Mais qu'est-ce donc qu'un semainier ? Excellente question, l'internaute, à laquelle te répondra la petite icône en haut à droite, ou bien la barre latérale du blog, si tu navigues sur un PC de riche avec un écran grand comme la Baltique.

vendredi 29 mars 2024

Mais où est donc car en bar ?

 Où après quelques messages tristement institutionnels, on s'autorise quelques facéties réchauffées en l'honneur du Dieu Poisson...


Bonsoir à tous,

Comme attendu, nous vous transférons ci-joint le planning de la semaine à venir.

Vous en souhaitant bonne réception, ainsi qu'un bon long week-end,

Poissoooooooon d'avriiiil !

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Vous aviez vraiment cru que j'allais vous laisser partir en week-end Pascal sans un petit calembour de mon cru ?

Vous pensiez sincèrement que cette semaine encore, c'était cuit ?

(Cru, cuit, attention, ces figures stylistiques sont réalisées par un professionnel, ne faites pas ça chez vous les enfants, vous pourriez vous faire un claquage de la dignité !).

Vous vous imaginiez que j'allais poser un lapin au grand rendez-vous annuel de l'humour belge, au risque de me faire sonner les cloches mardi par les plus zélotes d'entre vous ? 

Que j'allais manquer l'occasion de vous présenter mes "meilleurs v'oeufs", comme sur les pires cartes postales fantaisie de chez le buraliste, ou les plus créatives enseignes de salons de coiffures indépendants ? 

C'est bien mal me connaître !

Pour l'occasion, j'ai ressorti exprès pour vous une de mes oeuvres de jeunesses sous Paint qui fait aujourd'hui encore la fierté de toute ma famille :


Hé oui, que voulez-vous. Je suis un artiste.

Allez, sur ma lancée, une autre de mon cru, imaginée en rêve (si !) :

"Non mais en fait, expliquais-je doctement à un personnage dudit rêve, dans les aéroports, ils devraient installer deux types de portiques. Un qui fait "bip, bip, bip", l'autre qui fait "et le coyote, et le coyote, et le coyote".

Avouez qu'il y a du niveau.


Dans un registre plus sérieux, sachez que mon collègue a eu sa mut' et qu'il nous quitte dès mardi pour le collège de Ploutarboeuf, que nos élèves ont été sélectionnés pour la France a un Incroyable Talent, que le collège Jean roucas a obtenu six étoiles sur Trip Advisor, que le gestionnaire a racheté des enveloppes kraft, qu'on gagne une heure de sommeil ce week-end, qu'Aya Nakamura va chanter du Piaf en ouverture des Jeux Olympiques, qu'on ne peut pas faire d’omelette sans en casser deux (ce qui en fait le plus mauvais rapport qualité prix de la cuisine des célibataires), que tout ça n'était qu'un affreux cauchemar et que nous voilà revenu en cette bonne vieille année 2004.

Je voudrais bien terminer sur une blague pour détendre l'atmosphère mais je ne saurais pas trouver plus drôle que nos fiches de salaire, alors je m'abstiendrai très humblement et vous souhaiterai un bon long week-end, aussi drôle que possible compte tenu du contexte socio-économico-écologico-international (c'est dire si on va rigoler).


Bien cordialement, 

-- 
 
Le secrétaire de direction

vendredi 15 mars 2024

L'argent ne fait pas le bonheur, mais il y a un mais.

 A l'attention de l'ensemble des personnels du collège Jean Roucas, SAUF Aurélie (nous comptons sur votre discrétion)


Bonjour à tous,

Notre Aurélie nationale, que le monde entier nous envie ("mais seulement à petite doses" selon le Président Américain John Deubeulyou Mac Fleury, unanimement apprécié pour ses éclats de noisettes), s'apprête à faire ses premiers pas dans le joyeux monde pittoresque de la parentalité, où les nuits sont plus courtes, où les cernes sont plus nettes, et où l'on remet abondamment en question ses choix de vie passés.

Aussi une cagnotte secrète a-t-elle été mise en place au bureau des AED pour palier ces désagréments grâce au seul et unique remède universel capable de guérir tous les mots du cœur et de l'esprit : L'ARGENT (ceux qui ont pensé au Crossfit viendront chercher leur lettre de licenciement lundi). A terme (sans mauvais jeu de mot), la somme récoltée sera créditée sur une carte cadeau, valable sur toute une gamme de somnifères et d'anti-dépresseurs.

Celles et ceux qui souhaiterons participer auront jusqu'au vendredi 29 mars, heure de Portes-lès-Valence, dernier délai, cachet de la poste faisant foi, pour confier leur contribution à Amandine (qui contrairement à ce que raconte les bruits de couloir n'a absolument aucune connexion avec la mafia), en veillant bien évidemment à ne pas se faire repérer par la principale intéressée, ce qui risque d'être délicat dans un premier temps vu que comme chacun sait, ces deux-là sont siamoises.

