Où les week-ends de trois jours deviennent les meilleurs amis du fonctionnaire, et où ils ont un parfum de grande aventure...
Je ne sais pas pour vous mais moi, j'entends le bruit des vagues.
Woush-woush
glissent-elles à mes oreilles de leurs voix de sirènes, alors que j'ai
au bout du fil quelqu'un du rectorat dont je ne retiens qu'un mot sur
quarante ("je" "vous" "augmente" "monsieur" "Liehd"... oui, j'ai
forcément mal compris, sans doute est-ce un avant-goût de l'ivresse des
profondeurs).
Tandis qu'on me parle "dossiers incomplets" et de
"retenue sur salaire" (ou du moins, cela ne devrait plus tarder), rien à
faire : je n'entends qu'elles.
Woush. Woush.
Et re-woush.
Hypnotique,
le mouvement du ressac m'annonce un week-end de trois jours aux
températures estivales - qui, gageons-le, feront du bien là où elles
passeront (dès que je quitte le Collège, c'est décidé : cap sur Leclerc
pour acheter un stock de crème solaire et revendre tout ça dix fois le
prix sur Leboncoin).
Pour me mettre dans l'ambiance de ces
semi-vacances, j'ai renversé mes trombones par terre, comme autant de
petits coquillages à l'émail argenté, et je m'essaie maintenant à
marcher pied nu tout en évitant les punaises (que j'ai, pour l'occasion,
rebaptisées "oursins").
Même le café de la salle de repos a désormais le goût prémonitoire d'un double-Martini-diabolo-menthe-sans-alcool.
Tout à l'heure, si les embruns se calment, j'irais à la pêche au merlu dans la salle des archives.
Pour
tout vous dire, j'en suis arrivé au point où je sens presque le sable
entre mes doigts de pieds (en éventail, comme les doigts de pieds de
tout fonctionnaire que si respecte) : qu'on ne me demande rien, mon
esprit a sorti son seau, sa pelle et son râteau, et a entrepris de bâtir
une réplique de Chambord modèle réduit (comme d'habitude, le résultat
ressemblera au Château de Crussol, mais si c'est bon pour les Ardéchois,
c'est aussi bon pour moi).
Plus vrai que nature, le cri des mouettes
résonne à quelques mètres de moi, sans doute parce que c'est l'heure de
la sortie et qu'il y a des élèves plein les couloirs.
A moins d'une
heure de la quille, plus que jamais, je le pressens, ce n'est pas le
large qui prendra le fonctionnaire, mais le fonctionnaire qui prendra le
large. Sans trop de décalage horaire.
Que serait, cependant, le
farniente d'un après-midi à la plage sans un semainier qui ressemble,
plus que jamais, à une grille de mots croisés (vide). Je vous laisse le
soin d'en remplir les marges. Vous pourrez éventuellement vous en servir
pour une bataille navale...
Bon long week-end à tous !
--
Le secrétariat de direction
Notice explicative : le château de Crussol est une curiosité locale à ne pas manquer, quand vous passez en Ardèche (mais quelle idée, aussi !), cependant le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il n'est pas en très très bon état.
Notice explicative 2 : l'Ardèche est sans conteste le département le plus rural et le moins civilisé que la France ait jamais connu : connue pour ses châtaignes, ses routes en zig-zag et ses sangliers, elle ne possède ni gares, ni trains de voyageurs, ni électricité, ni eau courante, ni rien qui puisse évoquer une forme de civilisation ne serait-ce que rudimentaire. Accessoirement, depuis des siècles, elle est en guerre avec la Drôme de l'autre côté du Rhône, dont elle jalouse les fastes et le raffinement. Ce qui en fait incontestablement le meilleur running gag de l'univers, à égalité avec Mogadiscio.
Petites Grandeurs et Grandes Misères d'un Secrétaire de Direction
Mais qu'est-ce donc qu'un semainier ? Excellente question, l'internaute, à laquelle te répondra la petite icône en haut à droite, ou bien la barre latérale du blog, si tu navigues sur un PC de riche avec un écran grand comme la Baltique.
jeudi 7 mai 2015
lundi 13 avril 2015
In the aftermath
Où l'on s'appuie laborieusement sur le courriel d'un professeur, entièrement reproduit en corps de texte, pour articuler ce nouveau message d'accompagnement, et où celui-ci ne tarde pas à virer au grand capharnaüm.
Au Collège Jean Macé, le vernis se craquelle, les langues se délient.
Suite à la publication de notre reportage-choc de la semaine dernière, vous avez été nombreux (et nombreuses !) à écrire à la rédaction pour dénoncer tel ou telle collègue (selon une enquête Ipsos-Sofres, en effet, rien ne serait plus égalitaire que la délation) ; au point qu'il nous a fallu engager un intérimaire pour traiter ce raz-de-marée de courriers inattendus (intérimaire qui a accepté avec le sourire d'être payé au lance-pierres, mais qui a commencé à faire la tête quand il a reçu ses premiers cailloux - ha, ces jeunes, tous des ingrats).
Pour des raisons bassement éditoriales, il ne nous sera pas possible de reproduire ici la totalité de ces sulfureuses missives, aussi avons-nous choisi de nous focaliser sur la participation d'une certaine Mme L*******, qui a tenu à alerter ses collègues sur plusieurs points problématiques :
"Pour cette semaine, je te suggère (notons que Mme L******* tutoie la rédaction, ce qui semble indiquer qu'elle a des contacts haut placés) d'évoquer le cas de M. W****, devenu cette année recordman du nombre de courriers anonymes (ou pas) adressés à un professeur. Pour le service des réclamations, c'est pas compliqué: salle A 17, 1er étage, à droite, porte jaune".
Après une enquête de terrain dans les règles de l'art (comprendre : après avoir longuement fouillé poubelles et corbeilles à papier), nos spécialistes de l'investigation ont réussi à mettre la main sur le dernier en date, entièrement rédigé à l'aide de lettres découpées dans des magazines, comme dans les films. Un document surprenant, presque touchant, qui met en lumières les difficultés inhérentes au statut de harceleur. Car non, tout n'est pas rose pour ces individus souvent mis au ban de la société pour des raisons de convenance.
