Mais qu'est-ce donc qu'un semainier ? Excellente question, l'internaute, à laquelle te répondra la petite icône en haut à droite, ou bien la barre latérale du blog, si tu navigues sur un PC de riche avec un écran grand comme la Baltique.

lundi 24 octobre 2022

Trepalium

 Où qui dit permanence administrative dit "bientôt les vacances", et où c'est clairement PAS TROP TÔT !


Bonjour à tous ceux qui, comme moi, sont dans l'éducation nationale pour les vacances scolaires, et qui se sont trouvés fort dépourvus quand on leur a parlé de cours à préparer, copies à corriger et autres parents à contacter (une déconvenue à la hauteur de celle éprouvée par le Docteur Faust lui-même au lendemain de la signature de son CDTI) (contrat à durée TRES indéterminée)...

Parce qu'hélas, oui, rares sont ceux d'entre nous qui ont eu la présence d'esprit de se réorienter à temps dans, disons, par exemple, au hasard, un poste de testeur de matelas chez Dunlopilo, de dompteur de marmottes en Haute-Savoie ou (moins ambitieux, mais plus facile d'accès) de secrétaire administratif dans la Fonction Publique, comme votre serviteur (parfois au figuré, et parfois au sens propre).

Parce qu'au risque de m'attirer vos foudres, même si par extraordinaire je souhaitais ramener du travail à la maison, je ne sais pas, moi, parce que je serais dépressif, masochiste, parce que j'aimerais me faire du mal ou parce que je voudrais me punir pour les péchés de mes vies antérieures (ou pour les méchancetés que j'écris dans mes messages de semainier) ; même si, donc, écrivais-je, j'étais tenté de ramener du travail à la maison, cela me serait matériellement impossible en vertu du principe de réalité qui veut que pour pouvoir ramener quelque chose chez moi (ici : du travail), il faut que ce quelque chose existe ailleurs que dans mes pires cauchemars... or vu que je suis fonctionnaire, du travail, ce n'est pas demain la veille que j'en aurais, selon un sondage Ipsos-Sofres-Les-Chevaliers-du-Fiel. Et de toute façon, dans le cas contraire, je connais l'astuce, je le refilerais à mon collègue du secrétariat élèves, "dans une optique de mutualisation des services en vue d'une optimisation des forces vives de l'établissement". Et oui, les enfants, prenez-en de la graine... fonctionnaire, c'est un métier.

Pour preuve : alors même que vous n'avez rien demandé et que, quand vous me demandez des trucs, je ne les fais qu'une fois sur deux, je vous en rajoute encore une tartine en vous envoyant ci-joint le planning de la semaine de la rentrée, que pour ma part je n'ouvrirais pas une seule fois des quinze jours à venir puisque je ne suis pas concerné. Ha ha. C'est qui le taulier ? !

Et pendant que vous ferez la même tête que le Cri de Munch et que vous vous lamenterez en découvrant son contenu plus chargé qu'un pilier de bar PMU ("le vendredi va vous étonner", comme ils disent sur internet), moi, je serais en train de me dorer la pilule sous le soleil de Mexico (pas parce que je roule sur l'or ou parce que je suis un globe-trotter, mais parce que j'ai un casque de réalité virtuelle, et que c'est quand même bien pratique quand on a les revenus d'un intermittent du spectacle - ce qu'on est bel et bien, d'une certaine manière, ces petits messages en sont la preuve objective). 

Vous souhaitant donc de très bonnes vacances, réelles ou virtuelles,

Bien cordialement,

-- 
 
Le secrétaire de direction

vendredi 14 octobre 2022

Soupe à la grimace

Où une nouvelle semaine TRES dense se termine sur un fait divers consternant, m'offrant là l'occasion de tirer un trait sur mes errements de la semaine dernière.

 

Bonsoir à tous et avant toute chose, prenez une grande inspiration, puis une autre, et encore une, c'est la maison qui régale (n'oubliez toutefois pas d'expirer entre deux si vous ne voulez pas passer le week-end aux urgences).