Compte tenu du caractère facétieux de l'Aurélie en question, les billets de Monopoly sont bien évidemment acceptés.

Comptant sur votre générosité et votre discrétion,

Bien cordialement,

-- 
 
Le secrétaire de direction

Ménage à trois

 Où il convient de poser les questions qui fâchent, et de redéfinir ses priorités...

Bonsoir à tous,

Le planning de la semaine à venir vous est offert ce soir avec un questionnement de première importance :

Est-ce qu'aimer son travail, c'est tromper son conjoint ?

Vous avez deux heures.

En ce qui me concerne, j'ai préféré ne pas prendre de risque. Un malentendu est si vite arrivé. Il faut être clair d'emblée avec les messages qu'on envoie sinon un jour, on se retrouve comme moi accusé de "n'en avoir eu qu'après son argent". Et qu'est-ce que vous voulez répondre à ça, à part : "Oui, absolument, pourquoi ?!". On ne va pas lui mentir, en plus. Avec tous les euros qu'il nous a refilé chaque mois, on lui doit quand même deux sous d’honnêteté. "Et garde la monnaie !".

Pour ne plus jamais revivre un tel embarras, depuis mon arrivée à Jean roucas, je mets un point d'honneur à ne jamais témoigner le moindre signe d'intérêt à mon travail, des fois qu'il l'interpréterait comme la marque d'une tendre inclination. J’agrafe avec morosité, j'archive avec maussaderie, je photocopie avec taciturnité. Le langage corporel aussi est très important : je veille à bien m'avachir au fond de ma chaise jusqu'à me confondre presque aux mailles de son tissu, les yeux à demi ouverts, invariablement fixés sur l'horloge. Et je ne bouge pas, de crainte qu'il interprète mes moindres faits et gestes en sa faveur. Pour être bien sûr qu'il ne nous imagine jamais tous les deux sur une plage à Acapulco, en train d'enduire son poste téléphonique de crème solaire, dès que je le vois, je soupire, et quand on m'en donne, je lui lance un de ces regards qu'on réserve à ces gens qui nous réveillent le dimanche à six heures pour nous vendre des aspirateurs connectés, et qui signifient : "ce n'est pas d'un aspirateur, dont je vais avoir besoin, mais d'une serpillère". Ou alors je l'ignore, purement et simplement, je le laisse traîner sur un coin de mon bureau pour bien lui montrer qui commande ici, non mais oh, on ne va pas se laisser dicter ce qu'on a à faire par un profil de poste non plus, c'est quoi cette mentalité de boomer, y'a pas marqué la Poste, et en plus même à la Poste y'a plus marqué la Poste depuis longtemps. 

Non, vraiment, l'indifférence, c'est encore ce qui marche le mieux. Il m'est arrivé une fois d'ignorer le travail pendant trois mois et demi, eh ben je n'ai jamais eu de rapports aussi sains avec ma fonction. Il n'y avait pas dans le bureau toute cette tension sentimentale qui pèse au quotidien, ces non dits, ces hésitations, ces "le fera-t-il ?", "ne le fera-t-il pas ?" qui à long terme vous empoisonnent une relation. Au moins, les choses étaient claires : "il ne le fera pas". En même temps, comme c'était mon rôle d'envoyer les plaintes à mon encontre au DRH, je ne risquais pas grand chose non plus. C'est ce qu'il y a de beau avec mon métier. Si je fais grève, il me suffit le lendemain de choisir l'un d'entre vous au hasard et de passer cette journée en moins sur son compte.  Alors que mon collègue, tout ce qu'il peut faire à son niveau, c'est accéder aux comptes Pronotes des élèves pour voir quels devoirs ils ont à faire. Il est clairement moins bien loti.

Malgré tout, même en suivant tous ces conseils d'expert, il faut toujours être sur le qui-vive, ça peut vite basculer. On en connait tous, des gens mariés à leur boulot. On sait comment ça commence : un jour, sans crier gare, on est heureux de recevoir une circulaire académique, on s'exclame à haute et intelligible voix "ha tiens ! Justement ! Je l'attendais, celle-là ! C'est super, on a trois jours de plus pour renvoyer les dérog' cette année !". On s'ébaubit d'un nouveau logiciel de traitement parce qu'il traite et qu'on n'est pas habitué. On choisit la couleur de ses stabilos parce que c'est plus sympathique, au lieu de se laisser refiler tous les bleus dont personne ne veut avec un haussement d'épaules résigné. Voilà comment en moins de temps qu'il n'en faut pour dire burn out, on se retrouve en lune de miel avec une pile de pochettes perforées et un stock de trombones, à faire des plans à deux pour s'installer ensemble à côté d'un Bureau Vallée. 

Heureusement, moi, j'ai la parade : dès que je sens un soupçon d'exaltation s'emparer de moi, par exemple lorsque je saisis les retenues sur salaire, je cours me passer le visage sous l'eau froide et si ça ne suffit pas, j'essaie de trouver un document sur le PIA en tapant le nom exact dudit document dans l'onglet de recherche. Généralement, ça me calme direct et de manière autrement plus durable que le développement du même nom.

