Où qui dit "nouvelle année" dit "nouveaux personnels", et où on se doit de réexpliquer les règles du semainier...
A l'attention de l'ensemble des personnels du Collège Jean Roucas, et plus particulièrement aux petits nouveaux (quelle que
soit leur taille effective),
Bonsoir à tous,
Comme attendu avec une impatience toute relative, vous
trouverez ci-joint le deuxième semainier de l'année scolaire,
qui se trouve être également le premier, en vertu du principe de
non-conformisme que je revendiquais hier dans mon mail sur la
pochette de rentrée (et pas du tout parce que je suis en retard,
dans la mesure où je suis un professionnel et où par conséquent,
je ne suis jamais en retard. Par contre, il peut effectivement
arriver que le calendrier soit en avance sur moi... mais c'est sa
faute à lui, je ne peux pas être tenu responsable - ils ont dit
les syndicats).
Sans surprise, la formule n'a pas changé : vous y trouverez
compilées de façon synthétique toutes les informations sur la
vie de l'établissement dans les sept jours à venir. Le
tout, sous forme de tableau en couleur aussi laid que pratique, à
l'image de votre serviteur.
Concernant les prochains envois, je vous rappelle la spécificité du collège : il existe deux listes de diffusion pour le semainier hebdomadaire.
La première s'adresse aux amoureux des circulaires et du jargon administratif : ceux dont les sentiments sont distingués, dont les salutations sont les meilleures, ceux qui ont des frissons quand ils tombent sur un "nonobstant" ou sur un encadré au subjonctif imparfait, et qui ne jurent que par les tournures impersonnelles qui font peur ou les formules de politesse qui ne veulent rien dire (non parce que si on me permet un aparté, "bien cordialement", ça ne veut rien dire, en fait ; c'est d'ailleurs pour ça que je l'ai adopté comme signature : on est cordial, ou on ne l'est pas. On n'est jamais "bien cordial". ça impliquerait qu'on puisse également être "mal cordial". Et alors je ne sais pas vous mais moi, je n'arrive pas à visualiser ce que ça donnerait, dans le monde réel. ça me peine de l'admettre mais même mon non-conformisme a ses limites).
Ceux qui sont inscrits sur cette liste recevront leur semainier
avec deux lignes d'accompagnement génériques copiées-collées,
expurgées de toute forme de fantaisie et de joie de vivre. Une
version reposante, en somme, qui plaira particulièrement à ceux
qui ont angoissé d'emblée en découvrant la taille de ce message.
Vous êtes tous inscrits à cette liste
par défaut, parce que je pars du principe qu'en
votre qualité de personnels de l'Education Nationale, vous êtes
des gens sérieux, qui ne rient que devant les films de Ken Loach
en version sous-titrée. A plus forte raison si vous portez des
lunettes, comme je l'ai appris grâce au module "profilage et
criminologie" de ma formation de secrétaire administratif
(soi-disant que valider l'U.V. était indispensable quand on
travaille avec des professeurs... je laisse aux formateurs le soin
d'assumer leurs propos).
La seconde liste de diffusion s'adresse a... euuhhh... oui, c'est vrai, ça ? A qui s'adresse-t-elle, exactement, cette seconde liste ? Ceux d'entre vous qui ont à ce point sombré dans le désespoir professionnel qu'ils n'ont plus aucun sens commun ? Ceux qui ont trop de temps libre ? Ceux qui ont toujours rêvé d'intégrer une société secrète, mais qui ont loupé l'examen d'entrée chez les Illuminatis - ou n'ont pas fait assez d'HSE pour pouvoir intégrer les Francs Maçons ? Mystère. Je m'interroge encore sur le succès de cette formule, pourtant inscrite dans la durée, mais force est de constater qu'elle a su séduire les amateurs d'"un certain humour" (pour l'exprimer avec beaucoup de diplomatie), et ceux qui ont besoin de décompresser après une semaine de dur labeur.
Les personnes inscrites à cette liste recevront le semainier
accompagné (lorsque j'en ai le temps, l'énergie et l'humeur) d'un
texte humoristique plus ou moins (très très) long, plus ou moins
inspiré, truffé de références geeks incompréhensibles et de
calembours surréalistes, parfois légèrement polémique mais
toujours bon esprit et résolument apolitique (j'applique le
principe de laïcité au sens large).
Pour la rejoindre, il suffit de m'en
faire la demande par retour de courriel. Pareillement,
il est possible de s'en désinscrire à tout moment, d'un
simple message, sans craindre de représailles administratives de
ma part (on a pu m'accuser par le passé de traiter les demandes de
ces individus dans des délais allongés, mais c'est de la calomnie
- ils ont dit les syndicats).
Je profite de cette occasion pour officialiser une autre nouveauté de taille, en ce qui me concerne.
Il n'aura en effet pas échappé aux plus observateurs d'entre vous qu'il y a eu des nouveautés au secrétariat cette année - et pas seulement parce que Yann a changé de prénom et de visage pendant les vacances (haaaa, ces jeunes, que ne feraient-ils pas pour se démarquer ? !) (il a heureusement conservé toute sa gentillesse et son efficacité, semble-t-il. Ouf) ! Dans le même ordre d'idée, j'ai décidé dorénavant de tous vous tutoyer et de vous appeler par vos prénoms, sous réserve que j'aie préalablement fait l'effort de les apprendre et que je m'en souvienne. Dans le cas contraire, je vous attribuerai un prénom au hasard en fonction de votre physionomie, pouvant aller de Jean-Kevin à Sigismonde. J'ai téléchargé une appli exprès.
Il va de soi que cette résolution implique que vous me tutoyiez aussi, sans quoi je vais me sentir mal, me mettre à culpabiliser, me remettre à vous vouvoyer, mais seulement une phrase sur deux, quand le vent souffle à l'ouest, les jours pairs des semaines impaires, et ce sera vite pénible à suivre, surtout si vous êtes dyslexique des pronoms personnels ou du calendrier.
N'y voyez surtout pas une volonté de ma part de me rapprocher de
vous, attention. Soyez sans craintes, je vous déteste toujours
autant. OH OUI. Mais je me dis qu'après plus de dix ans passés à
vos côtés, il serait temps que je me dégèle un peu (dommage que le
point d'indice ne soit pas aussi conciliant... n'est-ce pas ?)
!
Si toutefois vous tenez au vouvoiement, là encore, je vous invite
à me le signifier par retour de courriel. Vous pouvez ajouter une
émoticône qui fronce les sourcils pour appuyer votre demande, je
suis très sensible aux petits visages ronds qui me regardent de
travers. Ils me poursuivent jusque dans mon sommeil.
Vous souhaitant un excellent premier deuxième week-end de l'année,
Mal cordialement (mais de façon très modérée),
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