"Cher M W****. Comme d'habitude, vous ne savez pas qui je suis ni d'où je vous écrit, et je sais où vous habitez et je sais le nom de vos enfants, vous connaissez le refrain par cœur, mais j'espère que vous allez bien depuis mon dernier courrier anonyme. Moi, personnellement, ça va, ce qui ne veut pas dire que si vous croisez un parent d'élève qui vous sourit, ce sera forcément moi, entendons-nous bien. Même si, bien sûr, je vous sourirais si je vous croise. Sachez que je n'ai plus rien à vous reprocher personnellement, mais comme j'ai été obligé de m'abonner un an à Wapiti, le célèbre magazine animalier, pour être sûr d'avoir assez de W à découper pour tous mes courriers de l'année, j'essaie de rentabiliser. Je vous écris donc aujourd'hui pour vous informer que ma fille, anonyme elle aussi (c'est génétique, m'a dit mon sophrologue), sera absente à votre cours vendredi (mais je ne vous dis pas lequel, lui aussi a tenu à rester anonyme), et pour vous informer que le zébu peut atteindre 130 km/h en ligne droite si le sol est en pente et s'il a le vent dans le dos. Saviez-vous également que l'alligator compte 40 dents à son actif ? Je ne sais pas pour vous mais moi, j'aurais dit plus. Depuis que je suis harceleur conventionné, j'en apprends beaucoup et ça, c'est grâce à vous, alors un grand merci, M W***. Portez-vous bien et évitez d'étendre votre linge à l'extérieur tout à l'heure car j'ai prévu un barbecue avec des amis (anonymes aussi)".
Au sujet dudit M W****, Mme L******* n'est pas avare de détails : "Ce monsieur (qui, on le sait moins, chante particulièrement faux après un verre de Tariquet) est régulièrement aperçu en compagnie d'un groupe d'individus louches, qui mangent du chocolat en salle des professeurs et répètent sans cesse des incantations étranges. Parmi eux, un certain Monsieur S****, docteur ès Céline Dion..."
Impossible, à nouveau, de ne pas s'arrêter sur cette information de première importance, puisque nous ignorions que Céline Dion était malade. Ce qui suffit à expliquer pourquoi elle se sent obligée de hurler à tout bout de champ comme ça. Il faut la comprendre. Elle a mal, la pauvrette. Mais quelle idée, aussi, de chanter en tenue de gala sur le pont d'un bateau qui coule ? Si l'on nous permet de risquer un jugement de valeur, elle n'est quand même pas bien finaude.
Cette parenthèse refermée, il est de notre devoir journalistique de vous recommander la plus grande prudence vis-à-vis de ce M S**** ; lequel est capable, dit-on, "de vous jeter des sorts / pour que vous l'aimiez encore" (et ceci, même si dans ses danses d'autres dansent des heures, ce qui fait de lui un individu particulièrement suspect et dangereux).
On prendra cependant ces révélations avec des pincettes, cette Mme L******** étant réputée pour collecter les stylos usagés (ce qui suggère quelques connexions occultes avec les services administratifs, seuls à utiliser des stylos vides et des claviers débranchés pour donner l'impression de travailler).
Merci à elle pour sa participation, pensez à jeter un coup d’œil au semainier quand même histoire de vous donner bonne conscience, et tâchez de passer des vacances reposantes et ensoleillées !
Au Collège Jean Macé, le vernis se craquelle, les langues se délient.
Suite à la publication de notre reportage-choc de la semaine dernière, vous avez été nombreux (et nombreuses !) à écrire à la rédaction pour dénoncer tel ou telle collègue (selon une enquête Ipsos-Sofres, en effet, rien ne serait plus égalitaire que la délation) ; au point qu'il nous a fallu engager un intérimaire pour traiter ce raz-de-marée de courriers inattendus (intérimaire qui a accepté avec le sourire d'être payé au lance-pierres, mais qui a commencé à faire la tête quand il a reçu ses premiers cailloux - ha, ces jeunes, tous des ingrats).
Pour des raisons bassement éditoriales, il ne nous sera pas possible de reproduire ici la totalité de ces sulfureuses missives, aussi avons-nous choisi de nous focaliser sur la participation d'une certaine Mme L*******, qui a tenu à alerter ses collègues sur plusieurs points problématiques :
"Pour cette semaine, je te suggère (notons que Mme L******* tutoie la rédaction, ce qui semble indiquer qu'elle a des contacts haut placés) d'évoquer le cas de M. W****, devenu cette année recordman du nombre de courriers anonymes (ou pas) adressés à un professeur. Pour le service des réclamations, c'est pas compliqué: salle A 17, 1er étage, à droite, porte jaune".
Après une enquête de terrain dans les règles de l'art (comprendre : après avoir longuement fouillé poubelles et corbeilles à papier), nos spécialistes de l'investigation ont réussi à mettre la main sur le dernier en date, entièrement rédigé à l'aide de lettres découpées dans des magazines, comme dans les films. Un document surprenant, presque touchant, qui met en lumières les difficultés inhérentes au statut de harceleur. Car non, tout n'est pas rose pour ces individus souvent mis au ban de la société pour des raisons de convenance.
"Cher M W****. Comme d'habitude, vous ne savez pas qui je suis ni d'où je vous écrit, et je sais où vous habitez et je sais le nom de vos enfants, vous connaissez le refrain par cœur, mais j'espère que vous allez bien depuis mon dernier courrier anonyme. Moi, personnellement, ça va, ce qui ne veut pas dire que si vous croisez un parent d'élève qui vous sourit, ce sera forcément moi, entendons-nous bien. Même si, bien sûr, je vous sourirais si je vous croise. Sachez que je n'ai plus rien à vous reprocher personnellement, mais comme j'ai été obligé de m'abonner un an à Wapiti, le célèbre magazine animalier, pour être sûr d'avoir assez de W à découper pour tous mes courriers de l'année, j'essaie de rentabiliser. Je vous écris donc aujourd'hui pour vous informer que ma fille, anonyme elle aussi (c'est génétique, m'a dit mon sophrologue), sera absente à votre cours vendredi (mais je ne vous dis pas lequel, lui aussi a tenu à rester anonyme), et pour vous informer que le zébu peut atteindre 130 km/h en ligne droite si le sol est en pente et s'il a le vent dans le dos. Saviez-vous également que l'alligator compte 40 dents à son actif ? Je ne sais pas pour vous mais moi, j'aurais dit plus. Depuis que je suis harceleur conventionné, j'en apprends beaucoup et ça, c'est grâce à vous, alors un grand merci, M W***. Portez-vous bien et évitez d'étendre votre linge à l'extérieur tout à l'heure car j'ai prévu un barbecue avec des amis (anonymes aussi)".
Au sujet dudit M W****, Mme L******* n'est pas avare de détails : "Ce monsieur (qui, on le sait moins, chante particulièrement faux après un verre de Tariquet) est régulièrement aperçu en compagnie d'un groupe d'individus louches, qui mangent du chocolat en salle des professeurs et répètent sans cesse des incantations étranges. Parmi eux, un certain Monsieur S****, docteur ès Céline Dion..."
