Où l'on n'écrira pas un pavé rigolo deux fois dans la même journée, parce qu'à la base, on est quand même payé pour travailler (il paraît), et où l'on se contente d'une suite comme à Hollywood...
Bonsoir à tous,
J'étais, une fois de plus, parti pour rédiger un mot
d'accompagnement tambour battant, mais comme le tambour en
question est porté disparu (c.f. mail de ce matin), il faudra vous
contenter de quelques lignes très (trop !) académiques (et du
planning de la semaine prochaine, évidemment. Nous avons beau être
fonctionnaire, nous restons professionnel avant tout).
Ainsi donc, j'apprends en même temps que vous (et avec une
consternation égale !) que ledit mot d'accompagnement hebdomadaire
a décidé de faire la grève "jusqu'à retour dudit tambour",
par solidarité envers celui-ci.
"Qui sait, en effet (me glisse-t-il à l'oreille, avec une fièvre
militante que je ne lui connais pas), sur quel site de vente par
correspondance il s'apprête à être vendu sous le manteau ?".
M'excusant à sa place pour ce sursaut de conscience inhabituel de
la part d'un texte inanimé, je vous souhaite malgré tout un
excellent week-end (et de retrouver le tambour d'ici vendredi
prochain, pour apaiser mon cher compagnon de papier et le
convaincre de recommencer à nous divertir de ses fariboles),
Bien cordialement,
--
Le secrétaire de direction
Petites Grandeurs et Grandes Misères d'un Secrétaire de Direction
Mais qu'est-ce donc qu'un semainier ? Excellente question, l'internaute, à laquelle te répondra la petite icône en haut à droite, ou bien la barre latérale du blog, si tu navigues sur un PC de riche avec un écran grand comme la Baltique.
vendredi 2 mars 2018
Imprime-toi ça dans le crâne !
Bonjour à tous,
Il ne vous aura pas échappé que depuis quelques temps, l'imprimante de la salle des professeurs connaissait ce que les spécialistes appellent affectueusement "quelques menus problèmes de fonctionnement". Problèmes qui, curieusement, se sont accentués de façon très invalidante depuis qu'"on" l'a ouverte, qu'on en a enlevé le toner et qu'on a jeté le chariot de celui-ci à la poubelle.
Comme disait Bourvil dans des circonstances similaires "ha ben c'est sûr qu'elle va moins bien marcher, maintenant".
Plus mystérieux encore : des tests ADN réalisés par les équipes scientifiques des Experts : Jean Roucas ont révélé que le chariot jeté à la poubelle n'était PAS celui de l'imprimante sus-mentionnée, et n'est donc pas compatible avec celle-ci (qui est-il, d'où vient-il, nul ne le sait).
M Victor a temporairement résolu le problème en utilisant le chariot de l'imprimante de la salle multimédia 1, qui est donc inutilisable jusqu'à nouvel ordre (si vous lisez attentivement mes mots de semainier, vous savez qu'en Alchimie, on appelle ça l’Échange Équivalent).
Tant que le chariot disparu ne nous sera pas retourné, avec ou sans lettre de rançon (c'est vous qui voyez. Il y en a qui ont essayé, ils ont eu des problèmes), nous ne pourrons pas procéder aux réparations nécessaires, et c'est hélas l'ensemble de l'équipe éducative du collège qui s'en trouvera pénalisée. Aussi comptons-nous sur la civilité du responsable et sur sa coopération pleine et entière afin de nous aider à régler le problème, en nous rapportant ce chariot dans les plus brefs délais (ne serait-ce que de manière anonyme, si besoin, bien que nous promettions solennellement qu'aucun mal ne sera fait à lui ou à sa famille).
Alors bien sûr, un outil de travail qui dysfonctionne, ce n'est jamais agréable, d'autant que c'est souvent au moment où on est le plus pressé qu'il nous lâche traitreusement, mais enfin, aux dernières nouvelles, ce n'est pas en tapant dessus ou en le démantibulant qu'on risque d'améliorer quoi que ce soit (raison pour laquelle les fabricants d'imprimantes et de flippers de bar ne sont pas les mêmes. La technologie n'a rien à voir).