En effet, vos craintes ne sont pas fondées, vous pouvez poursuivre la lecture de ce message l'esprit tranquille (quand je dis que vos craintes ne sont pas fondées, que ce soit clair : je parle de celles que vous auriez pu éprouver à l'idée de m'entendre "chanter" à nouveau - désolé, il n'y a pas de verbe dans le vocabulaire humain qui pourrait traduire l'abomination que j'ai commise la semaine dernière -, pas de vos craintes comme quoi la terre pourrait être creuse et habitée par des lutins qui gouverneraient le monde en cachette. Ces craintes-là sont tout à fait fondées, elles).

Car je sais que vous avez ouvert ce courriel d'un clic tremblant (environ 8 sur l'échelle de Richter, les sismographes sont formels) (ne niez pas, je l'ai senti de chez moi), terrifié à l'idée que je pourrais repousser la chansonnette, et les limites de vos tympans par la même occasion.

Aussi vous rassuré-je sans préambule : la cour de cassation a tranché, j'ai reçu une injonction à ne pas approcher un micro à moins de deux cent mètres. Or même en criant très très fort (j'ai essayé), à deux cent mètres, on m'entend à peine sur la bande audio. Je ne peux donc désormais plus tenter que des reprises de Carla Bruni, essentiellement pour un public de chauve-souris et de chiens policiers. Ce qui reste mieux que la pauvre Lorie ces temps-ci, puisqu'elle ne chante plus que pour les retraités du rayon fruits et légumes de l'Intermarché de Racoon-City-sur-Essonne

Las ! Cette décision de justice aura mis un terme prématuré à mon projet d'album, au grand dam de tous les agriculteurs m'ayant écrit des messages de remerciements pour la pluie de samedi dernier, et m'ont témoigné leur reconnaissance en pommes de terre et en choux fleur. J'ai d'ailleurs cru d'abord qu'ils m'en voulaient à mort et que c'était une forme de punition de leur part mais non, à ma grande surprise, renseignements pris, ils considéraient vraiment ça comme des cadeaux. Du coup je me suis noté dans mon calepin de ne jamais me les mettre à dos parce que j'ignore ce qu'ils me réserveraient dans ce cas-là. Sans doute la même chose, mais blette. Ou pire : des choux de Bruxelles.

Et donc mes espoirs de fuir l'Education Nationale en perçant dans le milieu artistique ont été balayés par cette odieuse cabale, orchestrée contre moi par l'Association des Professeurs de Musiques Libres, société secrète grâce aux efforts de laquelle Calogero n'a pas encore pu intégrer le répertoire de nos spectacles de fin d'année (merci). Ce qui vaut peut-être mieux pour moi, d'ailleurs,  parce qu'en 2022, artiste, ce n'est plus ce que c'était, mieux vaut faire Kardashian, c'est une source d'inspiration pour les jeunes et en plus pour réussir dans cette branche, il suffit de se faire injecter des trucs dans des machins et ça, je sais faire, je n'arrête pas ces derniers temps, avec cette histoire de Covid, je suis rodé à l'exercice. Ou en tout cas : je me pique de l'être, ce qui constitue un bon début.