Impossible, à nouveau, de ne pas s'arrêter sur cette information de première importance, puisque nous ignorions que Céline Dion était malade. Ce qui suffit à expliquer pourquoi elle se sent obligée de hurler à tout bout de champ comme ça. Il faut la comprendre. Elle a mal, la pauvrette. Mais quelle idée, aussi, de chanter en tenue de gala sur le pont d'un bateau qui coule ? Si l'on nous permet de risquer un jugement de valeur, elle n'est quand même pas bien finaude.
Cette parenthèse refermée, il est de notre devoir journalistique de vous recommander la plus grande prudence vis-à-vis de ce M S**** ; lequel est capable, dit-on, "de vous jeter des sorts / pour que vous l'aimiez encore" (et ceci, même si dans ses danses d'autres dansent des heures, ce qui fait de lui un individu particulièrement suspect et dangereux).
On prendra cependant ces révélations avec des pincettes, cette Mme L******** étant réputée pour collecter les stylos usagés (ce qui suggère quelques connexions occultes avec les services administratifs, seuls à utiliser des stylos vides et des claviers débranchés pour donner l'impression de travailler).
Merci à elle pour sa participation, pensez à jeter un coup d’œil au semainier quand même histoire de vous donner bonne conscience, et tâchez de passer des vacances reposantes et ensoleillées !
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Le secrétariat de direction
vendredi 3 avril 2015
Happy Birthday Mister President
Où une délégation de professeurs surprend le secrétaire de Direction en débarquant en force dans son bureau pour lui souhaiter un bon anniversaire, et où ils manquent de peu de traumatiser ce grand sociopathe dans l'âme.
Collège Jean Roucas, Drôme : nouvelle scène de terreur dans l'Administration (par notre correspondant sur place en immersion debout devant un fond vert).
Dans les services administratifs du Collège Jean Roucas, c'est la consternation. Depuis ce funeste premier mercredi d'avril, le café n'a plus le même goût, et c'est à peine si les secrétaires apprécient encore leurs 220 minutes de pauses hebdomadaires.
De l'avis général "on savait que ça pouvait arriver, bien sûr, personne n'est à l'abri. Mais c'est une chose de le savoir, et une autre de le vivre de l'intérieur", confie Mme P*****, en état de choc. "Chaque jour, je remercie le ciel de ne pas avoir été sur les lieux au moment de l'incident".
C'est en effet sur le coup des 9h30 ce mercredi 1er avril que tout bascule pour M G****, secrétaire de direction de père en fils depuis une demi-génération, et poisson-clown intérimaire à mi-temps dans un cirque aquatique. Alors que comme tous les matins, l'intéressé lutte douloureusement pour garder ses paupières ouvertes (avec un succès tout relatif), et qu'il fait semblant de taper des choses sur son clavier (débranché) pour donner l'impression de travailler, il est violemment tiré de sa léthargie par l'irruption soudaine dans son bureau de plusieurs individus aux mines qu'il qualifiera de "patibulaires" lors de sa déposition ("mais pas toutes", se récriera-t-il après coup. "Je me souviens surtout d'un certain professeur d'Histoire Géographie. J'ai vu l'étincelle du Mal briller dans ses yeux. J'ai tout de suite compris qu'il était une menace et que, si je n'y prenait pas garde, il me mangerait un bras"). Le réveil est brutal pour ce fonctionnaire de premier ordre.
"En temps normal, mon corps se lève vers 6h30, sous la contrainte. Mais mon esprit, lui, ne se réveille vraiment que sur le coup de 16h30-17h. Dans l'intervalle, j'ai coutume de hocher la tête en souriant et en répondant "oui" à toute silhouette floue qui stationnerait quelques minutes dans mon champ de vision". Mais ce jour-là ne sera pas son jour de chance. La belle mécanique professionnelle se grippera du fait de la malveillance d'un seul individu, M S****** D****, CPE du collège sus-mentionné (déjà soupçonné de plusieurs exactions par les services d'Intendance, allant du détournement de trombones au recel de rouleaux de scotch).
Jaloux du charisme époustouflant de M G***, dont il envie ouvertement les 156 amis Facebook (et les huit cent notifications quotidiennes à base de chatons qui sautent sur des trampolines en marbre), M D**** aura profité de sa position avantageuse au sein de l'établissement pour ourdir un sombre complot contre l'innocent gratte-papier. Un complot que les experts du NCIS n'hésiteront pas à comparer à ceux ourdis jadis par la regrettée Milady de Winter (avec laquelle M D**** partage, selon nos sources, une partie de son ADN, ainsi que son goût prononcé pour le port des talons hauts dans l'intimité).
Car ce jour-là, ce fameux jour, ce triste jour, ce ne furent pas moins d'une vingtaine de professeurs qui envahirent l'espace professionnel de la victime. Professeurs qui s'étaient d'ailleurs, selon l'intéressé, parfaitement préparé. "C'était prémédité, c'est certain", raconte ce dernier en tremblant de tous ses membres. "Ils maîtrisaient toutes les subtilités stratégiques des armées du grand Gengis Khan. ça ne s'improvise pas comme ça. Le linoleum, d'ailleurs, n'a pas repoussé derrière eux, ce qui constitue la preuve de leur efficacité". Entonnant pour l'impressionner un chant guerrier plein de violence, lui-même accompagné d'angoissantes psalmodies occultes, ils lui jettent ensuite ce qu'il identifia plus tard comme des "offrandes païennes", sans doute initialement dédiées aux dieux de l'ancien temps que les enseignants vénèrent secrètement dans les coins sombres des salles des professeurs.
Pris de cours, M G**** ne sait pas comment réagir. Au fond de lui, il panique : aucun homme normalement constitué n'est prêt à affronter pareils débordements, alors lui, vous pensez bien... Mais il s'applique à ne pas le montrer. Surtout, ne pas laisser deviner sa peur. Ne rien laisser paraître. Rester imperturbable. Cela tombe bien : c'est sa spécialité, et bien malin serait celui qui décèlerait chez lui ne serait-ce qu'une once de frémissement. N'écoutant que son courage légendaire (lequel n'a d'égal que son charisme susmentionné), il caresse l'idée de courir comme un dératé vers la porte de sortie mais se ravise bientôt : courir n'est pas dans son profil de poste, on pourrait considérer ça comme une faute professionnelle. De plus, la horde sauvage fait barrage entre lui et la seule issue, resserrant son étau autour de sa personne. "Je ne me suis jamais senti aussi vulnérable - si on excepte cette matinée de 1988 où un inconnu m'a dit "bonjour" dans la rue et où j'ai du lui répondre "bonjour" en retour. J'ai vu toute ma vie défiler devant mes yeux. J'ai même revécu un à un tous les bourrages papier de la photocopieuse. Un vrai cauchemar".