Si vous avez un problème, signalez-le à la loge ou au secrétariat, et nous veilleront à le régler aussi vite que possible. Nous avons des équipes spécialement formées pour ça. Nous ne faisons pas que changer les cartouches ou vérifier les branchements. Nous leurs disons les mots bleus les mots qui rendent les gens heureux, nous leurs dispensons des massages relaxants, nous les emmenons au cinéma voir des comédies romantiques, nous leur payons le restaurant. Nous les chouchoutons, nous les dorlotons. Et oui, bien sûr, nous ne solutionnerons rien en quelques secondes et cela ne vous arrangera pas, mais entre régler un problème en quelques heures ou voir celui-ci perdurer pendant des jours, voire des semaines, de deux maux, il faut choisir le moindre. Fiez-vous donc à la parole du Dalaï Lama : "rien n'est jamais résolu par la violence, à part les compétitions de full contact".
Nous comptons donc sur votre bonne volonté et votre sens du travail en collectivité pour nous aider à retrouver le chariot manquant.
Vous en remerciant par avance,
Bien cordialement,
--
Le secrétaire de direction
lundi 12 février 2018
Déphasage Temporel
Où l'on y retourne pour une seule petite journée de permanence en horaires allégés, avant de pouvoir profiter de congés à peu près bien mérités...
Bonjour à tous,
Cette semaine, c'est un peu perturbant, le vendredi tombe un lundi - et 17h15, aux alentours de 15h30.
On a vite fait d'y perdre son calendum (c'est à dire à la fois son calendrier et son latin).
Si de surcroît, on considère que les vacances ont débuté samedi matin, mais tombent à leur tour un lundi après-midi, alors là, terminé, on nage en plein paradoxe temporel, on sait qu'il est temps de rentrer chez soi pour prendre une aspirine et laisser le monde se dépatouiller avec ses crises de métaphysique quantique.
Mais pas sans vous avoir fait parvenir le planning de la semaine prochaine, qui tombe dans quatorze jours.
Tout est normal.
Vous souhaitant de très bonnes vacances, avec des jours à peu près dans le bon ordre (ou pas, on s'en fiche du moment qu'on peut dormir jusque midi),
Bien cordialement,
--
Le secrétaire de direction
Bonjour à tous,
Cette semaine, c'est un peu perturbant, le vendredi tombe un lundi - et 17h15, aux alentours de 15h30.
On a vite fait d'y perdre son calendum (c'est à dire à la fois son calendrier et son latin).
Si de surcroît, on considère que les vacances ont débuté samedi matin, mais tombent à leur tour un lundi après-midi, alors là, terminé, on nage en plein paradoxe temporel, on sait qu'il est temps de rentrer chez soi pour prendre une aspirine et laisser le monde se dépatouiller avec ses crises de métaphysique quantique.
Mais pas sans vous avoir fait parvenir le planning de la semaine prochaine, qui tombe dans quatorze jours.
Tout est normal.
Vous souhaitant de très bonnes vacances, avec des jours à peu près dans le bon ordre (ou pas, on s'en fiche du moment qu'on peut dormir jusque midi),
Bien cordialement,
--
Le secrétaire de direction
vendredi 2 février 2018
Philosophe > All
Où l'on s'était pourtant juré de ne rien écrire cette semaine, et où la grisaille fait enfin une pause-café...
Bonsoir à tous,
Vous l'ignorez sans doute (car la discipline est injustement boudée par les nouveaux programmes), mais il est un principe fondamental qui régit le monde sulfureux de l'alchimie, celui dit : "de l'Echange Equivalent", que l'on peut résumer ainsi : "pour chaque chose reçue, il faut en abandonner une de valeur équivalente".
