Mais qu'est-ce donc qu'un semainier ? Excellente question, l'internaute, à laquelle te répondra la petite icône en haut à droite, ou bien la barre latérale du blog, si tu navigues sur un PC de riche avec un écran grand comme la Baltique.

vendredi 22 décembre 2023

Excelsior

 Où il convient de finir l'année comme la suivante commencera, à l'aune des réformes à venir.

 

 

Mesdames et messieurs les professeurs,

Mesdames et messieurs, membres de la communauté éducative.

Vous le savez, le "choc des savoirs" sera le grand chantier de l'Education Nationale pour les années à venir, et il reviendra à chacun d'entre nous d'y prendre sa place, quel que soit son statut (y compris même les secrétaires administratifs dont mon cabinet m'apprend l'existence à l'instant-même, sans trop bien pouvoir m'expliquer à quoi ils servent), afin d'oeuvrer collectivement à rendre à notre nation le niveau scolaire qui lui échoit, et rappeler au monde que nous sommes le pays de Molière, de Descartes, de Steevy Boulay et de Cyril Hanouna

 Il convient en effet que chaque élève, sans distinction, sache lire et compter jusqu'à trente en fin de Master 2 pour porter haut à l'internationale les couleurs d'une nation qui a fait de Franky Vincent un Chevalier des Arts et Lettres. Distinction méritée, quoi qu'en disent les jaloux, en cela que nos coeurs résonnent encore à l'unisson de son vibrant hommage au footballer préféré des français,  chanson inoubliable pudiquement intitulé "Tu veux mon Zizou ?", et... ha, pardon, mon cabinet m'informe qu'il y a une faute de frappe et que, euh... vous êtes sûrs ? Mais alors c'est quoi le rapport avec les arts et les lettres ? Comment ça "c'est à prendre au sens large ?". Ce n'est pas avec ça qu'on va redresser le niveau ! Pourquoi elle glousse Mathilde ? ! Mathilde, ne m'obligez pas à vous licencier à deux jours de Noël, je vous rappelle que vous êtes ma belle soeur. Euuuh. Hum. Bon. Je disais quoi ? Ha oui. Ce n'est qu'en arrivant à transmettre à nos jeunes générations le goût de l'effort et la capacité à écrire leur prénom sans faute, en dépit du nombre de "h" et de "y" surnuméraires dont la cruauté parentale les aura arbitrairement affublés (pardon, je voulais écrire "créativité", fichu correcteur automatique), que nous redorerons le blason d'un pays dont les fondations culturelles ont été fortement ébranlées par trente ans de spectacles des Chevaliers du Fiel

Ainsi serons-nous à même de transmettre dignement l'héritage des Lumières, je pense bien sûr à Voltaire, je pense à Diderot, je pense à d'Alembert, mais également à Boulanger, à Darty, aux ampoules à économie d'énergie dont nos élèves sont les dignes successeurs. ALORS VOUS ALLEZ ME FAIRE LE PLAISIR D’ARRÊTER UN PEU AVEC VOS COULEURS DÉGUEULASSES, LA, VERT, ORANGE, ROUGE, DE QUOI CA A L'AIR, SUR UN BULLETIN, SÉRIEUSEMENT, JE VOUS JURE, C'EST PAS UN BOUQUIN DE MANDALAS ZEN, QUE JE SACHE, VOUS VOUS ÊTES CRUS CHEZ CULTURA OU QUOI ? ! De toute façon, vert, orange, rouge, ils savent plus faire la différence entre les trois depuis longtemps, on le constate tous les jours sur la route, orange is the new green, et red is the new orange is the new green aussi, donc revenez aux fondamentaux et recommencez à leur coller des 2 et des 4, ça au moins ils comprennent jusqu'à au moins 8 ou 9, c'est après qu'ils décrochent et en même temps, ça va, les chances qu'ils passent la barre du 10 restent minimes donc on ne risque pas de les traumatiser.