M G*** a beau n'être que catégorie C, il a une conscience plutôt nette du danger qu'il encourt : il sait qu'au moindre mouvement brusque de sa part, au moindre geste imprudent (qui, heureusement, ne sont pas non plus inscrits sur son profil de poste), tout peut basculer. Conscient qu'il ne peut pas l'emporter par les armes, il renonce à s'emparer du coup-papier à portée de sa main et opte pour la diplomatie. Résistant à l'envie, tentante, de défaillir sans autre forme de procès, il tente de raisonner la foule avec toute l'éloquence qui le caractérise. S'inspirant de modèles illustres tels que Martin Luther King, Malcom X et Daffy Duck, il se fend du discours le plus émouvant depuis celui de Loana le soir de son éviction du Loft (pas celui de Portes-lès-Valence, l'autre. Pour des précisions, demander à S******* D****, il se fera un plaisir d'évoquer avec vous ces souvenirs plein de nostalgie). Conquise, la foule se disperse sans esclandre, le laissant libre de se rouler en boule sous son bureau pour fondre en larmes. Le pire a été évité. Mais à quel prix ?
Depuis, à la demande de ses supérieurs hiérarchiques, une cellule de soutien psychologique a été mise en place à son usage exclusif. Cependant les blessures sont profondes et il suffit que M G*** croise ne serait-ce qu'un professeur dans le couloir pour qu'il soit saisi d'un besoin irrépressible de s'enfuir en hurlant.
Raison pour laquelle il ne vous envoie cette semaine qu'un pré-semainier incomplet, à titre purement indicatif.
(Tout ça pour dire que même les moins perspicaces d'entre vous l'auront compris, à la longue : je suis plutôt quelqu'un d'assez discret, aussi démonstratif que le bac à glaçon d'un frigidaire, mais je tenais à remercier très très chaleureusement toutes celles et ceux qui ont participé, directement ou indirectement, par mail ou de visu, à cette honteuse conspiration digne des pires épisodes d'X Files (info pour les amateurs, ils vont relancer la série). Je tenais à l'écrire, à défaut d'être capable d'utiliser ma bouche correctement. Merci mille fois, vraiment).
Bon week-end de trois jours à tous,
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Le secrétariat de direction
Collège Jean Roucas, Drôme : nouvelle scène de terreur dans l'Administration (par notre correspondant sur place en immersion debout devant un fond vert).
Dans les services administratifs du Collège Jean Roucas, c'est la consternation. Depuis ce funeste premier mercredi d'avril, le café n'a plus le même goût, et c'est à peine si les secrétaires apprécient encore leurs 220 minutes de pauses hebdomadaires.
De l'avis général "on savait que ça pouvait arriver, bien sûr, personne n'est à l'abri. Mais c'est une chose de le savoir, et une autre de le vivre de l'intérieur", confie Mme P*****, en état de choc. "Chaque jour, je remercie le ciel de ne pas avoir été sur les lieux au moment de l'incident".
C'est en effet sur le coup des 9h30 ce mercredi 1er avril que tout bascule pour M G****, secrétaire de direction de père en fils depuis une demi-génération, et poisson-clown intérimaire à mi-temps dans un cirque aquatique. Alors que comme tous les matins, l'intéressé lutte douloureusement pour garder ses paupières ouvertes (avec un succès tout relatif), et qu'il fait semblant de taper des choses sur son clavier (débranché) pour donner l'impression de travailler, il est violemment tiré de sa léthargie par l'irruption soudaine dans son bureau de plusieurs individus aux mines qu'il qualifiera de "patibulaires" lors de sa déposition ("mais pas toutes", se récriera-t-il après coup. "Je me souviens surtout d'un certain professeur d'Histoire Géographie. J'ai vu l'étincelle du Mal briller dans ses yeux. J'ai tout de suite compris qu'il était une menace et que, si je n'y prenait pas garde, il me mangerait un bras"). Le réveil est brutal pour ce fonctionnaire de premier ordre.
"En temps normal, mon corps se lève vers 6h30, sous la contrainte. Mais mon esprit, lui, ne se réveille vraiment que sur le coup de 16h30-17h. Dans l'intervalle, j'ai coutume de hocher la tête en souriant et en répondant "oui" à toute silhouette floue qui stationnerait quelques minutes dans mon champ de vision". Mais ce jour-là ne sera pas son jour de chance. La belle mécanique professionnelle se grippera du fait de la malveillance d'un seul individu, M S****** D****, CPE du collège sus-mentionné (déjà soupçonné de plusieurs exactions par les services d'Intendance, allant du détournement de trombones au recel de rouleaux de scotch).
Jaloux du charisme époustouflant de M G***, dont il envie ouvertement les 156 amis Facebook (et les huit cent notifications quotidiennes à base de chatons qui sautent sur des trampolines en marbre), M D**** aura profité de sa position avantageuse au sein de l'établissement pour ourdir un sombre complot contre l'innocent gratte-papier. Un complot que les experts du NCIS n'hésiteront pas à comparer à ceux ourdis jadis par la regrettée Milady de Winter (avec laquelle M D**** partage, selon nos sources, une partie de son ADN, ainsi que son goût prononcé pour le port des talons hauts dans l'intimité).
Car ce jour-là, ce fameux jour, ce triste jour, ce ne furent pas moins d'une vingtaine de professeurs qui envahirent l'espace professionnel de la victime. Professeurs qui s'étaient d'ailleurs, selon l'intéressé, parfaitement préparé. "C'était prémédité, c'est certain", raconte ce dernier en tremblant de tous ses membres. "Ils maîtrisaient toutes les subtilités stratégiques des armées du grand Gengis Khan. ça ne s'improvise pas comme ça. Le linoleum, d'ailleurs, n'a pas repoussé derrière eux, ce qui constitue la preuve de leur efficacité". Entonnant pour l'impressionner un chant guerrier plein de violence, lui-même accompagné d'angoissantes psalmodies occultes, ils lui jettent ensuite ce qu'il identifia plus tard comme des "offrandes païennes", sans doute initialement dédiées aux dieux de l'ancien temps que les enseignants vénèrent secrètement dans les coins sombres des salles des professeurs.