Or vous n'avez pas manqué de le remarquer, j'imagine (sinon prenez vite rendez-vous chez l'ophtalmo) : depuis trois jours, l'horizon s'est paré d'une couleur étrange, aérienne, rassérénante - couleur qui, d'après mes recherches, s'appellerait le "bleu", mais cela reste à confirmer -. Plus troublant encore (comme dirait Pierre Bellemare en faisant sa grosse voix) : une espèce d'immense boule de feu apparaît de temps à autre dans le ciel, par intermittence (un peu comme un fonctionnaire à son poste de travail), parfois même plusieurs heures par jour, et jamais deux fois à la même place !
Tant de prodiges ne pouvaient qu'avoir un prix - et quel prix !
Contrairement à ce que les apparences suggèrent (avec une insistance confinant au harcèlement-de-mail), ce soir, le planning de la semaine prochaine ne sera pas accompagné d'un petit mot humoristique.
Oui, je comprends votre désespoir.
J'ai entendu votre cri de chez moi et ça me touche, vraiment.
Par conséquent, si d'aventure le désœuvrement devait vous étreindre avec la fougue - qui sait ? - d'un catcheur mexicain à la troisième reprise ; ou si vous deviez ressentir quelques effets de manque (on peut rêver !), n'hésitez pas à relire quelques-uns des messages précédents, piochés au hasard sur la page dédiée : http://lesemainierdelasemaine.blogspot.fr/ . Sans doute y trouverez-vous quelques vérités transcendantes supplémentaires - à commencer par la confirmation de cet adage plein de sagesse, hérité d'un disciple de Confucius : "plus les choses changent, et plus elles restent les mêmes".
Vous souhaitant un week-end riche en méditation et en élévation spirituelle,
Bien cordialement,
--
Le secrétaire de direction
Bonsoir à tous,
Vous l'ignorez sans doute (car la discipline est injustement boudée par les nouveaux programmes), mais il est un principe fondamental qui régit le monde sulfureux de l'alchimie, celui dit : "de l'Echange Equivalent", que l'on peut résumer ainsi : "pour chaque chose reçue, il faut en abandonner une de valeur équivalente".
Or vous n'avez pas manqué de le remarquer, j'imagine (sinon prenez vite rendez-vous chez l'ophtalmo) : depuis trois jours, l'horizon s'est paré d'une couleur étrange, aérienne, rassérénante - couleur qui, d'après mes recherches, s'appellerait le "bleu", mais cela reste à confirmer -. Plus troublant encore (comme dirait Pierre Bellemare en faisant sa grosse voix) : une espèce d'immense boule de feu apparaît de temps à autre dans le ciel, par intermittence (un peu comme un fonctionnaire à son poste de travail), parfois même plusieurs heures par jour, et jamais deux fois à la même place !
Tant de prodiges ne pouvaient qu'avoir un prix - et quel prix !
Contrairement à ce que les apparences suggèrent (avec une insistance confinant au harcèlement-de-mail), ce soir, le planning de la semaine prochaine ne sera pas accompagné d'un petit mot humoristique.
Oui, je comprends votre désespoir.
J'ai entendu votre cri de chez moi et ça me touche, vraiment.
Par conséquent, si d'aventure le désœuvrement devait vous étreindre avec la fougue - qui sait ? - d'un catcheur mexicain à la troisième reprise ; ou si vous deviez ressentir quelques effets de manque (on peut rêver !), n'hésitez pas à relire quelques-uns des messages précédents, piochés au hasard sur la page dédiée : http://lesemainierdelasemaine.blogspot.fr/ . Sans doute y trouverez-vous quelques vérités transcendantes supplémentaires - à commencer par la confirmation de cet adage plein de sagesse, hérité d'un disciple de Confucius : "plus les choses changent, et plus elles restent les mêmes".
Vous souhaitant un week-end riche en méditation et en élévation spirituelle,
Bien cordialement,
--
Le secrétaire de direction
vendredi 26 janvier 2018
Tu ne viendras pas ce soir (et ça tombe bien vu que j'ai pas racheté de chipsters)
Où dehors, c'est le Ragnarok, vu qu'il neige à gros flocons un 26 janvier et que les hommes s'entretuent dans les magasins de grande distribution pour du Nutella en solde (je ne vois pas d'autre explication).
