Mais qu'est-ce donc qu'un semainier ? Excellente question, l'internaute, à laquelle te répondra la petite icône en haut à droite, ou bien la barre latérale du blog, si tu navigues sur un PC de riche avec un écran grand comme la Baltique.

vendredi 27 septembre 2024

La position du démissionnaire

 Faire son boulot, même stupide, ou écrire un message de semainier, il faut choisir. Non sans ironiser tout de même sur ce qui sera supposé financer le voyage en Angleterre.

 

 Bonsoir à tous,

"La vie, c'est comme une boîte de chocaboules", devait initialement annoncer ce message d'accompagnement, avant d'expliquer les tenants et les aboutissants d'un postulat si polémique.

Mais comme il est 17h34 et que je n'en ai pas écrit une ligne, il faudra vous contenter cette semaine de méditer cet aphorisme chargé de sens, sans plus d'explications.

Et de consulter le planning ci-joint, faute de mieux.

Vous souhaitant un bon week-end,

Bien cordialement,

-- 
 
 
Le secrétaire de direction

 

vendredi 13 septembre 2024

Superbus

Où le bonheur de certains usagers des transports en commun fait le malheur des nôtres.

 

[Attention, ce message comporte une publication commerciale]


Bonsoir à tous


Si comme l'éléphant volant du film de Disney (Charles III, je crois qu'il s'appelle), vous avez les oreilles qui trainent, vous avez sans doute entendu parler des problèmes de bus rencontrés par certains élèves d'Etoile cette année - et en même temps, bon, j'ai envie de dire, ils ne peuvent pas trop la ramener non plus parce que quand tu n'es même pas fichu d'habiter ta planète natale, il faut être prêt à faire des concessions au niveau des transports en commun. C'est bien beau, de se la jouer Elon Musk et d'aller vivre dans l'espace pour se donner un genre bobo hipster, mais faut pas s'étonner ensuite si on a un peu de mal à respirer sans scaphandre, c'était inscrit en petits caractères au bas du contrat de location, à côté de la mention des possibles altercations avec des extraterrestres mangeurs d'hommes ("la malbouffe", comme ils nous appellent).

Ha, pardon, je me suis emballé, Luc me dit qu'Etoile, ça se situe sur terre, ce qui est complètement absurde et donc parfaitement crédible en contexte humain. Aux temps pour moi. En emporte le vent pour lui. Comme ça pas de jaloux (je m'étais juré cette année d'arrêter avec les vannes trop tirées par les cheveux, des fois que ça permettrait aux miens de repousser dans la foulée, mais visiblement, comme les bus d'Etoile censés desservir Jean Roucas, ça n'en prend pas le chemin).

Dans un communiqué qui se veut rassurant, la compagnie de transports a tenu à rassurer les parents en leur proposant des solutions alternatives pour palier ces dessertes moins régulières : à compter du 1er septembre, les enfants d'Etoile sont invités à descendre à l'arrêt Fondcombe, pour remonter ensuite à pied par Amon Sul, d'y bivouaquer en posant quelques collets à lapins, puis de couper soit par le col de Karadras quand la météo s'y prête, soit par les Mines de la Moria en période hivernale (n'oubliez pas le mot de passe à l'entrée, c'est 1234, il a fallu le changer quand on est entré dans le Quatrième Âge, l'elfique étant passé de mode), avant de remonter le cours de l'Anduin en canoë kayak et de sauter dans le cratère du Mont du Destin en criant "Mon Précieeeeeux !". ça a été testé en situation réelle, ça marche, il y a des vidéos pour le prouver, en version longue et en version cinéma. En plus les mecs étaient pieds nus alors autant dire qu'on ne va pas chialer sur le sort de Jean-Dylan et de ses Nike Air Puma à 400 euros par pied.

La compagnie en a profité pour dévoiler son nouveau clip promotionnel, qui explique en chanson aux élèves d'Etoile comment rentrer chez eux en toute sécurité, étape par étape :

https://www.youtube.com/watch?v=SvJ9UMQ9k9g


L'occasion de retrouver Jean Baptiste Maunier et quelques-uns de ses camarades des Choristes, et de constater qu'ils ont au moins aussi bien vieilli que nous.