Autant de considérations qui m'ont récemment amené à reconsidérer mes pratiques professionnelles à l'aune de cette problématique, et à réaliser que j'étais engagé dans une relation de dépendance toxique avec le rectorat, toujours à l'appeler, toujours à lui envoyer des mails, qu'il me réponde ou pas, ou pas, ou pas, quel que soit le moment du jour ou de la nuit (mais pas avant 9h, ni après 16h ; même en passion il faut savoir poser des limites). J'en suis arrivé à la conclusion que c'était devenu trop fusionnel entre lui et moi, alors j'ai décidé de prendre de la distance et de le friendzoner (zonamier, en français), comme ça plus de problèmes. "J'ai besoin de réfléchir à nous deux", lui ai-je soufflé avec une désarmante sincérité. "Restons amis". Après quoi j'ai effacé ses coordonnées de mon carnet d'adresse, j'ai supprimé son numéro de mon portable (où je l'avais enregistré sous le nom de "Roger" pour ne pas que ma compagne soupçonne quelque chose) et j'ai brûlé toutes ses photos après avoir dessiné des croix sur ses yeux comme tout le monde. Depuis, croyez-le ou non, je vais beaucoup mieux. Je traîne un peu partout avec un masque et une longue capuche noire en appelant les gens au téléphone pour savoir s'ils aiment les films d'horreur, genre les Tuches 2 ou l'élève Ducobu.

Mais parfois, à la radio, ils passent le thème de son répondeur automatique et je verse une larme en cachette. 

Ben oui. 

Quand même. 

C'était notre chanson.

Nous souhaitant un bon week-end, si possible pluvieux, histoire de justifier les dizaines d'heures que Yann et moi allons passer à chevaucher des poulets géants dans Final Fantasy VII Rebirth,

Bien cordialement,


-- 
 
Le secrétaire de direction

mardi 12 mars 2024

On n'est pas dans la m*rde

A l'attention de l'ensemble de personnels du Collège Jean roucas (oui, mon clavier refuse désormais de taper les r majuscules, il faudra vous y faire)


Bonjour à tous,

C'est peut-être le mail le plus douloureux qu'il m'aura été donné d'écrire depuis mon début de carrière au Collège Jean roucas, tant sa problématique relève de l'urgence sanitaire.

Alors que l'avenir s'annonce sombre pour l'Education Nationale, le présent est au diapason - et de façon autrement plus concrète puisqu'à compter d'aujourd'hui 16 heures et jusqu'à jeudi matin (minimum), les toilettes du bâtiment A, de la halle et du bâtiment administratif sont condamnées. Elles sont en effet soupçonnées d'obstruction à la bonne conduite de plomberie.

Par conséquent, seules les toilettes du bâtiment B et de la cour de récréation seront accessibles.

Pour palier ces désagréments, le secrétariat vendra des tickets premium coupe-file pour ceux qui seront plus pressés, avec également possibilité de prendre un abonnement mensuel à un tarif préférentiel (deux accès achetés = un accès gratuit, avec un pass' pour trois minutes d'eau chaude au lavabo).

Des bassines seront également mises à disposition dans les salles pour pouvoir ensuite jeter le contenu sur les passants dans la rue comme au Moyen-Âge ou à Paris Gare de Lyon, ce qui aura au moins le mérite de contextualiser les cours d'Histoire ou de civisme.

Avec toutes nos excuses pour les inévitables désagréments occasionnés (que nous prenons très au sérieux, contrairement à ce que le ton de ce mail peut laisser supposer).

Soyez assurés que nos agents feront au plus vite pour rendre ces lieux d'aisance à nouveau fonctionnels (et qu'ils ont bien du mérite, parce qu'on n'aimerait pas être à leur place).

Bien cordialement,

-- 
 
Le secrétaire de direction

vendredi 16 février 2024

Nostalgie morbide

Où les vacances se profilent à l'horizon et où il était plus que temps...

Bonsoir à tous,

Comme attendu, veuillez trouver ci-joint le planning de la semaine de la rentrée.

Car vous avez hâte, j'en suis sûr.

Les deux prochaines semaines ne seront pour vous qu'un (trop) long calendrier de l'avent, dont vous ouvrirez mentalement les cases avec un mélange de hâte et de profond désespoir - et quand je dis "calendrier de l'avent", je veux dire : pas un de ceux qu'on offre aux êtres chers mais un invendu de Noël périmé (peut-on alors parler légitimement de "calendrier de l'après" ?) dont le chocolat déjà bas de gamme a commencé à s'entendre avec la faune microbiologique locale pour fonder ce qui, à coup sûr, prendra la relève de l'humanité dans un proche avenir (avec un taux de réussite record au DNB).

Chaque jour, vous soupirerez en regardant le thermostat de vos pénates et en vous demandant comment le régler pour être bien au chaud sans pour autant y laisser vos HSE, tout en songeant qu'"au moins, dans ma salle, j'avais froid, mais je savais pourquoi" (et puis c'était gratuit).