Bonsoir à tous,
Je ne sais pas pour vous, mais aujourd'hui, chaque fois que j'ai jeté un oeil par la fenêtre (et j'aime autant vous dire qu'on fait ça souvent, dans la fonction publique), j'ai eu l'irrépressible envie de vous souhaiter un joyeux noël et d'excellente fêtes de fin d'année.
De cet élan festif inattendu est née une idée qui, petit à petit, a cheminé dans mon esprit avant d'y affleurer, timide, discrète, puis de s'y installer avec toute sa famille, son camping-car et son berger allemand. Idée subtile, un rien complexe, qu'il serait possible de formuler en ces termes : "rendors-toi, petit secrétaire de direction, tu ne vas quand même pas travailler un jour de neige ! Et les Droits de l'Homme, alors ? Qu'est-ce que tu fais des Droits de l'Homme ?" (en fond sonore, elle m'a collé God Bless America, c'était très perturbant).
"Oui mais...", a toutefois protesté (mais pas trop fort non plus) la voix de ma conscience, cette empêcheuse de ronfler en rond qu'on apprend à faire taire lors de nos stages professionnels, "...il faut bien taper le semainier malgré tout" (et sur ce point, mon profil de poste ne pouvait que lui donner raison) (ce Judas !).
"Ha ha ha !", aura alors tonitrué mon subconscient, avec toute l'arrogance qui le caractérise, "pourquoi s'embêter ? Envoyons-leur le semainier de mi-décembre. Vu le temps qu'il fait, ils n'y verront que du feu. Celui qui va crépiter dans leurs cheminées".
"Ha ouais, pas bête", s'est exclamé mon sens pratique, en déroulant déjà son futon rembourré.
Après, je ne me souviens plus trop mais je crois que j'étais sur Neptune et que je me battais au pistolet (à moins que ça n'ait été un homard) contre une horde de petits hommes verts pour protéger une cargaison de pâte à tartiner à un euro trente.
Émergeant tout juste de ce qui fut, sans conteste, le temps fort de ma semaine de travail, je vous envoie ci-joint le planning de la semaine prochaine, à savoir : celle du 18 au 22 décembre.
Vous souhaitant un week-end plein de bataille de boules de neige (mais surtout de chocolat chaud) (voire de chocolat tout court),
Bien cordialement,
--
Le secrétaire de direction
vendredi 19 janvier 2018
Dans "despotes", il y a "des potes". Coïncidence ?
Où l'on veut bien faire du zèle, mais où il y a des priorités.
Bonsoir à tous,
Au risque de décevoir certains et d'en soulager d'autres, je ne ferais pas long ce soir - et je sais que j'écris ça à chaque fois, ou presque, et que ça n'empêche pas mes messages d'accompagnement d'être interminables et de s'éparpiller en moult digressions saugrenues, aussi absconses que le contenu d'une circulaire rectorale, mais ce soir, oui, ce soir, contrairement à ce que suggère cette phrase à rallonge (que Proust n'aurait pas renié, avec deux grammes d'alcool dans le sang - mais buvait-il seulement, là est la question ?), c'est pour de bon, pour de vrai, pour de juste : il va me falloir couper court et bien dégagés autour des oreilles.
Car figurez-vous que j'ai des invités à la maison.
Si.
Car on peut travailler dans l'éducation nationale et avoir des amis quand même. Par quel miracle ?
Moi-même, je ne me l'explique pas.
Ceci étant, ça n'a pas que des avantages : ainsi, rien que l'idée de les avoir laissés seuls chez moi avec un libre-accès au contenu de mon frigo, à mon combiné de téléphone fixe ou à ma garde-robe à paillettes (celle que je garde pour les week-ends) me colle des sueurs froides.
Ils ont commencé à taper dans l'Emmental.
Je le sais.
Je le sens.
J'ai un sixième sens pour ces choses-là.
