne ne fait la démarche, je lèverai mon gros popotin de ma chaise à roulettes pour la première fois en trois ans et je marcherai jusqu'à la salle des profs pour m'y prendre... un Snickers.

Et si celui-ci reste bloqué, j’appellerai Ken Loach pour lui proposer de tourner la suite.

Ha non mais on aura beau dire, secrétaire administratif, quel beau métier ("et tu as fait quoi de ta journée, toi ?" "moi ?  J'ai cherché le proprio d'un Snickers de juin dernier" "ha ouais, quand même. ça fait plaisir de savoir que l'argent de nos impôts est bien employé" "oui hein. T'as vu ?").

Bien caloriquement,


-- 
 

 Le secrétaire de direction

Elle part, jolie petite histoire

Où la professeur de Latin s'inquiète de ne voir personne s'inscrire pour son pot de départ à la retraite, et me charge de remettre le couvert avant qu'elle ne mette les petits plats dans les grands.

 

 

A l'attention de l'ensemble du personnel,


Bonjour à tous,


Alors que Madame Saclak s'apprête à nous quitter pour voguer vers des cieux plus cléments, ou victors, ou jean-claudes, ou n'importe quel autre prénom un peu passé de mode (je suis surmené, je sais), un monde idéal sans élèves ni parents d'élèves ni coupons de bourse à ramener pour avant-hier (soupir),  il apparaît urgent de vous inscrire en salle des professeurs si vous souhaitez être présent à son pot de départ du mardi  octobre (à partir de 17h30). 

De source sûre, les listes prévues à cet effet devraient être plus faciles à localiser que l'endroit où saisir votre adresse-mail dans Pronote - sachant que tout le monde est invité, mais que ne viennent que ceux qui veulent venir ou veulent manger à l’œil (apprécier le professeur en question serait un +. Et en même temps, qui ne l'apprécie pas ?).

L'occasion pour nous tous de lui souhaiter "bon vent", en espérant que le navire de luxe sur lequel elle s'apprête à embarquer ne heurtera pas l'iceberg du point d'indice (ne rigolez pas, il y a eu des précédents).

Vous en remerciant par avance,


Bien cordialement,


-- 
 
Le secrétaire de direction

Oldies but goodies

Où après avoir essayé de transmettre une info à ses collègues via Pronote, en vain, la représentante de l'Amicale "en revient à la bonne vieille méthode", c'est-à-dire : MOI.

 
Salut salut !


La bonne vieille méthode, y'a que ça de vrai, je n'arrête pas de le répéter, c'est à peine si je suis allé trois fois sur Pronote depuis la rentrée (et je n'en garde pas de souvenirs impérissables). Rien de tel qu'un boulier, un minitel et un tam-tam pour les appels urgents !

En plus, je peux garer mon cheval ou je veux en ville, on ne peut pas me mettre de contravention : il n'a pas d'essuie-glace. Malin.

Bref, c'est fait, c'est transmis, c'est bouclé (à tel point qu'on dirait un gros mouton, ou Alicia Keys).

Te souhaitant une bonne journée,

Bien cordialement,
 
--

Le palefrenier de direction.


Indiana Jones et le Mal de Crâne de Cristal

Où Pronote est le grand défi collectif de l'établissement, cette année, surtout quand la Principale adjointe demande à la cantonade de faire des trucs avec des machins sans expliquer avec quels bidules.

 

Bonjour à tous,


Suite à notre message du je-ne-sais-plus-combien-et-ça-n'a-aucune-importance, dans lequel nous vous demandions de bien penser à enregistrer votre adresse académique dans Pronote, vous avez été nombreux à me faire remarquer que ce logiciel est un vaste territoire vierge à conquérir, dont de nombreux secteurs restent encore à explorer (ou plus prosaïquement : "ok, mais où, et comment qu'on fait ?").