Vous pourrez bien aller à l'opéra, ou au concert des sept-cent-choristes-dont-un-en-double, rien n'égalera à vos oreilles le mélodieux souvenir du carillon entre les cours, composition exquise dont on devine qu'elle est issue d'un stock de sonneries de portables recalées par les fabricants à la fin des années 90 au prétexte "qu'on a simultanément l'impression qu'elle se paie notre tête et qu'elle nous plaint du plus profond de son être" (ce qui n'aura pas été jugé très vendeur, sur le moment, à juste titre, même si elle traduit parfaitement le sentiment des grands industriels à notre égard). 

Et je pourrais poursuivre comme ça pendant les deux prochaines semaines, vous le savez, j'en suis capable, sauf qu'une fois n'est pas coutume, je suis en vacances en même temps que vous, c'est à dire depuis vingt minutes déjà (trente au moment de la relecture. Deux heures sans doute au moment où j'appuierai ENFIN sur "envoyer" parce que tous mes mots auront enfin le nombre de syllabes adéquats) (ne riez pas, c'est vraiment comme ça que je bosse). Autant dire que même si je vous aime beaucoup, tous, à une ou deux exceptions près qui se reconnaitront sans mal, je ne vais pas me faire prier pour retourner chez moi retrouver la personne qui m'est le plus cher au monde : ma Playstation 5. J'y retrouverai également la personne à cause de qui je vais prendre le plus cher au monde sitôt qu'elle aura lu ce qui précède. Et le chat. Qui lui s'en fiche du moment que je le nourris, et la vie serait certainement plus simple si tous les gens étaient des chats.

Encore que.

Je ne vous demanderais qu'une seule chose lundi : penser à mes collègues de l'administration qui rempileront courageusement, ainsi qu'aux agents jusqu'à mardi inclus.

Vous avez évidemment le droit des les envier autant qu'ils vous envient. Mais en ce cas, je vous suggère de prendre illico rendez-vous avec la médecine du travail et d'arrêter avec les calendrier de l'avent, même quand ils sont d'après (oui, oh, ça va, j'ai improvisé ce bout de texte en dix minutes, on ne peut pas être au top tout le temps, pas dans la fonction publique, enfin, vous n'y pensez pas, déjà qu'une fois par an ça fait beaucoup...) (au moins, le bon côté des choses, c'est que ça vous épargnera les erratums...).

Vous souhaitant de bonnes vacances, reposantes et riches en jolies rencontres (du genre de type qui vous conviendra le mieux) (pour moi ce sera le troisième, merci),


Bien cordialement,

-- 
 
Le secrétaire de direction

vendredi 9 février 2024

Petit ourson de Chine

Où on est trop fatigué pour écrire un texte digne de ce nom et où on pense naïvement que coller des images à la place demandera moins de travail...

 

Bonsoir à tous,

Je le sais bien, à force, je vous connais, vous n'êtes là ni pour le semainier joint, ni pour lire ma prose laborieuse.

Je pensais jusqu'ici que vous n'aviez d'yeux que pour mon collègue au prétexte qu'il était plus jeune, plus beau, plus travailleur (puisque travailleur tout court. J'ai beau lui dire d'arrêter, il n'en fait qu'à sa tête sous prétexte qu'on est payé pour) (ce qu'il ignore encore, c'est que même quand on ne travaille pas, on est payé quand même, mais chut, je voudrais lui faire la surprise) ; mais à l'indifférence que vous lui avez témoigné à son retour, au lieu de le fêter avec les effusions qui s'imposaient (j'ai bien essayé de lui faire une petite danse du ventre mais autant sur le ventre, j'ai été bon, autant sur la danse beaucoup moins), j'ai réalisé que lui non plus n'avait plus pignon sur rue dans vos cœurs administrativement volages.  

Tardivement, j'ai compris que vous ne pensiez désormais plus qu'à une chose : 

LE PANDA.

Où était-il ?, demandaient dès lundi matin vos regards aussi éperdus qu'un élève devant un compas.

Que devenait-il, allait-il bien ?

S'était-il par hasard associé à Wilson pour monter un numéro de jonglage acrobatique, et remporter haut la patoune "la France à un incroyable talent 2024" (face à Jean-Enzo en finale, qui sait réciter les tables de multiplication par coeur jusqu'à la table de 4 - bien connue des habitués de l'Hippopotamus) ?

Alors que la liesse aurait dû parcourir l'épine dorsale du collège comme ce grand soubresaut nerveux qui nous foudroie quand on découvre notre fiche de paie le mois où tombent les HSE, le retour dudit collègue n'aura donné lieu à aucun déhanchement festif, aucune scène d'hystérie (à part celles qu'on observe quotidiennement dans la cour de récré), aucune libation à l'ancienne, à tel point que j'ai dû décommander in-extremis les grappes de raisin et la banquette d'empereur romain commandé sur les crédits de Langue Ancienne.