En ce qui concerne les cours de 16h, le passage du bus étant programmé à 16h04, là encore, les élèves ont largement le temps de monter à bord. Il leur suffit pour cela de basculer en mode Ultra Instinct, qui leur permettra d'accéder à la capacité "déplacement instantané" et de se téléporter dans le véhicule de leur choix en quelques centièmes de secondes. C'est ça, la vie en collectivité : il faut que chacun y mette du sien, sinon on ne s'en sortira jamais. Et pour ceux d'entre vous qui se demandent ce qu'est le mode Ultra Instinct, parce qu'ils ne sont pas familiers des grandes œuvres pressenties pour être au programme du Bac de français 2026, le mode ultra instinct, c'est Son Goku, le héros de Dragon Ball Z, avec les cheveux gris lumineux. Si vous croisez quelqu'un avec les cheveux gris dans la rue, soit il compte les jours avant la retraite, soit il est en mode ultra instinct : dans les deux cas, il faut se garder de le provoquer, il est super vénèr'. L'imagination des japonais étant sans limite, attention à ne pas confondre le mode Ultra Instinct avec le kaioken (Son Goku avec des reflets rouges dans ses cheveux), le mode super saiyan (Son Goku avec les cheveux jaunes mais une mèche vers l'avant), le mode super saiyan 2 (Son Goku avec les cheveux jaunes tirés vers le haut), le mode super saiyan 3 (Son Goku avec la nuque longue tirée vers l'arrière et sans ses sourcils), le mode super saiyan 4 (Son Goku avec les cheveux de leur couleur d'origine mais des cernes sous les yeux et la chemise ouverte comme aux Saintes Maries de la Mer), le mode super saiyan Blue (Son Goku avec les cheveux bleus), le mode super saiyan Rosé (Son Goku version secrétaire d'Intendance ou Agent de Loge) (nos Saintes Maries à nous) et le mode super saiyan God (Son Goku avec les cheveux rouges). De sorte qu'il est techniquement impossible de faire la différence dans la vraie vie entre Son Goku et un étudiant en arts du spectacle. C'est très technique, je sais : ne vous étonnez plus que vos élèves ne retiennent pas vos cours, la totalité de leurs neurones est mobilisée par les transformations de Son Goku (encore vous ai-je épargné ses fusions) ainsi que par leurs codes couleurs (qui seront m'a-t-on dit bientôt utilisées à la place de la notation numérique. Les appréciations iront alors de Chaoz, qui signifiera "même pas en voie d'acquisition, aucune chance que ça rentre un jour, aucun espoir pour l'avenir, reconvertissez-vous en presse-papier" à Origin Broly "excellent élève dans toutes les matières mais va falloir bosser au niveau du vivre ensemble").

Pour en revenir au transport des élèves d'Etoile, Phileas Fogg a bien fait le tour du monde en 80 jours. Pourquoi nos élèves ne pourraient-ils pas faire Ploutarboeuf-Etoile sur le même temps ? Ils se croient meilleurs que Phileas Fogg, peut-être ? Alors qu'il a fait le tour du monde à une époque où le Pass Navigo n'existait pas ? Mais pour qui se prennent-ils, ces petits prétentieux ?

Arrêtons avec le mauvais esprit, comme ils disaient dans SOS Fantômes. Il suffit de s'organiser un peu. S'ils partent le mardi, ils peuvent tout à fait arriver à l'heure pour leurs cours du jeudi. En plus, c'est formateur, ça les habitue à voyager avec la SNCF. Comme ça ils ne paniqueront pas la première fois qu'ils seront bloqué la nuit à la gare de Dunkerque sur un Lyon-Saint Etienne qui aura mal tourné.

Et puis s'ils ratent leur bus, qu'ils attendent le suivant en jouant à Demon's Mirror sur Steam. Demon's Mirror, c'est un jeu de cartes virtuel de type deckbuilding pour PC, agrémenté d'une mécanique de puzzle game de type mach 3 (ne cherchez pas, ce sont les jeux auxquels vous jouez sur smartphone en cachette quand vous croyez que personne ne vous voit), proposant des défis de logique corsés dans un univers fantastique et coloré, où seule la réflexion permet de surmonter les obstacles à la progression et où la moindre erreur peut s'avérer fatale. Proposant trois personnages différents et un système de génération aléatoire, Demon's Mirror est rejouable à l'infini pour le plaisir des petits et des grands. Demon's Mirror ne coûte que 20 euros et propose une démo jouable gratuite  qui convaincra à coup sûr les indécis. Demon's Mirror ! Enfin un jeu vidéo intelligent ! ça nous change de toute cette violence gratuite dans Fortnite ou Animal Crossing ! Demon's Mirror vous est recommandé par 100% des secrétaires de direction de l'établissement, et 50% des professeurs de Technologie [ha et puis accessoirement, c'est le jeu d'un ami à moi, alors même si les vidéoludies sont contraires à votre religion, parlez-en autour de vous, ça fera tourner le petit commerce de proximité]. De quoi nous faire tous regretter de ne pas prendre le bus pour Etoile ! (mais on peut y jouer chez soi aussi, me suis-je laissé dire).