N'écoutant que sa soif d'aventure (et le sang de son ancêtre Allan Quatermain, qui bouillonne dans ses veines avec les légumes en plastique de sa première aventure cinéphilique), Monsieur le référent numérique a sorti son sextant (rien de plus aisé, pour un passionné d'avionique) et tenté de dresser une carte de cette Terra Incognita (jointe à ce mail en PDF, sur son parchemin d'origine).

Après plusieurs jours de nuits blanches (c'est très paradoxal, je sais), il pense avoir localisé l'endroit où vous pourrez vous acquitter de cette mission (ou bien l'El Dorado, il n'en est pas très sûr, il faudra vérifier sur place), auquel vous accéderez en suivant les balises suivantes : "Ressources -> Mes données ->le premier stylo-> Email" (cocher "réservé à l'administration" et saisir le mail académique dans la zone de saisie, puis valider).

(attention aux dragons en bordure de carte)

Vous souhaitant une bonne journée, pleine de mondes souterrains, de mers lointaines et de richesse soudaine qui se conquerrait au détour d'un chemin de la Cordillère des Andes (toute numérique qu'elle fût),


Bien cordialement,

--


Le secrétariat de direction

mercredi 22 septembre 2021

Collé-Copié

Où finalement et sans surprise, les informations transmises dans le précédent message n'étaient pas les bonnes...

 

 

A l'attention des professeurs du collège, anciens et nouveaux - mais surtout anciens (qu'on appelle plutôt "vénérables"),


Bonjour à tous,

 

Je profite d'un moment de battement entre la finalisation de ma demande de démission et sa validation par Monsieur le Chef d'établissement pour vous enjoindre à ne SURTOUT PAS JETER l'étiquette de votre code tablette personnel que j'ai glissée dans votre casier hier et que vous avez retrouvée flottant dans le fond de thé froid de votre mug Casimir.

CECI, MÊME SI VOUS EN AVIEZ DÉJÀ UN L’ANNÉE DERNIÈRE (j'insiste).

En effet, grâce à ce nouveau code, vous allez pouvoir accéder directement à la Matrice et reprogrammer la réalité, tout en courant bêtement sur les murs alors que le sol est fait pour ça et en faisant du hula-hopp au ralenti, déguisés en mannequins H&M collection cuir automne-hiver (ne cherchez pas, c'est la tradition dans la Matrice, avec les forfaits bloqués 5 Gigas SMS illimités) (bon, c'est sûr que si vous n'avez pas vu le film, vous devez penser que je suis bon à enfermer... ET VOUS AVEZ RAISON !).

Ce code qui vous donnera également un accès V.I.P. à plein de nouvelles fonctionnalités abracadabrantesques dont vous n'oseriez même pas rêver et dont il me serait trop long de vous faire le détail (ne serait-ce que parce que je n'ai pas réussi à aller au-delà de la page 1 du PDF joint, dans lequel vous trouverez la procédure de connexion ainsi que la liste de ces nouveaux "privilèges", qui feront râler à coup sûr les gens qui bossent dans le privé, une fois que l'information aura fuité sur BFMTV ou que les Chevaliers du Fiel en auront fait un nouveau spectacle).

Par conséquent, si d'aventure vous m'annoncez que vous avez déjà balancé l'étiquette en question et qu'il faut la réimprimer, je vous jure que je me ronge les phalanges là, tout de suite, devant vous (merci de venir avec une béarnaise maison, ou une sauce chili, pour faire passer le goût de vieux).

D'un autre côté, notez que vos anciens comptes fonctionnent toujours (mais moins), ce qui vous permettra d'alterner entre les deux pour être bien sûr de vous mélanger les mots de passes et de m'obliger à ressortir d'autres étiquettes ultérieurement, avec ce qui restera de mes moignons. 

Restant à votre disposition pour toute étiquette supplémentaire, et vous souhaitant un bon après-midi,


Bien cordialement,

-- 

 

Le secrétaire de direction

mardi 21 septembre 2021

Copié-Collé

Où après avoir péniblement publiposté les codes informatiques des élèves sur étiquettes autocollantes, il faut remettre le couvert avec celles pour les tablettes. A commencer par les identifiants des profs, puisqu'à tous seigneurs tout honneur.