Tout au plus vous ai-je entendu bruyamment lâcher des soupirs tandis que vous pensiez à son ventripotent remplaçant (pas moi, l'autre), si progressiste jusque dans sa fourrure qu'il était à la fois noir ET blanc, concrétisant à lui tout seul l'aboutissement de trois siècles de lutte contre le racisme.

Et bien rassurez-vous, puisqu'il faut en passer par là : lui aussi m'a donné de ses nouvelles, il va très bien, "et même beaucoup mieux" depuis, je cite, "qu'il a quitté ce secrétariat de losers".

Ses habitudes de travail n'ont pas changé pour autant. Son cadre de travail non plus.


 

Par contre, sachez qu'il a enfin pris la pleine mesure de son addiction et qu'il s'est donc laissé convaincre de passer au bambou électronique.

 


Par ailleurs, le succès qu'il a remporté dans l'enceinte du collège et ses nombreuses aventures conjugales avec des membres du personnel et certains éléments de mobilier l'ont poussé à mettre à jour sa photo de profil Tinder :

 


Toujours prêt à apprendre de ses aînés, il a également suivi mes conseils professionnels et il a levé le pied.

 


Problème : il a levé les quatre à la fois, une erreur de débutant. 

C'est la Fonction Publique qui rentre, comme on dit dans le métier.


Il a également fini tranquillement de manger le stock de Woody de l'intendance.

 


Bref, il est comme un coq en pâte, à ceci près que ce n'est pas un volatile et qu'il est bien en chair, mais vous m'avez compris.

En espérant, donc, que vous saurez tourner la page à moyen terme, et vous contenter des deux mammifères (plus ou moins) imberbes du secrétariat,


Bien cordialement, 


--

Le secrétaire de direction


vendredi 2 février 2024

"Chut, chut, ce n'était qu'un vilain cauchemar... Nous voilà revenus en cette bonne vieille année 1950 !"

Où l'on termine sur la cale des genoux ces trois semaines de double temps plein, avec une petite grève en prime pour mettre de l'ambiance...

 

Bonsoir à tous,

Comme attendu, je vous transfère ci-joint le planning de la semaine à venir.


Et sans plus de cérémonie, retrouvez notre rubrique hebdomadaire : 

"Comment ça se passe au secrétariat en l'absence du secrétaire élève ?" :


Ceci posé, j'aimerais profiter de cette fin de semaine et de tout mon temps libre au secrétariat pour revenir sur l'actualité.

En l'occurrence, j'avoue, quand le préavis de grève pour la journée du 1er février est tombé, j'ai un peu paniqué, je me suis dit : attends, les agriculteurs bloquent l'autoroute et la voie express, les taxis bloquent le centre ville, du coup, qu'est-ce qu'on va bien pouvoir bloquer, nous ? J'ai appelé la préfecture pour savoir un peu, ils m'ont dit que la rue George Clemenceau était libre à Pont d'Isère, mais qu'il fallait vite réserver si on était intéressés parce que l'amicale des fans de Patrick Fiory avait posé une option dessus et qu'ils étaient au moins quatre. 

Parce que oui, au départ, cette grève-là, j'étais prêt à la faire, histoire d'avancer un peu dans la campagne principale de Robocop sur Playstation 5 (hé quoi ? C'était complètement dans le thème), et puis un peu par conviction aussi, de temps en temps ça me prend, comme une crise d'urticaire de l'âme que ne saurait pas soulager la douce pommade de mon indifférence. Seulement voilà : par un mail syndical reçu dans la boîte de l'établissement, j'apprends que cette grève s'oppose également à la Marseillaise à l'école, à plus d'autorité, à l'uniforme, bref, le texte le revendique explicitement : "contre le retour aux années 50". 

Et là, je ne peux pas vous suivre parce que bon, quand même, les années 50, c'était le plein emploi, c'était l'enfance sans internet, c'était deux milliards et demi d'humains sur terre, c'était moins de pollution, c'était plus d'arbres en Amazonie, c'était Trenet, Brel, Louis Armstrong, et puis Audrey Hepburn, bon sang, Audrey Hepburn ! Sans parler de toutes les espèces qui se sont éteintes entre temps, à l'instar du dodo (ceux qu'on compte avant Noël ne comptent pas), du respect et du goût de l'effort. Du coup, moi, je me dis "hé, un retour aux années 50, ce ne serait pas si mal, au fond, après tout les ardéchois vivent ça tous les soirs quand ils rentrent chez eux et aucun ne s'est jamais plaint alors pourquoi pas nous ?".