Vous souhaitant un week-end bien desservi, sachant que comme le dit le diction (ce qui se vérifie depuis la rentrée) : "on n'est jamais si bien desservi que par soi-même",

Bien cordialement,


-- 
 
Le secrétaire de direction

vendredi 6 septembre 2024

Gaston, y'a l'téléfon qui son (et y'a person qui répon)

 Où au lieu de partir plus tôt comme on l'avait initialement prévu, on lâche un dernier clin d'oeil aux vacances le temps de se fâcher avec du monde en relatant une anecdote 100% vécue (ou presque).

 

Bonsoir à tous,

Cette fois, c'est sûr, il n'y a plus d’ambiguïtés, le semainier joint en atteste : les vacances, c'est fini, le doute n'est plus permis. L'espace de quelques jours, on pouvait se murer dans le déni, comme moi chaque fin de mois quand je découvre ma fiche de paie : se dire que ce n'était qu'un vilain cauchemar et que nous voilà revenu en ce bon vieux mois de juillet 2024, ou bien qu'il s'agissait, peut-être, d'une activité festive du camping qui aura mal tourné, mais non, il faut se rendre à l'évidence, la page des vacances est tournée.

Tant mieux, ai-je envie de dire. 

Je sais, de ma part, ça surprend.

Et pour cause. Vous ne m'avez pas demandé comment s'étaient passées mes vacances parce que vous vous en fichez éperdument, vous ne m'aimez que pour mes mots de semainier et mon corps d'Apollon (source : sondage Ipsos Sofres réalisé auprès d'un panel de 5000 fans de Rubens, qui m'ont rebaptisé affectueusement Tartiflon, Dieu de la beauté et du fromage fondu, fusionnant par là même leur deux principaux centres d'intérêt), mais je vais vous répondre quand même : mal. TRES mal.

Rendez-vous compte (attention, ce récit authentique d'une rare violence pourrait heurter les âmes les plus sensibles). Quelques minutes à peine après avoir quitté mes pénates pour des cieux plus cosmopolites (puisque marseillais) (j'avais toujours rêvé de visiter un état indépendant en autogestion, c'est chose faite) (plus jamais ça. J'ai annulé mon voyage à Cuba tout de suite derrière, tant pis pour les cigares et les missiles), à ma grande horreur, je me suis rendu compte que j'avais oublié mon téléphone portable (insérer ici un coup de cymbales dramatique). Acte d'autant plus manqué, et d'autant plus tragique, que j'avais activé la double vérification sur la totalité de mes comptes internet, laquelle passe forcément par... mon téléphone portable. Ce qui implique que la seule chose d'à peu près numérique à laquelle j'avais encore accès pour assouvir mes addictions modernes, c'était ma boîte académique. Autant vous dire que j'ai relu la circulaire de pré-rentrée en boucle et en pleurant.

Les conséquences physiques et morales de cet oubli n'ont pas tardé à se manifester, aussi sûrement que le SNES-FSU en période de réforme  :

Au bout de vingt quatre heures déjà, je ne savais plus à quoi pouvait ressembler un chaton qui joue du banjo, je confondais mentalement avec Demis Roussos (qui aurait fait, je pense, un Main Coon très convaincant).

Résultat des courses : obligé le lendemain d'acheter en urgence un Ukulélé artisanal made in Marseille fabriqué en Chine dans la première boutique de souvenirs du coin, puis passer les six heures suivantes en quête d'un chat errant, mais le résultat ne fut pas à la hauteur de mes espérances. Le chat avait la rage. Son propriétaire aussi. Comme à peu près tout le monde sur Marseille, du reste, il n'y a pas de mérite. J'ai encore les marques de dent, mais ça met plus longtemps à cicatriser à cause du pastis.