Pris de cours, M G**** ne sait pas comment réagir. Au fond de lui, il panique : aucun homme normalement constitué n'est prêt à affronter pareils débordements, alors lui, vous pensez bien... Mais il s'applique à ne pas le montrer. Surtout, ne pas laisser deviner sa peur. Ne rien laisser paraître. Rester imperturbable. Cela tombe bien : c'est sa spécialité, et bien malin serait celui qui décèlerait chez lui ne serait-ce qu'une once de frémissement. N'écoutant que son courage légendaire (lequel n'a d'égal que son charisme susmentionné), il caresse l'idée de courir comme un dératé vers la porte de sortie mais se ravise bientôt : courir n'est pas dans son profil de poste, on pourrait considérer ça comme une faute professionnelle. De plus, la horde sauvage fait barrage entre lui et la seule issue, resserrant son étau autour de sa personne. "Je ne me suis jamais senti aussi vulnérable - si on excepte cette matinée de 1988 où un inconnu m'a dit "bonjour" dans la rue et où j'ai du lui répondre "bonjour" en retour. J'ai vu toute ma vie défiler devant mes yeux. J'ai même revécu un à un tous les bourrages papier de la photocopieuse. Un vrai cauchemar".
M G*** a beau n'être que catégorie C, il a une conscience plutôt nette du danger qu'il encourt : il sait qu'au moindre mouvement brusque de sa part, au moindre geste imprudent (qui, heureusement, ne sont pas non plus inscrits sur son profil de poste), tout peut basculer. Conscient qu'il ne peut pas l'emporter par les armes, il renonce à s'emparer du coup-papier à portée de sa main et opte pour la diplomatie. Résistant à l'envie, tentante, de défaillir sans autre forme de procès, il tente de raisonner la foule avec toute l'éloquence qui le caractérise. S'inspirant de modèles illustres tels que Martin Luther King, Malcom X et Daffy Duck, il se fend du discours le plus émouvant depuis celui de Loana le soir de son éviction du Loft (pas celui de Portes-lès-Valence, l'autre. Pour des précisions, demander à S******* D****, il se fera un plaisir d'évoquer avec vous ces souvenirs plein de nostalgie). Conquise, la foule se disperse sans esclandre, le laissant libre de se rouler en boule sous son bureau pour fondre en larmes. Le pire a été évité. Mais à quel prix ?
Depuis, à la demande de ses supérieurs hiérarchiques, une cellule de soutien psychologique a été mise en place à son usage exclusif. Cependant les blessures sont profondes et il suffit que M G*** croise ne serait-ce qu'un professeur dans le couloir pour qu'il soit saisi d'un besoin irrépressible de s'enfuir en hurlant.
Raison pour laquelle il ne vous envoie cette semaine qu'un pré-semainier incomplet, à titre purement indicatif.
(Tout ça pour dire que même les moins perspicaces d'entre vous l'auront compris, à la longue : je suis plutôt quelqu'un d'assez discret, aussi démonstratif que le bac à glaçon d'un frigidaire, mais je tenais à remercier très très chaleureusement toutes celles et ceux qui ont participé, directement ou indirectement, par mail ou de visu, à cette honteuse conspiration digne des pires épisodes d'X Files (info pour les amateurs, ils vont relancer la série). Je tenais à l'écrire, à défaut d'être capable d'utiliser ma bouche correctement. Merci mille fois, vraiment).
Bon week-end de trois jours à tous,
--
Le secrétariat de direction
vendredi 27 mars 2015
Le printemps des cerises
Où les jours rallongent enfin et où le moral suit (enfin aussi).
Bulletin d'information spécial du service Intendance.
Bien qu'avril soit à nos portes, comme en témoignent les "Atchoums !" et les "Pioupioupiou !"(1) qui ont envahi depuis peu l'espace sonore, aucun arrivage de cloches ne nous a été annoncé pour la semaine à venir(2). Aux dernières nouvelles, elles seraient bloquées à la frontière Italienne(3) pour de sombres histoires de trafic de chocolat.
En lieu et place, ce mercredi 1er, ce seront des photocopieurs flambant neuf (4) qui descendront du ciel (ou, plus vraisemblablement, du camion), pour mettre un terme (provisoire ?) au règne de terreur du "pas de papier dans le ByPass" et du bourrage machine. Par conséquent, si vous voulez photocopier vos petits poissons à découper et à coller dans le dos de M le CPE (5), il faudra vous y prendre avant, ou après, mais sûrement pas pendant, parce que je ne veux pas avoir à traiter vos déclarations d'accident pour un mauvais coup de clé à molette dans l'oeil (6).
Oh, et au risque d'insister, contrairement à ce que la forme de ce message pourrait suggérer, non, ceci n'est pas une blague (7). Tout comme, d'ailleurs, la fameuse exposition sur la chauve-souris attendue de longue date par Mme L. (qui se reconnaîtra). Un sujet grave et d'actualité, en lien direct avec le quotidien de nos chères têtes blondes et au plus proche de leurs préoccupations adolescentes.
Plus proche de nous et pour conclure, n'oubliez pas que nous perdons une heure dans la nuit de samedi à dimanche (8). Oui, vous avez bien lu. Une heure de sommeil. Pire : une heure DE WEEK-END ! Ô rage, ô désespoir, j'ai envie de dire, en levant les bras vers le ciel et en bavant un peu. Ô calendrier ennemi.
Raison de plus pour moi de mettre un terme provisoire à mes élucubrations et de m'en retourner chez moi avec le sentiment de celui qui... ben qui va dormir une heure de moins accompli.
(1) Je sais, j'imite super-bien le rouge-gorge, c'est comme ça que j'ai eu le concours.
(2) A part votre serviteur, du lundi au vendredi, vers 7h45 du matin. Mais c'est une autre histoire.
(3) Mais si, vous savez, l'Italie : terre de contraste et de Mogadiscio...
(4) Encore que s'ils flambent dès la mise en route, c'est qu'on n'aura pas fait une bonne affaire.
(5) Ou, soyons fous, vos cours et vos devoirs maison (personne ne vous jugera) !
(6) Les profs de Techno et de Maths vivent très bien avec un compas en plein dedans. ça ne les empêche pas de venir travailler quand même.
(7) Ceci n'est pas une pipe non plus. Hélas pour la postérité.
(8) Celui qui retrouvera la mienne et me la ramènera entière se verra offrir une belle récompense.
--
Le secrétariat de direction
Bulletin d'information spécial du service Intendance.
Bien qu'avril soit à nos portes, comme en témoignent les "Atchoums !" et les "Pioupioupiou !"(1) qui ont envahi depuis peu l'espace sonore, aucun arrivage de cloches ne nous a été annoncé pour la semaine à venir(2). Aux dernières nouvelles, elles seraient bloquées à la frontière Italienne(3) pour de sombres histoires de trafic de chocolat.
En lieu et place, ce mercredi 1er, ce seront des photocopieurs flambant neuf (4) qui descendront du ciel (ou, plus vraisemblablement, du camion), pour mettre un terme (provisoire ?) au règne de terreur du "pas de papier dans le ByPass" et du bourrage machine. Par conséquent, si vous voulez photocopier vos petits poissons à découper et à coller dans le dos de M le CPE (5), il faudra vous y prendre avant, ou après, mais sûrement pas pendant, parce que je ne veux pas avoir à traiter vos déclarations d'accident pour un mauvais coup de clé à molette dans l'oeil (6).