Bon, après, la Marseillaise, ok, c'est un peu daté, je vous l'accorde. "Qu'un sang impur abreuve nos sillons", en période de vigipirate renforcé, ça la fout un peu mal, et puis à force de répéter ça tous les jours, même avec un accompagnement musical, ça pourrait susciter des vocations. On sait jamais, à force de crier "Aux armes !", il y en a qui pourraient prendre ça pour une invitation. "Ben qu'est-ce que tu fais Mathéo ?" "C'est rien ça, M'dame, c'est mon TP sur la Marseillaise" "ha d'accord. Bon ben tu passeras la serpillère après". Et puis je sais bien que l'Eurovision occupe une place privilégiée dans le coeur des français, et qu'à cet égard chanter faux sur des accords faciles c'est une part de notre héritage culturel, mais la Marseillaise, à l'oreille, c'est pas très folichon, on dirait un générique du Club Dorothée, un de ceux chantés par Bernard Minet, genre les Chevaliers du Zodiaque - mais si, vous savez, ceux "qui s'en vont toujours à l'attaque, en chantant une chanson bien haut, c'est la chanson des héros" (et tant pis si c'est ridicule parce que le ridicule ne tue pas et que ce qui ne tue pas nous rend plus fort, ce qui arrange bien leurs petites affaires). Sans mentir, chaque fois que j'entends la Marseillaise, je ne peux pas m'empêcher d'imaginer le résumé de l'épisode derrière : "précédemment, dans les Barricades de l'Infini : alors que Super Gavroche fait appel à l'esprit révolutionnaire pour terrasser Oméga Voltaire, ce dernier utilise la technique secrète du protestantisme pour lui renvoyer son attaque à bout portant. Evil Rousseau en profite pour lui asséner le coup de grâce à l'aide de la technique ancestrale de la Confession, de l'école dite du Gros Mytho. Grièvement blessé, Super Gavroche se retrouve à terre (c'est la faute à Voltaire) le nez dans le ruisseau (c'est la faute à Rousseau). Pendant ce temps, à la Commune, Cyber Jean Valjean tire des rayons lasers avec les yeux sur la Tour Eiffel sans aucune raison valable parce que c'est japonais et que c'est comme ça qu'on fait pour meubler dans les dessins animés japonais...".(oui, je sais, j'ai une conception assez malléable de l'Histoire de France en général - de Gaulle, blague contextuelle - et de sa chronologie en particulier. Mais les japonais aussi, à ma décharge). 

Je suis donc plutôt pour qu'on remplace ladite Marseillaise par quelque chose d'un peu plus moderne, d'un peu plus bienveillant - en un mot : d'un peu plus ouvert, et pas à la baïonnette. Après, la difficulté, c'est qu'il faut quelque chose que notre équipe de foot serait capable d'apprendre par cœur, ce qui réduit grandement l'éventail des possibles. Pandi-Panda, petit ourson de Chine, peut-être. Si on s'en tient à "Pandi", ça peut se tenter. A moyen terme. Ou non, attendez, mieux : "On est champions", de Johnny Hallyday. ça ferait un bel hymne national ça : "on est champions / on est tous ensemble / c'est le grand jeu / la France est debout". En plus il l'a chantée l'année où ils ont refusé de descendre du bus et je trouve que le décalage correspond plutôt bien à notre mentalité.

Sur la question de l'autorité, par contre, je ne suis pas prêt à transiger. Alors je sais, depuis qu'on a sanctifié l'éducation bienveillante, c'est devenu un gros mot, un mot de droite, un mot tabou, d'ailleurs désormais dans les cours d'école on ne joue plus à "ni oui ni non" mais juste à "ni non" parce que "ni oui" est vécu par les enfants et leurs parents comme de la maltraitance. Personne n'aime ça, l'autorité. C'est un peu les salsifis de la vie en collectivité. Certains diront qu'il faut quand même en manger de temps en temps pour s'habituer à d'autres saveurs mais les pédagogues sont formels, c'est de la maltraitance aussi, et la place de ceux qui font manger des salsifis à leurs enfants est en prison. C'est le cycle de la Vie du Roi Lion, mais version 35 heures : les élèves n'aiment pas les profs, les profs n'aiment pas les chefs d'établissement, les chefs d'établissement n'aiment pas le rectorat, le rectorat n'aime pas le ministère, le ministère n'aime pas les lobbys finan... euh, hum, pardon, je m'emporte. ça vaaaa, ooooh, on riiiigooooole, c'est de la caricature, enfin. Heureusement. Sinon, dans quel triste monde on vivrait !