Au bout de quarante huit heures, la situation était intenable : je commençais à ressentir les premiers effets du manque de vidéos de loutres et de pandas.

Pour les atténuer, j'ai demandé à ma compagne de se déplacer à plat ventre et de casser des coquillages sur son abdomen avec un caillou rond mais l'idée n'a pas eu trop l'air de l'emballer, il a fallu que je ressorte acheter une poche de glace pour mon œil droit (je n'ai jamais retrouvé le caillou).

Cette même compagne (car oui, je l'ai gardée malgré tout, je suis un saint) m'a ensuite fait remarquer que j'étais devenu beaucoup plus agressif, mais c'est normal aussi, je n'avais plus mon quota quotidien de démarcheurs téléphoniques pour essayer de me vendre des volets roulants télécommandables depuis l'espace au cas où un jour je sois bloqué sur la lune et où j'aie besoin de contrôler l'ensoleillement de mon living, rapports aux plantes vertes et tout ça. Du coup je n'avais plus personne sur qui déverser mon trop plein de fiel en toute impunité (les démarcheurs téléphoniques sont reconnus d'utilité publique depuis 2007, ils sont passés devant les balles anti-stress dans la catégorie "bien être individuel", en cela qu'ils donnent à tout un chacun la possibilité de s'adresser à son semblable comme jadis les propriétaires de champs de coton à leur main d’œuvre basanée).

Je dois par contre admettre que cet oubli a aussi eu ses avantages : pendant une semaine, je n'ai plus eu de polémiques stériles ni de faits divers sordides pour nourrir ma misanthropie. Pour un peu, si je n'avais pas emporté un miroir de poche, j'aurais presque pu croire que le monde était beau. Je me suis surpris à porter sur les gens un regard neuf et bienveillant. Trois jours à peine après mon arrivée, j'ai arrêté de les toiser avec méfiance en soupçonnant tous ceux qui me sourient d'être Xavier Dupont de Ligonès (j'en compte une bonne vingtaine rien qu'au collège, qu'ils se le tiennent pour dit).

Un gars m'a demandé du feu, je lui ai passé mon briquet, deux heures plus tard j'étais au poste à cause des empreintes, on s'entendait à peine à cause des sirènes de pompiers mais j'étais bien, j'étais zen, j'étais déconnecté, en phase avec le monde et mes semblables.

Au quatrième jour, au restaurant, j'ai demandé la carte, le vendeur d'un air méprisant m'a indiqué un QR code imprimé au coin de la table, pas grave, j'ai commandé un plat du jour, le tour était joué. C'était du goulasch au strudel mais tant pis, c'est aussi comme ça qu'on apprend.

Du coup, quand je suis rentré, vous savez ce que j'ai fait en premier ?

Balancé tous ces foutus appareils à la poubelle et déménagé au fin fond du Larzac.

...

Mais non, évidemment. Je vous charrie. 

J'ai sauté dessus comme la misère sur les neuf dixièmes du vaste monde, pour voir ce que j'avais raté d'important.

Et ben devinez quoi ?

Je n'avais rien raté du tout.

Kristin Kreuk n'avait pas cherché à me joindre pour me déclarer sa flamme (rapport au temps que nous avons passés jadis ensemble dans le cadre de la trilogie du samedi) (moi devant, elle derrière. Parfaitement complémentaires) (des âmes sœurs, je vous dis).

Mes amis n'avaient pas oublié mon existence. C'est à peine s'ils avaient noté mon absence. 

Je savais toujours différencier les bananes des ananas à Candy Crush.

Le monde était tristement le même qu'avant mon départ.

Aux dernières nouvelles, un homme ivre s'était étouffé avec un chaton qui joue du banjo. La routine, depuis que l'Education Nationale est devenue une option facultative dans l'esprit des gens.

Mais plutôt que d'en tirer les leçons qui s'imposaient et d'en concevoir une légitime révolte, j'ai ouvert Google, j'ai tapé "chatons qui jouent du banjo en jonglant avec des loutres", j'ai précipitamment éteint mon écran à la vue du résultat obtenu, j'ai réactivé le filtre parental, et seulement ensuite j'ai relancé ma recherche. Quatre heures plus tard, j'ai refermé Youtube, la bave au lèves mais empli d'un inexplicable sentiment de satiété. Je n'avais pas vu de chatons jouer du banjo, j'avais même oublié que c'était l'objet initial de ma recherche, mais j'avais vu des zèbres faire de la trottinette, des pandas obtenir leur Brevet avec mention, des chauve-souris assister à un concert de Damien Saez (une boucherie), des loutres casser des coquillages sur leur abdomen avec des cailloux ronds, et tellement d'autres choses merveilleuses encore dont je serais moi-même incapable, si d'aventure il me prenait l'envie de faire carrière en tant qu'animal mignon sur Youtube.