C'est dans cette optique d'excellence collective qu'en ce jour du 22 décembre et à quelques heures à peine des fêtes dont on ne sait plus trop comment les appeler pour ne froisser la susceptibilité de personne, (j'avais proposé "Saint Pognon" mais la motion n'a pas été retenue parce que "pas assez laïque", comme si la Thune n'était pas une religion comme les autres...), j'ai l'immense plaisir de vous annoncer la mise en place d'un nouveau partenariat qui nous aidera, j'en suis convaincu, à remettre le pied à l'étrier de la France, à défaut de pouvoir encore le lui coller où elle a besoin qu'on lui colle.  Ainsi donc, soyez informés que dès la nuit du 24 décembre et en concertation active avec le rectorat du Groenland, qui lui aussi ne travaille qu'une journée par an sauf que la sienne dure six mois (c'est là bas qu'on envoie tous les célibataires hommes sans enfants qui viennent d'avoir le concours), le service clientèle du Père Noël procédera à une redéfinition qualitative de son barème d'évaluation des enfants sages et des enfants pas sages, ce qui devrait représenter pour 2023 une économie de plus de 2000% sur la ligne budgétaire "don de jouets", et une réduction subséquente de production de déchets plastiques (emballages, consoles X Box, figurines Funko Pop, ...).

Ce qui représentera accessoirement, et on est en droit de s'en réjouir, une perte de plus de sept milliards d'euros pour la société Mattel, qui comptait refourguer de la Barbie à foison après son coup de pub génial de cet été (un vrai conte de Noël à la Bolloré : convaincre les gens de rester deux heures devant un spot de publicité et de payer pour, niveau coup de com', c'est sans précédent, et nul doute que ça inspirera de nombreuses oeuvres toutes aussi subversives - et par subversives, j'entends : discrètement repompées d'une production des années 90 oubliée, mais en moins subtil et en moins bien joué, comme ce fut le cas ici pour Pleasantville).

Selon une première évaluation, réalisé sur la base d'un panel représentatif de deux mille enfants français de 6 à 32 ans choisis au hasard, non seulement aucun d'eux n'a mérité de cadeau cette année, mais il faudrait en plus qu'ils remboursent une dette équivalent à au moins six cent noëls en guise de dommages et intérêts envers tout ce qui est bon et beau en ce monde. La conclusion de l'étude est édifiante : si l'on devait inféoder la distribution de cadeaux aux enfants le soir de Noël à leur attitude en collectivité observée au cours des douze mois qui précèdent, leur solde serait tellement en négatif que ce serait à eux d'offrir des cadeaux au Père Noël, et pas des cendriers en pâte à sel, hein, le genre de cadeaux rouge qui flashe, avec marqué Lamborghini sur le capot.

Aussi le père Fouettard passera-t-il dans un second temps avec un martinet pour mettre en place une réforme de l'éducation bienveillante à base de référentiels à lanière, dont les applications pédagogiques restent encore à déterminer mais s'annoncent d'ores et déjà prometteuses.

Invité par téléphone à statuer sur votre sort, le Père Noël a répondu : "boarf, le bilan n'est pas très glorieux mais ça pourrait être pire alors envoyez-leur le planning de la rentrée, c'est tout ce qu'ils méritent". Comme quoi... vous ne vous en sortez pas si mal, compte tenu du contexte. Cadeau, ou punition ? Nous vous laisserons juges à l'ouverture du semainier ci-joint.

Vous souhaitant de bonnes vacances et de belles fêtes,

Bien cordialement,

-- 
 
Le secrétaire de direction

 

vendredi 15 décembre 2023

Soutien à Tanguy

 Où tout le monde n'est pas à la fête, et où il est dur de positiver, malgré les illuminations.

 

Décidément. Le monde entier se ligue contre le message du semainier. A croire qu'il était lui aussi sur la voie rapide en mars dernier avec une banderole "non à l'entropie" (qui est à l'univers ce que le problème des retraites est à l'humanité) (je laisse les physiciens rire tous seuls dans leur coin. Moi-même, j'ai pas compris la blague...). Il ne se passe en effet plus une semaine sans son lot d'histoires sordides et de raisons de désespérer. C'est comme un calendrier de l'avent qu'on aurait publié dans les pages du Nouveau Détective : chaque jour on ouvre une case et on tombe sur un os, au sens littéral, tant notre espèce a de squelettes cachés dans ses placards. Ce qui expliquerait pourquoi il lui en manque tant. Des cases. Essayez de suivre, un peu, c'est vendredi soir pour moi autant que pour vous.