Tout ça pour dire qu'on n'est plus dans les années 80, coco, on a fait chauffer les neurones, on a compris que les punitions, ça servait à rien, c'était rétrograde et inhumain, qu'il valait mieux expliquer avec bienveillance, que l'enfant derrière il entend, il comprend et il ne recommence plus, parce que l'enfant, il est intelligent, tu vois. Alors que les punitions, c'est violent, c'est stigmatisant et ça ne marche pas. C'est d'ailleurs pour ça que depuis quelques années, on a arrêté de mettre les criminels en prison. Ben oui. ça sert à rien de punir on a dit. Du coup, on leur explique, on leur dit "c'est pas bien", par acquis de conscience on les oblige à suivre deux cours d'empathie niveau primaire, histoire de rentabiliser les formations, et puis on les libère. Et là, vous me direz : Guillaume, il faut arrêter de faire du mauvais esprit, ce n'est pas du tout la même chose, là on parle d'adultes, on ne peut pas s'adresser à eux comme à des enfants, ils n'ont pas les mêmes capacité de compréhension. Et puis les enfants, ils sont purs et innocents, je l'ai lu dans le cahier bien-être de Biba. Quand ils arrachent les ailes des mouches, c'est pour plus qu'elles se cognent aux vitres et qu'elles se fassent mal. C'est tellement mignon, un enfant. Un criminel, beaucoup moins. A part dans Prison Break



Non, vraiment, il faut arrêter avec l'autorité, c'est un concept fasciste  qui vise à la soumission des individus, et pas du tout une nécessité sociétale dans un monde où ma liberté commence où s'arrête celle des autres - c'est-à-dire nulle part, tant pis pour moi, ça m'apprendra à ne pas appartenir au camp des winners. On est en 2024, bon sang ! Les gens n'ont plus besoin qu'on les materne, ils savent se réguler tout seul, ils sont assez grands pour, ils n'ont pas besoin qu'on leur dise quoi faire ou qu'on les oblige. Tenez, regardez, sur la route, tout le monde fait ce qu'il veut comme il veut et est-ce que ça pose le moindre probl... oui, non, oubliez, c'est pas un bon exemple, mais je suis sûr qu'il y a un domaine dans lequel ça marche. Tenez, si je pose une assiette de salsifis, là, maintenant, personne n'y touchera sans autorisation (et même avec autorisation, d'ailleurs, c'est vous dire si nous sommes disciplinés quand il est question de légumes dég*ulasses). 

Je profite de cette occasion pour partager avec vous mon plus beau souvenir d'éducation bienveillante, qui saura vous arracher à coup sûr une larmichette d'émotion : c'était il y a cinq ou six ans, à l'aéroport de Lyon Saint Exupéry, une histoire de petit prince, justement, je faisais la queue à l'enregistrement avec plusieurs centaines d'autres moutons, et il y avait ce petit gamin, là, blond comme une affiche du rassemblement national, à plat ventre sur le sol, littéralement, qui nageait une belle brasse coulée sur le carrelage, ses bras et ses jambes parfaitement coordonnés, en mouvements amples, gracieux, comme une petite grenouille en short de dessin animé, fendant la foule dans un sens, puis dans l'autre, comme si elle était seule au monde, sous l’œil attendri de ses deux "parents" (faute d'un terme plus approprié), tous deux cote-à-cote le front haut, le menton relevé, toisant les personnes présentes d'un air de dire "allez, vas-y, fais-là, ta réflexion, j'attends que ça, mon compte Twitter est chaud". Après quoi comme nul ne réagissait, à leur grand désespoir, ils ont dû lui demander discrètement de mettre la barre plus haut vu qu'il a entrepris de lécher goulument les plots en métal qui séparaient les files d'attente, avec un air gourmand à la Cyril Lignac, et j'ai mentalement adressé un big up à son système immunitaire. C'était pas Il était une Fois la Vie, dans son petit corps d'enfant de quatre ans, c'était The Walking Dead : Maestro il était planqué derrière une barricade en train d'arroser des globules mutants à la kalachnikov. A la maternelle, les maitresses ont dû être stupéfaites. "Dites donc, c'est fou, Timéo, il ne tombe jamais malade, on a jamais vu ça", "ha si, si, si, quand même, il a été un peu secoué quand il a choppé la malaria en suçant les bouches d’égout à Disneyland mais depuis qu'il boit l'eau du Gange, c'est le rhume qui le craint plutôt que l'inverse". Aux dernières nouvelles, la covid était toujours en train de chercher une variante exprès pour Timéo, mais c'est galère. Chaque fois qu'elle tente un truc elle se fait bouffer par le chikungunya. Bon, après, ça a été moins drôle, on est passés en salle d'attente, Timéo s'est dirigé vers le piano pour nous interpréter ses plus grands succès populaires, ça a duré une demi-heure, les parents avaient tellement le menton relevé qu'ils ont failli basculer en arrière. Et moi, j'ai failli rebrousser chemin et traverser la Manche à la nage, en brasse coulée.