Pour preuve : à ceux d'entre vous qui se demandent le lundi matin si dans la société du troisième millénaire, leur métier sert encore vraiment à quelque chose, et s'il ne vaudrait pas mieux qu'ils se collent la tête sous le coussin et ignorent le réveil (ça ne m'est jamais arrivé à moi, bien sûr, mais j'ai un très bon ami qui vit ça régulièrement), je livre cette anecdote toute fraîche piochée dans l'actualité du jour (professeurs d'Arts Plastiques, pour votre bien-être moral, ne lisez plus, sautez directement à la fin du message, là où je copie-colle mon RIB pour encourager vos généreux dons) : dans un musée anglais, les fameux Tournesols de Van Gogh ont été arrosés à la soupe industrielle par deux jeunes militantes écolo, qui se sont ensuite gluées les mains au mur pour faire un discours sur la faim dans le monde, la fin du monde, et toutes les étapes intermédiaires pouvant conduire de l'une à l'autre. Et alors moi je dis, elles auraient eu des vrais profs dans leur scolarité, ou des vrais parents, on aurait évité le drame. Parce que déjà, la soupe à la tomate industrielle, ça se marie très mal avec les tournesols, le goût de la tomate est beaucoup trop fort, ça gâche celui des tournesols (à part s'ils sortent de chez Monsanto, auquel cas ils ont celui du Royal Deluxe avec supplément frites à volonté, mais c'est un autre débat)... Un acte qui dénote d'un manque d'appétence manifeste pour les arts culinaires (en plus des arts plastiques), même si on sait très bien que nos amis anglais ont quelques handicaps sérieux en la matière (on peut se réjouir d'avoir au moins échappé à leur abominable custard cream, de triste réputation. De quoi nous rappeler qu'au collège Jean Roucas, nous avons la chance d'avoir une super équipe en cuisine, qui va encore régaler nos élèves plus qu'ils ne le méritent lors du Grand Repas de jeudi - cf. le semainier ci-joint).

Pour rappel, le 30 mai dernier, c'était la Joconde qui prenait une tarte à la crème.

Ce que cela indique quant à l'évolution de nos mentalités, de la part de personnes qui, de toute évidence, peinent ne serait-ce qu'à teindre leurs cheveux en mauve convenablement ? Je laisse chacun juge, même si je n'en pense pas moins. 

Toujours est-il que fort heureusement, et pour rassurer les âmes sensibles, ces toiles sont exposées derrière des vitres de protection, elles sont par conséquent intactes. Le monde, lui, a toujours aussi faim. Raison pour laquelle je compte sur vous pour apprendre à vos élèves à définir des objectifs réalistes et à mettre en place des stratégies adaptées pour les atteindre, avant qu'on ne les retrouve glués sur les ailes d'une éolienne. Et enseignez-leur à respecter l'Art, accessoirement.

Vous souhaitant un week-end post-impressionniste, et de la soupe à la tomate du marché dans votre bol plutôt qu'en conserve sur les murs de votre intérieur,

Bien cordialement,


-- 
 
le secrétaire de direction

vendredi 7 octobre 2022

Moi (l'autre), Beau et Gentil

Où après trop de véhémence, la semaine dernière, une nouvelle semaine à assumer un double poste amène son lot de mea culpa.

 

Bonsoir à toutes et tous car oui, le soir est bon, le soir est doux, les oiseaux chantent, vous êtes tous beaux, je vous aime sans réserve !

J'aime le collège, j'aime le travail, j'aime les mandatements administratifs, j'aime la nouvelle sonnerie, j'aime les cris des élèves, qui sont musique à mes oreilles (une sorte de Dark Metal chanté par des Chipmunk, mais hé ! C'est un concept...), j'aime les comptes pronotes, j'aime les coupons de bourse, j'aime les circulaires, j'aime ma fonction, de façon certes très platonique et sans transports émotionnels ("vas donc, je ne te hais point !" disais-je ce matin encore à mon contrat de travail), je ne suis, vous l'aurez compris, qu'amour et bienveillance envers mon prochain, ma prochaine et tous ceux qui viennent après (prenez un ticket). Et je vous remercie chaleureusement car vous avez été nombreux à faire remonter mon message de la semaine dernière aux autorités rectorales, lesquelles ont eu la gentillesse de m'envoyer un psychologue commis d'office, le médecin du travail, un avocat, des huissiers de justice, grâce auxquels j'ai pu obtenir ces petites pilules roses et bleues qui ont chassé mes idées noires et eu raison de mon mauvais esprit !