Oh, et au risque d'insister, contrairement à ce que la forme de ce message pourrait suggérer, non, ceci n'est pas une blague (7). Tout comme, d'ailleurs, la fameuse exposition sur la chauve-souris attendue de longue date par Mme L. (qui se reconnaîtra). Un sujet grave et d'actualité, en lien direct avec le quotidien de nos chères têtes blondes et au plus proche de leurs préoccupations adolescentes.
Plus proche de nous et pour conclure, n'oubliez pas que nous perdons une heure dans la nuit de samedi à dimanche (8). Oui, vous avez bien lu. Une heure de sommeil. Pire : une heure DE WEEK-END ! Ô rage, ô désespoir, j'ai envie de dire, en levant les bras vers le ciel et en bavant un peu. Ô calendrier ennemi.
Raison de plus pour moi de mettre un terme provisoire à mes élucubrations et de m'en retourner chez moi avec le sentiment de celui qui... ben qui va dormir une heure de moins accompli.
(1) Je sais, j'imite super-bien le rouge-gorge, c'est comme ça que j'ai eu le concours.
(2) A part votre serviteur, du lundi au vendredi, vers 7h45 du matin. Mais c'est une autre histoire.
(3) Mais si, vous savez, l'Italie : terre de contraste et de Mogadiscio...
(4) Encore que s'ils flambent dès la mise en route, c'est qu'on n'aura pas fait une bonne affaire.
(5) Ou, soyons fous, vos cours et vos devoirs maison (personne ne vous jugera) !
(6) Les profs de Techno et de Maths vivent très bien avec un compas en plein dedans. ça ne les empêche pas de venir travailler quand même.
(7) Ceci n'est pas une pipe non plus. Hélas pour la postérité.
(8) Celui qui retrouvera la mienne et me la ramènera entière se verra offrir une belle récompense.
--
Le secrétariat de direction
mardi 24 mars 2015
Le Mot du Coach (2)
Où l'on est invité à rédiger le message de clôture du 3ème numéro de la Gazette Sportive et où on ne renonce pas aux velléités pédagogiques, quitte à placer la barre un peu trop haut.
Bon.
Les p'tits gars, c'est pas pour vous mettre la pression, mais
vous êtes sur la mauvaise pente.
Si.
Il suffit de lire cette
gazette pour s'en convaincre.
Non mais qu'est-ce qui vous prend ? !
Vous vous êtes engagés sur un terrain glissant, c'est moi qui vous
le dit : un seul faux pas et c'est la dégringolade assurée !
Comment ? Qu'ouïe-je ?
Vous ne voyez pas de quoi je veux
parler ?
Vous êtes à fond, là, vous êtes sûr ?
Ok, je
veux bien vous donner une piste, alors.
Le ski.
Oui, le ski. Pas le
whisky. Le ski tout court.
Faut faire attention, les enfants, ça
vire à l'obsession, là : il y en a (presque) à toutes les
pages ! Du ski par-ci, du ski par-là... Vous vous êtes pris
pour des esquimaux, ou quoi ?
Si vous ne vous reprenez pas vite
fait, vous allez voir du ski partout, je vous le garantis. Au lieu de
réclamer un petit chat ou un hamster, vous allez vouloir un husky.
Ensuite ce sera l'escalade : vous ne lirez plus que des livres
compliqués, du Korzybski
(1) ou du Trotsky (2)
(comme si c'était possible de faire trop de ski, franchement...).
Vous laisserez tomber les mangas et vous ne jurerez plus que par les
bandes dessinées d'Alejandro Jodorowsky (3)
(si l'année prochaine, j'en surprends un à faire comme Alejandro et
à dormir au ski, il va passer un sale quart d'heure, j'aime autant
vous prévenir). Vous ne regarderez plus que des films intellectuels,
comme ceux de Tarkovski
(4) ou ceux de Polanski (5)
(et encore, seulement ceux avec Kaus Kinski- 6 ).
1. Alfred
Korzybski, philosophe et scientifique américano-polonais du 20ème
siècle, à qui l'on doit la Sémantique Générale, une façon de
penser différente de celle que nous utilisons au quotidien.
2. Léon Trotsky, révolutionnaire et homme politique russo-soviétique du 20ème siècle, qui a notamment fondé l'Armée Rouge.
3. Alejandro Jodorwsky, artiste chilien du 20ème siècle, à qui l'on doit de nombreux chefs d'oeuvre de la bande dessiné, dont notamment le grand classique de science-fiction intitulé « La Caste des Méta-Barons ».
4. Andreï Tarkovski, réalisateur soviétique du 20ème siècle, connu pour son cinéma complexe et philosophique, et notamment pour son film de Science Fiction psychologique intitulé Solaris.
5. Roman Polanski, réalisateur franco polonais du 20ème siècle, connu pour ses films sans concessions.
6. Klaus Kinski, acteur allemand connu pour sa personnalité colérique et incontrôlable.
7. Lana et Andy Wachowski, réalisateurs américains de la fin du 20ème siècle, principalement connus pour la célèbre trilogie Matrix.
8. Hors d'oeuvre typique de la cuisine russe.
9. Saucisse traditionnelle russe.
Même pour vous détendre, vous exigerez qu'on vous passe un DVD
des Wachowski
(7). Bon, moi, Paul en ski, à la rigueur, je dis « pourquoi
pas ? », ça reste envisageable. Mais emmener une vache au
ski, par contre, je trouverais ça déplacé. Si c'est pour qu'elle
rumine pendant toute la descente, très peu pour moi, ça ne pourrait
qu'aller de mal en pis. Alors voilà, c'est triste à dire, mais
c'est comme ça : il n'y a plus de neige, maintenant, donc
faites-moi le plaisir d'arrêter votre petit manège et de ranger vos
gants. C'est comme ça, inutile d'en faire tout un plat. Ou bien
faites un zakouski
(8) à base de sauciski (9),
si ça vous amuse. Mais je ne veux plus entendre personne s'exclamer
« après moi, y'a des luges ! ». C'est terminé. Pour
2015, en tout cas. Comment ça, « il reste encore le ski
nautique » ? Vous voulez me mettre en boule, ou quoi ?
Pardon ? Qui a dit : « en boule de neige » ?
Vous le prenez comme ça, mes p'tits bonhommes ?
Pour la peine,
vous me chercherez toutes les occurrences du son « ski »
dans mon laïus, et tous les jeux de mots en lien avec les sports
d'hiver. Tant pis si ça jette un froid !
Ça vous apprendra à
ne pas avoir froid aux yeux !