Je veux dire... quand j'avais vingt ans, le plus sordide, dans mon quotidien, c'était Loft Story, que je regardais assidument pour une raison qui m'échappe a posteriori, mais qui n'avait vraisemblablement rien à voir avec un quelconque processus d'élévation spirituelle. Après tout, enfant, je ne ratais jamais les Animaux du Monde (je peux encore chantonner le générique de mémoire. ça faisait quelque chose comme : PO-PO-PO-POM POPOPOPOOOOOOM...), ni les émissions du commandant Cousteau, je n'étais pas à un documentaire animalier près. Sans doute cherché-je alors à me documenter sur comment j'étais censé me comporter dans un monde extérieur que je n'avais jusqu'ici pas trop fréquenté, et sur ce qu'était cette normalité dont j'entendais tellement parler sans jamais la voir appliquée en contexte. Mais n'étant pas non plus né de la dernière pluie (de part mon ascendance à moitié Belge, je suis né dans un choux de Bruxelles), j'ai compris par moi-même que les piscine publiques, c'était fait pour nager, pas pour perpétuer l'espèce, et que personne ne me filmerait sous la douche avant qu'on ne m'installe mon premier compteur Linky des années plus tard. Ce n'est pas de la parano : chaque fois que j'enlève le haut, j'entends des hurlements d'horreur provenant du wifi.

C'est un temps que je regrette aujourd'hui. 

Parce que j'avais des cheveux, déjà, que je sculptais méticuleusement mèche par mèche au gel Vivelle Dop fixation béton (dont je subodore qu'il a activement participé plus tard à leur exode rural), en priant fort pour qu'il n'y ait ni vent ni pluie ni rien de naturel dehors pour venir altérer l'équilibre architectural de ma Chapelle Sixtine capillaire (l'homme n'étant alors pas pourvu de miroir de poche, il se trouvait contraint de faire ça à l'aide des vitrines de magasins ou des rétroviseurs, ce qui est très embarrassant quand le conducteur est encore dans la voiture). J'aurais pu prendre une brique sur la tête, alors, qu'elle aurait sans doute rebondi sans que je ne sente rien de plus qu'un léger chatouillis. Au moyen-âge, on se serait servi de moi comme arme de siège. J'aurais fait un bélier très honorable - et pas seulement parce que c'est mon signe astrologique. 

Mais d'abord, je regrette ce temps parce qu'à l'époque, on pouvait encore rire de tout, même si pas forcément avec tout le monde (c'est un vaste débat), et oui, d'accord, ça impliquait Bigard et Michel Leeb, mais c'était un mal pour un bien. Alors qu'aujourd'hui, non seulement on ne peut plus mais on ne veut plus. Moi le premier. Vous n'imaginez pas l'angoisse que c'est d'avoir à écrire un message hebdomadaire à caractère humoristique en 2023. Et à plus forte raison quand l'actualité de la semaine ressemble à un épisode d'Esprits Criminels, qui aurait été écrit par un pervers narcissique érotomane à fortes tendances psychopathiques, c'est-à-dire un français moyen. C'est quand même difficile de rire de tout quand l'univers se comporte avec vous comme un grand de 3ème qui en veut à votre argent de poche. J'ai une petite pensée émue pour mon homologue diplodocus d'il y a quarante cinq million d'années, celui qui en premier avait demandé le remplacement de notre prof de physique et qui a fossilisé sur pied en écoutant la musique d'attente du rectorat : je l'imagine en train d'écrire son propre message hebdo, à essayer de trouver des blagues rigolotes sur le thème de ces drôles de trucs enflammés qui tombent du ciel et des hivers de quinze ans. "Gardez votre sang froid", aurait-il pu écrire avant de s'effondrer. C'est un peu l'impression que j'ai depuis quelques temps. Ou d'être l'orchestre d'un Titanic où l'on n'aurait pu s'offrir que les talents d'un flûtiste à bec. Niveau Collège. A 8 de moyenne (haaa, ça, j'en ai crevé, des tympans, dans mes jeunes années. Pourquoi vous croyez qu'il y a autant de fans de Jul ? Ce sont tous d'anciens profs et d'anciens camarades à moi).