 

 

A l'attention des professeurs du Collège Jean Roucas


Bonjour à tous,

Comme je sais que vous aimez les étiquettes au moins autant que moi (et mon psychothérapeute, du coup, qui leur doit la majeure partie de ses bénéfices nets), je vous en ai distribué une ce matin dans vos casiers, sur laquelle figure l'identifiant et le mot de passe qui vous permettront de vous connecter aux tablettes de l'établissement.

Et comme je n'aime pas faire le travail à moitié (surtout quand je peux me contenter de ne le faire qu'au quart, comme on l'apprend en école de secrétariat), j'en ai édité pour TOUS les professeurs, nouveaux et anciens inclus, semant ainsi bien malgré moi le chaos et la discorde en salle des professeurs.

ça aurait été trop simple, sans ça.

Par conséquent et si j'ai bien compris, dans la mesure des moyens intellectuels propres à ma fonction, si vous disposiez déjà d'un code nominatif l'année dernière, vous pouvez utiliser cette étiquette pour tuner votre Twingo ou votre futur sapin de Noël, elle ne vous servira à rien (un peu comme moi, mais en version plate et qui ne râle pas tout le temps).

Par contre, si vous ne disposiez pas de code l'année dernière ou si vous venez d'intégrer l'établissement, vous devriez y trouver votre compte (tablette) (ho ho ho. Philippe Bouvard, sors de ce corps. Y'a pas la place).

Sur ces bonnes paroles, je vais m'empresser d'éditer celles pour vos chers bambins et de remplir ma demande d'arrêt maladie pour dépression nerveuse.

Vous souhaitant une bonne journée,

Bien cordialement,

-- 
 
Le secrétaire de direction

Salut comment tu vas ? Je peux te parler ?

Où il convient de prévenir tout le monde que la prof de Latin s'est fait pirater sa boîte mail, avant le désastre informatique annoncé.

 

Bonjour à tous,


Vous l'aurez sans doute compris par vous-mêmes mais si vous avez reçu un mail de Madame Saclak dans la soirée ou durant la nuit vous demandant comment ça va, n'y répondez pas, si sympathique que vous la trouviez par ailleurs. Latet anguis in herba.

Je la connais. Elle va vous dire qu'elle est bloquée à la frontière d'un pays émergeant et qu'elle a besoin de votre fortune en bit.coin pour pouvoir échapper aux geôles du lobby bolcho-soviétique, comme d'habitude, ça lui prend de temps en temps, tout ça parce qu'elle est dans la Creuse et que le buraliste ne rend pas la monnaie.

Les plus observateurs d'entre vous l'auront sans doute même croisée ce matin dans les couloirs, preuve s'il en est besoin que l'influence du lobby bolcho-soviétique n'est plus ce qu'elle était.

Bref, en substance : il s'agit d'un piratage de compte. N'y répondez pas, vous risqueriez d'avoir à faire une brouette d'HSE pour finir le mois.

Vous souhaitant une bonne journée,


Bien cordialement,


-- 
 
Le secrétaire de direction

lundi 20 septembre 2021

Où y'a de la MGEN, y'a pas de plaisir

Où la paperasse appelle la paperasse, et les précisions (tardives) qui vont avec. D'autant que les syndicats avaient dit de faire... tout le contraire.

 

A l'attention du personnel du collège Jean Roucas, tous statuts confondus,


Bonjour à tous,


Si vous êtes affilié à la MGEN, vous avez peut-être reçu ces jours-ci (ou allez recevoir) un courrier postal à votre domicile intitulé "Attestation de couverture", vous exhortant à signaler à votre employeur un changement important effectif au 1er janvier 2022.

Ce qui vous a probablement plongé comme moi dans des abîmes de perplexité, le temps de vous demander si vous deviez l'encadrer, le recycler, vous en servir pour le dernier barbec' de la saison ou le ranger dans cette fameuse pochette administrative où tout est bien classé mais qu'on ne retrouve jamais quand on en a besoin.