2. Léon Trotsky, révolutionnaire et homme politique russo-soviétique du 20ème siècle, qui a notamment fondé l'Armée Rouge.
3. Alejandro Jodorwsky, artiste chilien du 20ème siècle, à qui l'on doit de nombreux chefs d'oeuvre de la bande dessiné, dont notamment le grand classique de science-fiction intitulé « La Caste des Méta-Barons ».
4. Andreï Tarkovski, réalisateur soviétique du 20ème siècle, connu pour son cinéma complexe et philosophique, et notamment pour son film de Science Fiction psychologique intitulé Solaris.
5. Roman Polanski, réalisateur franco polonais du 20ème siècle, connu pour ses films sans concessions.
6. Klaus Kinski, acteur allemand connu pour sa personnalité colérique et incontrôlable.
7. Lana et Andy Wachowski, réalisateurs américains de la fin du 20ème siècle, principalement connus pour la célèbre trilogie Matrix.
8. Hors d'oeuvre typique de la cuisine russe.
9. Saucisse traditionnelle russe.
vendredi 20 mars 2015
Tea, Text and Sun
Où les voyages scolaires forment la jeunesse et où le ciel n'en fait qu'à sa tête.
Le semainier de ce vendredi 20 mars est dédié à des héros, des vrais.
Des hommes et des femmes comme vous et moi (mais surtout comme vous, vu que vous en faites peut-être partie), qui ont survécu pendant une semaine en terres hostiles, lointaines, barbares (un pays sans tartiflette vit encore au moyen-âge, ça a été prouvé scientifiquement), loin de leurs chez-eux, de ceux qui leur sont chers (ou qui leur coûtent cher), et de leurs couettes en pure soie de Corinthe (celles qui ne grattent pas), en compagnie de quelques dizaines d'adolescents riches en trop-plein d'énergie et peu avares en décibels.
Des hommes et des femmes qui se sont littéralement fondus dans leur environnement, en ethnologues, pour assurer leur mission pédagogique avec zèle et vivre cette expérience de l'intérieur (l'intérieur du Pub du coin, sur le coup de minuit, pour être plus précis, suivez mon regard...), sans jamais hésiter à goûter une spécialité locale, ni se soucier de leur estomac ou de la balance qui attend leur retour de pied ferme.
Mesdames, Messieurs, nous n'oublierons pas votre héroïsme. Vous resterez à jamais des modèles et des guides, pour nous (ne serait-ce que parce que les photos, gentiment envoyées par vos collègues pendant notre dégustation de chocol... réunion de Direction hebdomadaire, seront publiées en accès libre dès lundi sur le site du collège).
Autre actualité marquante de la semaine, l'éclipse qui, finalement, n'aura pas fait les choses à moitié puisqu'en plus du soleil, celle-ci s'est éclipsée elle-même, au point qu'on n'en a rien vu et qu'on se retrouve bien bêtes avec nos lunettes spéciales achetées pour l'occasion avec un magazine que nous ne lirons pas.
(Ha flûte, pour jurer comme mon grand père : une partie de mon texte a été éclipsée aussi. Mais pas de panique, il existe un moyen simple de la lire quand même, si vous ne savez pas à quoi occuper votre week-end) (sait-on jamais !).
Enfin, à celles et ceux qui seraient déçus de ne pas avoir assisté à ce phénomène rare, le service d'Intendance conseille (véridique !) de relire Tintin et le Temple du Soleil, un ouvrage dont la rigueur scientifique n'égale que la portée encyclopédique.
Vous souhaitant un excellent week-end (et beaucoup de repos à nos héros qui, comme tous les héros, l'ont bien mérité...) (ce qu'on voit bien sur certaines photos, d'ailleurs, mais vous découvrirez ça par vous-mêmes bientôt !).
Bien cordialement,
--
Le secrétariat de direction
vendredi 13 mars 2015
Terry Pratchett Lives Forever
Où l'on rend à César ce qui appartient à César, et où on vous invite fortement à consulter le blog éponyme en lien à droite.
Bonsoir à tous,
Comme attendu par chacun d'entre vous avec une impatience suspecte (et quelques tics nerveux qui risquent de lui valoir sous peu l'étiquette de substance psychoactive), vous trouverez ci-joint le semainier de la semaine à venir (avouez que ça tombe plutôt bien d'un point de vue fonctionnel), de manière à illuminer un week-end que l'on nous annonce fort gris (ce qui tombe autrement moins bien).
Un semainier particulièrement coloré et placé, une fois de plus, sous le signe des voyages - même si on s'étonnera de le voir situer Rome en Italie, et Londres en Angleterre. Non mais de qui se moque-t-on ? Je ne vais pas vous rejouer la partition de la semaine dernière, mais de telles approximations géographiques me mettent hors de moi (dans l'Education Nationale, qui plus est ! Mesdames et Messieurs les professeurs, je vous invite à vous remettre en question D'URGENCE) !
Exceptionnellement, je vais solliciter votre indulgence et déroger à mes principes, en proposant un message d'accompagnement un peu particulier, loin de mes fantaisies habituelles et de mes phrases à rallonge. Il était important pour moi de rendre ici hommage à un grand bonhomme qui nous a quitté hier, et sans qui ce rendez-vous hebdomadaire n'existerait pas.
Digne héritier de Voltaire, Montesquieu, Queneau (si !), Terry Pratchett était l'un des derniers grands conteurs de notre temps (avec ses compatriotes Douglas Adams et Neil Gaiman) : un homme au parcours admirable, exemplaire, qui a su réconcilier le récit d'aventure populaire et la littérature qu'on qualifie "blanche" (celle qui est compliquée et qui boit sa soupe avec un petit doigt en l'air). Un auteur qui a toujours eu à coeur de rester accessible, sans pour autant renoncer à ses jeux de langue, de son, de sens, ni à amener entre ses lignes des réflexions d'une portée philosophique et d'un humanisme rares. Un artiste qui, par son humour so british et l'acuité de son regard critique (pourtant jamais négatif ou méchant), a su bousculer les a priori de son époque et mener sa petite révolution tout en douceur, en faisant de l'intelligence, du rire et de l'imaginaire des armes à sa mesure.
Si jamais, d'aventure, vous appréciez les petits messages dont j'émaille l'envoi des semainiers, que vous le connaissiez ou non, vous l'appréciez nécessairement à travers eux, car ils portent sa marque, tous, chacun à leur manière.
Il nous a quitté sur la pointe des pieds, ainsi qu'il le souhaitait, comme s'il avait lui-même écrit son épilogue ; et c'est sans doute la plus belle conclusion qu'on puisse rêver pour un écrivain si passionné. Mais c'est une perte immense pour la littérature, et tous ceux qu'il a su toucher, inspirer et faire réfléchir.
