Mais qu'est-ce donc qu'un semainier ? Excellente question, l'internaute, à laquelle te répondra la petite icône en haut à droite, ou bien la barre latérale du blog, si tu navigues sur un PC de riche avec un écran grand comme la Baltique.

vendredi 24 septembre 2021

T'es pas toi quand t'as faim ! (2/2)

Où le message du semainier est la suite directe de ce qui vient avant, ce qui est étonnement logique pour un vendredi après-midi. Et où, par conséquent, n'aura une vague chance de comprendre que ceux qui auront lu la publication précédente. A bon entendeur...

 

 

Jour à tous (ou Soir, suivant l'heure à laquelle vous prendrez connaissance de ce message).

Je n'ose pas écrire "bon" devant, je m'en voudrais de vous mentir, encore que cette culpabilité me hanterait fort peu - et plus comme Casper que comme Zoul, pour les experts en sciences occultes.

Comme attendu avec une fébrilité modérée, je vous transfère ci-joint le planning de la semaine prochaine, que je devrais vous vendre à coups de périphrases grandiloquentes telles que "avec le semainier, les réceptions de l'ambassadeur sont toujours un succès" ou "il arrive toujours au bon moment, mais sans son pain ni ses croissants, parce que c'est pas l’armée du salut non plus, oh, tu l'as pris pour qui, l'ami semainier ? !".

Je devrais vous le peindre comme un tableau impressionniste accroché à l'envers par un galeriste indélicat, vous dire qu'il s'agit d'une tablette mystique trouvée au fond d'une pyramide Inca, qui vous permettra à l'heure près de prédire le déroulement des sept prochains jours ; toutes les âneries que j'ai pris l'habitude d'écrire chaque vendredi depuis plus de six ans et que vous supportez avec la bienveillance de qui sait reconnaître une cause désespérée et s'en tenir à distance respectable (c'est le métier qui parle).

Seulement voilà. Finie la fantaisie. Finis les faux-semblants. Le semainier n'est qu'un vulgaire fichier excel, réduit à sa plus simple expression, dont les couleurs criardes, associées sans goût ni talent,  rappellent le maquillage de toutes les petites filles lors de leur première boum, quand elles étalent le blush à la moissonneuse-batteuse et tartinent le rimmel au couteau Nutella. Aucune finesse, aucune nuance, aucune sobriété - et sûrement pas la mienne, qui boit pour oublier - que j'ai oublié de boire, la plupart du temps.

Car aujourd'hui, je ne me voile plus la face. Je sais que le semainier est hideux, difforme et maladroit, comme s'il renvoyait mon reflet avec les intérêts, digne d'une activité périscolaire dans un centre aéré pour cul-de-jatte des deux bras.

En le finalisant, cette fois, je n'ai rien ressenti de la fougue qui m'habite habituellement, semblable à celle que Michel Ange a lui-même éprouvé quand il a finalisé le plafond de la chapelle sixtine et qu'il a décidé, au tout dernier moment, "que ça aurait quand même plus de gueule en remplaçant les pandas par des êtres humains" (personnellement, je ne suis pas convaincu, mais c'est lui que ça regarde).

Tout ce que ce document m'a inspiré, ce soir, tient de l'ennui et de l'indifférence, comme s'il était diffusé sur Arté mais sans les sous-titrages. 

Par conséquent, je ne vous souhaiterai pas non plus un bon week-end parce que qu'est-ce qu'un week-end, au fond, si ce n'est un misérable petit tas de jours (j'épouse celui ou celle qui aura la référence), une poignée d'heures plus vite passées que le temps des cerises (et dont ne reste trop vite que le noyau), en grande partie consacrées à passer l'aspirateur et à rembobinez le fil de la prise à la main parce que le bouton ne fonctionne plus qu'à moitié. Rien de bien exaltant.

Alors je soupire en fixant le mur devant moi, qui ne m'inspire lui aussi que de la mélancolie. Car qu'est-ce qu'un mur, donc, si ce n'est un misérable petit tas de briques ? (ou de bouts de carton assemblés au scotch double-face, dans le cas du collège, mais chut ! L'architecte nous en voudrait de dévoiler ses secrets de fabrications ! Et en même temps, évitez de vous appuyer trop fort aux parois de votre salle, un accident est si vite arrivé)

(après, c'est moi qui remplis les formulaires et les renvoie au rectorat...).

Sur mon bureau, dans un cadre fantaisie décoré de marguerites : la photo d'un Snickers, allongé sur une serviette de plage, ses formes généreuses mises en valeur par un bikini comestible emprunté à Lady Gaga.

Dessus, j'ai dessiné trois coeurs au stabilo rose.

Et j'ai ajouté la mention "si tu reviens, j'annule tout".

Je vous avais bien dit dans mon mail d'hier que "tout me paraîtrait fade, après le coup du Snickers".

Et si vous ne l'avez pas lu, j'ai envie de dire : c'est tant pis pour vous.


Vous souhaitant un week-end,

De façon très vaguement cordiale,

-- 
 
Le secrétaire de direction

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