Bref.

Une fois de plus, j'avais prévu un tout autre texte cette semaine, beaucoup plus léger, beaucoup plus dans le ton des fêtes, sauf que j'apprends ce soir que Tanguy Pastureau, mon Tanguy Pastureau, mon jumeau breton, et donc maléfique, en plus beau et en presque célèbre, celui dont on croirait que je lui ai volé ses vannes avant même d'avoir eu vent de son existence, est contraint de fermer sa page Facebook suite à une chronique qui a déchainé des foules qui auraient dû le rester. Enchaînées. Je vous avais prévenu qu'il faudrait suivre. 

Une chronique pourtant savoureuse sur le milieu scolaire, dont je vous invite à découvrir l'intégralité par la magie moderne d'un lien hypertexte : https://www.youtube.com/watch?v=UTS9gYOvTxs (il est plus drôle que moi, je sais).

Et je me dis, c'est incroyable quand même cette décomplexion de la bêtise ordinaire (que ce soit à droite ou à gauche, d'ailleurs, il n'y a plus vraiment lieu de faire la différence, ce que nos politiques ont compris depuis plus de quarante ans), cette banalisation de la haine en bande organisée, ce hooliganisme de la liberté d'expression, dont le droit inhérent à chaque individu est exercé avec la clairvoyance et la mesure d'un ado de quinze ans à qui on dit "non" pour la première fois. Qui sera la dernière, souvent, et se soldera par l'achat d'une Playstation 5 pour se faire pardonner. En 2023, tout le monde déteste tout le monde, et tient à le faire savoir. Sur les bios des réseaux sociaux, on lit "empathe", "hypersensible", "neuroatypique", "esprit libre", on a l'impression de voir érigé un temple à la gloire de l'Humanité avec un grand H. Sauf que dans les faits, ce serait plutôt l'humanité avec une grande hache. A la moindre flatulence en trajectoire oblique, ça sort la tronçonneuse et le masque de hockey. A croire que notre vrai masque, dorénavant, c'est celui de l'humanité, et que notre réalité est le monstre (de moins en moins) tapi au-delà. 

Tenez, vous voulez une preuve qu'on régresse ? Aujourd'hui l'une de vous m'a offert un Kinder, ceux avec un jouet à l'intérieur et je me suis dit "chouette, ça va me prendre l'après-midi pour le monter, pendant ce temps-là je ne serais pas en train de faire quelque chose de professionnellement constructif" (ce qui, je vous le rappelle, constituerait une faute professionnelle). Eh ben non, même pas, tu penses ! En 2023, un jouet Kinder, c'est deux trucs à clipser et basta. Bon, ça m'a quand même prix deux heures, c'est-à-dire 1h59 de plus que pour manger le chocolat autour mais moi, de mon temps, il fallait un diplôme de polytechnicien, pour monter un jouet Kinder ! ça impliquait du sang ! De la sueur ! Des larmes ! Des divorces, même, parfois. Et au final on jouait avec la capsule, pendant que le parent préposé au montage pleurait intérieurement toutes les larmes de son corps.

Aussi la question se pose-elle, plus que jamais. A une époque où les gens n'ont plus ni la maturité, ni un niveau de culture suffisant pour comprendre le second degré, peut-on encore rire de tout ? Bon, pour ma part, j'ai bien compris : pas de la voie rapide, ni des manifestations, ni de la bienveillance. Il me restera l'Ardèche et le point d'indice. C'est toujours ça de pris.

Soutien à Tanguy.