La réponse est : le conserver précieusement, dans l'attente qu'ouvre (courant octobre, nous annonce-t-on) l'application dématérialisée sur laquelle vous devrez en déposer une copie numérique séance tenante.

Ce qui nous laisse au moins six fois le temps de l'égarer. 

En ce qui me concerne, j'ai pris un peu d'avance.

Restant à votre disposition pour tout renseignement complémentaire, quand bien-même n'en ai-je pas pas vraiment davantage à vous communiquer...


Bien cordialement,

-- 
 
Le secrétaire de direction

vendredi 17 septembre 2021

Toujours plus loin, toujours plus vite, au-delà de l'outer limit

 Où la semaine fut rude et où je n'avais ni le goût, ni l'envie, ni la force d'écrire quoi que ce soit (à part une lettre de démission, mais je la garde pour plus tard...). Du coup, j'ai fait à l'économie.

 

Ce n’est pas une défaillance de votre boite-mail.

N’essayez donc pas de régler le contraste de votre ordinateur.

Nous maîtrisons, à présent, Microsoft Excel.

Nous contrôlons les polices de caractères et les couleurs d'arrière-plan.

Nous pouvons vous noyer sous un millier de cases en gris-blanc-mauve ou dilater un simple clipart jusqu'à lui donner la clarté du jpeg, et même au-delà…

Nous pouvons modeler votre perception de la semaine qui vient et vous fournir toutes les informations qui vous seront utiles pour l'aborder en connaissances de cause.

Pendant les cinq minutes qu'il vous faudra pour consulter le planning joint, nous contrôlerons tout ce que vous allez voir et entendre.

Nous partagerons les angoisses et les mystères qui gisent dans les plus profonds abysses…

AU-DELAAAAA DU WEEK-END.

(toudoudoudou toudoudoudou)

 

source : 



(Bien cordialement)

-- 


Le secrétaire de direction

(n'essayez pas de le régler, lui non plus, c'est une cause perdue)

 

samedi 11 septembre 2021

Las des as

Où sous l'impulsion de Monsieur le CPE (toujours au taquet, lorsqu'il s'agit de me torturer), le premier semainier de l'année rend hommage à un monstre du cinéma français. Et où j'en profite pour régler mes comptes avec mon collègue de bureau, qui a rédigé le message de la semaine passée, du fait de mon absence inopinée. Non sans me tailler un short au passage, le fourbe.

 

Bonsoir à toutes, tous, et chacun,

Aussi pressés que vous soyez de consulter le fichier en pièce jointe (nul ne saurait vous en blâmer), je vous invite à prendre quelques secondes pour soupirer de soulagement.

Car nous l'avons échappé belle. Figurez-vous que dans sa volonté de rendre hommage à notre Belmondo National, le semainier avait prévu de débarquer chez vous non pas par votre boîte mail, comme chaque semaine, c'eut été trop conventionnel, trop "mou" ("trop catégorie C", a-t-il ajouté avec un sourire narquois à mon intention), mais en sautant en parachute d'un hélicoptère en flammes, directement à travers la fenêtre de votre salon, pour se réceptionner en  roulé-boulé-acrobatique-triple-lutz-piqué-al-dente-turbo-the-new-challenger-on-the-rocks-avec-félicitations-du-jury derrière le canapé, bondir entre deux tabourets, taper une bière dans le frigo, ou deux, ou trois (selon le stock disponible), tirer trois coups de feu en l'air (ou cinq, ou six - pareil), s'allumer un cigare en barreau de chaise (ou à défaut : un barreau de chaise tout court) et s'écrier à la volée "Toc Toc Badaboum it is me, Ze Planning de la semaine prochaine !".