Aussi, afin de terminer sur une note plus plaisante, je vous propose un petit florilège de citations piochées bêtement sur la toile, en espérant qu'elles vous donneront envie de le lire ou de le relire :
"- Ce que j'aimerais être, mais alors vraiment, c'est un soc de charrue. Je ne sais pas en quoi ça consiste, mais ça me paraît une existence qui laisse une trace".
"Dans chaque vieux, il y a un jeune qui se demande ce qui s'est passé".
"Les mages ne croient pas aux dieux, de la même façon que la plupart des gens ne jugent pas indispensable de croire, disons, aux tables. Ils savent qu'elles sont là, qu'elles ont leur raison d'être, ils reconnaissent sûrement qu'elles ont leur place dans un univers bien ordonné, mais ils ne voient pas l'intérêt de croire, de déclamer à tous les vents : "Ô grande table, sans qui nous ne sommes rien."
De toute façon, soit les dieux sont là, qu'on y croie ou non, soit ils n'existent qu'en fonction de la croyance, alors, n'importe comment, autant oublier toutes ces histoires et, comme qui dirait, manger sur les genoux".
"Intellectuellement, Mustrum Ridculle conservait son poste (Archichancelier) pour deux raisons.
D'abord, il ne changeait jamais, jamais, d'avis sur rien.
Ensuite, il lui fallait plusieurs minutes pour comprendre toute nouvelle idée qu'on lui soumettait, ce qui est une qualité chez un chef, car l'idée qu'on essaye encore d'expliquer après deux minutes est sûrement importante mais celle qu'on laisse tomber au bout de quelques secondes est presque toujours une broutille pour laquelle on devrait s'abstenir d'embêter le monde".
(la suite, par là, parce que je suis parti pour vous copier la page entière : http://fr.wikiquote.org/wiki/Terry_Pratchett )
Vous souhaitant, comme il se doit, un week-end à dos de tortue géante (perché sur celui de quatre éléphants, cela va de soi),
Bonsoir à tous,
Comme attendu par chacun d'entre vous avec une impatience suspecte (et quelques tics nerveux qui risquent de lui valoir sous peu l'étiquette de substance psychoactive), vous trouverez ci-joint le semainier de la semaine à venir (avouez que ça tombe plutôt bien d'un point de vue fonctionnel), de manière à illuminer un week-end que l'on nous annonce fort gris (ce qui tombe autrement moins bien).
Un semainier particulièrement coloré et placé, une fois de plus, sous le signe des voyages - même si on s'étonnera de le voir situer Rome en Italie, et Londres en Angleterre. Non mais de qui se moque-t-on ? Je ne vais pas vous rejouer la partition de la semaine dernière, mais de telles approximations géographiques me mettent hors de moi (dans l'Education Nationale, qui plus est ! Mesdames et Messieurs les professeurs, je vous invite à vous remettre en question D'URGENCE) !
Exceptionnellement, je vais solliciter votre indulgence et déroger à mes principes, en proposant un message d'accompagnement un peu particulier, loin de mes fantaisies habituelles et de mes phrases à rallonge. Il était important pour moi de rendre ici hommage à un grand bonhomme qui nous a quitté hier, et sans qui ce rendez-vous hebdomadaire n'existerait pas.
Digne héritier de Voltaire, Montesquieu, Queneau (si !), Terry Pratchett était l'un des derniers grands conteurs de notre temps (avec ses compatriotes Douglas Adams et Neil Gaiman) : un homme au parcours admirable, exemplaire, qui a su réconcilier le récit d'aventure populaire et la littérature qu'on qualifie "blanche" (celle qui est compliquée et qui boit sa soupe avec un petit doigt en l'air). Un auteur qui a toujours eu à coeur de rester accessible, sans pour autant renoncer à ses jeux de langue, de son, de sens, ni à amener entre ses lignes des réflexions d'une portée philosophique et d'un humanisme rares. Un artiste qui, par son humour so british et l'acuité de son regard critique (pourtant jamais négatif ou méchant), a su bousculer les a priori de son époque et mener sa petite révolution tout en douceur, en faisant de l'intelligence, du rire et de l'imaginaire des armes à sa mesure.
Si jamais, d'aventure, vous appréciez les petits messages dont j'émaille l'envoi des semainiers, que vous le connaissiez ou non, vous l'appréciez nécessairement à travers eux, car ils portent sa marque, tous, chacun à leur manière.
Il nous a quitté sur la pointe des pieds, ainsi qu'il le souhaitait, comme s'il avait lui-même écrit son épilogue ; et c'est sans doute la plus belle conclusion qu'on puisse rêver pour un écrivain si passionné. Mais c'est une perte immense pour la littérature, et tous ceux qu'il a su toucher, inspirer et faire réfléchir.
Aussi, afin de terminer sur une note plus plaisante, je vous propose un petit florilège de citations piochées bêtement sur la toile, en espérant qu'elles vous donneront envie de le lire ou de le relire :
"- Ce que j'aimerais être, mais alors vraiment, c'est un soc de charrue. Je ne sais pas en quoi ça consiste, mais ça me paraît une existence qui laisse une trace".
"Dans chaque vieux, il y a un jeune qui se demande ce qui s'est passé".
"Les mages ne croient pas aux dieux, de la même façon que la plupart des gens ne jugent pas indispensable de croire, disons, aux tables. Ils savent qu'elles sont là, qu'elles ont leur raison d'être, ils reconnaissent sûrement qu'elles ont leur place dans un univers bien ordonné, mais ils ne voient pas l'intérêt de croire, de déclamer à tous les vents : "Ô grande table, sans qui nous ne sommes rien."
De toute façon, soit les dieux sont là, qu'on y croie ou non, soit ils n'existent qu'en fonction de la croyance, alors, n'importe comment, autant oublier toutes ces histoires et, comme qui dirait, manger sur les genoux".
"Intellectuellement, Mustrum Ridculle conservait son poste (Archichancelier) pour deux raisons.
D'abord, il ne changeait jamais, jamais, d'avis sur rien.
Ensuite, il lui fallait plusieurs minutes pour comprendre toute nouvelle idée qu'on lui soumettait, ce qui est une qualité chez un chef, car l'idée qu'on essaye encore d'expliquer après deux minutes est sûrement importante mais celle qu'on laisse tomber au bout de quelques secondes est presque toujours une broutille pour laquelle on devrait s'abstenir d'embêter le monde".
(la suite, par là, parce que je suis parti pour vous copier la page entière : http://fr.wikiquote.org/wiki/Terry_Pratchett )
Vous souhaitant, comme il se doit, un week-end à dos de tortue géante (perché sur celui de quatre éléphants, cela va de soi),
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