Vous souhaitant un bon week-end passé à écouter TOUTES ses chroniques depuis l'invention de la radio,


Bien cordialement,

-- 
 
Le secrétaire de direction

vendredi 8 décembre 2023

On va tous finir en prison

 Où l'on se fend d'un message à l'équipe de direction après avoir vu une affichette collée sur la porte d'entrée de l'établissement.


J'ai appris qu'on allait diffuser le film Barbie au collège jeudi prochain, je réserve donc le lit du dessus dans la future cellule que nous partagerons tous ensemble.

Bien cordialement,

 

--

 Le secrétaire de direction

mardi 5 décembre 2023

Tout plaquer pour refaire sa vie avec des gorilles et des cacahouètes

 Où on prends (presque) les mêmes, et où on recommence.

 

Imaginez.

Imaginez un monde plus sauvage et à la fois, plus doux.

Une jungle sans prédateurs, ni proies, où tout ne serait qu'harmonie et amour de son prochain, mais sans les bestioles bizarres de l'Ile aux Enfants ou les peluches chelous avec des coeurs brodés sur l'abdomen, parce que les gens qui font ça sont des fous.

Cette jungle idéale, VOUS pouvez en faire partie, pas seulement en tant que gorille mais également en tant que cacahouète, car comme Laurel et Françoise, ou un Sith et son apprenti, l'un ne va pas sans l'autre. Et vice versa.

Alors oui, j'entends bien, vous avez mis des milliers d'années à descendre du singe, qui était en réalité un peu une musaraigne, ou peut-être une mouche (j'ai vaguement écouté en SVT), je sais tout ça, mais pour quel résultat ?

Quand on voit l'état du monde, on se dit qu'on pourrait tout aussi bien remonter dans l'arbre pour voir si le monde n'y est pas plus beau, ou pour l'envisager avec plus de hauteur. 

C'est précisément à cela que vous êtes invités le temps d'une semaine de pur "état de nature" Rousseauiste (mais en conservant vos vêtements tout de même parce qu'il fait frisquet ces jours-ci).

Frappez-vous fièrement le poitrail ! Bannissez les "nonobstant" de votre vocabulaire ! Remplacez-les par des "HOU HOUUUUU HOUUUUUUUUUU !!!!" ! Qui sait ? Peut-être les élèves vous comprendront-ils davantage ?!

Et si vous n'entendez rien à mes pirouettes, cacahouètes, rappelons les règles du jeu :

En salle des professeurs, dès lundi 11 décembre : une boîte mystérieuse, dans laquelle il vous reviendra de glisser votre nom, lisiblement inscrit sur un bout de papier, en vue du tirage au sort du jeudi 14 décembre (midi). Vous aurez alors une semaine entière pour couvrir d'attentions la cacahouète que le sort vous aura attribué ; au nombre desquelles, potentiellement : douceurs, mots gentils, fleurs, cookies, poèmes en pentamètres iambiques, livres de votre bibliothèque - mais pas du Young Adult avec des messieurs torse nu en couverture, hein, sinon c'est poubelle -, des cartes avec des mots inspirants - comme concaténation et lycanthrope, toujours sympas placés en mots compte triple -, des bonbons, des plantes - carnivores ou pas -, des playlists musicales - avec ou sans Jul -, un mot gentil - mince, je ne vais pas pouvoir participer -, un compliment - mince, je ne vais VRAIMENT pas pouvoir participer - un casque de réalité virtuelle pour Playstation 5, que sais-je ?! Mais attention ! Vous devrez le faire en secreeeeeeet ! (POPOPOPOMMMMM !!!). Votre cacahouète ne doit pas savoir qui vous êtes ! Et je ne parle pas là au sens Descartien du verbe, mais bien de votre identité civile telle que figurant sur votre pièce d'identité.

Vous aurez donc une semaine tout pile pour la gâter sans vous faire attraper, tout en menant l'enquête pour découvrir qui est votre gorille, indépendamment de sa pilosité naturelle ou de la taille de ses avant-bras (ex : cachez un piège à loup dans votre casier : votre gorille sera celui de vos collègues à qui il manque une main. Malinxe, le lynx).  