Pourtant, au fond de moi, je sentais comme un vide. 

Au fond de moi, oui, désormais, j'aspirais à mieux.

Alors je me suis empressé de précommander le prochain Iphone turbo-nano-mano-solo avec dix sept millions de pixels et de couleurs en plus - et tant pis si l’œil humain ne peut pas en discerner autant, je saurai qu'elles sont là, ce sera écrit sur la boîte, ça suffira à mon bonheur. 

Je suis un garçon simple.

Mais quand même. 

En repensant à ces quelques jours d'abstinence forcée, je me demande :

Est-ce qu'on ne se serait pas tous un peu fait avoir quelque part ?


Vous souhaitant un bon week-end en mode avion,

Bien cordialement,

-- 
 
 
Le secrétaire de direction

jeudi 5 septembre 2024

Leak entropie

Où ma collègue de l'intendance m'écrit en croyant répondre à une maman d'élève, laquelle demandait s'il n'était pas trop tard pour inscrire son enfant à la cantine, et où je lui réponds à mon tour en me faisant passer pour la maman (ainsi que le ferait n'importe quel être humain normalement constitué). Un stratagème qui fonctionnera au-delà de mes espérance puisqu'elle y aura cru sur le moment (c'est dire si elle a l'habitude de traiter des demandes "farfelues", pour l'exprimer avec diplomatie).

 

Le problème c'est que mon enfant est un loup garou, il doit donc manger beaucoup de viande rouge et être attaché à un radiateur pendant toute la durée du service pour éviter qu'il ne s'en prenne à ses camarades.

Merci d'avance.

vendredi 30 août 2024

C'est reparti pour un détour

Où on est censé finir à 16h mais où, urgences oblige, on est encore au bureau à 18h30, mais où on est assez maso pour rédiger à la volée un mot de semainier quand même, sans se rendre compte un seul instant qu'on ressort exactement la même vanne introductive que l'année précédente...

 

A l'attention de l'ensemble du personnel du collège Jean Roucas,


Bonsoir à tous,

Il y a quelques années de ça, Damien Saez chantait de sa voix très aiguë, au grand dam des colonies de chauves-souris locales dont il a causé l'extinction :  "Encore une nouvelle rentrée" et si je ne peux pas citer le reste, trop vulgaire pour vos chastes yeux et trop peu compatible avec le devoir de réserve du fonctionnaire, je pense que l'essentiel est là et que le message est passé : cette fois, on y est. Lundi, ça recommence. 

Et pour que "ça" recommence dans les meilleures conditions possibles, nous vous transférons ci-joint le planning de la semaine à venir, ainsi que la version numérique de la pochette de rentrée (pour information), dont les nouveaux personnels de l'établissement trouveront une version papier dans leur casier dans le courant de la journée de lundi (sauf cas de force majeure, de type invasion de sauterelles ou reconversion professionnelle inopinée du secrétaire de direction durant le week-end - ils recrutent chez Alexis Gruss -, et sous réserve qu'on nous répare le copieur de l'administration, injustement tombé au champ d'honneur dans le courant de l'après-midi) (la pré-rentrée, c'était pas sa guerre, semble-t-il).

J'attire l'attention des anciens sur les nombreuses nouveautés que recèle ce document, signalées en caractère gras sur la page de garde.

Un certain nombre de documents usuels sera également mis à votre disposition dans votre casier numérique Pronote, toujours dans le courant de la journée de lundi (sauf cas de force majeure aussi, une invasion de sauterelles pouvant en cacher une autres) (surtout quand on stocke trop longtemps des pommes de terre dans un local non aéré, mais je me comprends).

