Mais qu'est-ce donc qu'un semainier ? Excellente question, l'internaute, à laquelle te répondra la petite icône en haut à droite, ou bien la barre latérale du blog, si tu navigues sur un PC de riche avec un écran grand comme la Baltique.

mercredi 30 novembre 2016

J'ai fait un rêve...


Où la nuit porte conseil, de toute évidence, à en juger par ce rêve authentique (d'une grande richesse interprétative, tous les psychologues en conviendront - moyennant finance).


Je suis assis à mon bureau, maussade, les heures défilent avec une lenteur accablante et je classe des dossiers sans la moindre once de début d'enthousiasme quand un élève de 5ème entre en trombe dans mon bureau et m'interpelle en ces termes :

- Monsieur, monsieur, vous auriez pas du scotch ?

Sans précipitation, de me redresse.

- Si, que je lui réponds avec bienveillance, en ouvrant mon tiroir et en y farfouillant un peu.

Avant d'ajouter sur le ton de la confidence : c'est même grâce à ça que je tiens.

Et là je sors une flasque de sous un paquet d'enveloppes craft. 


Et je m'en colle une bonne rasade dans le gosier.

vendredi 25 novembre 2016

Seminception

 Où l'on laisse la plume filer malgré soi (3 minutes, montre en main), la faute à un timing plus que serré et à une journée plus que riche en contrariétés ; et où on en profite pour se la jouer Inception (même si le résultat final flirte davantage avec la Deception).


Bonsoir à tous,




Veuillez recevoir ci-joint (et sur le fil ! Regardez-moi l'heure ! 17h56 ! Si avec ça, je n'obtiens pas les palmes académiques...) (j'espère juste qu'ils penseront à me donner le tuba académique qui va avec, des fois que j'aille nager où je n'ai pas pied)... veuillez recevoir ci-joint, donc, écrivais-je, le planning de la semaine prochaine.


Faute de temps, je me suis trouvé face à un choix Cornélien (non, pas le chanteur. L'autre) : vous bichonner votre tableau Excel (sans garantie aucune d'une absence totale d'erreurs cette semaine - soyez vigilants), ou rédiger un message d'accompagnement hi-la-rant sur la laïcité paradoxale au sein du Collège Jean Roucas. Plus particulièrement : sur les célébrations païennes qui y seront organisées tout au long de la semaine à venir, en l'honneur de notre Seigneur à Tous : le Dieu Pognon (non seulement ceux d'entre vous qui ont été sages auront une chance d'être payés, peut-être, mais on va sérieusement discuter budget jusqu'à jeudi soir, quelle chance pour les heureux veinards qui participeront au débat !).

J'avais tout prévu dans ma tête, vous alliez rire jusqu'à en rouler sous la table.

Sauf que vous me connaissez, comme toujours, le grand professionnel en moi a pris le pas sur l'amuseur public.

Mais pour vous consoler, je vous invite à venir (re)découvrir les anciennes sessions (de leur création à nos jours) sur le lien suivant : http://lesemainierdelasemaine.blogspot.fr/


Vous souhaitant un week-end pas trop réchauffé (lui),



Bien cordialement,


Le secrétariat de Direction


Notice explicative : je ne saurais trop vous inviter à cliquer sur le lien ci-dessus en boucle pendant tout le week-end. Vous verrez, c'est vertigineux. Peut-être pas une allégorie de l'Humanité en général, mais au moins une allégorie du travail administratif en particulier.

jeudi 24 novembre 2016

Brève de comptoir

Je plante le décor : il est 17h20, un professeur passe au bureau signer son rapport d'inspection. 

Hélas, le stylo que je lui tends n'est pas très coopératif.

S'ensuit très logiquement l'échange de paroles suivant :
 

- Il est fatigué, votre stylo bleu, non ?

- C'est un stylo de fonctionnaire.

- Il n'y a que les secrétaires qui peuvent l'utiliser ?


- Non. Il cesse de fonctionner après 17h.



ça, c'est fait.

Montée en grade

Aujourd'hui, j'apprends qu'on me confie la télécommande de la clim' du bureau nouvellement installée.

Grisé par ce nouveau pouvoir, aussitôt, dans ma tête, j'entends Wagner, assorti d'une voix grave qui proclame (en substance) : "quand les saisons cesseront de changer et que l'hiver régnera en maître pendant trois ans, le monde sera plongé dans une guerre effroyable ; la bataille des dieux n'épargnera personne, la soif du pouvoir absolu dressera les hommes contre les hommes, les frères contre les frères ; toute la planète sera en proie à la folie et sombrera dans le gouffre béant de l'horreur."