Jeudi 21 décembre, la vérité sera révélée en fin de journée, dans une ambiance festive pleine de surprises et d'émotions. 

Mais pas d'inquiétude !

Dès vendredi 22 décembre, tout le monde pourra à nouveau faire la tête et se détester comme des gens civilisés. 

C'est le moment de tout donner.


Bien cordialement,

--

Le secrétaire de direction, pour l'amicale

vendredi 1 décembre 2023

HO HO HO

Où une simple potacherie entre collègues devient un mot rapide pensé exprès pour se faire des amis. Parce que les amis, c'est très important...

 

Bonsoir à tous,


Je sais que je ne devrais pas l'écrire sur une boîte susceptible d'être surveillée, je mets mon poste en jeu mais c'est plus fort que moi (comme Sega en son temps), il faut que je partage l'information : je crois avoir deviné la véritable identité du Père Noël.

Tous les signes étaient là, j'aurais dû savoir les interpréter plus tôt. Même si "plus tôt", c'est toujours "trop tôt" pour moi quand c'est avant midi, mais je digresse.

Réfléchissez. Quel sont les signes distinctifs du Père Noël ?

- Il n'agit pas sans préavis (reconduit tacitement d'une année sur l'autre ; avec rappel de 25 jours début décembre sous forme de calendrier chocolaté).

- Le rouge est sa couleur préférée.

- Il porte la barbe. De son plein gré. Sans la tailler. En 2023. Il trouve que ça lui donne l'air digne. Cristina Cordula n'est pas de cet avis.

- Il est à la tête d'un business d'envergure Internationale, dont le coeur de cible est le Genre Humain.

- On le voit au mieux une fois dans l'année mais il s'adresse à nous comme s'il nous connaissait depuis l'enfance.

- On peut lui demander tout ce qu'on veut, on est à peu près sûr d'obtenir autre chose (la plupart du temps : des stylos et des calendriers de l'année en cours).

- Il travaille en étroite collaboration avec son double maléfique le Père Fouettard (dont je crois avoir deviné l'identité aussi, du coup), sans qu'on sache s'ils sont ennemis, rivaux, potes, frères, ça dépend un peu des jours en fait.

- Il aime tenir les rennes.

Le doute subsiste toutefois car j'ai noté quelques différences significatives :

- C'est nous qui lui écrivons une fois dans l'année pour lui dire ce qu'on veut. Pas lui qui nous écrit toutes les deux semaines pour nous dire ce qu'on veut, qu'on le veuille ou non.

- Il fait le distinguo entre enfants sages et pas sages, il ne part pas du principe que tous les enfants sont sages par principe dès lors que ce sont des enfants. Quel vieux réac', ce Père Noël. Comment je vais te me l'afficher sur Twitter (que je n’appellerai jamais X parce que j'ai ma dignité).

- Il n'a pas l'air de vouloir partir en retraite, ni à 60, ni à 62, ni à 64, ni à 6000 ans (en même temps, en ne travaillant qu'une nuit par an, il n'est pas près d'avoir tous ses trimestres, cet assisté de la société).

- Il accepte qu'on fasse des photos sur ses genoux sans demander la signature d'un formulaire RGPD ni un chèque d'adhésion.

Fort de ces considérations, je pense qu'il serait judicieux de remplacer les préavis de grève par des calendriers de l'avent. Ce serait tout de suite plus fédérateur et ça égaillerait les dépressions hivernales.

Tout comme les égaillera le semainier ci-joint et ses TROIS pages plus multicolores qu'un sapin décoré par Benetton.

Vous souhaitant un week-end pluvieux, sans doute, mais un week-end heureux, et en précisant bien qu'il s'agit d'un message à caractère humoristique dont le contenu n'entend refléter ni réalités, ni opinions politiques, ni rien de malveillant ou de fâcheux, je préfère préciser depuis l'année dernière, chat échaudé craignant la pâtée premier prix.  

Bien cordialement,

-- 
 
Le secrétaire de direction

vendredi 24 novembre 2023

Les jolies colonies de vacances...

 Où faute d'inspiration, on en revient éhontément aux valeurs sûres...