Ah cruelle destinée que d'être ainsi trahi par ceux en qui ont place le plus d'estime ! Tu quoque, potus (et autres locutions espagnoles qu'on aime à citer pendant les soirées Trivial Pursuit...) !
Sans compter que si j'arrive en retard, comment voulez-vous qu'ils me croient si je leur dit que je suis resté à mon poste hors de mes horaires de travail pour rédiger ce petit mot ? Ils savent que je suis fonctionnaire. Autant leur dire que j'ai été enlevé par des extraterrestres, ils y croiraient davantage.
Bref. Vous connaissez la chanson : veuillez trouver ci-joint patati, patata, et tout ce qui vous permettra d'aborder la semaine prochaine avec la sérénité de qui en a d'ores et déjà une vue d'ensemble.
Vous souhaitant un excellent week-end (et de l'emmental, aussi, parce que ça ne mange pas de pain) (encore qu'on puisse manger du pain avec l'emmental, bien sûr, nous sommes dans un pays libre).
Bien cordialement avec des paillettes,
--
Le secrétaire de direction
Bonsoir à tous,
Au risque de décevoir certains et d'en soulager d'autres, je ne ferais pas long ce soir - et je sais que j'écris ça à chaque fois, ou presque, et que ça n'empêche pas mes messages d'accompagnement d'être interminables et de s'éparpiller en moult digressions saugrenues, aussi absconses que le contenu d'une circulaire rectorale, mais ce soir, oui, ce soir, contrairement à ce que suggère cette phrase à rallonge (que Proust n'aurait pas renié, avec deux grammes d'alcool dans le sang - mais buvait-il seulement, là est la question ?), c'est pour de bon, pour de vrai, pour de juste : il va me falloir couper court et bien dégagés autour des oreilles.
Car figurez-vous que j'ai des invités à la maison.
Si.
Car on peut travailler dans l'éducation nationale et avoir des amis quand même. Par quel miracle ?
Moi-même, je ne me l'explique pas.
Ceci étant, ça n'a pas que des avantages : ainsi, rien que l'idée de les avoir laissés seuls chez moi avec un libre-accès au contenu de mon frigo, à mon combiné de téléphone fixe ou à ma garde-robe à paillettes (celle que je garde pour les week-ends) me colle des sueurs froides.
Ils ont commencé à taper dans l'Emmental.
Je le sais.
Je le sens.
J'ai un sixième sens pour ces choses-là.
Ah cruelle destinée que d'être ainsi trahi par ceux en qui ont place le plus d'estime ! Tu quoque, potus (et autres locutions espagnoles qu'on aime à citer pendant les soirées Trivial Pursuit...) !
Sans compter que si j'arrive en retard, comment voulez-vous qu'ils me croient si je leur dit que je suis resté à mon poste hors de mes horaires de travail pour rédiger ce petit mot ? Ils savent que je suis fonctionnaire. Autant leur dire que j'ai été enlevé par des extraterrestres, ils y croiraient davantage.
Bref. Vous connaissez la chanson : veuillez trouver ci-joint patati, patata, et tout ce qui vous permettra d'aborder la semaine prochaine avec la sérénité de qui en a d'ores et déjà une vue d'ensemble.
Vous souhaitant un excellent week-end (et de l'emmental, aussi, parce que ça ne mange pas de pain) (encore qu'on puisse manger du pain avec l'emmental, bien sûr, nous sommes dans un pays libre).
Bien cordialement avec des paillettes,
--
Le secrétaire de direction
vendredi 12 janvier 2018
La Possibilité d'une Île
Où l'on découvre que reprendre le travail, c'est moins une fatalité qu'un état d'esprit.
Ha mais vous êtes là, vous ?
Hum, pardon, je ne m'y attendais pas, vous m'avez pris de court.
Je veux dire... si vous êtes là, c'est que vous attendez le planning de la semaine prochaine.
Or si vous attendez le planning de la semaine prochaine, c'est que vous avez repris le travail.
Vous.
Bon, ben, ma foi, pourquoi pas ?
En ce qui me concerne, je trouve que c'est une drôle d'idée mais hé, nous sommes au XXIème siècle, qui suis-je pour juger ?