Il m'aura fallu déployer des trésors de diplomatie pour calmer ses ardeurs, lui expliquer les choses longuement, avec des mots simples, comme vous expliqueriez vous-mêmes les additions à deux chiffres à un élève de 1ère générale (car oui, je parle aux objets inanimés, comme toute personne travaillant dans l'Education Nationale depuis plus de cinq ans) ; comme quoi on ne pouvait pas débouler chez les gens et tout casser comme ça, même avec l'aval de ces messieurs de la Comédie Française (surtout au prix où est le double-vitrage aujourd'hui), que c'était des coups à se flinguer les lombaires et que même avec l'aide des élèves du club aéronautique, toujours partants pour ce genre d'activités extra-scolaires, c'était trop compliqué à budgéter, qu'il n'y avait pas de ligne comptable pour les hélicoptères en flammes (on se demande à quoi pensent nos Énarques quand ils rédigent leurs documents de référence...).

Il a eu l'air déçu.

Lui, si Magnifique, traité comme un vulgaire Guignolo...

Il n'empêche que s'il ne marquera pas les esprits autant que son idole (rappelons que Bébel a inspiré rien moins que trois personnages de dessins animés japonais - Cobra, Edgar de la Cambriole et un personnages des Mille et Unes Nuits de Tezuka -, ainsi qu'une lignée de personnages de jeux vidéo - dans la saga Castlevania -, en plus des Blueberry et consors), il vous permettra d'anticiper les temps forts des sept jours à venir. Ce qui n'est pas si mal, pour un bout de papier. Moi-même, je serais bien en peine d'en faire autant.

Oh et je sais, de vous à moi, vous préférez quand c'est Thierry qui rédige le mot d'accompagnement, j'ai insisté pour qu'il s'y colle mais il a fait sa diva et m'a opposé une fin de non recevoir (ainsi qu'une mesure d'éloignement, pour ne courir aucun risque),

Vous souhaitant un excellent week-end malgré tout, et vous laissant le soin de le bombarder de messages pour réclamer son retour à la plume vendredi en 8,

Toc Toc Badaboumement vôtre,

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Le secrétaire de direction

vendredi 10 septembre 2021

La petite boutique des horreurs

 Où le service des objets trouvés ne sait plus où donner de la tête.

 

Bonjour à tous,


M'a été rapporté ce jour au secrétariat de direction ce que je qualifierai de "bidule" (tm), faute d'un terme plus approprié ; bien qu'il puisse tout à fait s'agir d'un "machin" (tm) également, je ne suis pas très au fait de la terminologie en vigueur.

De forme rectangulaire et d'un joli bleu métallisé, comme on en trouve sur les jantes des Golfs GTI à Ibiza ou dans le regard de certains cocaïnomanes (l'un n'excluant pas l'autre, bien au contraire), il est surmonté d'un embout de type trucmuche (tm), fruit de plusieurs années d'une recherche technologique qui aurait pu servir de plus grandes causes, comme faire en sorte que la tartine ne tombe plus du côté de la confiture, ou envoyer Donald Trump sur la Lune (après, si on vise à côté, personne ne versera sa larme, après tout, ce sont des calculs compliqués, une erreur humaine est si vite arrivée) (clin d'oeil entendu, répété deux fois).

Ayant consulté mon collègue, qui est également mon expert en turpitudes du monde moderne (car mon âme à moi est pure comme les neiges du Kilimandjaro - ou, disons : du massif du Ventoux), il s'avèrerait que ce machin (tm) serve à projeter de la fumée aromatisée directement dans les poumons de son propriétaire - dispositif dont n'ont jamais trop eu besoin les conducteurs de véhicules diesel. A une époque où il est si facile de sniffer des marqueurs ou de se faire une ligne de ty-pex achetés sur le budget de l'établissement, je m'interroge sur l'utilité véritable d'un tel dispositif, mais le tiens néanmoins à la disposition dudit propriétaire.

Bien cordialement,

-- 
 
Le secrétaire de direction

Les voyages forment la jeunesse

 Où ça ne s'arrange pas niveau fatigue mais où ce qui a été promis la semaine précédente a été promis...   Bonsoir à tous, Je n...