Je réalise après coup combien j'ai été dur, et injuste, envers, entre autres et sans caractère limitatif : les Ardéchois, les Drômois, les parents, les élèves, l'administration, mes collègues, ma famille, Jul, le point d'indice, Philippe Bouvard, les êtres humains, les choux de Bruxelles, les Anneaux de Pouvoir et moi-même. Je ne me vois plus "moche", d'ailleurs, mais "physiquement aventureux". Et ça change tout !

Plus rien ne m'affecte, plus rien ne me fâche.

On m'a volé ma belle paire de ciseaux rouge et mon coupe-papier cette semaine ? Pas graaaaaave ! ça me fera une excuse pour en faire ENCORE MOINS, holala. Si quelqu'un parmi vous veut découper tout son saoul jusqu'à ce qu'épuisement s'ensuive, qu'il le fasse, il a ma bénédiction !  S'il n'y a que ça pour lui faire plaisir, ça me fait plaisir aussi !

Les coupons de bourse ne sont pas rendus dans l'ordre alphabétique ? Pas graaaaaaave ! L'ordre alphabétique, ça intéresse qui, encore, en 2022 ? L'ancien moi aurait même ajouté que l'alphabet était discriminant envers  les Ardéchois mais c'est fini tout ça ! J'ai été un vilain garçon et je fais amende honorable ! C'était la dépression et le surmenage qui parlaient à travers moi. Grâce aux efforts conjoints de la chimie et des majors pharmaceutiques, que j'aime aussi de tout mon cœur et qui n'ont que mon bien-être à l'esprit, je suis un homme nouveau. A ma fenêtre, les rouge-gorges chantent, les moineaux dansent, leur plumage dégoulinent de coloris fluos (assorties au semainier joint et aux bonbons Haribo qui traînent sur la table), les étincelles pétillent dans l'air, les yeux des lapins au pied de ma chaise me font comme des appels de phares, les souris sortent des murs en file indienne (pardon : natives américaines) et chantonnent en alexandrins, tout en m'aidant à classer mes dossiers directement à la poubelle (contrairement au panda qui, lui, n'a rien fichu en deux semaines, à tel point qu'au comble de son inaction, on aurait dit l'ancien moi).  En plus, avec la perspective du retour de mon collègue lundi, terminé le burn-out, je me sens comme, je ne sais pas... une princesse Disney, oui, voilà ! Grâce aux pilules magiques, je suis une princesse Disney, à présent, et je le prouve :

 


 (avant de cliquer, assurez-vous tout de même que vous êtes bien couverts par la MGEN, y compris pour les dégâts des eaux).

Aussi, je peux le crier haut et fort en lançant les coupons de bourse partout dans le bureau : l'ordre alphabétique n'est qu'un honteux vestige du patriarcat ! Plus personne ne veut de ça aujourd'hui ! Je propose qu'on le remplace par des compétences, ou un code couleur, ou au moins qu'on classe plutôt les prénoms par grandes familles étymologiques, histoire de différencier ceux qui viennent de Games of Throne (ceux avec les Y, les H, et les apostrophes, comme Mylliyanah-Elyannah-de-Melniboné ou Sire Loeric-Pourfendragon, pour ne citer que les plus usités), ceux des séries américaines des années 90 (Brendon, Brenda, Brandy, Brangelina, Branlebadecomba, tous tristement passés de mode), ceux tirés de jeux vidéo (Mario, Luigi, Tortu-Ningeat) et ceux qui n'ont d'autre finalité que de valoir mot compte triple au scrabble (mais si, vous savez bien, ces fichus mots dont personne ne sait ce qu'ils veulent dire, pas même ceux qui les posent, mais qui "sont dans le dictionnaire, si, si, t'as qu'à vérifier")... et après, on se demande pourquoi il y a davantage de dyslexiques et de dysorthographiques chaque année (Dysorthographique, tenez, ça ferait un joli prénom, ça.  Si un jour j'ai une fille, je l’appellerai comme ça. Et si c'est un garçon, je l’appellerai "Référentiel bondissant", ça lui ira comme un gant), mais quand déjà, dès la maternelle, tu dois galérer pour te souvenir de la place du y, du h et de l'apostrophe dans ton prénom, tu pars avec un gros handicap dans ta vie (une petite pensée au passage pour les auteurs de Fantasy qui vont avoir beaucoup de mal à trouver des noms "exotiques" pour leurs héros dans les années qui viennent, à moins de prendre le parti-pris inverse et de les appeler Robert ou Gudule. Après, bon, Robert le barbare, ça sonne moyen, mais il devrait y avoir un public malgré tout, au moins en France).