J'ai donc pris quelques minutes pour vous bidouiller un semainier à main levée dans mon hamac, en mode totale impro, j’espère qu'il satisfera vos attentes, je peux bien faire ça pour vous autres, j'y ai encore mis plein de couleurs comme vous aimez.
Tenez, je suis bon prince, je vais même profiter de l'occasion pour vous envoyer, en plus dudit planning, une petite carte postale de mon lieu de villégiature actuel (j'ai dû évacuer l'ancien à cause d'une inondation - ce que l'Océan Indien peut être taquin, quand il s'y met ! -. Heureusement, le directeur du Ritz a été arrangeant : il m'a relogé dans une suite royale sans surcoût, une belle aubaine) :

De rien, ça me fait plaisir, vraiment.
De mon côté, j'ai mis cette troisième semaine de vacances à profit pour faire un peu le tour de l'île, escalader un ou deux volcans (je perds le compte, à force), j'ai même découvert une cité perdue qui portera mon nom (du coup), mais n'allez pas croire que je suis à envier pour autant.
Moi aussi, j'ai mes contrariétés, qu'est-ce que vous vous croyez ?
Par exemple, les températures ici sont infernales : vous ne vous rendrez sans doute pas compte de ce que ça représente, mais il fait déjà 20° à sept heures du matin (enfin, à ce qu'on m'a dit. Je n'ai pas pu le vérifier vu que je me lève tous les jours entre onze heures et midi...). Avec un bon 32 l'après-midi, bon sang, vous imaginez le calvaire ? ! Je passe mon temps en maillot de bain, moi qui adore les doudounes, les écharpes et les engelures ! Pour tout vous dire, je ne me rappelle même plus l'effet que ça fait d'avoir froid. Je me souviens que c'est un peu désagréable, bien sûr, mais rien de plus. Et la pluie, c'est pareil, bon sang ! L'autre jour, y'a un touriste qui en parlait, j'ai été obligé de chercher le mot dans Wikipédia, dites-donc ! J'en perds tous mes repères ! Or c'est important, les repères, alors sachez apprécier la chance qui est la vôtre quand vous devrez gratter le givre sur la voiture lundi !
Autre problème, et non des moindres : j'ai du sable séché entre les doigts de pieds et ça m'irrite la peau. C'est très agaçant. ça m'empêche de profiter pleinement des cocktails exotiques qu'on m'apporte à la plage. En plus, des fois, je fais un faux mouvement et je me colle le petit parasol dans l'oeil. Autant d'ennuis que vous n'avez pas non plus, bande de veinards.
Alors oui, bien sûr, les oiseaux des îles sont très jolis avec leurs plumages arc-en-ciel, mais enfin, il faut aussi savoir qu'ils chantent jusqu'à onze heures du soir, et même si c'est très mélodieux et si je n'ai jamais rien entendu d'aussi beau de ma vie, ça peut vous gâcher le sommeil, des machins comme ça. En tout cas, ça me gâcherait le mien, si j'allais me coucher avant trois heures du mat' (heure à laquelle se terminent les fêtes tribales auxquelles je suis convié).
Ah, et puis je digère mal les langoustines, aussi.
Surtout la garniture au caviar, ça me fait des ballonnements.
Vous ne savez pas ce que je donnerais pour un bon steak-frites de chez LIDL !
Ha non, vraiment, je le répète, vous ne connaissez pas votre chance, bande de privilégiés !
Aussi, j'espère que vous profiterez comme il faut du week-end radieux qui s'annonce (il sera radieux ici, déjà, c'est un début. Mais bon, j'ai regardé la météo et a priori, vous n'aurez pas de tempête de neige avant mardi. Des veinards, je vous dis !),
Bien cordialement,
--
Le secrétaire de direction
Ha mais vous êtes là, vous ?
Hum, pardon, je ne m'y attendais pas, vous m'avez pris de court.
Je veux dire... si vous êtes là, c'est que vous attendez le planning de la semaine prochaine.