 

Bonsoir à tous,


Veuillez trouver ci-joint le planning de la semaine à venir ; l'occasion pour moi de revenir ci-après sur un possible malentendu, susceptible d'en avoir fâché certains.

Cette année, on m'a demandé si je voulais encadrer la sortie dans le Lubéron. J'ai ri. Je m'en excuse. Ce n'était pas volontaire. Sur le moment, j'ai vraiment cru qu'il s'agissait d'une plaisanterie. Je veux dire, vos enfants, vous les aimez, non ? Ne niez pas. J'ai vu un reportage sur vous à la télé, vous êtes génétiquement tenus de les chérir. Dès lors, est-ce que vous iriez les confier à Gargamel ? Rien qu'au nom, déjà, vous sentez intuitivement que ce serait une mauvaise idée, que cet homme n'est pas une bonne personne, surtout si vous êtes bleu coiffé d'un bonnet blanc (nous ne jugeons pas), quand bien même ses tarifs seraient-ils plus compétitifs que ceux de Cruella d'Enfer (on est d'accord que l'état civil, depuis quelques temps, c'est vraiment n'importe quoi ou bien ?!). Vous n'iriez pas non plus, que sais-je, inscrire votre progéniture au Centre Aéré Friedrich Nietzche pour Jeunes Nihilistes parce qu'il est 30% moins cher que le Club de Loisir Joyeux de l'Ours Babalou ? Bien sûr que non ; ne serait-ce que parce que Babalou est plus confortable à écrire que Friedrich Nietzsche sur les talons de chèque. Oui, j'ai googlé. Deux fois. Ou tenez, même, si Hannibal Lecter, la terreur des bibliothèques, vous disait en face et les yeux dans les yeux "j'ai changé", comme n'importe quel politicien en campagne, vous ne le croiriez pas sur parole. Vous demanderiez prudemment "...de fournisseur" ? ! Et vous auriez raison. C'est dire si l'idée était saugrenue, quand bien même ai-je énormément à apporter à nos élèves en matière de joie de vivre et de foi en l'humanité. D'où mon incrédulité initiale. Quand j'ai compris que la requête était sérieuse, qu'il ne s'agissait pas d'une caméra cachée, que je n'allais pas pouvoir gagner un caméscope ni rencontrer Marcel Béliveau, j'ai pesé le contre et le contre et j'ai répondu "ha ben non" avec toute l'éloquence qui me caractérise. Avant d'ajouter un "grave pas" à vocation hyperbolique.

On a voulu savoir pourquoi. J'ai précisé : "ce n'est pas que je ne veux pas, c'est que je ne peux pas". "Encadrer la sortie ?" a-t-on tenté de clarifier. "Encadrer les élèves" ai-je corrigé en retour. "Je n'ai jamais pu les encadrer. Pas aujourd'hui davantage qu'hier. Je pensais que c'était acquis, depuis le temps". On m'a dit que je prenais les choses de façon trop imagée, que le verbe encadrer était ici à envisager au sens littéral. Je suis donc passé chez Cadrea pour faire établir un devis. Au regard de quoi on m'a dit que j'étais TROP littéral, sur ce coup. Vous les terriens vous êtes décidément des êtres bien compliqués. Dans un sursaut surhumain de bonne volonté, sans doute le signe avant-coureur d'un virus saisonnier, j'ai demandé si le Lubéron, c'était ce grand parc d'attraction dans le Vercors où un riche millionnaire américain avait cloné des dinosaures, plutôt que d'organiser des battues dans l'hémicycle. On m'a répondu que je confondais ; que ça, c'était la ferme aux reptiles. J'ai rétorqué qu'on revienne me chercher quand on ferait la sortie à la ferme aux reptiles, alors. Non seulement j'encadrerais avec joie mais je payerais même de ma poche les cartons de Digédril (tm) pour les crocos, histoire de leur éviter les reflux acides. Je ne sais que trop ce que c'est, et pourtant je ne mange pas de ce pain là, je me contente de le côtoyer cinq jours par semaine.