Mais las ! Je sens que le mauvais esprit revient, vous auriez dû m'interrompre, enfin, allez, je reprends deux pilules à titre préventif. Hop là. Au goût, je dirais Mangue-Papaye-Aluminium. Y'a un petit goût.

Et je veux dire, même les élèves, j'ai été dur avec eux, j'ai pu écrire par le passé qu'ils étaient bruyants et que leurs résultats n'étaient pas forcément toujours à la hauteur de ce qu'on serait en droit d'attendre d'eux (vilain Laurent joufflu !) mais je les vois différemment, maintenant (avec les yeux ouverts, déjà, ça change la vie, même si ça fait bizarre les premiers temps). Car on n'apprend pas aux poissons à grimper aux arbres, je l'ai lu sur internet. Je n'ai pas bien compris le rapport parce que nos élèves n'ont pas de branchies et qu'ils ne savent pas tous nager non plus, d'autant que moi aussi, je ne sais pas grimper aux arbres, mais je sais désormais que s'ils ne veulent pas aller à l'école, ce n'est pas parce que n'importe qui d'un peu censé préfèrerait rester sous sa couette à jouer à Fortnite plutôt que de se mettre un coup de chaussure au derrière pour aller s'enfermer des heures dans une salle de classe, mais parce qu'ils souffrent d'un trouble de l'opposition (tm). Si vous ne me voyez pas lundi à 8 heures, ne vous posez pas de question. De même, si leurs résultats ne sont pas toujours bons, pour faire dans la litote, ce n'est pas parce qu'ils ne travaillent pas assez, mais parce qu'ils ont un Haut Potentiel Emotionnel (tm) qui les empêchent de s'intégrer dans le cadre sclérosant de l'Education Nationale. Si je ne suis toujours pas là lundi à 8h10, vous saurez quoi penser. Mais bon, grâce à mes nouvelles meilleures amies les pilules, je compatis. A tout. Tout le temps. Par tous les temps.

Mon cœur n'est plus que bienveillance. Au moins jusqu'au lundi en question.

Vous souhaitant un week-end euphorisant (bien que pluvieux, si vous avez cliqué sur le lien Youtube),

Bienveillamment vôtre,

-- 
 
Le secrétaire de direction

jeudi 6 octobre 2022

- 50% sur les crédits pédagogiques

 Les professeurs ne s'étant pas bousculé pour solder leurs crédits pédagogiques suite à mon dernier message, il me faut relancer. Or il se trouve qu'on l'aura compris, en ce moment, je n'ai pas vraiment que ça à faire, alors je vais direct aux fondamentaux...

 

A l'attention des professeurs du collège Jean Roucas,


Bonjour à tous,

Pour faire suite à mon mail du 19 septembre, je vous rappelle que vos crédits matière 2022 arrivent bientôt à péremption.

Par conséquent, si vous avez des commandes à faire pour cette fin d'année, il est impératif de les avoir passées (en accord avec M le Gestionnaire, ça va sans dire) avant les vacances de la Toussaint.

Et j'insiste sur la préposition "avant" qui accompagne la locution "vacances de la Toussaint", ici, car elle est d'une importance capitale, dans la mesure où on m'a fait comprendre de manière explicite que quiconque se présenterait la bouche en cœur le vendredi 21 octobre ou le lundi 24 repartirait avec une empreinte de chaussure taille 42 tatouée sur le visage. 