Or si vous attendez le planning de la semaine prochaine, c'est que vous avez repris le travail.
Vous.
Bon, ben, ma foi, pourquoi pas ?
En ce qui me concerne, je trouve que c'est une drôle d'idée mais hé, nous sommes au XXIème siècle, qui suis-je pour juger ?
J'ai donc pris quelques minutes pour vous bidouiller un semainier à main levée dans mon hamac, en mode totale impro, j’espère qu'il satisfera vos attentes, je peux bien faire ça pour vous autres, j'y ai encore mis plein de couleurs comme vous aimez.
Tenez, je suis bon prince, je vais même profiter de l'occasion pour vous envoyer, en plus dudit planning, une petite carte postale de mon lieu de villégiature actuel (j'ai dû évacuer l'ancien à cause d'une inondation - ce que l'Océan Indien peut être taquin, quand il s'y met ! -. Heureusement, le directeur du Ritz a été arrangeant : il m'a relogé dans une suite royale sans surcoût, une belle aubaine) :

De rien, ça me fait plaisir, vraiment.
De mon côté, j'ai mis cette troisième semaine de vacances à profit pour faire un peu le tour de l'île, escalader un ou deux volcans (je perds le compte, à force), j'ai même découvert une cité perdue qui portera mon nom (du coup), mais n'allez pas croire que je suis à envier pour autant.
Moi aussi, j'ai mes contrariétés, qu'est-ce que vous vous croyez ?
Par exemple, les températures ici sont infernales : vous ne vous rendrez sans doute pas compte de ce que ça représente, mais il fait déjà 20° à sept heures du matin (enfin, à ce qu'on m'a dit. Je n'ai pas pu le vérifier vu que je me lève tous les jours entre onze heures et midi...). Avec un bon 32 l'après-midi, bon sang, vous imaginez le calvaire ? ! Je passe mon temps en maillot de bain, moi qui adore les doudounes, les écharpes et les engelures ! Pour tout vous dire, je ne me rappelle même plus l'effet que ça fait d'avoir froid. Je me souviens que c'est un peu désagréable, bien sûr, mais rien de plus. Et la pluie, c'est pareil, bon sang ! L'autre jour, y'a un touriste qui en parlait, j'ai été obligé de chercher le mot dans Wikipédia, dites-donc ! J'en perds tous mes repères ! Or c'est important, les repères, alors sachez apprécier la chance qui est la vôtre quand vous devrez gratter le givre sur la voiture lundi !
Autre problème, et non des moindres : j'ai du sable séché entre les doigts de pieds et ça m'irrite la peau. C'est très agaçant. ça m'empêche de profiter pleinement des cocktails exotiques qu'on m'apporte à la plage. En plus, des fois, je fais un faux mouvement et je me colle le petit parasol dans l'oeil. Autant d'ennuis que vous n'avez pas non plus, bande de veinards.
Alors oui, bien sûr, les oiseaux des îles sont très jolis avec leurs plumages arc-en-ciel, mais enfin, il faut aussi savoir qu'ils chantent jusqu'à onze heures du soir, et même si c'est très mélodieux et si je n'ai jamais rien entendu d'aussi beau de ma vie, ça peut vous gâcher le sommeil, des machins comme ça. En tout cas, ça me gâcherait le mien, si j'allais me coucher avant trois heures du mat' (heure à laquelle se terminent les fêtes tribales auxquelles je suis convié).
Ah, et puis je digère mal les langoustines, aussi.
Surtout la garniture au caviar, ça me fait des ballonnements.
Vous ne savez pas ce que je donnerais pour un bon steak-frites de chez LIDL !
Ha non, vraiment, je le répète, vous ne connaissez pas votre chance, bande de privilégiés !
Aussi, j'espère que vous profiterez comme il faut du week-end radieux qui s'annonce (il sera radieux ici, déjà, c'est un début. Mais bon, j'ai regardé la météo et a priori, vous n'aurez pas de tempête de neige avant mardi. Des veinards, je vous dis !),
Bien cordialement,
--
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