Normal.

Je vais donc baisser discrètement la température jusqu'à ce qu'un hiver polaire gèle toute vie sur la terre et à ce moment là, je règnerai en maître au nom de sa majesté Odin.

vendredi 18 novembre 2016

Sa Majesté des Mioches


Où les élèves s'apprêtent  à élire leurs représentants au Conseil de Vie Collégienne, et à découvrir que les promesses politiques ne sont pas nécessairement destinées à être tenues...



Pauvres de nous !

C'était hier encore : nous étions jeunes, nous étions beaux, nous étions insouciants, nous pensions naïvement que jamais rien ne changerait au Collège Jean Roucas, nous tenions pour acquis notre petite routine rassurante - contre laquelle nous pestions parfois, mais sans véritable conviction, conscients de la chance que nous avions de travailler tous ensemble dans ce cadre idyllique (ou pas loin). Bien sûr, nous râlions par moment, parce que nous restons français avant tout, mais nous n'oubliions pas combien les choses pouvaient être pire ailleurs et nous étions reconnaissants envers le grand Dieu Mutation.

Du moins, jusqu'à présent.


Car la semaine prochaine, les élèves vont élire leurs représentants au Conseil de Vie Collégienne.


Or si j'en crois les professions de foi qui sont affichées dans le hall, à compter du 28 novembre, tout va basculer.


En effet, si nous ne nous mobilisons pas sans tarder, voilà ce qui va arriver :


- A la cantine, ce sera frites à tous les repas (en entrée, en viande, en légume, en dessert. Peut-être même en boisson, c'est encore en pourparlers, Jean Eude va en passer une poignée au mixer ce week-end pour voir ce que ça donne) (Imaginez : "aujourd'hui, le chef vous propose ses fameuses frites aux frites, servies avec leur sauce aux frites et accompagnées d'une petite julienne de frites marinées dans les frites". Est-ce vraiment ce que nous voulons ?),


- Les cartables seront allégés en livres, cahiers, classeurs, pour laisser plus de place aux bonbons et au chips (afin que tout un chacun puisse tromper sa faim entre deux assiettes de frites grand veneur sur lit de coquillettes en gratin).


- Le téléphone sera utilisable partout, tout le temps, même le Galaxy Note 7 tristement connu pour exploser inopinément (au mépris du plan Vigipirates).

- Les élèves viendront en cours en short. Parfois même en SHORT ASYMETRIQUE (mais je me comprends) ! Chacune de vos journées de professeur ressemblera à une version Kiabi des Reines du Shopping.


- La sonnerie marquant la fin des cours sera remplacé par du Jul, du Maître Gims et/ou du Colonel Reyel (et nous serons sourds en deux jours - pour les plus chanceux d'entre nous !).


- Ils organiseront un bal de fin d'année à l'américaine (et si j'en crois ma longue expérience des séries pour ado, ce sera à vous de jouer les chaperons, et le bal se terminera par une catastrophe, un incendie ou une attaque de vampires) (ou les trois à la fois, quand le scénariste bénéficie d'un "budget illimité" au niveau de ses propres crédits pédagogiques)


- L'orthographe-grammaire ne sera plus qu'un douloureux souvenir, vestige d'une époque archaïque où on conjuguer les verbe et où on mettre des "s" aux mot au pluriel (haha kel épok 2 louzeur).


Par extension, je prédis qu'il ne faudra pas trois mois avant que soient organisés les premiers Hunger Games locaux et que nous autres, adultes de l'établissement, nous trouvions lancés dans l'arène par ces joyeux bambins. J'ai lu sa Majesté des Mouches. On ne me la fait pas. C'est pourquoi je préviens d'ores et déjà mon futur adversaire : depuis que j'ai senti le vent tourner, je m'entraîne tous les jours, je muscle ma poigne d'airain en agrafant des liasses de dix, vingt - parfois même trente ! - feuilles blanches grammage 80 (tu fais moins le fier, hein, tout à coup ! Tu fais moins le fier !) et je teste ma détermination en essayant de joindre le service informatique.


Je pense que je suis prêt.


Par ailleurs, étant à demi-belge (ce qui explique pas mal de choses, n'est-ce pas ?), je n'ai rien contre les frites.