Mais avec bienveillance.

Restant à votre disposition pour tout renseignement complémentaire, et vous souhaitant une bonne journée,

Bien cordialement,

--

 

Le secrétaire de direction


Coupon court

 Où le retour des coupons de bourse se fait au compte-goutte et où je commence à sentir la moutarde extra-forte me monter au nez...

 

A l'attention des professeurs principaux du Collège Jean Roucas,


Bonjour à tous,


Il nous manque encore le retour de certaines classes au niveau des coupons de bourse, aussi me permets-je  (elle est chelou, cette tournure, non ?) de battre le rappel car il faudrait nous les rapporter sans délais, pour traitement à notre niveau (et quand j'écris "notre" niveau, je veux dire "mon" niveau à moi tout seul, depuis deux semaines tout rond).

L'occasion pour moi de rappeler quelques préalables, que mon collègue est trop gentil, trop poli et trop plein d'énergie pour souligner habituellement :

- Dans la mesure où à l'impossible nul n'est tenu, vous pouvez nous les rapporter MÊME si vous n'avez pas réussi à tous les récupérer, l'exercice n'est pas noté. Bon, bien sûr, si vous ne nous en rapportez que quatre ou cinq, vous aurez un avertissement travail et un mot dans le carnet, mais ce n'est pas comme s'ils pouvaient geler le point d'indice encore plus fort, si ? (il faut vraiment que j'arrête avec ça, ça devient redondant).

- Les ramener dans l'ordre alphabétique, c'est mieux. N'oubliez pas que le personnel administratif, c'est un peu comme les yaourts au bifidus, en moins appétissant : si vous vous souciez du secrétariat, le secrétariat se soucie de vous. Alors oui, je sais que c'est pénible et contraignant, mais si ça l'est pour une classe, imaginez un peu ce que ça donne pour plusieurs à la fois. Avec Rémi, chaque année, on se sert de ça comme baromètre pour déterminer quels profs nous aiment à peu près bien et lesquels nous détestent à mort. Méfiez-vous. Nous tenons nos tableaux à jour.

- Les ramener avec leur liste de pointage, c'est mieux aussi. Parce qu'on doit re-pointer derrière et oui, on peut bien les réimprimer mais "avec-la-crise-du-papier-et-les-arbres-qu'on-abat" (vous connaissez la chanson), ce n'est pas super écolo-friendly non plus. En plus on est trop occupés à râler sur les coupons rendus dans le désordre pour lancer de nouvelles extractions.

Après, je comprends tout à fait que tout ceci soit contraignant, que cela se rajoute à des semaines de travail déjà chargées et que cela paraisse finalement très anecdotique, à votre niveau, voire superflu, voire carrément casse-organes-de-votre-choix (ça l'est pour nous aussi, mais chut, ça reste entre nous !), et que de nombreux parents s'en fichent comme d'une guigne "parce qu'ils n'y ont pas droit de toute façon" (ils ont droit à des codes Pronotes et à des certificats de scolarité en début d'année, ça ne les empêche pas de nous les redemander trente fois dans l'année, par contre, et là il les leur faut toujours pour avant-hier) ; mais ce sont des documents importants, qu'il nous faut traiter et conserver, surtout depuis que la société moderne a transformé les réclamations juridiques en discipline olympique, et la moindre approximation administrative en potentielle source de revenu financier.

Non et puis moi, bon, voilà, je suis un vieux râleur mal embouché, mais mon collègue revient lundi et il va avoir quand même pas mal de boulot à rattraper, donc autant lui simplifier un peu la vie, non ? Il est gentil, Rémi. Poli, plein d'énergie. Faisons donc en sorte que ça dure... :)

Vous en remerciant par avance,


Bien cordialement,

-- 
 
Le secrétariat de Direction

Les voyages forment la jeunesse

 Où ça ne s'arrange pas niveau fatigue mais où ce qui a été promis la semaine précédente a été promis...   Bonsoir à tous, Je n...