Enfin, l'uniforme. Sur cette question non plus, je ne ferai pas de concessions. L'uniforme, je suis pour à 100%, et je sais bien que vous désapprouvez, au fond, que vous jugez le principe rétrograde, mais c'est parce que vous n'avez pas une vision d'ensemble. La preuve ?! Il ne me faudra pas plus d'une phrase pour vous faire changer d'avis. On parie ? Attention, c'est parti. L'uniforme, c'est la fin des claquettes-chaussettes. Eh oui. Imaginez. Imaginez un monde magique où les élèves ne viennent pas au collège en pyjama, un monde où ils portent leurs sous-vêtements SOUS leurs VÊTEMENTS (c'est fou), un monde où on ne porte plus plainte pour vol de moufles Gucci en plumes d'autruche à 70 balles pièce ! Vous entendez, les oiseaux qui chantent ? Vous le voyez, le double arc en ciel ? Terminées les heures à passer devant Cristina Cordula pour ne plus confondre kimono et Abaya, ou à se demander à partir de quel centimètre une jupe cesse d'être un outil d'émancipation pour devenir un vecteur d'objectivation de la condition féminine ! Ai-je entendu crier "Hosana !" ?! Oui mes frères ! Oui, réjouissons-nous ! Le paradis terrestre existe, et nous en serons l'artisan ! Alors j'entends bien que cette mesure ne fait pas l'unanimité, bien sûr. J'ai notamment vu une caricature de presse sur internet qui suggérait que l'uniforme n'éviterait pas davantage la discrimination, car celle-ci se reporterait sur le choix des cartables. C'est un bel argument. Qui marche pour absolument tout, notez. Tenez, par exemple, l'égalité des salaires hommes-femmes n'éviterait pas davantage la discrimination, car celle-ci se reporterait sur le harcèlement de rue. Du coup, on laisse tomber, on est d'accord ?! Non ? Et puis c'est par le vêtement que l'enfant affirme sa personnalité, qu'il se distingue des autres, qu'il fait l'apprentissage de son individualité : enlevez-lui son crocodile sur la casquette ou son logo Nike sur ses pompes et holala, tragédie, il n'est plus personne, le voilà forcé de se distinguer pour ce qu'il est, et non pour ce dont il a l'air, il est extirpé du diktat de l'apparence et pire encore, il cesse de payer cher pour faire gratuitement de la pub à des sociétés multimilliardaires ! Effectivement, vu sous cet angle, on retombe dans la maltraitance.

Et pourtant j'irai même plus loin : les parents veulent pouvoir joindre leur progéniture à toute heure ? Qu'à cela ne tienne ! Qu'on fournisse un téléphone portable à tous les enfants ! Mais attention, pas n'importe quel portable. Un Nokia de 2012. Comme ça, plus de problème dans la cour de récréation, plus de vidéos abjectes qui circulent, plus de pornographie en libre accès dès la primaire, plus de challenges dangereux, plus de profs filmés pour faire rire les potes, plus de jeux vidéo jusqu'à pas d'heure, plus de nudes qui circulent, plus de harcèlement sur les réseaux sociaux, plus de culte de la superficialité ! Eh quoi ? Le but, c'est de pouvoir les joindre, ils sont joignables, fin de l'histoire. Alors bien sûr, c'est de la maltraitance aussi que de les priver des réseaux sociaux sur lesquels ils n'ont pas le droit d'aller avant leurs 17 ans ! Mais là encore, imaginez-les en train d'envoyer un texto ! A devoir taper quatre ou cinq fois sur la même touche pour obtenir la bonne lettre ! L'effort qu'ils devraient déployer pour rédiger jusqu'au plus infime SMS les pousserait à s'interroger en permanence sur la valeur de leur prise de parole : sa nécessité, sa pertinence, son sens profond. Le moindre "wesh bien ou bien" leur prendrait deux heures. Ainsi feraient-ils l'expérience de la profonde vacuité de l'acte locutoire. Ils se rendraient compte que neuf fois sur dix, ce qu'ils ont à dire, ils peuvent aussi bien le garder pour eux que la terre ne s'arrêterait pas de tourner (pour ceux d'entre eux qui savent qu'elle tourne, évidemment, c'est-à-dire 20%). Et puis allez développer une addiction aux jeux vidéo avec un Nokia de 2012 ! Au mieux, deux choix possibles : le Serpent, ou le SuDoKu. Or pour ce qui est du SuDoKu, déjà, c'est mort, il y a des chiffres comme dans le cours de maths et ils ne les connaissent que jusqu'à sept. Quant au Serpent, trois minutes passées dessus réconcilieraient n'importe quel individu avec les vertus créatives de l'ennui. Cerise sur le gâteau : l'appareil en question coûterait quinze balles, soit moins de 5% du prix de leurs smartphones. Au-delà, surtout, ça leur rendrait ce droit pourtant inaliénable dont nous, adultes, les avons odieusement privés à trop vouloir être de notre temps plutôt que des années 50. Le droit d'être des enfants, purement et simplement.

Alors, bien sûr, cela peut ressembler à un retour en arrière, j'en ai conscience. Mais quand vous partez en vacances et que vous vous trompez de voie, vous persistez dans votre erreur au motif que la terre est ronde et que vous finirez bien par en faire le tour, ou vous faites demi tour ?

Vous souhaitant un week-end diamant sur canapé,

Bien cordialement,

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Le secrétaire de direction




P.S. et conclusion :















































Les voyages forment la jeunesse

 Où ça ne s'arrange pas niveau fatigue mais où ce qui a été promis la semaine précédente a été promis...   Bonsoir à tous, Je n...