Après, je me disais, on pourrait faire ça en Ardèche, ça me motiverait déjà plus. C'est bien aussi, l'Ardèche, quand on est passionné par tout ce qui est préhistorique et dangereux avec des écailles sur la tête. Je n'ai rien inventé. Jurassic World 3, en Ardèche, on appelle ça "un jeudi". On pourrait s'organiser ça à la Koh Lanta, on les y abandonnerait pendant une semaine, en autonomie (c'est bon, ça, l'autonomie, ça entretient la confiance), histoire de bien s'assurer qu'ils resserrent les liens - si ce n'est entre eux, au moins, ceux des membres de l'équipe adverse qu'ils ont capturé sur leur territoire. Et puis non sans un petit pincement nostalgique, on retournerait chercher ceux qui auront appris à faire de la crème de marron et à distiller l'alcool de prune. Hé quoi. Il faut la mériter, sa place, au sein de la société. Oui ou non ? Mine de rien, c'est pluri-disciplinaire, l'alcool de prune : SVT, Physique-Chimie, Technologie, Droit pénal... l'essentiel y est. A-t-on besoin de plus pour devenir un adulte épanoui ? D'autant qu'une sortie scolaire où les élèves ne courent pas le risque de se faire courser par un sanglier au clair de lune n'est pas une sortie scolaire digne de ce nom. Je suis sûr d'avoir lu ça dans un Dolto. C'est formateur, de se faire courser par un sanglier, quand on ne sait pas les différencier d'un mouton. ça favorise l'apprentissage. On néglige trop l'apport pédagogique du facteur survie dans l'intégration des fondamentaux. Reste la difficulté de faire signer le formulaire de droit à l'image aux sangliers, dont on sait qu'ils sont de grands phobiques administratifs. Mais on arrive bien à récupérer nos coupons de bourse en moins d'un mois et demi... on trouvera un moyen. Ou on se contentera de les prendre en photo de dos pour ne pas qu'on les reconnaisse. Quitte à entendre Jean-Dylan s'exclamer : "pourquoi elle est toute grise, la vache ?". Ce sont les risques du métier.

En espérant avoir dissipé toute ambiguïté, et vous souhaitant un excellent week-end, en terres sauvages de votre choix,


Bien cordialement,


--

 Le secrétaire de direction


jeudi 16 novembre 2023

Doléances du matin (chagrin)

Où conformément à nos habitudes, on arrive et on râle.

 

Bonjour à tous,

Comme vous aimez mes mails de doléance, j'en ajoute un à votre collection. 

Ce matin, en arrivant sur le parking, j'ai découvert le nouveau jeu nocturne à la mode : le lancé de bouteille de bière par dessus le grillage.

Discipline qui remplacera le triathlon aux Jeux Olympiques en 2064.

J'ai hésité longtemps à faire comme les autres avant moi, c'est-à-dire : comme si je n'avais rien vu, et passer mon chemin en sifflotant, puis ma conscience morale a pris le dessus (j'ignorais que j'en avais une, ce fut une déception énorme), j'ai ramassé les débris avec mes gros doigts boudinés et quelque peu malhabiles pour ne pas qu'une voiture innocente (Boumbo, Herbie, que sais-je ?) roule ultérieurement dessus.

Depuis, je suis aux toilettes en train de me laver les mains, me re-laver les mains, me re-re-laver les mains, ça durera sans doute comme ça toute la matinée, voire une partie de l'après-midi, sans que la honte, le déshonneur et la salissure ne paraissent vouloir me quitter. Je suis souillé. Frappé de la lettre écarlate.

D'autant qu'il ne s'agissait peut-être que d'une seule bouteille, d'accord, mais c'était une bouteille de Heineken.

Et ça, je suis désolé, en 2023, c'est inadmissible.

Quand va-t-on enfin m'écouter et installer des miradors ?


Bien cordialement,


-- 
 
Le secrétaire de direction

Les voyages forment la jeunesse

 Où ça ne s'arrange pas niveau fatigue mais où ce qui a été promis la semaine précédente a été promis...   Bonsoir à tous, Je n...