Concernant les plannings à venir, ils seront toujours envoyés le vendredi via deux listes de diffusion parallèles : l'une (par défaut) pour les amoureux des formules administratives laconiques dont rien d'humain ne dépasse (j'essaierai quand même de caser un nonobstant à Noël, mais je ne vous promets rien), l'autre (inscription sur simple demande) pour celles et ceux qui ne rêvent que de me voir sortir les rames chaque semaine pour essayer d'écrire laborieusement quelque chose de vaguement drôle, sachant qu'après onze années à officier dans ce registre, les rames sont en béton et l'océan aussi. Je conserve le listing des abonnés de l'année dernière tel quel, mais on peut se désabonner aussi. Simplement : évitez de vous inscrire puis de vous désinscrire une semaine sur deux, ça me donnerait du travail et vous savez combien je déteste ça.

Vous souhaitant un excellent week-end,

Bien cordialement, 

-- 
 
Le secrétaire de direction

lundi 26 août 2024

Good Omens

 Où on reprend sur les chapeau de roue, ne me laissant pas le loisir d'écrire un vrai petit message digne de ce nom.


 

A l'attention de l'ensemble du personnel du Collège Jean Roucas,


Madame, Monsieur,

Le soleil est toujours haut dans le ciel, l'été paraît ne commencer qu'à peine, il feint l'éternité en s'étirant jusqu'au bout de lui-même et pourtant, depuis quelques heures, un pressentiment funeste vous étreint. Peut-être est-ce cette façon suspecte dont les soirs raccourcissent déjà, ou ce petit frisson dans l'air qui court jusque sur votre échine, annonçant une chute des températures inéluctable. Au fond de vous, vous le sentez, l'heure de se retrouver est proche. 

...bon, pas proche-proche non plus, hein, je vous rassure, vous avez encore quelques belles journées devant vous pour préparer vos cours ou siffler du mojito en terrasse (nous déconseillons de faire les deux simultanément, sauf si vous aimez les défis pédagogiques), contrairement au personnel administratif qui a déjà réenfilé ses tenues de forçat, avec le même sourire forcé que le requin des dents de la mer.

Les beaux jours touchent à leur fin, les signes ne trompent pas. Les courriels recommencent à affluer dans vos boîtes-mail sans égard pour votre droit à la déconnexion. ça bouchonne sur l'autoroute dans le sens Sud-Nord. Dans les grands magasins, on prépare Noël. Pas de doute possible : septembre est à nos portes. Et avec lui: une nouvelle année d'aventures professionnelles à partager ensemble, pour autant de petits bonheurs, de miracles ordinaires, de satisfactions personnelles, de contrariétés parfois, ça fait partie du jeu, mais de camaraderie avant tout. De mojitos, aussi, peut-être.

En conséquence de quoi vous transmettons-nous ci-joint le planning de la journée de prérentrée du vendredi 30, qui marquera d'une pierre blanche cet éternel recommencement sisyphéen, dans un cadre tout en convivialité (en tout cas, j'ai ouïe dire qu'il y aurait à manger. C'est un bon début). Ramenez vos photos de vacances et vos plus beaux coups de soleil. Nous vous attendons d'ores et déjà.

Vous souhaitant néanmoins encore quelques belles journées d'insouciance,

Bien cordialement,


--
 
 
Le secrétaire de direction

mardi 2 juillet 2024

Scènes de ménage

 Où l'on ne peut rien contre les traditions de fin d'année.

 

Bonjour à tous,

La nature a horreur du vide, dit-on. Tout le contraire du secrétaire de direction qui adore ça, lui - et pas seulement parce que c'est son activité professionnelle préférée (d'aucuns diront : la seule) (et ils auront bien raison).

Raison pour laquelle il vous invite, ce qui est une façon diplomate de dire qu'il vous exhorte, à faire place nette avant de mettre le cap sur la destination de villégiature de votre choix.

Vous avez donc jusqu'au 5 juillet en fin d'après-midi pour vider vos casiers, voire le frigo de la salle des profs pour les plus courageux (ou les plus citoyens), après quoi le contenu des premiers sera vendu sur Vinted, et celui du second profitera de l'été pour fonder sa propre civilisation (laquelle réussira peut-être là où nous avons visiblement échoué).

Comptant sur votre vigilance (orange, car nous sommes déjà le 2), et vous souhaitant une bonne journée,

Bien cordialement,

-- 
 
Le secrétaire de direction

Les voyages forment la jeunesse

 Où ça ne s'arrange pas niveau fatigue mais où ce qui a été promis la semaine précédente a été promis...   Bonsoir à tous, Je n...