Je penser que j'avoir des chance de m'adapté.

Et vous ?




Vous souhaitant un excellent week-end,



Bien cordialement,




Le secrétariat de Direction

jeudi 10 novembre 2016

Perdu de recherche

Où l'on s'apprête à affronter la première semaine de cinq jours depuis fort, fort longtemps (mais paradoxalement, pas assez).




Bonsoir à tous,




Suite au message qui accompagnait la dernière édition du semainier, nous avons reçu de nombreux courriels inquiets nous demandant de vous communiquer toutes les informations que nous pourrions avoir, bonnes ou mauvaises, au sujet du triste fait divers que nous vous relations alors.

Vous serez, j'en suis sûr, émus et soulagés d'apprendre que tout va bien, tout est rentré dans l'ordre : nous avons retrouvé le vendredi (comme en atteste le document ci-joint).


Constatée le 21 octobre, sa disparition avait alimenté les spéculations les plus folles quant à la nature de cette défection inattendue (et remarquée !).

Enlèvement ? Complot ? Conspiration ? Intervention extraterrestre ?

Plusieurs semaines durant, les rumeurs sont allées bon train (certains allant jusqu'à prétendre l'avoir entr'aperçu le 4 novembre, en même temps que Bigfoot et le Monstre du Loch Ness, mais leurs témoignages n'ont pas été jugés dignes de foi car tout portait à croire qu'ils étaient Ardéchois).

Pourtant, comme à son habitude, la réalité se révèle beaucoup plus terre-à-terre, puisque l'intéressé a été arrêté par les agents du service des douanes, alors qu'il essayait d'entrer illégalement sur le territoire Mexicain, affublé d'une fausse moustache, d'un banjo, d'un sombrero, et d'un paquet d'Enchiladas Old El Paso. De son propre aveu, il avait l'intention d'y refaire sa vie "en tant que catcheur professionnel", et peut-être même d'y épouser "une danseuse de salsa". Ce qui lui a valu d'être arrêté par les autorités locales pour "abus de clichés".


Il est actuellement reconduit sur le sol français par les autorités compétentes et devrait reprendre ses fonctions dès le 18 novembre.

Rappelons que le vendredi était jusqu'ici surtout connu pour être "la journée de trop dans la semaine professionnelle des fonctionnaires" - un statut qu'il vivrait, de son propre aveu "particulièrement mal", et qui expliquerait cette fugue insensée.

"Je ne suis pas comme le lundi, moi, ajoute-t-il à notre micro, des sanglots dans la voix. Lui, c'est un vicieux, il aime faire souffrir les gens, ça le fait rire de regarder leurs visages  grimacer quand le réveil balance du Claude François. Alors que moi, tout ce que je demande, c'est d'être aimé, comme le samedi, comme le dimanche ou comme Kim Kardashian. Les rares fois où je suis férié, les gens n'ont pas du tout le même rapport avec moi, je me sens utile, apprécié, j'ai enfin l'impression d'avoir ma place dans les éphémérides. Le reste du temps, j'ai le sentiment d'être le cinquième jour de la semaine".

"Allons, allons, pas du tout", essayons-nous de le réconforter en lui tenant la main - mais sans grande conviction, et en lui collant des grands coups de pieds sous la table (en juste rétribution de toutes ces semaines de travail qu'il allonge inutilement).


Vous souhaitant un excellent week-end hors de sa sphère d'influence,


Bien cordialement,




Le secrétariat de Direction



On recherche les clés du bâtiment A



Bonjour à tous,




Comme l'intitulé de ce mail l'indique avec une clarté exemplaire ("ce qui se conçoit bien s'énonce clairement et les mots pour le dire arrivent aisément"), les clés de la salle multimédia du bâtiment A n'ont pas été rendues à la loge.

Serait-il possible au(x) professeur(s) concerné(s) de les rapporter au plus vite ?

A midi, je lâche les chiens.

Bon, ce sont des chiens fonctionnaires, donc ils ne courent pas bien vite et sont souvent en RTT.


Oh et oui, évidemment, ils ne vous mordront pas, parce que la mutuelle ne couvre pas les éventuels frais dentaires qui en découleraient.


Sans compter qu'ils arrêteront de vous poursuivre à 16h pile (fin du service).


Mais quand même. 




Vous en remerciant par avance,


Bien cordialement,


Le secrétariat de Direction

Les voyages forment la jeunesse

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